‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 23 sur 141 · Voir plu5 haut. p. 10,% et liUi · texte numérisé non relu

Voir plu5 haut. p. 10,% et liUi

109 RÉACTION THERMIDORIENNE [24 jullet 179î:J

augmenter. C'est ce qui est arrive^ dans la Belgique, lorsque les députés en mission dans ces provinces ont ordonné que le port des lettres et paquets venus de France serait payé en numéraire. » — Courrier républicain du 6 thermidor : « Tandis que la Convention nationale attaque les agioteurs par son décret de police sur le commerce, et que le gouvernement prend, dit-on, des mesures très directes contre eux, des chanteurs publics, sur Tair du Béveil, appellent sur leur tète Tindignation du peuple. »

Rapport du 7 TnERMiDOR.

Esprit public, — La journée d'hier n'a pas offert un intérêt nouveau. D'après les rapports de ce jour, la tranquillité s'est soutenue dans Paris; les esprits y étaient calmes. Au surplus, les calamités qui pèsent habituellement sur la société étant toujours les mêmes, les observations particulières contenues dans nos rapports précédents restent dans toute leur force ; nous ne pourrions même qu'y ajouter; car, d'un jour à Tautre, à chaque instant, le prix de toutes choses prend de nouveaux accroissements; le brigandage des agioteurs se fait avec la même rapidité, et la vente publique du pain continue sans relâche ; telle est, pour le moment, la position de cette grande cité.

Plusieurs inspecteurs nous rapportent que le peuple compte sur

une livre de pain à la décade prochaine ; d'autres disent que l'échec

essuyé par la flotte française sur la Méditerranée * afflige les bons

citoyens et réjouit les agioteurs, qui s'en promettent de grands

avantages.

Bouillon annonce que le mécontentement est toujours le même relalivementà la vente publique du pain et la cherté excessive de toutes ies choses nécessaires à la vie.

Dufresnoy [dit] que partout on se plaint du discrédit des assignats; ♦^ïï va jusqu'à dire que, dans peu, ils seront sans aucune valeur. Ceux ^ie dix mille sont refusés par les banquiers et négociants. Les agioleurs prennent 650 et 700 livres d'escompte ; ils ne veulent pas les échangera moins.

'• Le 25 messidor an III, la flotte française avait eu, près des îles d'ilyèrcs, un '^"gagement désavantageux avec la Hotte anglaise. Voir la lettre du représentant '"^'uu, lue à la Convention le 6 thermidor [Moniteur, réimpression, t. XXV, p. 3i>8 .

Leroy jeune expose que, sur le carreau de la Halle, les paysans se plaignent très amèrement que Ton volait dans les champs et sur les routes, que Ton crevait même les sacs; ces gens de campagne ajoutaient que l'on ne voyait plus la gendarmerie dans les chemins pendant la nuit.

Alamiou et Ghatou disent que la Commission des subsistances est vue de très mauvais œil par beaucoup de citoyens, qui la regardent comme étant composée de marchands dont Tobjet est de s*enrichir aux dépens de la nation et des consommateurs.

Cafés. — A celui de Valois, la nouvelle Constitution était, dit Saint- Rémy, examinée avec beaucoup d'impartialité ; on y prétendait qu'il fallait un gouvernement ferme, où les seuls propriétaires fussent admis ; on désirait encore que le peuple soit contenu de manière à ce qu'il lui fût impossible de changer à chaque instant le gouvernement dont le mode serait adopté. On s*y entretenait aussi des pa-

tentes ; des citoyens pensaient que les artisans devaient y être assujettis comme les marchands. Compère [dit] que, dans les cafés de la Régence, de l'Union et autres, rue Martin, les conversations avcdent pour objet la mise en liberté de plusieurs terroristes, dont on craignait des suites funestes ; on y disait qu'ils auraient dû être traduits devant un tribunal pour y être entendus et jugés dans les formes ordinaires.

Spectacles. — 11 ne s'y est passé rien de contraire au bon ordre et H la tranquillité ; cependant le parterre du spectacle de la rue Feydeau a chanté, sans éclat et à voix basse, les couplets du Réveil du peuple ; il n'en est résulté aucun tumulte

LÉGER, RoucnAS jeune.

(Arch. nat., F * « III, Seine, 10.)

7 THERMIDOR AN 111 (25 JUILLET 179dj.

Rapport du 8 thermidor.

Esprit public. — Suivant les rapports de ce jour, il est constant que, pendant la journée d'hier, le bon ordre a régné dans Paris et que la tranquillité publique n'a été troublée par aucun mouvement marqué. Il résulte également de ces mêmes rapports que le plus

ill RÉACTION THERMIDORIENNE [25 juillet 1795]

grand nombre des citoyens sont toujours en proie aux malheurs du temps, qui pèsent d*une manière si étrange sur la société ; en effet, la difOculté de vivre devient de plus en plus pénible, les agioteurs avilissemt à chaque instant les assignats, qu'ils voudraient rendre nuls, dévorant sans relâche la fortune publique et particulière ; par suite de ces manœuvres criminelles, la cherté excessive de toutes choses va toujours croissant; elle est portée au point qu'il est impossible d'atteindre au prix exorbitant des objets les plus nécessaires à la vie.

Groupes, — Quelques inspecteurs rapportent que la nouvelle de la victoire remportée par Tarmée de l'Ouest a été reçue très favorablement du public^. Bouillon déclare que la fermentation lui a paru hier plus forte qu'à l'ordinaire, à l'occasion de la vente publique du pain. Mailly dit que l'opinion publique flotte dans l'incertitude relativement à la valeur des assignats ; la classe indigente gémit de voir un tel discrédit; les vignerons et les fermiers ne dissimulent pas leur répugnance à les recevoir; les marchands n'en font aucun cas. D'autres malintentionnés disent que, dans une pareille situation, la République est une chimère; les rentiers s'alarment et craignent la banqueroute. Caillouet, officier de paix, dit que l'opinion publique se prononce fortement contre le trafic de la vente publique du pain, et <iue Ton disait que cet ordre de choses ne pouvait pas durer. Il ajoute que ce mécontentement lui a paru présager quelque chose de sinistre, en ce que les malveillants cherchent toujours à persuader que le gouvernement ne s'occupe pas assez des objets de subsistance. Ca/e'j. — Laine déclare que, dans les cafés qu'il a surveillés, les citoyens se plaignaient de l'excessive cherté des denrées, particulièrement des bois et charbons, et que l'opinion générale était que tous, marchands et artistes, ne devaient exercer qu'une seule profession. Compère dit que, dans les cafés qu'il a parcourus, on n'y parlait pas avantageusement de la Constitution, que l'on y disait que c'est un fatras de systèmes obscurs, que les meneurs font adopter par la plus grande partie des membres qui ne les comprennent pas. Il ajoute que d'autres citoyens prétendaient qu'effectivement on a remarqué une grande quantité d'articles qui ne sont pas à la portée des gens même un peu instruits, et qu'il sera très difficile et même impossible d'en exécuter la majeure partie; il termine en disant que, d'une autre part, on assurait que l'esprit public est travaillé par des agitateurs qui cherchent à avilir l'acte constitutionnel.

i. Le 7 thermidor an III, la Convention avait entendu lecture du rapport de Ifoche sur l'affaire de Quiberon. (Moniteur^ t. XXV, p. 338).

[25 ji iLLET 1795] HÉACTION THERMIDORIENNE il2

Spectacles. — Le bon ordre y a régné; Compère rapporte néanmoins qu'au Théâtre près {sic) * l'Opéra-Comique national, le spectacle a été interrompu au troisième acte de la pièce des Brigands par quelques citoyens turbulents auxquels certains vers ne convenaient pas. Il ajoute que ceux-ci ont été vivement rappelés à Tordre et que le calme s*est rétabli aussitôt.

Journaux. — L'article Nouvelles de Paris^ n® 628 du Courrier républicain^ mérite d'être lu avec attention et en entier. Nous nous bornons à observer qu'il nous a paru que l'intention du journaliste était d'annoncer que Ton veut établir un gouvernement militaire; on va même jusqu'à dire qu'iV est à nos portes *.

Commerce. Pain. — Depuis que Ton distribue généralement une demi-livre de pain, on remarque, comme un des effets de la satisfaction publique, qu'aux portes des boulangers on n''entend plus ni murmures ni mauvais propos. Si quelques mécontentements se font apercevoir, ils ne paraissent fondés que sur l'inégalité de la répartilion dont se plaignent ceux qui ne reçoivent que sept onces, particulièrement chez les boulangers de la section de Brutus. Le Comité civil de cette section sollicite un supplément de farine. On regarde encore comme un des bienfaits de la distribution d'une demi-livre par bouche le ralentissement du commerce du pain. On en refuse à sept livres dix sols la livre. Néanmoins, aux environs du Palais-Egalité, le prix est toujours de quinze à seize francs la livre. Le bruit se répand, dans la section du Bonnet-de-la-Liberlé, que, le 9 courant, il en sera donné une livre à chaque citoyen. Sur la section du Mont-Blanc, la moitié des boulangers seulement a donné la demi-livre. Chez Guignant, trente personnes ont manqué de pain. Launay rapporte que, sur la section de l'Arsenal, ileux boulangers ont délivré hier du pain gratuitement, aimant mieux, disaient-ils, renoncer au payement que d'en recevoir trois sols la livre. Tne partie des boulangers de cette section doit s'assembler au Comité civil, à l'effet de présenter une pétition au Comité de sûreté générale en demande d'indemnité. La Commission a «lonné orJre de s'inf«»rmer des noms de ces boulangers.

l. n faut lirt» vviilonuuont : « Au tht-.itre île roiHTa-Comique •. OIte pièce .ilranu» on :i actes mèlo d'ariotlos) y fut jouoo \>**\it la proiiiiiTc fois, tl apri*s les /V.'.:f.>. i;/.V'jr\v, îo ' thormulor au II l.

•J. Ou lit «Ml otT«M «laus le t^'Mtrrler rèfuhlic'in liu ~ thonni(li>r an 111. p. 197 : « V 1 intérieur île la France, à IMris surtout, les observateurs, ceux qui savent conunent la liherte liuit. et couunent le despotisme commence, en voyant dans un teuïps lie facli.«ns la <eule autorite sur la«|uelle re|v>se l'esprit de la liberté puMii|ue «leliberer a l ombre des baïonnettes, ilisent que le gouvemoaient iiûlitairi* est i Ui-s p««rtes. • •

113 RÉACTION THERMIDORIENNE [26 juillet 1795]

Irlande. — Il y a eu beaucoup de trouble à la porte de la citoyenne Dafc.^v^id, bouchère, rue des Droits-de-i*Homme, occasionné par des cito3^ens qui voulaient passer avant leur tour. La force armée est sutr-^enue et la distribution s'est achevée.

-Marchés. — Les pommes de terre sont diminuées de prix; les

rOY^ges sont à U livres le boisseau; les autres, 20 à 22; la viande,

8 livres la plus belle; les œufs, 800 livres le mille ; le beurre de pre-

TTfcière qualité, 17 livres; les pois, 3 liv. 10 sois; les fèves de marais,

% liv. 10 sols. Les 7 et 8 courants, 931 voitures d'approvisionnement.

Bois. — Il n'y a eu qu'un marchand au chantier de la Madeleine et

trois au port de la Tournelle, qui en ont vendu le flotté 320, 350 et

^O livres. A l'île Louviers, le neuf s'est vendu depuis 420 jusqu'à

460 livres.

Bourse. — Les inscriptions se sont faites à 22, 23, 22 1/2 pour 0/0 de bénéfice.

Change. — Hambourg : 6700 à 6800; Livourne : 3400; Gênes : iî50; Bàle : 2 7/8; or fin : 3300; argent en lingot : 1550. Les billets de loterie au pair, mais en petits billets, ce qui fait à peu près 6 0/0 de bénéfice. Les agioteurs sont toujours en grand nombre au Palais- Egalité. Les patrouilles, peu fréquentes, se contentent de passer sous les galeries, sans entrer dans l'intérieur du jardin

Beurlier, Alletz.

(Arch. nat., F * ^ m, Seine, 16.)

Rapport du 9 thermidor.

Esprit public. — La situaHon des habitants de Paris a été la môme pendant la journée d'hier que les jours précédents ; le calme y a régné sans trouble ni agitation; mais, d'après les faits consignés dans quelques rapports de ce jour, nous appréhendons que cette tranquillité ne puisse pas lutter longtemps encore contre les calamités de toute espèce dont les citoyens sont journellement tourmentés. Le mécontentement général est provoqué par la progression scandaleuse du prix des denrées et marchandises. En un mot, si ce fléau désorganisateur n'a un terme très prochain, on peut craindre raisonnablement qu'il n'en résulte des suites très funestes.

ToMS II. 8

[26 JUILLET 1795] HÉACTIOiN THERMIDOIUENNE 114

Bouillon rapporte que la misère publique affecte tellement qu'elle fait le sujet de tous les entretiens ; Ton s'attendrit sur le sort des petits rentiers, dont la plupart sont, dit-on, obligés de demander Taumône; bref, continue cet inspecteur, les conversations annoncent combien le peuple est fatigué de Tétat de détresse où il est depuis si longtemps, et son désir de le voir cesser promptement. Dufresnoy, Leroy jeune, Loignier, Fargues et Marceau énoncent absolument les mêmes faits. Marceau, particulièrement, dit que la cherté de tout jette le peuple dans une consternation très affligeante; que les inquiétudes qu'il conçoit sont très vraies, et que Ton dit généralement : « Gomment ferons-nous, cet hiver, pour le bois, le charbon et la chandelle? » Tetel et Ghatou disent que les plaintes sur la cherté des subsistances continuent toujours, qu'hier beaucoup d'ouvriers se plaignaient fortement de voir les trois quarts des boutiques de marchands de vins fermées, ce qui semblait annoncer qu'avant ud mois (?) on ne voudrait plus de papier, qu'il règne une espèce de découragement dans la classe des hommes qui n'ont jamais fait leur état qu'avec probité. Ils terminent en déclarant qu'hier matin plusieurs individus couraient dans les maisons pour acheter des gros sols, dont ils offraient en échange de la marchandise, ou 15 à 18 sols en assignats.

Cafés. — Legrand rapporte que, dans les cafés qu'il a parcourus, les citoyens y témoignaient leur mécontentement sur les cheminées * et sur la nombreuse émission des assignats de dix mille livres, qui perdent jusqu'à 700 livres. On disait encore que cette mesure contribuait beaucoup à l'augmentation [du prix] des marchandises et que cette improbation se manifestait dans tous les déparlements. Gompère et Ghatou [disent] que, dans les cafés de Foy, Maillard et autres, on assurait que l'armée des brigands était considérable dans la Vendée, que le pillage et le massacre y étaient continuels, et que la désertion augmentait dans nos armées.

Spectacles, — Le bon ordre y a régné. Bouillon et Saint-Rémy rapportent qu'aux théâtres Feydeau et Louvois, le public y a saisi avec avidité, dans les pièces, les passages de morale et de vertu propres à ramener le règne de la justice, et surtout les traits lancés contre les terroristes, qui ont été applaudis avec transport. Michault dit que dans la pièce C7*ac à Paris, jouée hier au théâtre des Variétés- Amusantes, Palais-Égalité, au moment où Crac fait le détail de sa fortune, il présente un portefeuille rempli d'assignats, à quoi l'actrice en

1. Le 7 thermidor an III, la ConvenUon avait établi une taxe sompluairc sur les cheminées « autres que celles de la cuisine et celles du four ».

115 REACTION THERMIDORIENNE [27 juillet 1795J

scéoe lui répond : Oui, belle monnaie! Ces derniers mots, dit Finspecteur, ont été applaudis vivement. Il ajoute que cette défaveur jetée .<:ur les assignats a paru faire plaisir au plus grand nombre de spectateurs. Au théâtre Feydeau, le public, impatient avant la levée de la toile, a chanté un des couplets du Réveil du peuple. Il n*en est résulté aucun désordre.

Journaux. — L'article « Nouvelles de Paris », n®629 du Courrier rèptitblicain, doit être lu ; il nous a paru être la critique des mesures prises par le gouvernement relativement aux arrestations des individus pouir raisons de leurs opinions politiques et surtout des jourosLlistes'.

CJbservations. — Les officiers de paix rapportent qu'il se répand un br^vjKit que les jeunes gens veulent se porter aujourd'hui dans les specta.c^1es. La Commission en a instruit sur-le-champ les Comités militaires et de sûreté générale

Le Roux, Barbarin.

(Arch. nat., F « • lU, Seine, 16.)

Rapport du 10 tuerhidor.

Esprit public. — Paris a joui hier du calme le plus profond. Continuité de renchérissement de denrées et marchandises et de vente \^ublîque de pain sur les places qui agite toujours les esprits. A cet ^gard, les choses sont toujours au même point. Au reste, si quelques Inflexions doivent être ajoutées à ce que nous avons dit dans notre

1. Courrier républicain du 8 thermidor : « On a fait, ces jours derniers, arrôtor beaucoup de personnes pour raison de leurs opinions politiques, et surtout des journalistes ; il parait que le gouvernement a reconnu combien ces mesures arbitraires sont en opposition avec les principes qu'on manifeste publiquement et qu'on dit vouloir maintenir. Le propriétaire de la Gazette française a été mis en liberté hier au soir. II ne peut pas y avoir de gouvernement sans la plus rigoureuse justice, dés qu'on n'exécute pas les lois ou qu'on les dépasse. On ne peut pas concevoir comment la Convention a pu se charjrer de l'examen d'une procédure judiciaire, s'établir jury d'accusation à l'égard des citoyens sur lesquels elle ne peut avoir aucune espèce d'action. Tant que les législateurs feront autre chose que des lois, les gouvernements autre chose que des choses de gouvernement, le» juges autre chose que des jugements, nous vivrons dans le désordre, l'a- Darchtc, la dissolution. >»

[27 JUILLET i795] RÉACTION THERMIDORIENNE

précédent rapport, c*est pour instruire les Comités de gouvernem que les nouvelles satisfaisantes annoncées hier à la Gonventio reçues du public avec les démonstrations de la plus vive allègres paraissent avoir ranimé les esprits abattus. On en tire les coi quences les plus flatteuses ; on pense même que cette victoire, en céiérant la paix, fera renaître la prospérité ainsi que Tabondan Bref, diaprés tous les rapports de ce jour, il parait que Tesprit pul se remonte de plus fort, et que le peuple, oubliant ses malheurs tient à Tespoir d'un avenir plus heureux.

Groupes. — Bouillon rapporte que, d*après les clameurs d'un peu indigné de voir une femme vendre, au coin des rues de la Loi et ] noré, du pain moisi, a conduit cette marchande chez le commisse de police de la section de la Butte-des-Moulins; le citoyen Alic membre de la Commission de police, a pris connaissance de Taffai

Leroy jeune et Marceau exposent que, rue Montorgueil, une voit de pain, venant de la campagne, aurait été entièrement pillée pai peuple sans le secours des bons citoyens et de la force armée ; o: conduit la voiture cloître Saint-Jacques, où le marchand en a fail vente à raison de 20 livres en papier le pain de trois livres, 40 sols en numéraire; les inspecteurs ajoutent que la distribut s*est faite alors avec assez de tranquillité, mais que le vendeur s' plaint qu avant Tarrivée de la garde, rue Montorgueil, quand tumulte a commencé, il lui avait été pris sans payement cinquani cinquante-cinq livres de pain.

Chatou et Bailly déclarent que, dans un groupe, au Jardin natior un citoyen a fait la lecture d'une lettre de son fils, chef de briga à Tannée du Rhin, sous les murs de Mayence, qui lui annonce bonne nouvelle de la paix conclue entre Tempereur et la Républi française.

Masoyer rapporte tenir de quelqu'un digne de foi le fait suiva Avant-hier, sur les huit heures du soir, derrière Téglise Saint-S pice, plusieurs jeunes gens assemblés ont donné le spectacle d*i petite guerre ; il y avait deux partis : Tun représentait l'armée ré] blicaine, l'autre celle des Vendéens, présentant un crucifix aux Iriotes. Le même inspecteur ajoute que, dans les quartiers du Luxe bourg et du faubourg Saint-Germain, les noms de citoyen et de loyenne n*y sont pas entendus avec plaisir, et qu'une femme mêm invectivé un jeune homme pour l'avoir traitée de citoyenne.

Cafés. — Les inspecteurs qui ont surveillé les cafés rapportent (

i. Dans la stancc de la Convention du 9 thermidor an 111, Tallien avait un rapport sur l'atraire de Quiberon.

417 RÉACTION THERMIDORIENNE [27 juillet 1795]

la V ictoire remportée par Tarmée républicaine faisait le sujet des conversations des citoyens, qui applaudissaient à cette heureuse nouvelle. Compère dit que, dans le café Manoury, d*autres particuliers prétendaient que cette nouvelle mériterait une plus ample confirmation.

Spectacles. — Aucun fait contre le bon ordre et la tranquillité publique.

Journaux, — L article Paris du journal la Correspondance politique, n^ 444, 9 thermidor, mérite une attention très particulière, tant poar les nouvelles désastreuses qui y sont insérées que par rapport aux opinions publiques (sic) du rédacteur. Plus les deux derniers alinéas de l'article extrait de l'ouvrage intitulé : Qu'est-ce que la Constitution de 93 ? par Adrien Lezay *, rapporté dans le Courrier univer» «c/, à la date du lundi 27 juillet 4795 (vieux style). Jusqu^à présent, nous n avons vu rien de plus fort et de plus satirique contre les législateurs

Page 1