Tome II
arrêté pour ne point payer Temprunt forcé et pour punir ceux qui s'y soumettraient; qu'ils ont planté une potence au milieu de la ville pour y accrocher ceux qui le payeraient. On fait encore courir le bruit que les assignats vont être supprimés par un décret de la Convention et qu'ils seront remboursés à raison de 10 sols par 100 livres. — On assure que, dans les charrois, il y a beaucoup de nobles, comtes et marquis d'employés, qu'il y a aussi des prêtres et parents d'émigrés.
Commerce, — .,. La Halle a été très tumultueuse; les regraltiers ont repoussé la force armée et sont entrés sur la place où sont les fruits avant la cloche sonnée. Il a été fait quelques saisies de fruits et arrestations des contrevenants. . .
(Arch. nat., AF iv, 1472.)
Rapport sur les journaux.
Journal de Paris. — Il rapporte le message envoyé par le Directoire au Conseil des Cinq-Cents, relativement à une réquisition de chevaux.
Journal des Hommes libres. — Il rend compte d'une bastonnade donnée par des patriotes de 89 à des muscadins de Versailles, qui chantaient le Réveil du peuple^ et, non content de cette correction bien appliquée, il réclame encore une peine légale contre les battus. . Voici un passage à ce sujet, qui pourra faire connaître l'opinion du journaliste : « Que fera le gouvernement ? Verra-t-il dans ceci une espièglerie innocente ? Le lieu, le nombre, tout ne parle-t-il pas ? Le bandeau d'une coupable erreur couvrira-t-il encore ses yeux? El, louvovant dans l'intermédiaire, les faits nombreux de contre-révolution qu'on lui dénonce le détermineront-ils enfin en faveur de l'énergie républicaine? etc. »
Messager du Soir, — Contient une réponse de Langlois à San terre, au sujet d'une dénonciation faite par ce dernier contre le premier.
Gazette française. — Elle rapporte ce passage de la Sentinelle: a Jamais la justice ne nous a semblé plus aveugle que dans quelques sentences qu'elle a rendues depuis le 13 vendémiaire ; c'est un fait qu'il est de nuire devoir de signaler. » Et, à celte occasion, le journaliste pense que Louvet veut sans doute faire allusion aux sentences de Vaublanc et de Quatremère, condamnés à mort pour avoir dans leur sections signé quelques arrêtés, tandis que Collot d'Herbois à Lyon, rincendiaire Maignel, les proconsuls qui ont ravagé des dé-
723 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [31 janvier 1796]
partemenis entiers se prononcent {sic) librement et parviennent môme à des fonctions importantes.
Gardien de la Constitution. — En parlant de l'inscription qui est au Louvre du poteau de Charles IX, il propose celle-ci pour [la place de la Révolution : « C'est ici que des milliers de Français ont expiré sur Téchafaud par les ordres d'un Robespierre et de ses infâmes suppôts. Peuple, défie-toi de tes flatteurs; ils n'aspirent qu'à devenir les tyrans. »
[Historien. . . . Nouvelles d'Amérique.]
Journal de Perlet, — En parlant de la lettre où le citoyen Reverchon annonce qu'il a renouvelé les juges de paix de Lyon, Perlet assure que, par cet acte d'autorité, ce député a violé la Constitution, puisqu'il a usurpé un pouvoir que le Directoire n'a pas lui-même.
Courrier français. — Il félicite les bons citoyens sur ce que le Directoire exécutif a senti la nécessité de surveiller soigneusement le club du Panthéon, et il prétend que les membres de cette Société sont furieux de cette précaution.
Postillon des armées. — Par exception à sa règle, le Postillon des armées parie aujourd'hui uil langage patriotique. Il annonce des propositions de paix faites par le gouvernementaux puissances coalisées et rejetées par ces dernières, et il prend occasion de ce refus pour inviter tous les républicains à faire de nouveaux sacrifices.
Nouvelles politiques. — Tout ce que l'on dit dans ce papier nous fait désespérer d'avoir la paix. Il parait, d'après lui, que l'alliance entre Vienne et Londres s'est resserrée plus que jamais.
HOUDEYEB.
(Arch. nat., F^ 3840.)