‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 39 sur 141 · Partie politique. — Vannier dit que les injures les plus grossières · texte numérisé non relu

Partie politique. — Vannier dit que les injures les plus grossières

^Oïjt dirigées contre la Convention et le gouvernement. Ces individus,

^vai ne sont pas de la classe des sans-culottes, dit l'inspecteur, osent

^ireque le Comité des procès-verbaux tronque ceux qu'il reçoit des

i. Ce numéro du Journal du Soir manque à la Bibl. nat. (Le 2/699, in-4.).

[13 SEPTEMBRE i795] RÉACTION THERMIDORIENNE 240

départements, et que ceux qui viennent des armées sont le fruit de: Tintrigue des officiers et non des soldats, qui, d*accord avec les sections de Paris, n*ont point émis leurs vœux sur les décrets des 5 e^ 13 fructidor. Dufresnoy et Michault donnent à peu près le mém* aperçu.

Legrand annonce qu^hier, assez tard, il y avait au Jardin nationaa plusieurs groupes; que, s*étant approché d*eux, il a entendu dire un particulier qu'il savait d'un député que Paris était à peu prè? dans la même position qu'au 9 thermidor, que tous les jours il craL gnait pour sa vie, mais qu*ii aurait assez de courage pour dévoiler 4 temps et se ranger du bon partie et que, sous peu de jours, il n'ez serait pas surpris, si la chose éclatait.

Desiérois expose que la plus grande agitation régnait hier dans les groupes du Jardin national, au sujet des assemblées primaires ; il dit avoir vu des gens, qui n*ont pas coutume de s'y présenter, parler sur les citoyens meneurs des sections. Il ajoute que ceux qui parlaient ainsi sont des membres du Comité révolutionnaire de sa section, qu'il a'reconnus, lesquels se sont retirés aussitôt qu'ils l'ont aperçu.

Cafés. — Chailly, d'après sa surveillance dans les cafés, rapporte avoir entendu dire à plusieurs citoyens que les sections protestaient contre le décret qui défend la communication ', qu'elles allaient aviser aux moyens de faire passer leurs arrêtés aux départements, et que l'on jetait beaucoup de doutes sur la vérité des rapports faits à la Convention relativement aux votes des communes des départements. 11 ajoute avoir appris, dans ces mêmes cafés, que la section des Plantes avait mis en arrestation un nommé Descombes, pour avoir troublé ses délibérations par une exaltation de patriotisme, et qu'on blâmait en général les sections de ne vouloir reconnaître aucune autorité supérieure à la leur, ce qui faisait craindre pour la tranquillité publique.

Spectacles. — Aucun fait contre le bon ordre.

Journaux. — Même amertume que d'ordinaire dans le Courrier universel, du 28 fructidor, article Vm^iétés^ et aussi au n* 679 du Courrier républicain^ wc^le Nouvelles de Paris ^ où est inséré l'arrêté de la section Le Peletier du 26 courant *.

!. Voir plus haut, p. 229, le décret du 21 fructidor.

i. Le 26 fructidor, la section Le Peletier avait arrêté qu'elle ne considérait pas comme authentique^et légal le recensement des.votessur les décrets, siée recensement n'était pas accompagné de certaines garanties. Cf. Zivy, Le 1S vendé^ iniaire an IVy p. 31 et 115.

S^l REACTION THERMIDORIENNE [i4 septembre 1795]

Surveillance. — Le nommé Jacques-Bonaventure Chamois, ex-exé-

ooteur des jugements criminels du tribunal révolutionnaire de La

Ttochelle, logé à Paris, rue Saint-Paul, n® 64, section de l'Arsenal,

i\*ayant pas obtenu permission de rester à Paris, injonction lui a été

fa.ile hier de retourner dans sa commune. Pour ne pas obéir à Tin-

jonciion, il a voulu se tuer; il s*est tiré un coup de pistolet dans la

ièle; majs il n*est pas mort; il a dû être conduit ce matin à Thospice

de l'Humanité. «. . .

Commerce, Pain, — Les plaintes sont générales dans les sections éloignées sur le retard des distributions des boulangers; on désirait qu'elles commencent au moins à neuf heures

HOUDEYKR.

(Arch. nat., F » " m, Seine, 17.)

CDXV

Rapport du 29 fructidor.

esprit public, — Même calme pendant la journée d'hier que les J^^rs précédents.

-assemblées primaires. — Les inspecteurs chargés de rendre compte

^5 séances des assemblées primaires se bornent à nous faire part

^^G, dans quelques-unes, on s'occupe encore du dépouillement des

^^''Ulins sur l'acceptation de Facte constitutionnel, et que, dans les

^Ires, on procède à la nomination des électeurs. Voici ce qu'ils nous

ri * •

^'Sent de plus intéressant sur la tenue et les arrêtés pris dans quelques sections.

Bouillon rapporte qu'à la section de la Place-Vendôme on continue

^ plus en plus à élever des doutes sur la réalité des votes annoncés

ï*^ï* la Convention. Deux membres de cette assemblée, ajoute Tins-

ï^^cieur, en ont donné pour preuve l'étonnement des habitants de la

^^nimune d'Evreux et de celle de Liancourt d'avoir lu dans le Bulle-

^^^ leur adhésion aux décrets des 5 et 13 fructidor. Cette assertion a

^^u confirmation par les députations d'un corps de vétérans logés à

^Arsenal et d'un autre corps militaire, qui sont venus exprimer la

^^me surprise.

Au rapport de Tétel, la section de l'Arsenal a envoyé à celle du 'femple une députation, dont l'objet était de donner connaissance

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