‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 16 sur 141 · CCCXXXVIII · texte numérisé non relu

CCCXXXVIII

il MESSIDOR AN IIÏ (29 JUIN 1793).

Rapport du iâ messidor.

Esprit public. — Il résulte des rapports de ce jour que le calme se soutient, et que Tesprit public est en général bon et conforme aux principes. 11 est encore vrai de dire que tous les bons citoyens soupirent après rétablissement d'une forme de gouvernement qui

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remette en ordre les hommes et les choses ; le mode proposé par la Commission des Onze parait convenir sous presque tous les rapports.

Les inquiétudes et les plaintes sur la cherté sont toujours les mômes. D'après les observations transmises par les inspecteurs de police, nous ne pouvons pas trop insister sur Tabus de la vente publique du pain à 16 livres la livre, ainsi que des pâtés, gâteaux et brioches ; ces agents répètent aujourd'hui avec force que cette infraction à la loi a donné lieu hier à des rassemblements autour de ces boutiques, et à des propos très menaçants; ils ne nous cachent pas même, à cet égard, qu'ils appréhendent des suites fâcheuses, ou tout au moins le pillage de ces sortes de denrées. — Nota. La Commission s'est adressée, il y a un mois, au Comité de législation pour solliciter des mesures répressives en exécution de la loi du 1" prairial.

Musseau rapporte que, depuis quelque temps, il s'ouvre à Paris plusieurs bureaux publics de petite loterie, dite de Cologne, et particulièrement sous les charniers des ci-devant Innocents; les numéros, ajoutent-ils, sont affichés à leur porte.

Charpentier et Mercier annoncent qu*hier, sur les huit heures du soir, au Jardin-Ëgalité, les fripons d'agioteurs ont recommencé leurs manœuvres, en criant : Sauve qui peut! ei, à la faveur de ce signal, se sont sauvés, munis d'effets qui ne leur appartiennent pas.

Cafés. — Aucun rapport sur les entretiens dans les cafés.

Spectacles. — Tranquillité, bon ordre et bon esprit. Un incident léger, survenu au théâtre du Marais, relativement à des couplets jetés sur le théâtre, n'a eu aucune suite ; le directeur sera invité par la Commission de se conformer à l'arrêté du Comité de sûreté générale du 24 pluviôse dernier.

Journaux. — Extrait du journal VAuditeur national^ n» 1005, 12 messidor an III*: « Les citoyennes de Tourzel, ci-devant gouvernante des enfants de France, et ChantereP, femme de chambre de Marie-Antoinette^ sont les deux personnes que nous avons annoncées être choisies par le Comité de salut public pour être auprès de la fille de Louis XVI. » Du journal le Messager du sou\ n® 1045, 12 messidor : a II parait que la captivité de la fille de Louis XVI va être delà Dans Torigioal, on lit Cfianfereine. Mais cette dame s'appelait bien Chanferel. La Gazette française du 22 aofit 1795 le dit expressément (p. 4098, note). Voir aussi l'imprimé intitulé : Lettre à M"^ Chanterel (par Alexandre Raimond), à la Tour du Temple^ en réponse à la romance de « la Jeune infortunée »». Paris, s. d. (5 fructidor an III), in-8. Bibl. nat., Lb 41/1981. Cette romance de la Jeune infortunée du Temple était rœu>Te de Dumoustier.

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cidément adoucie ; la citoyenne de Tourzel, ci-devant gouvernante des enfants de France, et la citoyenne Clianterel, ci-devant femme de chambre de Marie-Antoinette d'Autriche, ont été nommées par le Comité de salut public pour rester auprès d'elle *. »

Beaucoup d*autres journalistes ont parlé dans le même sens ; la Commission de police, frappée de ces inexactitudes, dément comme calomnieuse et controuvée l'assertion annoncée sur le compte de la citoyenne Chanterel, et déclare expressément qu'il est absolument faux que jamais elle ait été femme de chambre de Marie-Antoinette d'Autriche *.

[Pain, viande, marché, bois. — Rien de notable]

Bourse. — La garde nationale et un détachement de dragons ont dissipé des groupes d'agioteurs qui se trouvaient sur la place de la Bourse, à l'heure de son ouverture ; ces mesures ont satisfait les agents de change, qui doivent s'organiser incessamment. Les marchands d'argent disent eux-mêmes que, si l'on continue à les poursuivre sans relâche, les matières d'or et d'argent baisseront de jour en jour. Il n'y a pas eu d'autre cours à la Bourse que celui des inscriptions, qui se sont faites de 15 à 16 pour cent de bénéfice. . . .

DUCUAUFFOUR, Le RoY.

(Arch. nat.. F » « III, Seine, Ui.)

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