PoDcelin
341 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [27 octobre 1795]
qne copier, sans rien imaginer, sous peine de cassation. Le Bulletin général de la France et de V Europe ^ ci-devant Postillon des Armées, offre un plaisant phénomène à qui veut se donner la peine d'observer ses variations. Successivement aristocrate, démagogue, royaliste, républicain, c'est toujours le même style, les mêmes idées, la même bouffissure, les mêmes mots dont il se sert, soit pour louer, soit pour insulter la Convention; soit pour établir, soit ren- Terser les trônes ; soit pour encenser, soit pour étourdir les représentants. Quatre idées et vingt-cinq mots semblent composer tout son savpir ; mais que d'art dans leurs combinaisons I Le Bulletin national, ci-devant Bulletin ré- ]^blicain, n'a changé que d'opinions. Son style est aussi plat en patriotisme qu'en royalisme ; les plagiats, les répétitions, les sottises, sont des sottises, des répétitions et des plagiats sous la livrée républicaine, comme sous le hamois des conspirateurs. L'âne chargé de reliques est toujours un âne. VAmi de la Constitution de 95, substitué au Portefeuille, est le seul de tous ceux dont je viens de parler, dont la rédaction ait un corps et l'opinion de la franchise. Il est vrai qu'il n'y faut chercher ni des nouvelles fraîches, ni des idées politiques ; mais c'est bien quelque chose que d'être franc et soimême, dans un temps où l'on ne rencontre que de mauvaises copies ou de faox-monnayeurs. Le Journal de Paris a perdu soudain le goût et l'habitude des discussions politiques et polémiques. Il se borne aujourd'hui à parler de )a Convention, et la petite feuille est noyée sous un épais volume de papier gris contenant l'affiche des spectacles et les avis divers. V Eclair, ci-devant
Courrier universel Cette feuille n'est pas aussi brillante que son nom ;
iDïiis en revanche elle est aussi rapide dans ses phases et dans ses mouve- ^^n\s, là Quotidienne ne reparaîtra qu'avec la Constitution... Ce coup d'œil général suffira pour donner une idée des journaux rattachés au système '^publicain. Nous 'avons déjà dit que peu importait le motif de leur changeaient : il faut savoir en profiter sans scruter les cœurs. Nous n'en avons ni le 'l'Oit ni le pouvoir ; mais, dès que le bout de l'oreille percera, nous nous ■"^^presserons de la saisir et de faire crier la bête. »
Rapport du 6 brumaire.
Le renchérissement des denrées, le louis à 2,500 livres, les nouelles taxes sur les patentes et les contributions foncières, voilà le ujet des conversations et l'entretien des groupes.
Les murmures se font entendre de toutes parts ; on craint que cette \xe, qui frappe sur les patentés et les propriétaires, ne fasse renchérir ?s denrées, et il ne sera plus possible d'y atteindre, n'augmente les >rix des loyers*, et c'est ce que le pauvre peut payer à peine