Celte phrase incorrecte est lextuelle
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nelle sont pareillement prévenus qu'ils n'en auront point. Ils sont détrompés {sic).
Surveillance. ^ Saisie d'un atelier particulier de poudre à
tirer, dont une partie a fait une explosion dangereuse. Deux autres, qui sont indiqués, vont également être saisis.
(Arch. nat., F > « III, Seine, 17.)
Rapport présenté au ministre de l'intérieur.
L'on parait fort animé contre ceux qui composent la Société oonnue sous le nom de Réunion; on ne les envisage tous que comme t-€rroristes. Il est présumable que, si la fermeté du gouvernement ne les contenait et qu'ils osassent se mettre trop en évidence, le public «n ferait lui-même une sévère justice. Tant que le gouvernement, clit-on, a été disséminé (Jans différentes mains et en quelque sorte morcelé, qu'il n'y a pas eu de Constitution, et que les débats des opinions des citoyens ont pu faire jaillir la lumière sur les lois à établir et sur les opérations à faire, les Sociétés populaires ont pu à toute force devenir utiles; mais, aujourd'hui que nous avons une Constitution et des lois reconnues, les Sociétés, les rassemblements de parti, ne peuvent être que dangereux pour la chose publique. Point de tolérance pour les terroristes, de quelques noms qu'ils se parent; point d'indulgence pour les royalistes, qui ne s'élèvent contre les premiers que pour pouvoir venir à bout de les remplacer et de jouer leurs rôles mieux à leur aise; telle est succinctement l'opinion générale.
Le café Chrétien commence à fixer les regards; en effet, on n'y
parle que d'insurrection, que d'un gouvernement militaire, pour ne
pas dire révolutionnaire. Hier soir, les fronts s'y épanouissaient, en
entendant la lecture d'une feuille de Babeuf, qui fait l'éloge le plus
brillant de Robespierre, de Joseph Le Bon, qui invite le Directoire à
se mettre à la tète d'une nouvelle révolution et à renverser les
royalistes qui composent le Corps législatif. Les habitués de ce café
en veulent aux jours de Bourdon (de l'Oise), parce qu'il a, disent-ils,
dénoncé les patriotes et l'ex -général Rossignol, qui, par parenthèse,
hier soir, dans un café du boulevard, après avoir bu beaucoup de
punch, ne parlait que de vengeance. — Les tribunaux civils ont tenu
aujourd'hui leur première séance. Beaucoup de juges ne plaisaient
pas aux assistants, parce qu'ils avaient exercé les mêmes fonctions
avant le 9 thermidor. Gohier, président du tribunal criminel, a été
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considéré comme un étourdi, qui ne pourra jamais remplir sa place avec la dignité dont elle est susceptible; on eût désiré voir siéger Oudard, quoiqu'il soit entiché de terrorisme. — Trois sortes d'individus fixent l'attention de la classe du peuple la moins aisée ; facile à tout observer, rien ne lui échappe, et la faim, dans ces moments de pénurie, lui donne des yeux d'Argus. Les royalistes, dit-elle, mangent, parce qu'ils sont riches; les terroristes vivent à leur aise, parce qu'ils ont pillé, dilapidé pendant qu'ils étaient en fonctions; les militaires ne quittent pas les cabarets, parce qu'ils sont bien payés ; il n'y a donc que nous qui languissons, parce que nous sommes nés pauvres, que nous n'avons eu aucun talent, et que tout le monde ne peut pas être soldat. — Les nuances du tableau de Paris étaient aujourd'hui singulièrement variées. Pendant qu'une portion du peuple criait, jurait, menaçait, dans les quartiers où on ne distribuait pas de pain, une autre portion, dans ceux oCi on en délivrait, se félicitait, applaudissait et regardait comme tarie la source de' ses maux. Selon le bruit public, la portion de pain augmentera quintidi prochain. La non-acceptation de la résolution des Cinq-Cents, relative au projet de finance, n'a étonné personne. Ce projet, depuis longtemps était condamné, et il a fourni à quantité d'individus Toccasion de se plaindre du laps considérable de temps qu'on avait mis à le discuter, surtout dans un moment où les mesuras les plus rapides sont si nécessaires pour faire sortir le numéraire, et par conséquent tuer l'agiotage, qui, à son tour, tue le peuple. — Le général Demuy, qui, bravement, le 13 vendémiaire, fut se coucher au lieu de voler au secours de la Convention, fait journellement des dépenses considérables, monte les plus beaux chevaux de l'administration, quoique n'étant pas en exercice, et trafique depuis très longtemps sur les rations de pain, viande etc. — On annonçait hier, dans les groupes des Champs-Elysées, que Paris éprouverait bientôt une secousse violente, et que tout en conséquence était préparé. La troupe du corps de garde de cette promenade ne fait point de patrouille; cette nuit, on y a encore volé du bois et du fer. Les marchandises vont toujours en augmentant, et l'assignat devient à rien.
(Arch, nat„ F^ 3840.)
Bulletin du 3« bureau.
Bruits, — L'on dit que les armées du Rhin, trompées sur la journée du 13 vendémiaire et sur ses résultats, se mettent à la débandade;
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que les. lettres particulières que reçoivent les soldats de (sic) la détresse qu'éprouvent leurs parents, jointe à celle qu'ils éprouvent euxmêmes, les découragent et les font reculer devant Tennemi; Ton dit aussi que le général Pichegru est passé du côté des Autrichiens, lassé des tracasseries de Merlin (de Thionville). — Dans plusieurs cafés, Ton parle avec la plus amère dérision du Directoire exécutif ; Ton dit qu'il y a un roi tout prêt derrière la toile, qui ne tardera pas à faire déguerpir les Cinq et compagnie ; enfin de tous côtés Ton n'entend parler que de roi futur; bientôt ce bruit deviendra un chorus universel.
Jeunes gens, — Les bals fourmillent de jeunes gens de la première réquisition, qui s'endoctrinent sur les subtilités à employer pour s'y soustraire, dans le cas où l'on voudrait les forcer de partir; les femmes publiques, qui trouvent quelques avantages à ce qu'ils restent, les encouragent à subir la prison ou à déserter plutôt que d aller se faire estropier pour défendre un gouvernement qui laisse mourir de faim tout le monde
(Arch. nat., F»« III, Seine, 17.)
Journaux.
Courrier républicain du 13 frimaire : « Rien de nouveau dans notre Honne ville. Point d'événements malheureux. Mais aussi nulle innovation favol'ablc dans le régime habituel des distributions. Le pain est noir; c'est son moindre défaut. Aux yeux des gens de bon appétit, il a un plus grand vice : la portion qu'on en donne est insuffisante. Les commissaires envoyés pour la levée des deux cent cinquante mille quintaux nous ont promis d'être bientôt de retour avec leurs sacs pleins. Cette promesse nous soutient; mais on ne peut pas nous faire un crime de quelque mouvement d'impatience. »
Rapport de la commission du 14 primaire:.
Esprit public. — La faim, l'incertitude des subsistances prolongent les plaintes et les murmures. Cependant chaque jour amène l'instant où le peuple verra la réalisation des efforts du gouvernement ; un approvisionnement pour un long terme mettra fin à ces lamenta-
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lions, que la détresse seule peut tolérer. Il y a déjà la certitude du. prochain arrivage de ces provisions» et Tespérance adoucit beaucouip les reproches qu'on se permet encore. L*impatience agite toujours la. question des finances ; les diverses résolutions prises par le GonseV^ des Cinq-Cents sont l'objet de la critique et des conversations : «Qu^ est le résultat de ces comités généraux? La hausse de For, Taugmei^^ tation des marchandises, le discrédit journalier des assignats. Qui occasionné l'augmentation rapide du louis et des marchandises do le prix se régie sur la valeur de Tor ? La différence d'opinions émis dans les deux Conseils, et cet état dincertitude, sans apporter remède au mal, a même ôté Tespérance du mieux. » Voilà Fétat ()^ entretiens ; le résultat est qu'il était plus simple d'assujettir les a^s gnats à un timbre, d'ùter de la circulation les faux, un droit du q^k^ri (sic), d'imposer une taxe, une contribution qui reposerait avec jusUce et égalité sur les fortunes, qu'il s'ensuivrait que chacun payerait en proportion de ce qu'il possède ; par ce moyen, il sortirait de la circolation une moitié des assignats. II n'est pas difficile de voir que ces conversations sont basées sur la lecture des différents journaux qui impriment les divers projets ou les réûexions qu'on leur adresse. Toujours résulte-t-il de nos rapports que, nonobstant les murmures, l'esprit est plus tranquille ; que l'espérance renaît sur les approvisionnements; qu'à l'égard des finances^ on est en général disposé à faire tous les sacrifices pour améliorer les finances nationales, que rien ne coûtera au peuple, pourvu qu'il voie disparaître Tagiotage et diminuer les marchandises, de manière qu'il puisse se procurer le nécessaire; que la monnaie nationale soit au moins respectée ; qu'elle ne soit pas refusée par ceux-là même qui ont fait des fortunes prodigieuses avec des assignats. — Des conversations particulières nous instruisent aussi que le versements des contributions en nature se fait sans ordre ni précaution. A Meaux, on dit que le grain, qui s'apporte en abondance, est foulé par les ouvriers employés à cette recette, versé dans la boue, foulé aux pieds des hommes et des chevaux, qu'il est impossible qu'il ne s'en perde pas deux setiers par muid, ce qui est une perte irréparable. On se plaint du peu de surveillance et de soin apportés dans ces versements ; on craint que le gaspillage et le vol ne soient la suite de ce désordre. — On ne dit rien des affaires extérieures; on parle peu du transfèremenl à Baie delà fille de Louis XVI. Mais on est dans l'attente de grandes mesures qui doivent être prises par le Corps législatif et le Directoire, d'après le travail dont chacun des ministres s'occupe dans sa partie. On attend.
Spectacles. — L'air des Marseillais a été joué hier au théâtre de
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la République. Des murmures se sont élevés : les uns applaudissaient, les autres rappelaient les ordres qui Intimaient la défense de jouer les airs étrangers aux pièces. Les issues de l'orchestre de ce spectacle se peuplent de courtisanes ambulantes, qui ne peuvent plus aller au
cher Vaudeville
Marchés. — Ils étaient assez peu approvisionnés. Les pommes de (erre n'étaient aussi qu'en très petite quantité
HOUDEYER.
(Arch. nat., F * « III, Seine, 17.)
Rapport présenté au ministre de l'intérieur.
En humant le souffle de l'opinion publique, on croirait que le gouvernement est entre deux écueils^ et que c'est à qui des royalistes ou des terroristes l'emportera. Ces derniers^ la plupart déserteurs de leurs départements et unis aux mécontents de Paris, assiègent de toutes parts le Directoire, le taxent de chouannerie, cherchent dans les groupes à faire tourner contre lui les esprits^ aies dégoûter de la nouvelle Constitution, enfin à suggérer à la crédulité des sentiments bien opposés à ceux qu'elle a manifestés pour le nouvel ordre de choses. Pour appuyer ces observations, il suffira de donner la preuve suivante. Chez un traiteur, rue Honoré, une poignée d'étrangers, se disant tous proscrits dans leurs départements, attestaient sur leur conscience, en parlant de Lefîot, ex-conventionnel, que le Directoire exécutif était chotianné, et qu'on devait d'autant plus en être persuadé, qu'il avait refusé de nommer cet individu auprès des tribunaux de son département. Forestier était du nombre des interlocuteurs. Les royalistes, de leur côté, aussi surveillants^ aussi actifs, comme les précédents, déchirent le voile qui couvre leur arrièrepensée. Ils attaquent ouvertement le Directoire sur tous les points, Taecusent de n'étendre ses ailes protectrices que sur les buveurs de sang, courent partout annoncer la famine, et enfin de nos batailles gagnées font des batailles perdues. Il semblerait que ces deux partis font chacun de leur côté une armée pour s'entrechoquer, et savoir qui remportera la palme. Une autre objet, non moins remarquable, occupe encore Topinion publique : le nouveau tiers du Corps législatif, dit-elle, va bientôt être comprimé par une faction qui s'organise dans Tombre du mystère; toutes les mesures sont prises, et voici comment elles s'effectueront : on sèmera des défiances continuelles entre les conventionnels et les élus ; on les aigrira réciproquement ; dans les départements, on fera venir aux mains les partisans
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(le chaque côté; les passions s'allumeront ; on mettra en avant que, dans un moment aussi orageux, la nouvelle Constitution ne peut avoir lieu, parce qu*elle est Torigine de tous les maux; les soupçons les plus amers seront jetés sur tels ou tels membres des Cinq-Cents; les Anciens seront désignés comme ennemis des mesures salutaires prises par ceux-ci ; bref le peuple, dans le tumulte, dans la confusion se portera à des excès, et de ces excès naîtra un gouvernement pro- ^ visoire. — Les messieurs à cadenettes, amants passionnés du théâtre^ du Vaudeville, jappent de toutes leurs forces contre le Di^ectoi el contre mes-sieu, le minis de Vlnlé-eur^ parce qu'ils se sont avisés d< faire fermer le spectacle où ils jouissaient publiquement du plaisL ^ de contempler leurs rossinantes. Suivant ces messieurs, c'est a ^ dol, c'est une violation à la Constitution, c'est une horreur. Mais |/ n'en est pas ainsi du patriote^ du bon bourgeois tout franc, tout rond ; ils applaudissent à cette mesure, quoique tardive, et disent que le gouvernement ayant le droit de faire fermer le laboratoire d'un chimiste qui aurait ouvert un cours sur Tart de prépsirer les poisons, il peut bien barrer la porte de ce cloaque où les mœurs vont se corrompre.
Depuis quelque temps, on voit entrer la nuit beaucoup d'individus dans la rue Saint-Dominique, faubourg Germain, la deuxième porte cochère à gauche après la rue des Rosiers. H y a également des rassemblements la nuit, chez la nommée Vavrau, rue de Lille. D'après les renseignements, on croit que ce sont ou des émigrés ou des recruteurs pour la Vendée, qui fréquentent ces deux maisons.
Les murmures excités par la disette du pain, quoique les autres denrées soient inabordables, commencent à diminuer. Dans les quartiers où la distribution commence à se faire régulièrement, on a presque oublié les maux qu'on a soufferts. On s'attend toujours à une livre de pain pour le 15 de ce mois.
Société dite du Panthéon. — Elle tient toujours le même local. Elle a renoncé hier soir au projet qu'elle avait conçu de démonétiser les pièces d'or et d'argent à effigie royale, et s'est ensuite occupée des infractions multipliées qu'on fait journellement à la loi du 3 brumaire, qui exclut des places les parents des émigrés et des prêtres réfraclaires. Elle doit, en conséquence, présenter au Corps législatif une pétition individuelle et une adresse au peuple pour l'inviter à dénoncer au Directoire ces mêmes infractions. Suivant elle, c'est le seul moyen de faire cesser la disette et les nombreux assassinats commis sur les patriotes. Elle s'est aussi occupée des moyens de chasser de son sein les aristocrates et les mouchards.
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Café Chrétien. — Des ex- membres du Comité révolutionnaire de a section du Contrat- Social y promettaient hier soir le rétablissement Prochain du gouvernement maratiste et robespierriste ; ils provouaient leurs auditeurs au pillage et au massacre des nobles et des rélres. Dans ce café, on offre des places aux soi-disant patriotes M n'en ont pas. — Deux membres de Fex-Comité révolutionnaire de section du Temple prêchaient dans les groupes de la porte Saintirtin rinsurrection. — On répand dans les cafés un imprimé pour "vir à la défense de Cormalin*. Ce n'est autre chose que le traité, e Fauteur prétend avoir été conclu entre les représentants en ssion dans la Vendée et les Chouans, ratifié depuis par la Convenir , et dont un des articles prononce un oubli absolu du passé.
(Arch. nat., F » « III, Seine, 17.)
Ministère de l'intérieub. — Bulletin du 3» bureau.
Soi-disant fol. — Un coiffeur de femmes fut arrêté rue de la Froagerie, chez un marchand de vin, parce qu'il s'amusait à crier à e-téte : Vive le /7ot/Mais des connaisseurs {sic), qui survinrent heuusement, trouvèrent le moyen de prouver que le défaut de nourure avait occasionné ce genre de démence ; il fut relaxé. Dénonciation. — Le citoyen Colin, qui avait disparu depuis la jrnée du 13 vendémiaire, en ce qu'il était prévenu d'avoir fait ircher le bataillon de l'Indivisibilité contre la Convention, reparaît puis quelques jours. — Hier, un paysan, qui désirait convertir des ^ignats en écus, [voyant] sur le pavé de la place de la Bourse dix bces marquées au poinçon de la République, disait que, dans sa mmune, l'on ne voulait pas plus des écus républicains que des signats ; beaucoup de spectateurs écoutaient cet homme. Bruits s — L'on accuse les nouveaux députés au Corps législatif de nlention de culbuter le Directoire exécutif. La joie la plus expansé est sur les visages de ceux qu'on sait n'être pas attachés au nouau régime. Les nouvelles de nos défaites dans l'Allemagne, la prise "ochaine de Manheim, les retraites précipitées de Jourdan et de chegru, le délabrement de nos armées, la désorganisation de l'inrieur, leur fait prophétiser qu'avant un an les partisans de la Consulion seront bien sots, d'en voir pendre d'autres (sic). On dit que, 15 ou le 20, il doit y avoir un mouvement, que des lettres soi-
1. Sur Taffaire de Cormatin, dont il sera souvent question, voir le livre de . Henri "Welschinger, Aventures de guerre et d'amour du baron de Cot^matin, iris, 1894, in-12.