Cette phrase incorrecte est textuelle
couvre, ses meubles non somptueux ont disparu ; la misère, le froid, la faim et Tobseurité attristent sa solitude. A côté de lui, les ris, la gaieté, les repas^ le luxe et les superfluités ont choisi leur asile. En vain les efforts du gouvernement se multiplient pour adoucir ses maux; en vain toutes les mesures sont prises pour arrêter le cours de tant de désordres : la misère augmente tous les jours; aujourd'hui elle est au comble, et demain elle s'accroît encore. — Ajoutons encore que le royalisme conserve encore ses espérances. Les journaux attestent celte vérité. Si on les parcourt, on y voit des comparaisons insidieuses entre la Constitution et la loi du 3 brumaire; il semble que la malveillance ait prisa tâche de vouloir remplir toutes les fonctions de parents d'émigrés, et, sous le prétexte que les fautes sont personnelles, faciliter par là la rentrée des émigrés.
On conclut de là que Ton ne veut pas de la Constitution, puisqu'on laisse subsister une loi qui contredit la Constitution. Heureusement le Corps législatif maintiendra cette loi, que le Directoire fera exécuter. Les Jacobins réclament encore la Constitution de 93 ; le gouvernement révolutionnaire est leur idole, qu'ils caressent publiquement. Ainsi, le royalisme, la haine de tout gouvernement basé sur des lois fixes et invariables, la misère, Tagiotage, la cupidité ; voilà les ennemis à combattre et détruire, sans cesse suscités contre le gouvernement républicain. — L'impatience du gouvernement est égale à celle de tous les amis de la patrie; leur but est un meilleur ordre de choses, la punition des ennemis de Tordre et du bonheur du peuple; que le bras de fer s'appesantisse donc sur tous ces ennemis, que la menace suivie d'un prompt effet apaise les murmures et les souffrances du peuple, qui, malgré ses peines et ses cris, est Tami de la République ; que le fermier et son amour pour l'or soient contenus dans de justes bornes, que le Palais-Royal disparaisse, que la Bourse soit épurée, que la conduite des agents de subsistances soit examinée, que l'enrichi depuis deux ans supporte le fardeau d'une imposition qui aide à réparer les pertes de la guerre, et le peuple dira : « Du moins le gouvernement s'occupe de nous et veut la République ; il est temps, si Ton veut parer aux coups qui semblent nous menacer. »
[Spectacles. — H y a eu du troul)le au théâtre de la République ; rordrc de ne jouer rien d'étranger au speelacle a été lu par le commissaire de police. Nécessité d'établir une survoillance sévère pour contenir les efforts du royalisme et de la haine contn; le gouvernement. 11 faut un exemple sévère. — Sin'ct!'dl(i)ice. — ... Un particulier âgé de cinquante-quatre ans est tombé de besoin. Revenu à lui au corps de garde de la section Le Peletier, il a déclaré n'avoir rien mangé depuis deux jours. — Commerce. — L'approvision-
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ment des marchés était très faible ; beaucoup de personnes s'en sont re- Lirnées les mains vides.]
HOUDEYER.
(Arch. nat., F > ^ m, Seine, 17.)
Extrait des rapports particuliers.
Jdœurs et opinions, — L'objet des entretiens dans les groupes est oujours la disette du pain, la cherté des autres comestibles. On y dit [Vie la guerre civile s'organise, et que le pillage se fera chez les marhands, si le gouvernement n'y met promptement ordre. « Il faut un ^on père de famille, disaient des femmes sur le Pont-Nolre-Dame, »our nous nourrir comme autrefois. Comment aimer la République, [ui nous fait mourir de faim ?» — On a fait courir le bruit ce matin, 'ans les sections de Bonne-Nouvelle et de Bon-Conseil, que Paris manquerait de pain pendant trois jours. — Ceux qui se prétendent Kclusivemcnl patriotes se sont réunis au café Chrétien, aHn de se ^rter au théâtre de la République et d'y faire chanter, de gré ou de i*ee, l'hymne des Marseillais. De l'argent a été distribué à ceux qui ^.liraient pu, sans se gêner, se procurer des billets d'entrée. L'hymne ^lé exécuté ; beaucoup de propos et de menaces vives ont eu lieu la part de ces patriotes. La connaissance donnée par le commis- * ï^e de poHce de Tordre de n'exécuter que les airs qui font partie ^ pièces jouées et la voix de quelques autres citoyens ont rétabli le ^ me, et tout y est tranquille. Ces citoyens, dont un grand nombre '^nt des habitants du midi, se proposent d'aller pour le même objet ^:x théâtres de la rue Feydeau et du Vaudeville. On surveille.
Commerce. — ... La Halle a été dans le plus grand désordre, plus >^ veut rappeler le calme, plus les femmes crient, en disant : Nour- ^^sez nos enfants/, . .
HoUDEYER.
(Arch. nat., F * « III, Seine, 17.)
Pouce générale. Bulletin du 3® bureau •.
Plaintes. — Les murmures augmentent de minutes à autres; pluieurs grands ateliers ayant refusé l'augmentation que leur demanlaient leurs ouvriers, ces derniers ont mis bas (sic), le désespoir dans e cœur, et menacent de se porter à des mesures de rigueur. Les propos les plus outrageants se débitent partout, et celui qui n"a qu'un
i. Il s'agit sans doute du ministère de rintérieur.
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morceau de pain blanc ou noir pour alimenter sa famille, qui a tout vendu pour Tobtenir, est bien déterminé à vendre chèrement lepea d'existence qui lui reste envers ceux qui ont successivement organisé sa ruine et sa perte.
Libelles. — Un particulier, qui est ou qui feint d'être en démence, lit tous les jours au Palais-Égalité des brochures anti-civiques, et notamment VOraleur de la Campagne^ feuilleton qui déchire la représentation nationale sans ménagements. Cet individu est entouré d'une multitude qui applaudit aux sarcasmes amers lancés contre le gouvernement ; il invite aussi, dans ses harangues, les patriotes à sortir de leur léthargie, à reprendre l'avantage qu'ils semblent avoir perdu depuis si longtemps.
Menaces. — Le faubourg Antoine Faisait partie des vingt-cinq sections qui n'ont du pain qu'un jour Tun. Avant-hier, il s'y tint un rassemblement d'ouvriers qui se concertaient pour aller rendre visite ».^ Directoire exécutif. Dans la section de Popincourt, sur les huit heure^ du soir, les femmes, les vieillards, les jeunes gens de la réquisition d-^
saient : « Il faut aller f. .... le bal à ces g là, et leur faire danses
la carmagnole nouvelle, car nous sommes bien sûrs qu'ils se f.... de nous ; mais patience, le retour sera pire que les matines. »
Evénements, — Hier, un jeune homme de dix ans, pressé par U faim et le désespoir, se jeta dans la rivière dans un endroit appelé le - Mail; il passa dessous deux bateaux successivement et eut te bonheur d'être repêché encore vivant.
Pillage. — L'on a pillé, à la place Maubert, les marchands de pain, ce qui a fait jeûner ceux qui avaient moyen d'en avoir à 45 livres la livre; aujourd'hui, il n'y a pas de farines; ainsi vigile et jeûne perpétuels bientôt. Le peuple a remarqué que les dernières distributions qui se sont faites ont procuré du pain plus blanc et de meilleure qualité que le précédent. Cette observation a conduit à la réflexion suivante*: « Il faut que la disette soit considérable, puisque les matières qui servaient au mélange man^juent absolument. » La perspective de l'avenir n'est pas consolante.
Mililaires. — De tous les genres de fléaux qui nous harcèlent, la ^ domination militaire n'est pas la moindre ; l'on rencontre partout-:J Mars en habits de combat et en partie de débauche; tantôt il menacer de mitrailler les marchands de comestibles; tantôt il vend sa prolecr^i tion aux débitantes frauduleuses qui trompent impunément le public partout on voit l'esprit de domination dont il s'arroge les avautag« et dont il fait justement appréhender les suites. 0 vous qui foi nissez à ses plaisirs, ainsi qu'à ses dépenses, tremblez de vous livr
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i sécurité aux désastreux avantages d'un tel appui ! II vend tou- 's cher ses services, et les premiers objets sacrifiés à ses ressenmts sont toujours ceux qui tentent de le rappeler aux devoirs et lui retranchent ses jouissances.
tous ceux qui liront ces présentes. — Hommes, quelle que soit la lion d'autorité qui vous soit confiée par le gouvernement, réflé- )sez-vous sur Tétat actuel de la République, si vous n'apercevez le peuple partout aux prises avec la faim et le désespoir? Connaisvous votre position? Une fièvre délirante s'est-elle subitement ;ulée dans le sang de tous les fonctionnaires publics, au point de
faire regarder tous les chaînons de Tordre social rompus comme ouvcl ordre qui doit ainsi s'établir et subsister? Vainement direz- ) : « L'on organise ; c'est un corps neuf que nous voulons faire pour indre plus robuste; le mal était fait; ce n'est pas notre ouvrage, $ ne devons nous occuper qu'à le réparer. » Eh bien ! en attendant votre nourrisson s'élève, suspendez donc aux yeux d'un peuple se de moyens et de sacrifices le cadavre horrible de la Révolu- ; montrez les plaies putrides que lui a successivement faites rit des partis, analomisez môme, si vous croyez la leçon prpfi- I à tous les peuples de la terre; mais tremblez que ce répugnant Lacle, trop longtemps exposé à des yeux taris de larmes, ne soit tôt pour vous ce que le corps de Lucrèce fut pour les Tarquins;
(Arch. nal., F»« IIÏ, Seine, 17.)