Tome II
[H ^KHiKHiiiiK WJr,] liKACTION THEIIMIDORIEXNE
(\n la non-acceplatioii des (I^;crets des 5 et 13, par six compag d'InvalidoH.
Mailly annonce que, dans Tintérieur de quelques sections, il n uni) lutte Hcandaleuse entre les Jacobins et les citoyens qu'ils pernécutéK; ils se traitent réciproquement de royalistes et de te rintoH. De ce choc d'o)>inions il en résulte, dit-il, des querelles vive», qui semblent annoncer et provoquer même la guerre civile mi^nu) inspecteur observe que, dans les sections, on se plaint gém Inmcut d(>s épithtHcs de royalistes prodiguées par la Convention citoyen» réunis en assemblées primaires.
Alanuou annonce qu*(\ la section de TObservatoire, on y a lu adresse i\yi\ doit ^Ire envoyée aux armées, à Teffet de leur prou que la (ionvenlion et autres malveillants de toute espèce de facl cben^benl ù opprimer les sections. Il dit aussi que, dans le coun la séance, on a pinmvé que le Comité des décrets trompait le pei on annonçant faussement le vœu des communes des départem< sur laccoptalion dos décrets des 5 et 13 fructidor.
(hampes. — La cherté excessive de toutes choses fatigue le pei À un point extrême. Le prix des denrées augmente à chaque mini chacun so r^*rio, gémit et se désespère de voir la continuité < l^irtnl ortire do chos^^s. Il en résulte un mécontentement gêné Los plaintes ot les murmures éclatent de toutes parts ; le gouvei mont t^t accusé do favoriser les accapareors et de soutenir la ci dilo dt^ >:ous do campagne. On va jusqu'à dire que ceux-ci ne veul ivis vond^x^ lo sotior do s<Mi:lo à moins de 1300 livres, et que le | du fr^HWOut ^-T-^t pv^rtô à :îlXV livrv^. De là beaucoup d'inquiétude p I Aw^nir. jointe ,*u\ agitations présentes.
Pxf^^t p\^i:h^%^. — LVpinion des citoyens réunis en groupes t\Hv>vir^ avi<cii \;iirUM'e^ v|uo de K\HituRie« Les uns. attachés à la C xeiitK^. ù'ftîwe^t iv>,:r TAC-^iT^iitiKi des décrets .ies 3 et 13 fmctic ks AUtr^^> ^<^ rejt-::ea: Axe*,* i:îi:ftiJkûv>tt; decUjn-i:it liaatement coi U r\ ;^r;-seci:*5,';ci r,*:i.^-<jLlf. ils Ta^^taseikt d'^ir* Tauteur de tous rjwk,:\ ^,.; j»- sec,: s^ir li ïiJkU.c ^ df a jiv;ir atcs to«s les tcrrorii rx l.X'r:e %::.•,' ;vor yAj:-*>:r f% s^fcr-x *3i ,->acr>»po*d5 à Topin C:f-:î:-,"rÀ>-. l .-s ;..:y;c:s sjLfis f-: :rxi^:-:U»*s se rcaceiatent de direq > A ;vr«,v.^; ijL*r.> :•:•::.' jk-icSif'XLrc::*? 5fîs b:auxbfs pars «fiV^n poun ," "•;!>..- v»;.4 : ■jL-'i ^M-.-ÔLfr jjl C:asc:ra ^L«:ff^ ic ijoùt îa main ha)
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43 REACTION THERMIDORIENNE [J4 septembre 1795]
Convention, qui ne présentait aucun caractère d'authenticité; on se
ermettait même de dire que, si les deux tiers étaient réélus, on ne
-C^Lrderait pas à voir renaître dans leur sein un nouveau Robespierre.
'argues dit au contraire que, dans les cafés qu*il a inspectés, on blà-
lait beaucoup les menaces des sections, et qu'on y applaudissait à
"'acceptation de plusieurs grandes communes.
ChaiUy, d'après sa surveillance au café du pont Saint-Michel, anonce que le fond des entretiens roulait sur les sections qui, disaitn, avaient reçu la déclaration de plusieurs Invalides vétérans et gendarmes qui protestaient contre leur acceptation supposée des ^lécrets des 5 et 13, qui ne leur ont pas même été présentés. Spectacles. — Le bon ordre et la tranquillité y ont régné. Commerce. Pain. — Le bruit court (il est sans doute répandu par les malveillants) que la Convention fait arrêter les subsistances dans les environs de Paris. Par arrêté des deux Comités réunis de la section des Lombards, il est interdit au citoyen Jacquay, boulanger, rue Quincampoix, de faire du pain pendant huit jours. Beaucoup de plaintes avaient été portées contre ce boulanger, dont le pain n'était jamais assez cuit, et sur ce qu'il ne paraissait pas veiller à son commerce. Jacquet observe, dans son rapport, que l'arrêté relatif à la vente du pain dans les lieux désignés n'est pas maintenu, et que tous les jours on voit dans les rues beaucoup de marchands de pain
Pasté.
(Arch. nat., F * « 111, Seine, 17.)
Journaux.
Messager du soir du l«r jour complémentaire : « La fille de Louis XVI a eu h visite de M»"» de Mackau *, son ancienne gouvernante, avec qui elle a passé une partie de la journée. Cette dame, déjà avancée en âge et dont une déteniion très longue a considérablement altéré la santé, paraissait souffrante et avait de la peine à se soutenir. La fille de Louis XVI prit son bras, qu'elle passa dans le sien, et Taida ainsi à marcher. }i^^ de Mackau avait à la main un grand chapeau blanc: elle voulait s'en servir pour se garantir du soleil, qui rincommodait beaucoup; la fille de Louis XVI, s'cmparant alors de ce chapeau, réleva en Tair de la main qu'elle avait libre, et le tint en opposition du «oleil, afin que M"** de Mackau n'en souffrit pas. Depuis que cette jeune infortunée a la liberté de quitter la tourelle, elle se promène ordinairement dans le jardin depuis cinq heures jusqu'au soir. M™o de Mackau devait ne s'en aller qu'à sept heures; mais, s'élant sentie indisposée, elle ne put rester au grand air; la charmante prisonnière alla se renfermer avec elle dans la tour
i . La baronne de Mackau avait été une des quatre sous-gouvernantes des en* fants de France. Cf. Almanach de Versailles pour 1789, p. 145.
pour lui faire société et lui donner tous les soins qui pouvaient dépendre d'elle. C'était la première fois que Madame Marie-Thérèse-Charlotte de Bourbon voyait M™* de Mackau depuis trois ans, un mois, un jour. Marie-Thérèse- Charlolte n'ignore plus les malheurs de sa famille; elle passe presque tous ses instants à lire et à écrire pour se distraire de ses cha^çrins; elle est tous les jours en robe de nankin ; tous les dimanches elle se met en robe de linon, et toutes les fêtes solennelles elle se pare d'une robe de taffetas vert. Les dames de Tourzel y vont trois fois par semaine, mais elles ne dînent jamais avec elle. Madame Thérèse-Charlotte a été aussi visitée dans sa prison par sa nourrice, M"™*' Laurent, qui a toujours montré le plus grand intérêt sur son sort. » — Voir aussi le Courrier français du 2"® jour complémentaire, p. 232. — Journal du bonhomme Richard du 29 fructidor : « J'ai vu des messieurs de carrefours parcourir les faubourgs et chanter et distribuer des chansons séditieuses : habitants de la rue des Lvonnais et de la rue Mouflfetard devant qui elles furent chantées, que n'avez-vous arrêté ces ennemis de votre bonheur, ces provocateurs de la guerre civile? El vous, monsieur le chanteur du retour de Louis XVIII, vous nous direz, sans doute, un beau matin, quel est le bon citoyen qui vous a confié cette charmante et patriotique chanson »
CDXVI 29 FRUCTIDOR AN III (i5 SEPTEMBRE 1795).
Rapport du 30 fructidor.
Esprit public. — Paris est toujours' calme et tranquille.
Assemblées primaires. — Des rapports du jour, faits par les inspecteurs chargés de surveiller Tintérieur des assemblées primaires, il résulte que les citoyens qui s'y réunissent sont toujours paisibles et occupés au dépouillement du scrutin pour la nomination des électeurs; que les communications par députations entre les sections ne se ralentissent pas; que Ton s*y donne connaissance des arrêtés pris respectivement par chacune d'elles. Au surplus, les remarques particulières faites par ces agents nous apprennent ce qui suit.
A la section Le Peletier, plusieurs particuliers ont monté successivement à la tribune et ont dit les choses les plus fortes contre la Convention et le Comité de sûreté générale ; entre autres, un membre s'est permis de traiter les représentants de monstres et d'assassins, de leur reprocher les journées des 2 et 3 septembre 1792, celle du 31 mai 1793, ainsi que toutes les horreurs commises sous le règne de Robespierre.
A la section du Temple, deux députations se sont présentées : un
5 RÉACTION THERMIDORIENNE [V6 septembre 1795]
S arrêtés qui y ont été lus porte que le renvoi des troupes sera ^andé, avec explication des motifs de rinHdélité commise par les ents de la poste aux lettres.
Section du Jardin-des-Plantes, le président a rendu compte de la ception qui a été faite à la députation par la Convention, qui n'a d'autre effet que de lui accorder les honneurs des couloirs. Section de la Place- Vendôme, plusieurs orateurs ont parlé et ont mandé qu*on s*occupe des moyens de connaître nettement le vœu s assemblées primaires des départements, attendu les doutes ndés que Ton a de la réalité des annonces faites à la Convention de cceptation des décrets des 5 et i3 fructidor. Groupes. — L'agiotage recommence avec la même audace au ilais-Égaiité. La cherté des subsistances croissant tous les jours et pproche de Thiver redoublent les inquiétudes du peuple ; le mé- »ntentement est général ; les plaintes et les clameurs se font tou*urs entendre. La Convention est traitée avec dédain; la Commission îs subsistances est vouée à Texécration générale. Dans presque tous s rassemblements, on ne s*entretient que de la misère publique et ^ Tétat déplorable où se trouvent une inQnité de rentiers. •Partie politique. — Môme incohérence dans les idées; division ^ujours subsistante dans les opinions. La réélection des députés à ^ prochaine législature fait la matière continuelle des entretiens punies et privés ; les uns parlent en faveur, les autres contre. Les pre- ^ iers donnent pour raison le bien général et la marche certaine de t Constitution confiée aux gens intéressés à la soutenir; les derniers Motivent leurs opinions sur les maux que le peuple endure depuis si )ngtemps, et reversent tout ce qu'il peut y avoir de plus fort sur les lembres de la Convention, qu'ils accusent d*étre les auteurs de toutes 16 horreurs commises pendant le temps de la férocité. Au dire d*un inspecteur, il a régné une très grande animosité entre s Jacobins, dont le nombre se multiplie et les autres citoyens qui, ins ce moment, font usage de leurs droits.
Un autre inspecteur déclare qu'il a remarqué hier, pour la seconde »is, au Jardin national, des femmes tricoteuses se mêler dans les roupes et y dire que, depuis quinze mois ou environ, il n'y a pas de ouvemement. L'agent de police qui rend compte de ce fait dit forlellement qu'il connaît ces femmes pour être de la Société des Jacoins, auxquels elles vont rendre compte de leur mission. On vend avec profusion les billets de loterie. Le public étonné ne lit que penser de cet établissement, d'autant que la loi qui défend ts loteries n'est pas rapportée ; quelques personnes pensent et obser-
[15 SEPTEMBRE 179^] RÉACTION THEUMIDOKIENNE
vent que c'est Teffet d'une permission accordée par le gouverneme^ ù une administration dont les bureaux sont en activité à la place d^ Victoires-Nationales.
Cafés. — L'inspecteur qui a surveillé les cafés de Foyetdes Ganc^ niers rapporte que le plus grand nombre de citoyens attribue l'accu tation des décrets des 5 et 13 par les Lyonnais à la force des baïo/: nettes ; de là beaucoup de mauvais propos contre la Convention e les députés en mission, qui s'attribuent, disait-on, le régime de /s. terreur à {sic) celui de la véritable liberté.
Un autre citoyen, qui a inspecté les cafés de Procope et du Rendeivous, annonce que Tony parlait de la force de l'armée de Charelte, et que Ton y disait encore que la Convention, pour concilier tous les esprits, ne tarderait pas à rapporter ses décrets des 5 et 13, qu'autrement les corps électoraux dans les départements, où ils ont été rejetés, ne choisiraient aucuns des membres de la Convention.
On s'entretenait aussi, dans les mêmes cafés, d'un projet d'adresse qui doit être présenté par la section de la Butte-des-Moulins, où il sera dit que Paris, par sa position politique et géographique, doit avoir l'initiative dans la nomination du Corps législatif et du pouvoir exécutif, qui ne peut lui être contestée. Ce môme projet d'adresse doit encore renfermer l'obligation imposée à la Convention de ne calculer que d'après le vœu individuel; d'où il résultera que Paris doit être compté pour un vingt-cinquième dans la population de la République.
Spectacles. — Aucun fait particulier contre le bon ordre ; seulement, au théâtre de l'Ambigu-Comique, des jeunes gens, disposés à faire cabale, ont été rappelés à la tranquillité.
Commerce. Pain. — On ne cesse de réclamer la livre de pain. L'abondance de la récolte accrédite ce désir avec beaucoup de force. Quoi qu'il en soit, tout est tranquille aux distributions.
Viande. — De dix-huit bouchers établis sur la section des Quinze- Vingts, six seulement passent pour connaître à fond leur état. Li public désirerait bien n'avoir affaire qu'à ceux-ci, parce que les autres reconnus pour avoir été précédemment marchands de chevaux, gendarmes ou cordonniers, gâtent la viande en la coupant mai, et affaii blissent la petite portion qui revient au public. La Commission demandé sur cet objet des détails au Comité civil.
Marchés. — Les marchés ont été assez abondants; on y a été plui tranquille que les jours précédents ; quelques contraventions ont él dénoncées au commissaire de police, qui en a dressé procès-verba-
Bois. — La vente a été un peu plus forte que ces jours dernier:
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l.es marchands ont augmenté le prix du bois flotté ; il se vend 360, C380 et 400 livres la [voie.
Bourse. — Inscriptions : 29, 30, 29 1/2, 28 p. 100 de bénéfice. Change. — Hambourg, 7,150; Livourne, 3,800; Gênes, 3,600; Bâle 2 7/16 ; Amsterdam, 1 1/2 ; or fin, 4,440; argent lingot, 2,220 à 2,225.
Surveillance générale, — On a remarqué, sur le Pont-au-Change et en différents endroits, beaucoup d'officiers de troupes ayant des
dragonnes blanches Il existe, dit-on, un prêtre réfractaire dans
la section des Thermes
Hannocque-Guérin.
(Arch. nat., F » « III, Seine, 17.)
Rapport du 1<"" jour complémentaire.
£sprU public. Assemblées sectionnaires. — Suivant les rapports, ni^me calme à Paris pendant la journée d'hier que les jours précé- <lents. Peu d'observations intéressantes sur les séances des assem- Wées primaires. A la section des Gardes-Françaises, le citoyen Sauvage a prononcé un discours très long et fort énergique contre ks terroristes; il a promis de découvrir sous peu les traîtres de cette espèce. A cette même section, ainsi qu'à celle du Temple, il a été envoyé par la commune de Châlons-sur-Marne une adresse par laquelle un député en mission dans ce département est dénoncé avec force comme un scélérat; les pièces contre lui doivent être mises aujourd'hui sur le bureau.
Groupes. — Hier, dans les rassemblements, la misère publique faisait la base des conversations ; on y tenait les propos les plus insultants contre le gouvernement, accusé d'avilir lui-même les assignats et de favoriser l'agiotage. Les plaintes les plus amères se faisaient entendre relativement à la lassitude qu'éprouvent tous les citoyens de ne pouvoir plus se procurer les choses les plus nécessaires à la vie. Un inspecteur déclare qu'étant hier de garde militaire, il s'est tenu contre la Convention et le gouvernement les discours les plus insultants, eu égard à la cherté révoltante des denrées, qui n'ira qu'en croissant, disait-on, tant que les représentants seront en
place ; ceux-ci ont été traités avec ignominie ; les épithètes les plus grossières leur étaient prodiguées sans mesure ; on reportait sur eux tout le mal qui pèse depuis si longtemps sur la France ; on les accusait encore de s'être enrichis aux dépens de la nation.
En On, en consultant tous les rapports qui parlent des objets de subsistance, on aperçoit que la misère est à son comble, que les inquiétudes deviennent plus vives que jamais, et que les esprits s'aigrissent de plus en plus; à cet égard, il n'y a qu'une voix.
Partie politique. — Il n'en est pas de même, au contraire ; les contradictions et oppositions entre les citoyens relativement aux opinions se manifestent tous les jours d'une manière scandaleuse^ au point de faire craindre les rixes les plus violentes; on a déjà même remarqué des personnalités très fâcheuses et alarmantes.
D'une part, on tient avec beaucoup de chaleur aux décrets des 5 et 13 fructidor concernant la réélection des Cinq Cents, seul moyen, disent leurs partisans, de mettre la Constitution en activité. D'autre part, les discours les plus avilissants et les plus injurieux se tiennent par les fauteurs du parti opposé contre les représentants.
On s'est permis hier, dans plusieurs groupes, de dire que la plupart des procès-verbaux concernant l'acceptation des décrets sont de toute fausseté ; quelques citoyens disaient même, à ce sujet, avoir les preuves convaincantes que Lyon, Bordeaux, Nantes et autres villes les avaient rejetés.
Cafés, — Les inspecteurs qui ont surveillé les cafés nous rapportent qu'à celui de Foy on y disait qu'au Palais-Égalité, vers une heure, un particulier qui arrachait des affîches a trouvé soutien de la part des jeunes gens qui avaient, disait-on, injurié un autre citoyen pour s'être opposé à ce que ces affiches fussent arrachées ; ce dernier a été traité, ainsi que tous ceux qui faisaient placarder ces affiches, de Jacobin et de terroriste. Ces mêmes inspecteurs nous annoncent, d'après ce qu'ils ont entendu dire dans le même café et [dans] celui des Canonniers, que l'acceptation faite par la commune de Lyon des décrets des deux tiers, regardée comme forcée par la crainte^ n'était qu'un bruit semé par les malveillants, ainsi que les alarmes répandues à Paris sur le retranchement de la ration de pain et sur un nouveau renchérissement que les marchandises allaient encore subir.
Spectacles. — Le bon ordre et la tranquillité y ont régné. Les ofTiciers de paix nous observent que tous les traits lancés contre le régime de la Terreur y obtiennent toujours les plus vifs applaudissements.
Journaux. — L'assertion du rédacteur du Courrier républicain^
249 REACTION THERMIDORIENNE [16 seihembre 1795]
dans sonn*>681, article : Nouvelles de Paris, sur la non-acceptation des décrets des 5 et 13 par plusieurs communes ', paraît, d'après un rapport que nous avons sous les yeux, avoir fait une grande sensation dans le public
Hannocoue-Guérin.
(Arch. nat., F» « III, Seine, H.)
Journaux.
Gazette française du 1°' jour complémentaire : « Il serait difficile de poindre l'insouciance et la torpeur qui régnent généralement dans cette ville. Les places publiques, les théâtres, les cafés, toutes les promenades, sont ploins de bâilleurs qui ne soupçonnent pas que nous soyons au moment le plus sérieux où un empire puisse se trouver. On parait déjà avoir oublié et la Constitution et tout projet de gouvernement. Cependant la plupart des assemblées primaires conservent leur énergie, et la majorité d'entre elles paraissent disposées à s'ensevelir plutôt sous les débris de la capitale que de céder un Ix>Aice de terrain à la tyrannie. Là sont de nombreux amis du peuple, qui soutic* xinent le courage des bons citoyens et soufflent le feu de la liberté dans c celles des âmes qui pourraient être disposées à la tiédeur. >» — Courrier farcMncais du 1®*" jour complémentaire : « I^orsqu'on fait attention au contraste singulier qui règne entre le peuple des sections et le peuple de la journée, on est tout émerveillé de voir deux peuples divers. Chez le peuple de la journée, c^^^sl toujours la môme insouciance, même légèreté, môme souci pour des t>a^lelles et pour des hochets. Chez le peuple des sections, des voix puis- &a.ntes font résonner les voûtes des accents terribles de la liberté aux prises avec la tyrannie. Toutes les petites marionnettes qui viennent de balbutier de jolis vers à Flore et à Céphise s'animent et s'ébranlent; aux gestes enfantins ^^ccède une attitude fière et martiale. Les Narcisses du jour sont devenus le '^oir des Thésées et des Hercules. La métamorphose est complète. 0 Athéniens! quand nous pourrons, comme vous, nous reposer sous des Périclès, je n^€ charge de trouver chez nous des milliers de Français rivaux de votre -^Icibiade. »
**-*PPORT GÉNÉRAL DU DÉPARTEMENT DE PaRIS POUR LE MOIS DE FRUCTIDOR AN III.
Voici le passage relatif au culte : « Le Département, ayant reçu un'arrôté du ^mité de sûreté générale, qui l'invitait à préférer, dans la demande qui lui ^rait faite relativement à la remise des églises, les prêtres constitutionnels à ^118 autres, a écrit au Comité pour lui représenter que, d'après la loi du ^^ prairial, les églises doivent être remises aux citoyens des communes ou ^^tions de communes qui en étaient en possession au premier jour de l'an II ^ la République : que ce n'est point à l'administration à choisir les ministres
, *• Voir, p. 125 de ce numéro du Courrier républicain, Tarticle intitulé : Dépouil- ^^nt deê procèS'Verbaux un peu plus fidèle que celui du Comité des décrets.
[il SEPTEMBRE 1795] RÉACTION THERMIDORIENNE 250
du culte, mais aux citoyens à faire célébrer le culte par tels ministres qu'ils jugent à propos; que sa fonction se borne à veiller à ce que nul n'exerce le ministère d'aucun culte dans les églises, sans avoir fait sa déclaration de se soumettre aux lois de la République, et que, dans les instructions adressées au Département par le Comité de législation sur l'exécution de cette loi, il est dit formellement que la soumission exigée du ministre déclarant ne se reporte nullement au passé ; qu'ainsi il ne doit ôire question d'aucune recherche ni examen sur sa conduite ou ses opinions politiques ; que l'administration qui reçoit sa déclaration n'a rien à lui demander au delà; que toute recherche, toute question ultérieures seraient un abus d'autorité; que la Constitution civile du clergé n'est plus une loi de la République. Le Département, en conséquence de la loi du 20 fructidor, relative à l'exécution des lois sur les ministres des cultes a adressé aux Comités civils des quarante-huit sections et aux douze Comités de surveillance et aux deux districts ruraux, une circulaire dans laquelle il est dit que tout ministre du culte, tant ceux qui exercent dans les édifices publics que ceux qui exercent dans des maisons particulières, doivent se faire décerner acte de leur soumission aux lois de la République; il leur a fait sentir que la loi punissait également leur refus de se soumettre à cette formalité, et les restrictions dont ils pourraient l'accompagner et les rétractations qu'ils en pourraient faire par la suite. Les Comités civils des sections du Contrat-Social, du Luxembourg, des Champs-Elysées, de l'Arsenal, du Muséum et de Brulus ont répondu que les ministres qui exercent le culte dans leur arrondissement sont tous munis de l'acte de leur soumission aux lois de la République. Il n'y a ni oratoire, ni édifice public pour le culte dans l'arrondissement des sections du Mail et de Montmartre. Le Département n'a point encore reçu de réponse des autres sections, ni des deux districts ruraux. »