‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 20 sur 141 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

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dans le Jardin-Égalité, où ils se plaignaient que les Comités de gouvernement mettent en liberté beaucoup de terroristes, et que l*on y disait que cette mesure avait causé les malheurs de Lyon et de Marseille.

Legrand, en parlant des mêmes groupes, rapporte y avoir entendu dire que Ton avait bien fait de s*oppo$er à ce que Thymne des Marseillais fût chanté à la garde montante, parce que c'était le moyen de ressusciter le règne de la Terreur; que Ton y disait aussi que sept cents législateurs feraient beaucoup mieux de donner le plus tôt possible un bon gouvernement, des lois et du pain, au lieu de s*amuser à des chansons.

Ghatou, après avoir rapporté les mêmes propos, déclare qu*il a entendu dire que le 9 thermidor avait sauvé la France, qu*il fallait que les Jacobins périssent, et qu*il valait mieux mourir que de souffrir davantage que cette race impure reparaisse.

Bouillon rapporte que les déclamations contre Thymne des Marseillais ont continué hier au Jardin-Egalité, que les jeunes gens se coalisent pour empêcher la Terreur de reparaître; il termine en annonçant que les plaintes et murmures de la classe ouvrière et indigente sont toujours les mêmes.

Vannier rapporte avoir appris que les jeunes gens se proposent de se réunir décadi prochain dans leurs sections^ à Teffet de requérir qu'il soit présenté une pétition à la Convention pour faire réincarcérer ceux des terroristes qui ont été mis en lit>erté; tous ces propos, ajouto-t-il. ont été tenus avec beaucoup de chaleur, principalement par un capitaine de dragons, qui animait beaucoup.

Cafés. — Compère dit avoir été pris dans le café de Chartres pour un Jacobin, et même au corps de garde, où il a demandé à être conduit au Comité de sûreté générale, qui Ta fait mettre en liberté surle-champ, d après les explications qu'il a données.

Plusieurs inspecteurs déclarent que, dans les cafés qu'ils ont surveillés, on y tenait les mêuies propos que ilans les groupes.

Spfciacitrs. — Ont été presque tous fort agités. Au théâtre de la rue Feydeau, les couplets du Ri*veil du peupie ont été chantés et anpLui.lis avec chaleur, surtout celui où il est dit qu'il faut que les Jacobins el la Terreur finissent. Les spectateurs répétaient en chorus : .Vt>M5 le jui'ons! Au couplet des représenlaiils, on a crié : La lotie/ de manière qu'il n'a pu èlre chante. Aii\ liieàlres du Vaudeville et de rOpera Comique, même a^ritation avec api laiidissemeiits des couplets du /i?t\î'ï7, à la n^serve des derniers que Ion a refusé d'enten« dre. Au sj-eolaoîe de la UopuM:q.;e. il s'y esi fait un mouvement par-

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ticulier, occasionné par Timpatience des jeunes gens de ce que Ton ne chantait pas assez promplement les couplets du Réveil. Six d'entre eux sont montés sur le théâtre pour se rendre maîtres de la toile; a^lors il s*est élevé une rixe entre un de ces jeunes gens et Tartiste Dugazon; le jeune homme s'est mis en devoir de tirer son épée. Maîlly rapporte que cet emportement a beaucoup indigné ses partisans. Les acteurs sont intervenus, qui ont séparé les champions, et X!)ugazon s'est soustrait. Alors on a demandé que Dunan chantât le Réveil, ce quMl a fait ; on a vivement applaudi ; le couplet des représentants a d'abord été applaudi; quelques voix ont dit : Pour les bons '^épuiés, à la bonne heure !

Hier, vers midi, au moment de la garde montante, il s*est fait un ^and rassemblement de jeunes gens dans la cour du Louvre, les- <quels ont arrêté la troupe au moment de son entrée dans ladite cour, ayant en tète le général Menou ; ils ont demandé â grands cris [que] la musique jouât le Réveil du peuple. Le général, ne voulant pas recevoir d'ordre de leur part, dit qu'il ferait jouer toute la série des airs analogues à la Révolution et fit commencer par les Marseillais; on cria aussitôt : A bas les Marseillais ! avec menace, si elle continuait, d'arracher et briser les instruments de musique; le général crut alors qu'il était prudent de consulter la Convention, qui passa, dit-on. à Tordre du jour et s'en rapporta â la discrétion du général. Cependant les cris redoublaient, les esprits s'échauffaient, on faisait la motion de se battre jusqu'à la mort plutôt que de céder; alors le général proposa un parti qui pourrait concilier tous les esprits. Il dit au peuple : « Ai-je mérité ou non votre confiance? » Tous s'écrièrent que oui, qu'il était un brave général ; alors il dit : « Si j'ai mérité votre confiance, vous devez vous en rapporter à moi. Je vais faire avancer la troupe^ je la ferai ranger sur deux colonnes, ensuite chacun aura satisfaction. » On y consentit. La troupe avança aux ordres du général, qui s'est mis en tète et fit jouer aussitôt le Réveil du peujtle; alors chacun se mit à crier : Vive la nation! Vive le général Menou! A bas les terroristes et les Jacobins! et le rassemblement se <ii^persa. ^Extrait du rapport de Compère.)

[Commerce. Pain, viande, etc. — Murmures et troubles.]

Bois DE LOURY, GOSSET.

(Arch. nat , F* ^ III, Seine, 16.)

Courrier républicain du 29 messidor : « [Avant-] hier, à Tinstant où la garde nationale de la Convention nationale devait être relevée, une foule considérable de personnes, de jeunes gens surtout, s'était rassemblée dans la place du Carrousel, attentifs à Tévénement que l'ordre de faire jouer Tair des Marseillais devait amener, ou peut-être disposés à le faire naître. A peine la garde a-t-elle paru qu'on a entendu de toutes parts : « Le Réveil du peuple ! point de Marseillaise, C'est au son de cette musique qu'on égorgeait au 2 septembre et qu'on nous a assassinés pendant quinze mois. A bas les égorgeurs! A bas les buveurs de sang et toute la horde infernale des terroristes ! * » Le général Mcnou, qui commandait, a dit alors qu*il avait une liste d'airs patriotiques qu'on lui avait ordonné de faire exécuter, et qu'il allait obéir. «Oui, a-t-on dit alors, des airs patriotiques, mais point de Marseillaise. » « Ce n'est point par des cris, a dit le général, que je puis être influencé; je ne dois obéir qu'aux décrets de la Convention nationale. — Le Réveil du peuple, et point de Mai'scillaise; — Ai-je perdu la confiance publique? Alors je donnerai ma démission. — Non, vous ne l'avez point perdue ; on ne demande pas, on ne veut pas votre démission, mais on ne veut plus de la Marseillaise. Le Réveil du peuple!)^ Ce débat a duré plus d'une heure, et pendant ce temps la garde nationale était immobile et paraissait parfaitement d'accord avec la jeunesse qui demandait le Réveil du peuple. Enfin Tordre est arrivé, les tambours ont battu la marche, et le public a fait retentir les airs des chants du Réveil du peuple. Enfin la musique a fait chorus à trois reprises différentes, au milieu des bravos et des cris : -l bas les terroristes, à bas les buveurs de sang ! etc. Ainsi s'est terminée, par des applaudissements généraux, cette scène qui pouvait devenir très funeste. Dans la soirée, la jeunesse s'est répandue dans les diverses promenades et dans les cafés, a de nouveau déclaré qu'elle ferait chanter le Réveil du peuple sur tous les théâtres, et chacun s'est donné parole pour Texéculion. Effectivement, à peine la première pièce était-elle jouée, qu'on a demandé le Réoeil du peuple, ce qui s'est exécuté partout presque sans beaucoup d'opposition. Au théAlre de la rue Feydeau et à celui de la Montansier, on n'a pas voulu entendre le dernier coupleL A celui de la République, il a été applaudi, mais avec cette observation que ces applaudissements n'étaient destinés que pour la partie de la Convention qui se montrait digne de la nation qu'elle représentait. A ce théâtre, il y a eu quelques vivacités qui méritent d'être connues. Les acteurs paraissaient d'abord peu disposés à se rendre aux vœux du peuple. On demandait que la toile fût levée; on le demandait avec opiniâtreté, et cependant la toile ne se levait pas Enfin trois ou quatre jeunes gens ont sauté sur le théâtre et l'ont levée eux-mêmes. Alors Dunan a paru, et a annoncé que Dugazon allait chantor le Réveil du peuple. Eirectivemenl Dugazon s'est i)résenté, mais aussitôt des murmures se sont fait entendre; les épithèles de terroriste, de lAche ont clé prodiguées. L'ainour-propre de l'acteur n'a pu tenir à ces

1. Le Journal de Perlet du 28 mcssiilor rapporte que les partisans de la Marseillaise objectaient «« que, dans le Midi, le Réveil du peuple avait aussi été chanté par des assassins ».

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injures; il a jeté aussitôt bas son habit cl sa perruque de théâtre, et s*est mis à colleter un des jeunes gens qui étaient sur la scène et qui l'avaient apostrophé. Aussitôt il s'est fait un grand tumulte ; les actrices, les acteurs, la garde, les juges de paix, les jeunes gens qui se précipitaient sur la scène, tout s'est confondu. Au milieu de ce désordre, de ce brouhaha, plus comique que dangereux, Dugazon, son habit, sa perruque, tout a disparu, s'est escampé comme par enchantement. Le théâtre est resté libre, et on a chanté le Héveil du peuple au milieu des applaudissements universels. Un des jeunes gens, craignant que cet événement ne fût improuvé par le gouverne- "^ent^et que quelques-uns d'entre eux ne fussent arrêtés, leur a fait promettre Que, si cela arrivait, ils prendraient tous les moyens nécessaires pour les délivrer. Aujourd'hui tout est tranquille. A la parade, on n'a joué ni la 3/ars^lldise, ni le Réveil du peuple, » — Gazette française du 29 messidor : «' l-a. Convention nationale a très prudemment rapporté hier* son décret sur '* ^fcirseillaise. Cette mesure a rappelé la paix dans Paris. Hier soir, tous les spectacles ont été fort tranquilles. Il y a eu seulement quelque agitation à c^lui de la République. Les acteurs n'ayant pas levé la toile aussi prompte- '^^iai que le parterre paraissait le désirer, les jeunes gens sont montés sur le ^■^^àlre et l'ont levée eux-mêmes. On a demandé alors le Réveil du peuple, *^^nan a paru, qui a dit que Dugazon allait venir chanter. A peine celui-ci '^'*W\l été sur la scène qu'on Ta assailli d'épithètes peu honorables, de lerro- ^^sle, de coquin, et qu'il a été forcé de renoncer à son rôle. Il y a plus, piqué ^c l'accueil qu'il venait de recevoir, il a jeté bas ses babils d'acteur, et s'est Colleté avec quelques jeunes gens. Cette comédie, d'un genre neuf, a fait rire ^l le parterre et les loges, mais bientôt Dugazon s'est aperçu que les rieurs Relaient pas de son côté et il a pris la fuite. Il n'a pas reparu. Alors le théâtre a retenti du Réveil du peuple^ et il en a été ainsi à tous les speclaclcs. .Aujourd'hui, à la parade, il n'a été question ni de cet hymne, ni de celui des Marseillais. Des gens fort sensés disaient qu'il vaudrait beaucoup mieux nous donner du pain, des souliers et un bon plan de Hnances, que des chansons. »

1. n faut lire : avant-hier. C'est en effet le 27 messidor que la question du rapport du décret sur les chants révolutionnaires fut portée à la tribune. Mais la Convention ne rapporta pas son décret : elle se borna ù entendre quelques explications de Jean de Bry, qui en atténuaient la portée. Voici comment le Procèsverbal^ t. LXV, p. 157, rend compte de cet incident : - \ji\ membre, par motion d'ordre, donne des explications sur la proposition qu'il a faite à la séance du 26, d'après laquelle la Convention nationale a décidé que les airs et chants civiques qui ont contribué au succès de la Révolution seront exécutés par les corps de musique des gardes nationales et des troupes de ligne. • Puis la Convention reprit son ordre du jour. Le décret fut donc implicitement maintenu.

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Rapport du ^ messidor.

Esprit public. — L*agilation des jeunes gens ne s'est pas fait sentir à la garde montante; tout s'y est passé avec ordre ; elle s*est manifestée dans deux spectacles et quelques cafés, notamment dans celui de Chartres; au total elle a paru moins vive que le jour précédent. C*est sans doute à la sagesse des mesures prises par les Comités de gouvernement, dont Tarrété a été généralement approuvé S que le public est redevable des heureux effets qui en sont résultés; mais les circonstances pénibles du temps ne varient que pour s'aggraver. La dureté des fermiers n*a plus de bornes, la chute des assignats devient de plus en plus rapide ; la cherté scandaleuse de toutes choses fait d*heure en heure des progrès si effrayants que la plupart des citoyens sont réduits aux derniers expédients pour assurer leur subsistance journalière. Le salaire de l'ouvrier est très inférieure sa dépense; le malheureux rentier ne peut vivre à moins de vendre son dernier meuble, qui devient la proie du cupide agioteur; le petit propriétaire, dénué de toute ressource, mange tout à la fois son fonds et son revenu; le salarié de la République, qui n'a que son traitement, éprouve également les angoisses du besoin.

Ce tableau est Tanalyse exacte des rapports de ce jour et de tous ceux qui nous parviennent depuis longtemps, de sorte que l'on peut dire aujourd'hui avec raison que l'esprit public dépend, dans ce moment-ci, des besoins de la vie, et qu'il ne se compose plus que de ces éléments.

(iroHpes. — Bourgeois rapporte que, dans tous les lieux où il a passé, il n'a remarqué que murmures, mécontentements et menaces

i. Voici cet arrêté, d'après la Gazette framaisej p. 3956 : « Arrêté des Comités de ftalut pubiic et de sûreté yénérate, relatif aux airs qui se chantaient sur les tfiédtres. — Du 28 messidor an 111. — Les Comités de salut public et de sûreté générale réunis arrêtent qu'il ne sera chanté ni lu sur les théâtres d autres airs, chansons et hymnes, que ceux faisant partie et qui sont contenus dans les pièces annoncées et qui seront jouées. Les directeurs et artistes de chaque théâtre sont responsables de toute contravention de leur part au présent arrtMé, qui sera affiché à Paris et à la porte do tous les si>ectacles. Siyné : Cambackrès, L.-B. Genevois, présidents: R.vbvit, Kervei.kc.an, F. Ai bry, Baillv, J.-S. Rovère, Vermer, PiERRET, J. De Bry, J. Mariette, Marec, P.- M. Délai >a y, P. Giyomar, Se>*kstre. »

87 RÉACTION THERMIDORIENNE [16 juillet 1795J

contre le gouvernement, auquel le peuple attribue tous ces maux. Chailly dit que le peuple plie sous le poids de sa misère. Durresnoy et Leroy jeune, que dans les halles on voit beaucoup de monde se plaindre de l'égoïsme des paysans. Compère dit qu'il y avait encore hier plusieurs petits rassemblements, rue Honoré, devant les tables où le pain est exposé en vente ; on y vomissait, dit-il, mille injures contre les marchands, et Ton voulait renverser leurs tables. Duval, que les esprits sont toujours très agités sur les subsistances avec demande réitérée de pain, partout du pain. Au reste, il résulte de la plupart des rapports que la conduite des jeunes gens a été blâmée par les citoyens honnêtes, amis de Tordre et de la République.

Cafés. — Didier et Leroy jeune rapportent que les jeunes gens,

dans le café de Chartres, disaient que tous nos malheurs provenaient

du 3i mai, et que la plupart des représentants alors pour la bonne

cause étaient trop faibles aujourd'hui (sic)\ qu*ils devaient mourir

plutôt à leur poste que de céder, et qu'il vaudrait beaucoup mieux

que la Convention s'occupât de choses essentielles que de chansons.

Didier seul dit que l'entretien s'est terminé, de la part des jeunes

gens, par les paroles qui suivent : « Si la Convention décrète une ré-

quisilion, ils se feraient plutôt couper les deux oreilles que de partir;

qu'il était temps de se montrer. »

Spectacles. — Ont tous été tranquilles, à la réserve : 1® du théâtre de la rue Feydeau, où les couplets du Réveil du peuple, à Texceplion ^u dernier, ont été chantés par des jeunes gens dans le parquet, et applaudis, le tout sans trouble; 2® au théâtre des Arts, où, nonobstant 1^ présence du commissaire, qui n'a pu ni faire lecture de l'arrêté <^cs Comités du gouvernement ni se faire entendre, et a été forcé de ^ retirer à cause du grand bruit élevé par les jeunes gens qui se sont opiniâtres à ce que le Réveil du peuple fût chanté, ce qui a été exé- ^'^té par le citoyen Elvion, artiste du théâtre de l'Opéra-Comique ^^lional, qui pour cela a monté sur l'appui de la première galerie. ^^ parterre a fait chorus, et les chapeaux en l'air ont crié {sic) : ^ Oui, nous le jurons contre les terroristes et buveurs de sang! » Chalou, qui rapporte ce fait, dit qu'un individu a été saisi au collet ^ûns le milieu du parterre et conduit à la porte en le traitant de Jacobin, ce qui a occasionné du bruit, sans qu'il en soit résulté d'autres suites fâcheuses; le même inspecteur ajoute qu'au second *^cte de Bidon, les jeunes gens ont fait recommencer l'actrice, lors- ^iielie dit à Enée : Parlez, brillante jeunesse, la gloire vous attend. Journaux. — La Commission dénonce le journal la Correspond

dance politique^ n^ 434 *, sous la date du â9 messidor (vendredi, 47 juillet 1795, vieux style), pour les motifs qui suivent. Article Manheim en Brisgau, Copie de la lettre du roi de France à S. A. S. Mgr le prince de Condé, donlToici la substance : Le prétendu roi, ci-devant Monsieur, parle de sa douleur sur la perte de son neveu, et annonce l'espérance qu'un jour viendra, où après avoir, comme Henri IV, reconquis son royaume, il pourra comme Louis XII mériter le titre de [Père] de son peuple, et qu'il compte sur l'attachement de ses braves gentilshommes et de ses fidèles troupes pour faire éclore l'aurore de ce beau jour. — Signé : Louis.

Bourse. — Les inscriptions se sont faites depuis 16 jusqu'à 20 1/2 en grosses parties.

[Commerce. Pain, viande, etc., — Plaintes.]

Change. — Hambourg: 5,800 à 5,900; Bâle : 3 1/4; Amsterdam: 17/8; L'or fm : 2,600 à 2,800; L'argent en lingot : 1,300.

Agiotage. — Au café du Peuple-Souverain, cour Mandar, il se rend des brocanteurs de toute espèce, la plupart juifs; on y voit aussi quelques femmes. Il y a été offert de la farine à raison de 15 à 15 livres 10 sols la livre; il s'y est vendu de la chandelle 44 francs; la livre du sucre d'Augsbourg, 53 livres;' on y faisait aussi le commerce des espèces, mais on n'y conclut point de marchés. La Commission fait surveiller particulièrement pour surprendre les délinquants

Fauconnier.

(Arch. nat., F* «111, Seine, 16.)

Journaux.

Gazette française du 30 messidor : « Le Réveil du peuple a Hé chanté (avant-] hier soir sur tous les thoàtrcs, malgré rarrtUé des Comités de gouvernement qui le défendait. CoUe eontravenlion à la loi n'a eu aucune suite fâcheuse. Partout les pièces ont été jouées avec beaucoup de tranquillité. » — «( Le prix des matières d'or et d'argent a augmenté aujourd'hui ; on assure que celui des louis a été de 700 livres. Cependant il ne circule ici aucune mauvaise nouvelle ^)

\. L'exemplaire de ce journal, à la Bibl. nat., est incomplet, et il y a une lacune qui s'étend du 12 nivùse an 111 au 19 vendémiaire an V. (Le â/TfSS et 2G4:r. — Cf. Tcmrneax, no-lCSUi et 11.040.

89 RÉACTION THERMIDORIENNE [47 juillet 1795|

Rapport du 30 messidor.

Esprit public. — Suivant les rapports de ce jour, les jeunes gens, tant au Palais-Égalité que dans les environs et aux spectacles, ont paru très agités; ils se sont môme portés à des excès de haine blâmés par les bons citoyens. Pour ce qui concerne la pénurie du pain chez les boulangers, la vente qui en est faite sur les places publiques à un prix très haut, ainsi que la cherté de toutes choses et Favilissement progressif des assignats, tous ces fléaux ne cessent de peser de plus en plus sur la société et deviennent de jour en jour plus fâcheux; nous n'avons rien â diminuer aux observations générales contenues dans noire rapport d'hier, ni à dire, sinon que le remède est très instant.

Nous passons à Tanalyse des faits principaux énoncés aux rapports de ce jour.

Groupes, — Hatat, Loignier, Chailly, Marceau et Leroy jeune rapportent que Ton se plaint toujours de la cherté excessive du pain et ^6 Taugmentation des denrées; ils ajoutent que cela fait murmu- ^^f beaucoup contre le gouvernement, que les malheureux ne peu- ^^nl plus y tenir, et que Ton voit, dans toutes les rues, du monde tomber en défaillance.

Compère dit que, sur la place près de la Trésorerie nationale, plusieurs femmes étant rassemblées auprès d'une table garnie de pain, une d'elles, paraissant ivre, s'est emparée d'un pain d'une livre el i'a mangé^ en disant que depuis trois jours elle en manquait. Le marchand, qui a été injurié par les spectateurs, n'a pu se faire payer, malgré ses instances; il a été obligé de quitter prise.

Duval expose qu'il a entendu dans plusieurs groupes du Palaîs-Égaiilé, des citoyens crier : A bas la Convention! Il dit que les jeunes gens, qui veulent sans relâche le Réveil du peuple, paraissaient disposés à assommer ceux qui voudraient s'y opposer. Enfin, il s'aperçoit que la classe peu fortunée, de son côté, veut faire une guerre à mort aux marchands de pain, et de suite monter par degrés jusqu'à ceux qui sont les auteurs de tous ses maux.

Baron l'alné, Didier et Legrand exposent que les jeunes gens, sur

flT jriLLET 1795! RÉACTION THERMIDORIENNE 90

le soir, sont venus en foule chanter le Réveil du peuple à la porte du citoyen Louvet. La garde est venue aussitôt pour maintenir Tordre. Le représentant Louvet a riposté à ces jeunes gens en entonnant le couplet : Allons^ enfants de la patrie, ce qui a occasionné du bruit de la part de la jeunesse, qui, à son tour, a riposté par des propos ironiques, tels que ceux-ci : A bas la Louvet! A bas la belle Lodoîska ! A bas les gardes du corps de Louvet l Les injures ont succédé à Tironie ; Ton a traité Louvet de scélérat, de gueux, de vouloir narguer le peuple: le commandant Raffet est survenu; il a invité les jeunes gens h se retirer, ce qu*ils ont fait, et a renvoyé la garde.

Cafés. — Au dire des inspecteurs, qui ont surveillé les cafés du Palais-Égalité, notamment Chartres et Valois, les télés y sont très montées, et les propos qui s*y tiennent fort indécents. Baron (Alexandre) rapporte avoir vu sortir du café de Chartres huit à dix jeunes gens, dont il a écouté la conversation, d*apn>s laquelle il a reconnu qu'ils parlaient des inspecteurs de police, qu'il cherchait à les écouter pour en faire son rapport. Il ajoute qu^ils disaient : « Si nous pouvons en rencontrer quelqu*uns, ils auront fort à souffrir. »

Spectacles, — A la réserve des théâtres de la République, Feydeau et rOpéra-Comique national, tous les autres spectacles ont joui de la tranquillité. A TOpéra-Comique, le Réveil du peuple^ dans un entracte, a été chanté par le parterre; il a été fort applaudi; on n^a pa? voulu que le dernier couplet fût chanté. Au théâtre Feydeau, cela s'est passé de même sans trouble. Au spectacle de la République les jeunes cens, avertis par leurs camarades au Jardin-Ëgalilé qu*on refusait d'y chanter le Réveil, se sont portés en grand nombre à ce spectacle; de suite, après avoir forcé l'entrée, ils sont montés sur les banquettes et Tunt chanté, sauf le dernier couplet. Après quoi, ils sont sortis de même en foule. Descoings, ollieier de paix, rapporte que, sur Tinvitation par lui f;ute de respecter la loi, il a été repoussé rudement

Dl'RET, Dlchauffocr.

Arch. nat.. F * « III. Seine, ii».)

JOIR.NAIX.

*i iz-'tt'' fi-'iifrétis»^ ilu l*r thonuiilor : • Mil chante i-ncore le Rénùl da ^•♦viy.V ,ia:> tous les s|ieelae!es. Le izouveniemenî ne luirait pas vouloir < "l'j-.'^vr .1 eeî élan de l'opinion puMlque. H:er >oir. !oii> les théàtn^s étaient ev;v:r-,«:i:.- > <:.* la f«»ree année à eh''val; mais qui que ee soil n'a fait le H^'iM .r-- t'T.':: iHf.ir ia:re re>peeter îarrrié «îes Cimiiès de jrouvemempnl qui i.i :•■!:■: !.■ eî;an; •îe> :ivu\ell.s h\:i;ne^ <îans î.'> speetaeles. ^' — < M. Louvi*: a ei; li.i-r u:." lîiseassion a>>^':. \:\e a\ee quelques jeunes jren> que son

91 RÉACTION THERMIDORIENNE [18 juillet 1795J

parti désigne par le nom de Chouans, de royalistes et de collets verts. Cette rixe a déterminé la police à placer une sentinelle à la porte de la boutique de ce libraire représentant. Cette mesure n'a pas empêché les jeunes gens de crier : A bas les terroristes ! et cette scène a duré, dit-on, assez avant dans la nuit. Enfin la troupe s'est dissipée, et M. Louvet est allé se coucher paisiblement avec sa Lodoiska. On assure que le Comité de sûreté générale se propose de faire arrêter quelques-uns de ces jeunes gens ; mais on ajoute que leurs camarades sont disposés à les réclamer. »

Rapport du 1«' thermidor.

Esprit public. — Ce n*est absolunnent que dans le petit cercle du Jardin-Égalité, rues et spectacles environnants, que Tagitation cornmencée par les jeunes gens se manifeste. Suivant les rapports des inspecteurs, il parait que le public» en improuvant la conduite de cette jeunesse effrénée, désire qu*il y soit apporté incessamment un remède effîcace et prompt. Le reste de Paris, pendant la journée d'hier, a présenté Timage du calme le plus apparent; les propos que Ton peut entendre ne proviennent absolument que de la misère affreuse qu'éprouvent généralement tous les habitants de cette grande cité, dont le plus grand nombre plie réellement sous le poids des circonstances qui les accablent journellement.

Chailly rapporte avoir entendu raconter un événement qui s'est passé hier à midi au Jardin-Égalité ; les jeunes gens, dit-il, se croyant insultés par une affiche ayant pour titre : Frond, soldat républicain^ à tous les royalistes^ teiroristes^ anarchistes et buveurs de sang de toute espèce ', l'ont arrachée partout où ils l'ont trouvée. Un député, passant, demande à Tun d'eux compte d'une pareille conduite ; on lui a répondu que l'écrit atteignait directement les jeunes gens. « Je ne connais de jeunesse, dit le député, que celle qui est aux frontières. » A peine eut-il lâché ces mots que les esprits s'échauffèrent au point qu'on l'accabla d'injures ; il aurait même été maltraité, s'il n'eût pas pris la fuite. L'inspecteur qui rend compte de ce fait dit le tenir d'un citoyen qui en a été témoin oculaire; Didier en parle aussi.

1. On trouvera le texte de ce pamphlet antiroyalistc dans la Sentinelle du 3 thermidor an lU, p. 110. (Bibl. nat.. Le 2/694, in-4).

[18 JUILLET 1795] HÉACTÏON THERMIDORIENNE 92

Laine dit que, dans plusieurs quartiers de Paris, Ton parlait hier d*une quantité d'individus qui circulent, entrant dans les boutiques des marchands pour connaître le prix des marchandises; quand ils en sont informés, ajoute Tinspecteur, il n*y a pas de sottises qu'ils ne profèrent contre les marchands, auxquels ils disent : « Ne croyez ni vendre à ce prix-là, ni garder vos marchandises; on saura bien vous les faire donner d'amitié ou de force. » Ces mêmes individus cherchent aussi dispute aux passants dans les rues, et, quand on leur parle ferme, ne répondent pas. Tout cela donne beaucoup d'inquiétudes, ajoute Tinspecteur, et fait craindre un pillage et des mouvements contre-révolutionnaires. Le public, dit-il encore, se prononce de plus en plus contre la cupidité des paysans et laboureurs.

Cafés, — Tous les inspecteurs se réunissent et s'accordent à dire que, dans les cafés du Jardin-Égalité, il n'y était question que des complots faits par les jeunes gens de se porter dans les spectacles pour y faire prévaloir leurs opinions, renverser le terrorisme, et s'opposer à tout ce qui pourrait faire renaître un pareil régime.

Spectacles, — Celui de l'Opéra-Comique national a été interrompu par les jeunes gens, qui ont paru au milieu de la seconde pièce, ont harangué les spectateurs, en leur rendant compte de la réception qui leur avait été faite au Comité de sûreté générale, où ils s'étaient présentés, mais inutilement, pour obtenir la liberté de leurs camarades. Aussitôt on a crié qu on avait assez de la pièce, et la toile a été baissée. A celui de Feydeau, entre les deux pièces, quelques jeunes gens, dans le parquet, ont chanté le Réveil du, peuple^ qui a été très applaudi d'une partie du public. Au couplet des représentants, des voix parties des secondes ont crié : A bas ! A 6a5.^ Cependant il a été chanté, mais applaudi partiellement.

Au théAtre des Arts, le désordre y a été a son comble, tant au dehors qu'en dedans. Dans l'intérieur de la salle, le bruit a commencé par des voies de fait; le représentant du peuple Merlin (de Thionville) a voulu parler; il a été peu écouté; on criait de toutes parts que l'on voulait ramener la terreur, que l'on promettait justice contre les buveurs de sang, que ces promesses n'étaient qu'illusoires, attendu qu'on les mettait à fur et à mesure en liberté; on a été jusqu'à dire que la Convention contenait encore dans son sein des égurgeurs, qu'il fallait qu'elle fiU purgée, qu'elle avait trompé la confiance du peuple, qui ne le {sic) serait pas plus longtemps. Un adjudant général a paru sur la scène, et de la part des Comités, dont il s'est dit envoyé, a exhorté les jeunes gens à la concorde et à la fraternité ; on lui a à peine laissé le temps de dire deux mots ; il a

93 REACTION ^THERMIDORIENNE [18 juillet 1795]

été interrompu par les cris répétés : Que les terroristes et les Jacobins périssent ! Celte scène a duré assez longtemps. Ensuite on a demandé si l'on continuerait la pièce, il a été dit oui I de tous côtés. Les jeunes gens sont partis en disant : ce Nous avons commencé ; il faut mener cela grand train » ; chantant le Réveil et criant : A bas les Louvet et les louveteaux I

[Commerce* Pain, viande, bois, marchés. — Rien de notable.]

Alletz, Le Roy.

(Arch. nat., F » « liï, Seine, 16.)

Journaux.

Courrier républicain du 2 thermidor : « La scène qui s'est passée [avant-] hier à l'Opéra, quoique très violente, n'a cependant eu jusqu'à présent aucune suite funeste ; nous disons jusqu'à présent, car la fermentation qui a amené <*et événement, qui augmente encore, n'est pas encore calmée. Il est bon de rappeler Tatlention sur quelques particularités qui paraissent à l'obsenateur avoir une liaison immédiate avec ce qui s'est ))assé dans la journée. On avait placardé à grands frais une prétendue lettre d'un soldat républicain, auquel on donnait le nom de Frond. Dans cette lettre on répète jusqu'à la satiété les épithètes de royalistes, de nouveaux terroristes, de compagnies de Jésus, et on en qualifie les personnes à qui on en veut ; on excite les militaires qui sont aux années contre les citoyens de l'intérieur, c'est-à-dire contre eux-mêmes, en leur faisant entendre qu'on en veut à la liberté, qu'on veut livrer la France aux despotes, etc., enfin leur faire un reproche de tout le sang qu'ils ont répandu avec tant de dévouement pour assurer l'indépendance de leur pays. A|>rès avoir, par cette ruse, indisposé les militaires, on fait filer quelques-uns d'entre eux dans l'intérieur des spectacles. Les jeunes gens veulent chanter le Réveil du peuple; les militaires s'y opposent; les jeunes gens insistent; les militaires mettent le sabre à la main ; les jeunes gens se précipitent sur les sabres et repoussent les militaires. Cependant des détachements arrivent au galop, un général en tôte, comme s'ils voulaient charger les citoyens ; on résiste, on s'écrie que ce n'est pas ainsi qu'on fait la police, que c'était tout au plus la manière du prince Lambesc ; et voilà comme on allume la guerre civile ; voilà comme on sème les haines, les divisions, la discorde, comme on allume la vengeance entre des hommes faits pour s'entendre et s'estimer, comme on préparc le régime militaire, c'est-à-dire le j)lus dur de tous les gouvernements, auquel nous marchons à grands pas. Dans Tintérieur de la salle de l'Opéra, .Merlin [de Thionvillcj a parlé raison au public et a été très applaudi. Dans la soirée les jeunes gens ont continué leurs chants et sont allés au Comité de sûreté générale, réclamer quelques-uns de leurs camarades qui avaient été arrêtés; il faut bien qu'ils les aient demandés un peu brusquement, car on en a arnUé, à ce qu'on assure, un très grand nombre ; mais, comme le Comité n'est pas distributeur de leUres de cachet, on |)résunic qu'ils seront bientôt libres ou traduits aux tribunaux. .\ujourd'hui, on raisonne avec beaucoup de vivacité sur cet événement; cette nuit, on est allé chercher les citoyens chez

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eux |»our leur faire prendre l^s armes ; maintenant on fait beaucoup de patrouilles, l'n ordre de l'autorilé a fait fermer le café de Chartres. » — Crazetle française du 2 thermidor : « Le décret de la Convention nationale sur la Marseillaise a failli, !avant-] hier soir, faire répandre des torrents de sang à rOpéra. A chaque acte les jeunes gens réclamaient le liéoeil du peuple, et lesgendannes de la Convention, d'anciens gendarmes licenciés et des troupes de lignes postées \h par le gouvernement s'y opposaient. On est enfîn parvenu à aigrir les esprits, au |K)int (|u*on a tiré le sabre. L'un des jeunes gens a reçu un coup sur l'épaule, et cet acte d'imprudence a failli embraser toute la salle. Bientôt on a entendu le cliquetis des armes et, ce ({u'il y a de remarquable, c'est que, tandis que les deux partis en étaient aux mains, on chantait sur le théâtre le Réveil du peuple. Plusieurs jeunes gens ont été arrêtés par la force année et conduits au Comité de sûreté générale. Tous leurs collègues se sont alors réunis et ont pris la route du Comité, en suivant le boulevard ; mais la force à cheval, qui environnait la maison qu'occupe le Comité, les a écartés, et ils n'ont pu se faire entendre. Il y a plus : cette nuit on en a arrêté quatre-vingts ou cent autres. Il ne parait pas que, malgré la part active que tout le parterre a pris à ce mouvement, il y ait eu du sang de n*pandu ; peutêtre y a-t-il eu quel<(ues coups de plat de sabre de donnés, mais c'est à quoi le tout s'est terminé. Deux députés, Couly et Merlin (de Thionvillej» étaient au s|>ectacle ; le premier a disparu, et le second a harangué la jeunesse, à laquelle il a promis de faire rendre justice. Il a viit entendu avec assez de sang, froid. Tout porte à croire que les Comités veulent, à tel prix que ce soit, faire prévaloir leur opinion. Ils font venir aujourd'hui du Trou-d'Enfer trois mille hommes, qui camperont dans la plaine des Sablons. On croit même qu'une partie de res troupes seront st;itionnées dans Paris. Cette nuit, on a rassemblé une partie de la garde nationale, qui a été postée à la porte des principales maisons d'arnH. Ce qu'il y a de bien étrange, c'est qu'on ne cesse de nous parler de ce projet de se poster aux prisons, et d'une certaine société de Jésus, {\\ù voudrait égorger eeux qu'elles contiennent, et l'on ne voit pas même de traces ni de cet infernal complot, ni de l'association dont Louvct et ses sectaires ne cessent de nous parler. Toute la journée, les patrouilles ont été fort nombreuses <»t particulièrement aux environs du Palais-Royal. » — MeS' sntjcr du soir du 0 thermidor : •< fjuehiues anecdotes prouvent que la très jçrande majorité des jeunes gens qui s'étaient réunis à l'Opéra, pour chanter le Hf'Vtùl du ]wup!e. était républicaine. Pendant la représentation (Vfphiif*''uit\ lors(iu*un des personnag*»s prend la couronne de Clytemneslrc, une voix s'est fait entendre des troisièmes lojçes : Mettez la couronne! A l'instant une partie tlu partern» s'est levée en criant : A fms le Jarobin ! à bas le nnftiliste ! Le jour de la décade dernière, Merlin de Tliionville , après avoir rappelé les jeunes gens au bon onlre, les a invités d'éire en garde contre les ruyalisles qui s'étaient glissés parmi eux pour les égarer. « Soyez persuadés, " leur a-!-il dit, que, si vous sontfriez à Paris le retour d'un roi, tous lessol- - dais, dont je connais l'espril cl les inlenlions, se ilisputeront l'honneur de »• venir anéantir vous et voire roi. •>

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