CDL
Rapport du 28 vendémiaire.
Esprit public, — Le calme et la tranquillité ont régné hier à Paris. Toujours quelques vapeurs, exhalées de l'antre du royalisme, obscurcissent lopinion publique, prononcée d'ailleurs généralement en faveur du gouvernement républicain ; la malveillance travaille toujours les esprits assez faibles pour croire aux revenants ; Ton remarque dans les groupes quelques individus qui cherchent à ébranler la foi républicaine des citoyens bons, mais crédules, en tâchant de leur persuader que, sauf un roi, le gouvernement que Ton se propose de faire marcher, ne peut être et ne sera toujours qu'un gouvernement en détrempe : ce sont les expressions de ces mission-
'^^Î7 RÉACTION THERMIDORIENNE [10 o«:tobre 1795]
lïaîres du parti royaliste. La durée de Ja guerre de la Vendée donne
des inquiétudes ; on s'étonne que le gouvernement ne prenne pas de
Wiesures rigoureuses pour faire cesser cette guerre intestine, en por^
^nt dans ces cantons les troupes que la paix partielle, déjà obtenue,
'loit laisser vacantes.
On disait hier que, dès que le pouvoir exécutif serait en activité, il paraîtrait une nouvelle monnaie, pour retirer une masse d'assignats ; un assurait que c'est le gouvernement qui fait monter aussi haut le prix de l'or et de Targent, afin de rembourser de suite à ce taux les Assignats. La surveillance a remarqué que ce bruit s'accrédite dans ^beaucoup d'endroits, et qu'on désire même l'exécution de cette mesure, dans Tespoir qu'elle fera baisser le prix des denrées et marchandises à un taux raisonnable. D'autres cependant craignent que ogIsl ne remédie à rien, tant que la paix générale ne sera parfaite et -''^Sriotage entièrement détruit, attendu que, jusque-là, nos ennemis ^**-^ lieront à eux toute cette monnaie par les émissaires qu'ils ont au ''^■'■^u de nous, et alors on sera au moins aussi malheureux.
I^epuis la petite chasse donnée aux vampires du Jardin-Égalité et
^■"'^eslation de plusieurs d'entre eux, ils ne forment plus leur infâme
^^^'^^nierce en groupes, mais ils se dispersent aux alentours, se rejoi-
^'^^'^t à certains signes et trafiquent toujours le bonheur public à
*^*" profit; ils prétendent que la Convention va et vient sur leur
^^F^te suivant ses intérêts particuliers, et qu'ils espèrent bien se
^^:iiter impérieusement dans quelques jours.
, 5^ citoyens qui ne peuvent atteindre au prix des denrées, et leur
^^^ [est] infiniment nombreuse, s'affligent de la stagnation des
*^^^liandises qui remplissent tant de magasins de Paris ; ils pen-
^ «[ue le gouvernement pouvait se faire donner des états précis de
^^agasins et faire faire des distributions à un prix raisonnable,
> ^\ii peut-être contraindrait les marchands à baisser le prix des
^^. Un inspecteur rapporte avoir payé une voie de bois 600 livres
* ^0 livres de faux frais; la voie de charbon, 175 ; 200 livres pour
'Monter une paire de bottes. De là la conclusion de l'impossibilité
^ Ç^ont tant de citoyens de pouvoir exister. Le môme inspecteur dit
^^ojr vu des soldats jouer au palet dans le Jardin national avec des
^^Us de 6 livres, ce qui donne lieu à beaucoup de raisonnements.
Spectacles. -^ Les spectacles ont été parfaitement tranquilles
Surveillance, — . . .Cette nuit, jusqu'à près d'une heure du matin, les rues étaient remplies de militaires ivres, qui insultaient les passants, qu'ils traitaient indistinctement de mouchards, lorsqu'ils ne voyaient pas révolus d'un uniforme. Doux gendarmes à pied et
[20 OCTOBRE i795] RÉACTION THERMII>ORI£NNE 3»
un hussard à cheval ont même saisi un citoyen au collet; Tun des gendarmes a levé le sabre sur lui ; il ne lui a pas été fait d'autre mal
Commerce. Pain. — Au rapport de Bujon, les boulangers de U section du Faubourg-Montmartre délivrent journellement 14 oacr^ de pain ; cette distribution excite les murmures des citoyens de la section du Mont-Blanc» qui ne reçoivent tcfujours que 12 oncles de pain; encore bien souvent leurs boulangers remettent-ils ^3i^ cartes au lendemain. Il est resté sur la section des Droits-de- THomme (sans qu'il ait été rien diminué de la quantité de farm ne que ces boulangers reçoivent ordinairement) environ quarante personnes qui n*ont point eu de pain. Cette section a augmenté en pox>u.lation de près de deux cents individus depuis très peu de temps z ^ a été écrit au Comité de s'instruire si ce déficit provient de l'auLS"" mentation de population et d'en rendre compte tant à la Commission qu'à FAgence des subsistances. Il manqua aussi de pain sur la sec::tion de la Fidélité; il a été écrit de même au Comité de lad m le section. Les distributions particulières, promises par arrêtés c3.<s Comités, ont déjà lieu dans quelques sections. Elles paraisse xit beaucoup satisfaire le public; il désirerait avec cela du bois et du charbon.
Marchés, — Ils furent assez bien approvisionnés; les difTéren ^:-e8 répartitions se sont faites avec tranquillité; il n'en est pas de m^mnàt au marché de La Vallée, toujours iivré, pour ainsi dire, au pille^^ge des regrattiers et des traiteurs. Les mesures sont prises pour arr& tter ces abus.
Bourse. — Inscriptions à 14, 13 i/2, 13.
Change. — Hambourg : 9,600 ; Bâle : 1 i/2, 3/16 ; lingot d'ar^^nf
Hannocque-^Guérin.
^Arcb. nat., AF ii, 140.)
CDLI
Rapport du 29 vendémiaire.
Esprit public. — Tous les rapports de la surveillance annoncenlP que le plus grand calme et la plus grande tranquillité ont régné hier"^^ dans cette vaste cité ; la politique paraissait y occuper peu les esprits; £
RÉACTION THERMIDORIENNE [21 octobre i795]
uelques cafés seulement on s'entretenait avec inquiétude de ^elle que l*on y débitait que les troupes de la République t éprouvé un échec considérable de la part des Autrichiens,
rivière du Mein ; on y disait aussi que les jugements par con- ; rendus par les conseils militaires ne seraient pas exécutés, même les condamnés seraient arrêtés. Quant au commerce, )leurs se réunissent devant la Bourse et font leur trafic ordinaire, ait, dans quelques groupes, qu'une partie des représentants nparée du commerce, qu'ils le font sous des noms empruntés,
occasionne Texcessive cherté des marchandises et autorise
prit de la majorité des départements serait, dit*on^ excellent, asse la plus nombreuse n'y mourait pas de faim parla cupidité miers, qui, enrageant d'être forcés de payer en nature à Noël lin, ne donneraient pas d'ici à ce temps un grain de blé. craintes et les inquiétudes des citoyens croissent chaque jour, m du discrédit toujours progressif des assignats et du renché^ ent aussi toujours croissant des denrées. Dans quelques cafés^ iurait que, dans plusieurs départements, on ne voulait pas ir d'assignats, et que, même à Paris, nombre de magasins ne t plus vendre que pour du numéraire.
n on attend avec impatience le nouveau gouvernement. C'est me des espérances de tous les citoyens qui souffrent. On se toujours de ce que la distribution ordonnée par l'arrêté du ^ de salut public ne se fait pas généralement dans toutes les is.
Hacles, — Les spectacles ont été parfaitement tranquilles.
^eillance, — Le service de la garde nationale devient
e nul; il n'y a personne dans les corps de garde; on ne deplus la nuit la carte aux passants
Pasté.
rch. nat., AF ii, 140.)
Rapport du 30 vendémiaire.
ùt public, — Paris a joui hier du plus grand calme; tous les se réunissent pour espérer un meilleur ordre de choses lors
de l'organisation du nouveau gouvernement. Le récit des atrocités commises; dans le Midi excite Tindignation des bons citoyens; on désire généralement la punition rigoureuse des auteurs de tant de crimes. On espère que la Convention prendra à cet égard des mesures de vigueur. On répand le bruit que, près de Mayence, les troupes ont été battues, et que Tennemi s'est emparé de toute l'artillerie.
Le discrédit des assignats donne de vives inquiétudes ; à Nantes, dit-on, et dans beaucoup de départements on ne veut plus faire du commerce qu'avec du numéraire ou par échange de marchandises, el encore, dans le numéraire, met-on une différence entre les anciens écus et ceux de la République. Les agioteurs se montrent peu au Jardin-Égalité; mais on taxe la Bourse d*étre le repaire deTagiotage. Mêmes plaintes sur la cherté des marchandises, mêmes inquiétudes, si les choses sont au même état cet hiver. On se plaint particulièrement des bouchers, de ce qu'ils dégraissent la viande au mépris dc^arrêtés du gouvernement, et des boulangers, de ce que leur painu^a. pas le poids, n'est pas assez cuit; enfin on murmure beaucoup de n'avoir toujours que trois quarterons de pain et de ce que la répartition des subsistances de la part des sections ne se fait que dans quelques-unes.
Spectacles, — Les spectacles ont été tranquilles. Au Vaudeville, dans la pièce Honorine ou la Femme difficile à vivre^ on a applaudi à plusieurs reprises et fait répéter quelques passages, notamment ceux-ci : « Lorsqu'on a les soins de la crainte, on doit se passer de Tamitié ; la rigueur et le ton sévère ne réussissent point pour gouverner. »
Surveillance générale, — On a remarqué hier plusieurs soldats, chasseurs à cheval, qui vendaient sur la place du marché des Innocents leurs chapeaux, chemises et mouchoirs. Les militaires se livrent à des excès qu'il est important de réprimer. Ils vont dans les maisons et font contribuer les particuliers. Hier plusieurs d'entre eux se sont transportés chez la veuve Langlois, tenant magasin d'eau-devie, place du Palais-Égalité; ils ont pris d'autorité le bouillon de sa marmite; ils ont bu son oau-de-vie sans vouloir la payer; elle a élé= menacée de coups de plat de sabre el insultée par les propos les plu^ outrageants; ces militaires ont dit, en se retirant : « Si les Parisiens ne se mettent pas au pas, Paris sera mis à feu el à sang. » Ils se rassemblent tous les soirs dans les rues qui avoisinent le Palais- Egalité ils arrêtent indistinctement toutes les femmes et les traitent comm ^ des filles publiques; ils volent aux femmes du monde leurs médaii Ions et leurs boucles d*oreilles; ce fait est arrivé ^ i^ue fempie.
331 RÉACTION THERMIDORIENNE [21 octobre 1795]
qui ils ont même déchiré les oreilles en lui arrachant les boucles de force
Commerce. Pain. — Le plus grand calme continue de régner aux distributions de pain; il était d'assez bonne qualité, et les farines sont arrivées partout de bonne heure ; les sections de Bonne-Nouvelle et du Nord sont, comme plusieurs autres dont il a été parlé précédem* ment, de beaucoup augmentées en population ; les boulangers de ces arrondissements annoncent ne pouvoir sufBre à toutes les nouvelles cartes qui leur surviennent chaque jour, s'ils ne reçoivent un supplément de farine.
Viande. — Les distributions de viande ne se font pas à beaucoup près aussi tranquilles; il est peu de sections où les bouchers ne remettent journellement au lendemain un nombre considérable de personnes; cependant ils se disent assurés de se voir décadi tout à fait quittes envers le public.
Marchés. — G*était le 29, jour de grand marché, et les halles furent très fortement approvisionnées ; les différentes répartitions se sont f&ites avec beaucoup d'ordre et de calme. 11 y avait environ vingtcinq voitures de pommes de terre. Au carreau des fruits, ont été arrêtées grand nombre de regrattières, trouvées en contravention; elles furent conduites au bureau du commissaire de police, et procèsverbal fut dressé. Les inspecteurs observent que les agioteurs, que ion rencontrait précédemment au marché des Innocents, se retirent au xnéme marché chez les limonadiers du bâtiment du ci-devant ch atpitre.
Hannocque-Guérin.
(Arch. nat., AFn, 140.)
Journaux.
^^n$eur des journaux du 29 vendémiaire : « Le Journal des Patriotes
^ ^9 se demande aujourd'hui si Ton est républicain, parce qu'on n'est pas
''^yalisie. La réponse est simple, et nul n'était peut-être plus en état de la
''^Urnij. que Fauteur même de la question. Les trois quarts des hommes ne
^**^ rien, parce qu'ils sont tout ce qu'on veut qu'ils soient. Dans l'autre
^^art, les trois cinquièmes sont des fripons ou des hermaphrodites. Reste un
y^Uvi^^e d'hommes prononcés pour ou contre l'opinion dominante, en état
j^ ^^ combattre ou de la défendre de leurs bras et de leur tête. C'est cette
^ ^H^ qui gouverne en résultat; c'est elle qui, par la force de la raison, com-
'^**'^€î et subjugue celle du nombre; c'est elle qui régénère ou qui perd les
?*^Oii8. C'est dans cette classe qu'il faut aller chercher les royalistes et les
"^^fclicains. Tous les autres ne sont que des moutons, dont on ne parle pas,
^ ^^îs fripons qu'il faut livrer à la sur\eillance des lois. Prétendre que tous
[22 OCTOBRE 1705] RÉACTION THERMIDORIENNE m
les hommes éclairés doivent être républicains serait aussi absurde qu*il senit inutile de les y contraindre. Le canon a commencé la guerre : la raison la finira. Kclaircissons-nous de bonne foi; discutons sans passion, s'il est possible ; avisons aux moyens de nous réunir, et peut-être finirons-nous pir nous apercevoir qu'entre les républicains et les royalistes il n*y a qu'un net de diflérence. Cela posé, voici donc notre réponse à la question ci-dessv énoncée. Dans un état monarchique, quiconque aime son pays et les lois w doit pas être républicain. Dans un état républicain, quiconque aime son pays, les lois et l'humanité ne saurait être royaliste. Dans ces deux états, iifiot être républicain ou royaliste, quand on est honnête homme. » — Censeur det journaux du 30 vendémiaire : « Tout est extraordinaire dans ce temps-d, tout, jusqu'à la saison plus douce et plus chaude qu'elle ne le fut depuis longtemps. On dirait que l'été s'est reporté dans l'automne, et si l'automne vottlût également se rej)orter -en hiver, alors nous pourrions nous inquiéter moin* de la disette des bois et du vide de nos chantiers. Nous éprouvons depuis hier un temps d'orage accompagné de pluie : le thermomètre s'est tenu coDstammrnt ù 15^ et le baromètre au variable. »
Rapport du i*' brumaire.
Esprit public, — Paris a été fort calme hier. Dans les cafés el les groupes, la surveillance a remarqué qu'on ne s'y occupait presque pas des aflaires politiques; l'attente du nouveau gouvernement el les espérances qu'on en conçoit produisent cet état de tranquillité politique. Tout ce qui a pu être recueilli, c'est qu'on répand le bruit qu'il doit y avoir un grand mouvement le 5 de ce mois, et dans quelques conversations Ton disait que, si Saladin el Rovère étaient accusés de royalisme par la Convention, il y en avait beaucoup d'autres du même parti dans son sein; que, s'ils avaient manqué leur coup le 13 vendémiaire, ils attendaient une meilleure occasion.
L'assignat se discrédite tous les jours de plus en plus; le prix des marchandises augmente d'autant. Le pain renchérit beaucoup; le hoir vaut 800 livres la voie ; une paire de souliei-s 260 livres ; le cliarboa 175: la viande 20 livres la livre; une paire de bottes, 1200 livres; 1 reslo î\ proportion. On a accusé hautement le gouvernement de fera nitM' los yeux sur celle affreuse position; on se demande si la Cor" vonlion a des moyens ou non de remédier a tant de maux, dont o». naporooil pas le terme. On voit, avec un effroi mêlé de désespoi-^ l'approche de l'hiver; les rentiers ont vendu leurs effets; ils n'o -^
333 RÉACTION THERMIDORIENNE [23 octobre 1795]
plus de ressources; on esl dans la misère la plus profonde au milieu de Tabondance la plus grande. On ne peut atteindre au prix d'aucune étoffe pour s'habiller. On ne jouit pas de la distribution des subsistances qui devait se faire dans les sections ; on n'a toujours que trois quarterons de pain chez lea boulangers; ailleurs on le paye un prix énorme. Au milieu de cette détresse, qui écrase une classe immense de citoyens, les membres de la Convention ne manquent de rien. L'agiotage envahit tout.
Tel est le résultat des conversations de tous les citoyens partout où on en trouve de réunis.
Hier, un rassemblement de militaires et d'autres citoyens a fait
plusieurs fois le tour du Jardin-Ëgalité en chantant l'hymne des
Marseillais, ce qui était généralement improuvé, comme étant une
provocation aux jeunes gens et un moyen de perpétuer les haines et
fes divisions.
Spectacles. — Ils ont été parfaitement tranquilles.
Commei'ce» Pain, — On n'aperçoit, dans la plupart des rapports,
9ue des plaintes multipliées sur là clierté des subsistances, dont le
prix varie tous les jours. Voisin, qui annonce avoir été requis par les
^^niniissaires civils de la section de la Cité pour les aider à découvrir
^* fausses cartes qui seraient présentées, en arrêta cinq chez le
^'^Qj'en Baulan, boulanger de cette section
Pasté.
(Arch. nat.i AF u, 140.)
Rapport du 2 brumaire.
esprit public. — Ce qui s*est passé hier à la Convention faisait ^bjet de la plupart des conversations * ; on y disait que les représentas du peuple employaient à se dénoncer mutuellement un temps t^ï^écieux, qui devait être consacré aux moyens de rendre les citoyens *^oins malheureux ; on blâmait hautement ces dissensions particu- ^^^res, et on réclamait particulièrement contre Thibaudeau, qu'on accusait d*avoir semé la discordre dans la Convention.
1. La séance de la Convention du !•' brumaire an IV avait été remplie par des ^dénonciations particulières, et notamment Thibaudeau y avait dénoncé Tallien.
[23 nuTOBRE I795J RÉACTION THERMIDORIENNE m
La Vendée, dit-on, grossit tous les jours, et les révoltés du 13 vendémiaire y vont pour se réunir à Gharette, dans Tintention de proléger une nouvelle descente des émigrés.
Les citoyens paraissent mécontents de ce qu*on leur fait monter U garde, après les avoir désarmés; ils disent qu'on les envoie où les troupes de ligne ne veulent point aller.
L*opinion publique accuse fortement les Comités de gouvernement de fermer les yeux sur la misère publique ; on va jusqu^à iirt que bientôt on ne pourra plus vivre, à moins d'être député, personnes qui reviennent de la campagne assurent que les cultir teurs ne veulent plus donner de denrées qu'en les leur payant en n méraire, ou en elfets. Le louis, dit-on, vaut à Compiègne 2,300 livr^^^^ en assignats. Un inspecteur rapporte que, dans les groupes, V disait qu'il fallait un roi, puisque sous leurs règnes {sic) on n' jamais été aussi malheureux que sous celui des représentants q s'enrichissent et nous doivent de toutes parts (sic).
Tous ces propos sont la suite du discrédit des assignats et de Fim possibilité pour tant de citoyens d'atteindre au prix des denrées marchandises ; partout Ton dit qu'il n*y a que les agioteurs et les frc pons qui puissent vivre à présent.
Spectacles. — Les spectacles ont été tranquilles.
Surveillance, — ... Le service militaire de la garde nationale dévie nul ; les citoyens, depuis le désarmement, refusent de monter la gard< — Hier, entre quatre et cinq heures de l'après-midi, le commîssai de police de la section des Marchés, accompagné de deux inspecteu a fait une descente au café n° 20, place des Marchés. Un gra nombre d'agioteurs et de brocanteurs y étaient rassemblés. Aya voulu ies conduire a son bureau, ces agioteurs se sont jetés sur I Tout pris au collet, lui ont déchiré sa chemise, et Pont maltraité, aiifcque les inspecteurs qui se sont employés pour le défendre ; l'un de a reçu plusieurs coups de bAtcm sur les bras; néanmoins plusieurs ces agioteurs ont été arrêtés et déposés au corps de garde ; mais Tift. tigaleur principal de celle émeute s'est échappé.
Commerce, Pain. — Sur la section du Mont-Blanc sont rest quelques personnes qui n*ont point eu de pain. Les boulangera dis n».' |)as recevoir assez de farine pour servir les bouches qui leur déjà attribuées et toutes celles qui leur surviennent par la mutation nouveau terme. Lîiloy rapporte que, chez le citoyen Simon, rue Jardin?*, section de l'Arsenal, il manque du pain pour environ vi l>ouchcs ; il dit avoir prévenu le Comité civil de ce déficit. . •
Marchca, —■ L<.'s approvisionnements furent encore très consi
- rr-
Tt'
335 RÉACTIONjTHERMlDORlENNE [24 octobre 1795]
râbles. Les inspecteurs disent avoir vu régner partout le calme et le bon ordre ; les enlevages se sont faits aussi avec tranquillité. . .
L'agiotage se continue dans les cafés du bâtiment du ci-devant Chapitre, au marché des Innocents. Il a été écrit au commissaire de police, section des Marchés, de ne point souffrir les attroupements <i'agioteurs dans les cafés.
Bourse. — Inscriptions à 13 pour 0/0 de bénéfice. Change. — Hambourg: 10,800 à 11,000; Gènes; 6,100; argent lingot : 2,150.
Pasté.
(Arch. nat., APiv, 1472.)
CDLV
Rapport ou 3 brumaire.
-esprit public. — La tranquillité qui règne dans cette commune, sous
^apport politique, ne permet h la surveillance que de recueillir
^^^Iques conversations isolées, desquelles il est extrêmement difficile
^ Aîrmer un résultat précis qui fasse connaître ensuite l'esprit public
*^inant aujourd'hui. Un seul inspecteur rapporte avoir entendu,
^ ^^s plusieurs cafés de la Maison-Égalité, des propos tendant à prou-
^ •* la nécessité d'un roi ; les assemblées de sections, disait-on, sont
. ^^ées ; mais leur esprit n'est pas perdu ; la Convention la dansera
j . ^ ou lard de la part du souverain des sections de Paris. Les roya-
^^es, ajoute le même inspecteur, sont fort gais en disant : « Vous
^^rez; encore quelques jours, et ils ne pourront parer à ce qui leur
Rivera. »
^ l)ans certains groupes, on manifestait la crainte que les travaux de ^ Convention ne se prolongeassent au delà du 5 de ce mois, ce qui ^larderait encore l'organisation du gouvernement constitutionnel, v^Our laquelle tous les vœux paraissent se réunir, si on excepte cepen- ^^nl tous les royalistes effrénés, les monarchistes et surtout les agioteurs. En général, on n'a espoir que dans le nouveau gouvernetnent pour changer en mieux Tétat des choses actuel.
Si les uns blâment les dénonciations réciproques qui se font dans le sein de la Convention entre plusieurs de ses membres, et qui, diton, font perdre un temps précieux, d*autres disent que la Convention
[24 OCTOBRE i795] RÉACTION THERMIDORIENNE 33(
ne pourra jamais opérer le bien, si elle ne se purge pas de ceux qui entravent la marche de la partie saine vers le bien.
Tout le monde s'attend à de grands changements ce mois-ci; on annonce partout qu'il y aura un maximum sur toutes les denrées de première nécessité ; plusieurs citoyens rapportaient hier que, du c6lè de Gorbeil, les paysans sont très disposés à se rassembler pour aller chez les fermiers se faire donner des grains pour le peu d*assignat« quils ont. La masse des citoyens désire avec ardeur, non seulement des lois rigoureuses contre les affamateurs [sic] du peuple, mais encore Texécution stricte et sévère de ces mêmes lois. Enfîn, onnentend partout que les reproches exaspérés sur rindifférence dont on accuse la Convention relativement au prix exorbitant de toutes les marchandises et la misère extrême qui en résulte, au milieu de Tabondance pour cette classe nombreuse de citoyens dont le rêverai est fixe. Dans les groupes de la porte Denis, on anHonçait que, so ^^ six semaines, Paris manquerait de pain, parce qu on enlève avec ^* Tor les blés qui sont chez tous les laboureurs, sans qu*on sache quel côté ils vont.
Spectacles, — Les spectacles ont été parfaitement tranquilles.
Surveillance. — ... Hier à midi, les agioteurs, qui se présente; sous les deux portes du Mont-de-Piété, ont été cernés par un dét chement du bataillon des Patriotes de 89. Ces agioteurs ont été coi duits devant le commissaire de police de la section. . .
Bourse, — Un inspecteur, ayant vu remettre par une femm^^ arrivée dans une voiture, des louis entre les mains d'un agioteur, s ^^ disposait à arrêter ce dernier, et il n'y a pas réussi, se voyant assail^ ' d'une grêle de coups de la part de ces brigands. La Commission ^ écrit au Comité de salut public pour lui représenter combien il éta^ instant d'envoyer de la force armée pour la police extérieure de 1^ ^ Bourse, et que celte scène n'aurait pas eu lieu, si le commandant tem^^ poraire n'eût pas cessé d'envoyer des troupes pour ce service. Furen^^ ainsi traités plusieurs autres inspecteurs qui s'étaient rendus, avec commissaire de police de la section des Marchés, dans un café marché des Innocents, à dessein d'en faire sortir un grand nombr d'agioteurs, qui y faisaient leur commerce. Ils parvinrent cependa à en arrêter cinq, et procès-verbal fut dressé et envoyé au t^
bunal
Pasté.
(Arch. nat., AF ii, 140.)
RÉACTION THERMIDORIENNE [25 octobre 1795]
Rapport du 4 brumaire.
sprit public. — Le projet de décret sur un nouveau maximum P**^"»H être accueilli généralement'^ mais on craint en même ps que, celte loi une fois rendue, les marchandises ne disparaissent me du temps du premier maximum.
n parait désirer généralement le réarmement des patriotes, me seul moyen de déjouer encore une fois les complots des Lveillants et surtout des royalistes, qui fondent, dit-on, leurs ^rances sur le désarmement qui a eu lieu, n attend toujours avec impatience l'organisation du nouveau vernemcnt, et on espère un meilleur ordre de choses. Les couverions n'ont donné hier à la surveillance aucun nouveau résultat sur prit public ; Tattente d'un changement tient toutes les opinions suspens, mais les plaintes sur la cherté de tout, sur le peu de pain s Ton distribue et sur le discrédit total du papier-monnaie tinuent toujours.
-'^^peetacles. — Il ne s'est rien passé dans les spectacles contre la ^''^^-«quillité publique et le bon or.lre.
'^Surveillance, — . . .On a vu des jeunes gens de la première requise ^^ on, demeurant rue du Croissant, section de Brutus, n® 4, rentrer ^*^ ^2 eux avec des espingoles. On va prendre information de ces je-^jijjes gens, et, sur les faits, les mesures nécessaires seront prises. . . Commerce. Pain. — La plupart des femmes qui se trouvent ras- ^^^^hlées aux portes des boulangers se plaignent beaucoup de ne pas '^^^^Voir enfin une livre de pain; Fabondance de la récolte leur *^^il espérer, disent-elles, qu'on ne languirait plus dans cette
*^^^txie
Pasté.
(Arch. nat., AFn, 140.)
^ * ^ans la séance de la Convention du 2 brumaire an IV, Roux (de la Haute-
* ^^*^e) avait présenté un projet de décret portant, en substance, que le prix de
/*^es les denrées et marchandises de première nécessité serait fixé à la valeur
. ^Pîe tJu prix desdits objets a l'époque du mois de novembre 1790. Sur la ino-
^•^^ï^ de Reubell, la Convention avait ajourné la discussion. {Moniteur^ réimpres-
»Otl, t. XXVI, p. 315).