Même remarque que pour le précédent extrait
2. En tôte : « Ministère de l'intérieur. Bureau 5 du Comité de sûreté générale. Section de la Police. Partie des journaux, des écrits et pamphlets du jour. » — Ce rapport émane donc du ministère de l'intérieur. L'en-tôte que nous venons de reproduire est à la main, mais il y a aussi un en-lète imprimé, au nom du Comité de sûreté générale, dont on utilise le papier.
[i\ NOVEMBRE 1795] DIRECTOIRE EXÉCUTIF 374
Rapport au ministre de l'Intérieur*.
Situation de Paris, — Les ouvriers du faubourg Germain, irrités par Texcessive cherté des denrées, paraissent décidés à se porter chez les marchands; leurs regards se portent principalement sur ceux des rues Vivienne, Richelieu, Grammont, Chabannais, qu'ils regardent comme les premiers agioteurs de cette cité.
D'un autre côté, le discrédit des assignats^ le retard dans la distribution du pain et sa mauvaise qualité excitent des imprécations contre le gouvernement. Les marchés sont peu approvisionnés ; tout ce qui s'y présente devient soudain la proie des agioteurs et du riche, qui jettent à pleines mains le papier.
Les queues aux portes des boulangers sont très bruyantes, et Ton a été très surpris d'entendre, dans le quartier Saint-Eustache, les mômes propos, les mêmes horreurs qui se débitaient dans celui du Théâtre-Français.
Si le Directoire assure les subsistances, il sera béni.
Le bruit qu'on fait courir, que le gouvernement va donner du bois, console le pauvre; il s'y attend.
S'il faut ajouter foi à ce qui se dit dans les cafés et autres lieux publics, les principaux terroristes, les députés ci-devant incarcérés et autres de ce parti se rassemblent pour connaître les moyens de ramener la sans-culotterie ; cependant personne n'indique encore le lieu de leur rassemblement.
On annonce déjà que les sans-culottes du faubourg Marceau se disposent à nommer Léonard Bourdon maire du XII® arrondissement; il doit quitter le prieuré Saint-Martin* pour aller habiter ce quartier.
Le thermomètre politique varie à chaque instant. Tantôt il est en faveur du gouvernement, tantôt il est contre lui. Ici, on prétend qu'il ne peut exister tel qu'il est; là, on approuve tout ce qu'il fait.
1. En trie : « Section de police. Bureau 5. » On voit qu'à partir de cette époque il y a deux sortes dlnforniations, les unes émanées du ministère de l'intérieur, les autres de la Commission administrative, qui subsiste encore.