DOILLOT, GOSSET
(Arch. nat., F ««III, Seine, 16.)
Journaux.
(kzette française du 10 thermidor : « La fcHe d'aujourd'hui était vérîtable- ™enl celle de la liberté. C'est la plus vénérable de toutes celles qui ont signalé la Révolution. Cependant on ne s'en est guère aperçu ici, que par les nombreux détachements de gardes nationales que le gouvernement avait postés aux Tuileries , sur le Carrousel , au Palais-Royal et en plusieurs autres endroits voisins de la Convention nationale. Cette précaution-là était assez inutile, car peu de personnes paraissaient songer à autre chose qu'à se rpjouir de la destruction des tyrans. Ceux qui oseraient ne pas prendre part à "D événement qui a affranchi la France du joug le plus dur qui ail jamais pesé sur une nation mériteraient qu'on les renfermât dans des outres et qu'on les précipitât dans la Seine. — Il y a à ce sujet quelques coteries, qui toutes ont été fort décentes et très paisibles. Les détenus, qui se rappellent encore avec effroi comme ils ont frisé l'échafaùd, se sont rassemblés en divers endroits, où ils ont célébré l'anniversaire de leur résurrection. La plupart des journalistes en ont fait autant; et peut-être ceux-ci ont-ils plus d'inlérét que tous autres à célébrer l'éclatante journée du 9 thermidor, car il est très cerlain que, si ce jour-là le crime eût triomphé, vingt-quatre heures après ils élaienl tous enveloppés dans une proscription commune. Malheureusement le temps ne répond pas aux douces espérances que pourrait nous donner l'esprit public. Les nuits sont très fraîches ; il fait très froid pendant le jour; un vent violent tourmente les arbres et fait courber les blés. La vigne surtout paraît beaucoup se ressentir de celle intempérie de la saison. On ne croit pas