‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 57 sur 141 · Cette signature manque · texte numérisé non relu

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quantité considérable de citoyens armés. Dans la salle des séances, eoviro cent cinquante hommes armés. 11 est venu à la section du Mail une députatioo de la section des Lombards, annonçant qu^elle avait été envoyée vers la section Le Peleticr pour savoir quel était son état et ses dispositions. Cette dépatation est allée à la section de Brutus, qu^elle a dit avoir trouvée sous les armes et disposée à secourir celle de Le Peletier. L'orateur a demandé quelles étaient les dispositions de la section du Mail ; le président a répondu que la section était décidée à s'ensevelir sous les ruines de son enceinte plutôt que de souffrir qu'on fit violence à ses frères des autres sections de Paris, et que les habitants attendaient le signal pour voler au secours de la section Le Peleticr. Des citoyens, venant de la section de Brutus, ont annoncé que les deux bataillons étaient sous les armes, que diverses députations des sections voisines y étaient allées, et qu*on était convenu que leurs forces armées se réuniraient à celle de Brutus, pour marcher au secours de celle de Le Peletier et qu*on prendrait en passant celle du Mail, si elle le jugeait à propos. Les députés de la section des Lombards sont partis pour aller annoncer à leur [section] que les citoyens pouvaient se réunir à celle du Mail. — J. L. — On va retourner à cette section. » — 13o « La section des Amis-de-la-Patric vient d'arrêter que le rappel serait battu et chaque citoyen tenu de se mettre sous les armes pour y être en défense. Autre arrêté (c'est Aubry, secrétaire, qui a proposé cet arn'té), portant qu'elle regarde comme nuls les décrets rendus hier par la Convention nationale, qui portent que les assemblées primaires qui auront fini leurs nominations se sépareront à Tinstant, et que le corps électoral ne pourra s'assembler qu'au 20 du présent; considérant que ce décret est attentatoire à la souveraineté du peuple, [ils] déclarent qu'ils n'entendent y obéir en aucune manière, les déclarent comme nuls et non avenus ; déclarent infâmes et traîtres à la jmtrie les membres des Comités de gouvernement qui se sont permis de faire des rapports contre les assemblées primaires à la Convention. Déclare en outre qu'elle prend sous sa sauvegarde et protection le corps électoral, prêt h se constituer, et qu'elle le défendra de tout son pouvoir; arrête que le présent arrêté sera sur-le-champ communiqué aux quarante-sept autres sections, avec invitation d'y adhérer. — Un citoyen de la section. » — 14» u Huit heures du soir. Section du Mail. Le nombre des citoyens armés s'est considérablement augmenté. Dans ce moment-ci leur nombre est très conséquent. L'invitation d'aller prendre les armes a été encore renouvelée. Plusieurs propositions ont été faites : 1« d'envoyer des commissaires aux sections de Brutus et Le Peletier, parce que le bruit a couru qu'elles étaient déclarées en rébellion ; 2»» d'envoyer une dépulation à Raffet, afin qu'il donne des ordres à la force armée de la section ; 3* de demander des cartouches à l'élat-major de la section ; 4« de former un bataillon carré devant la section. De toutes ces propositions on n'a adopté encore que la première. Une députation de Brutus est venue offrir secours à la section du Mail, en cas qu'elle fût attaquée. » — 15<> « Dans plusieurs quartiers, des ou\Tiers rassemblés, quoique se plaignant de la cherté, disaient qu'en dépit des royalistes qui mènent les sections, ils soutiendraient la Convention. Les gendarmes licenciés sont pour la Convention. C'est la section Le Peletier qui la première a battu le rappel : elle a pris pour prétexte l'armement des terroristes, qui, dit-elle, se proposent de tout égorger, tout piller. La majorité des citoyens n'envisage que la Convention. >» — Voici d'autres bulletins, qui émanent, les uns sûrement,

297 RÉACTION THERMIDORIENNE [4 octobre 1795]

les autres probablement, de la Commission de police administrative de Paris (Arch. nat., AF ii, 52) : 1<» « Il est sept heures et demie du soir; le Théâtre- Français, la section du Luxembourg viennent de faire battre le rappel qui ordonne à tous les citoyens de se rendre au chef-lieu de leur section en armes sur-le-champ. Sur la place du Théâtre-Français, carrefour de Buci, les groupes sont en grand nombre, les motions sont des plus incendiaires, les unes à cause du réarmement des terroristes, les autres disent et font courir le bruit que la Convention a peur et qu'elle vient de donner des ordres pour armer les brigands de Bicêtrc, afin de l'entourer. Toutes ces motions insidieuses donnent de la crainte aux honnêtes gens. — Maugas. » — 2® « Seclion du Théâtre-Français, neuf heures du soir. Il y a déjà deux ou trois cents personnes sous les armes ; on fait de nombreuses patrouilles ; on a fait battre deux fois le rappel sous le prétexte que les personnes et les propriétés sont fortement menacées par les terroristes armés aux Tuileries. La section du Bon-Conseil est venue demander que les électeurs ne fussent pas convoqués. ^ Quoi, vous n'êtes pas sous les armes ? a dit le président Lebois, et les scélérats sont armés pour vous égorger, vous piller, etc. » — Les électeurs ne se se sont pas assemblés dans cette section ; mais on a arrêté que les électeurs ^e chaque section formeraient dans leurs sections respectives un conseil pour aviser aux mesures de sûreté. Ces électeurs sont cachés derrière la tapisserie ; cet arrêté est communiqué aux autres sections. La section de l'Unité vient d'y adhérer et fait battre le rappel; celle du Luxembourg en fait autant. Il vient **'y avoir une fausse alerte, et de suite on est sorti de la section et l'on s'est ^is sous les armes devant la porte. » — 3® « Théâtre-Français. Un rappel a ^tô battu depuis cinq heures jusqu'à six heures pour prendre les armes et combattre les terroristes que l'on vient de réarmer, et pour se rendre aux portes "^s prisons pour les garder, attendu que la Convention vient de rendre un décret pour mettre en liberté aujourd'hui tous les terroristes. Un jeune homme, dil-on, passant sur la terrasse des Feuillants, avec ses cheveux nattés, a eu la cadenelte coupée. Dans les sections de Le Peletier, de Brutus, de Bonne-Nou- '^elle, le rappel a été battu pour que chaque citoyen se rende au poste et à l assemblée. — Houdeyer. >» — 4® « Le Peletier. Des particuliers placés au cheflieu, nie des Filles-Thomas, invitent les passants d'entrer pour y prendre des arwes et de la poudre pour combattre la Convention et les terroristes, disant qu'il n'y a qu'un roi qui puisse nous rendre heureux. Des ouvriers, pris de '^^'*> y entrent pour être armés. Un particulier, ayant tenu aux Tuileries des propos contre la Convention, a été conduit au Comité de sûreté générale, où ie repp^.gçQ^^jjj ju peuple [Lesage]— Senault, à qui il a été présenté, lui a de- "^^ndé s'il était père de famille ; cet homme ayant répondu qu'il avait femme ^'ifants, il Ta fait mettre à l'instant en liberté, après une leçon fraternelle. " ^ouDEYER. » — 50 « Six heures et demie du soir. Section du Mail. Cette ^'^on ne s'est pas assemblée ce matin. Elle a continué le scrutin pour la '^ination de deux nouveaux électeurs, à cause de la démission donnée par ^ . 5 d'entre eux. Sur les cinq heures, quelques individus sont venus ; ils ont £ I ^^é de prendre les armes ; en conséquence, le président a annoncé qu'il -^ ^^t que tous les citoyens prissent les armes, pour se tenir en garde contre ^ Pirojets des malveillanls. En effet, cent citoyens à peu près se sont ren- ^ ^n armes à l'assemblée. Le président a déclaré que, les citoyens étant ^^s, on ne pouvait prendre aucune délibération. Un citoyen a dit que,

puisque la Convention nationale se rassemblait en armes et faisait des décrets en armes, rassemblée primaire pouvait en faire de même, car elle était le peuple souverain. Un grand tumulte règne ; on ne prend aucune résolution; tout le monde t)arait dans une grande incertitude. D'autres citoyens sont venus ensuite, mais sans armes. » — 6* « Huit heures du soir. Un citoyen, après avoir parcouru les trois sections de Le Peletier, Brutus et Bonne-Noovelle, a entendu que des gens disaient qu'on avait distribué des cartouches; un autre a observé que c'était pour réduire la Convention. Nota. La scclioa de Brutus bat des mains avec grand bruit. » — 7<> « Huit heures du soir. Sections de Fontainc-dc-Grenelle et de TL'nité. On se propose, dans ces denXsections, de prendre les armes, pour rester sur la défensive. On doit battre 1 rappel à cet effet dans la section de TUnité, et pour porter secours à celle d Le Peletier, qui paraît menacée. On a beaucoup parlé du réarmement des terroristes ordonné par la Convention. — Le Bl.v-ng. » — 8<> « Huit heures troiî quarts du soir. Une bande de tambours, com[)Osée de huit, précédée et suivi d'autant de citoyens armés de la section de TUnité, battait le rappel, et, dans leurs stations, un d'entre eux prenait la parole et disait : « Au nom de la République française, tous les bons citoyens sont invités de se rendre, sur-le-ebamp et en armes, dans la cour de TAbbîiye *, parce que les Comités de gouvernement ont armé ce jourd'hui tous les buveurs de sang, les terroristes et les malveillants. » — 9« « La générale bat dans «a section Le Peletier ; il y a plusieurs tambours, escortés, qui se trouvent actuellement rue Vivienne. La seclion a des postes avancés. » — 10<> « La section Le Peletier a envoyé demander des forces à la section des Amis-dc-la-Palrie. La section de Bonne-Nouvelle a pris l'arrêté de rester en armes, moitié k la caserne et moitié à la section, pour rester seulement sur la défensive. I/asscinblée des Amis-de-la-Patrie a adhéré à cet arrêté. On est venu annoncer à la section de Brutus que la générale battait dans la section Le Peletier. A cette nouvelle, chacun est sorti de rassemblée on criant : Aux armes ÏLq'^ boutiques sont fermées et beaucoup de citoyens sont rentrés chez eux. — Pastk. » — 11<* « C'est Fiévée, du Théâtre — Français, secrétaire de cette assemblée, qui a pris sur lui de faire battre le-= rappel. La section Bon-Conseil vient de pren»lre un arrêté pour que les citoyens prennent les armes, les uns pour faire des patrouilles dans l'arrondissement, les autres j^our faire décerner [sic] les sections de l'Unité et Le Peletier— i On a arrêté, dans la section d<' la Halle-au-Blé, de réincarcérer les terroristes^ et (|ue ceux qui ne se renilraient point à l'appel de compagnie seront regardée comme susj>ects et arrêtés comme tels. Une députation de la section Le Pelé — tier est venue à cette assemblée |)0ur lui demander force et secours. Le président a répondu qu'on pouvait compter sur le zèle des citoyens qui composaient cette section, d'après l'arrêté de garantie. — Pastk. » — On trouverd aussi, aux Arch. nat., AF ii, 42, quehiues pièces qui se rapportent aux jour — nées des 11, 12, ^3 et 14 vendémiaire, mais qui n'ajoutent pas grand chos^ aux bulletins que nous avons donnés et que nous donnerons. Voici en outr» une lettre du Comité de sûreté générale, qui n'est pas sans intérêt : « L - Comité de sûreté générale aux représentants composant la Commission d cinq. Comité de salut public. 12 vendémiaire an IV. Citoyens collègues, nous rapporte qu'en ce moment une aftluence jjrodigieuse de citoyens inon

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