Tome II
[5 DÉCEMBRE 1795] DIRECTOIHl!: ËXÉCLTll^
disant venues de Lyon, annonçant que les compagnies de Jésus y foDi ^ de nouveaux progrès, doivent servir de prétexte à rinsurreclion.
Coup d'œil sur la tiiuaiion de Parit. — Un silence morne, une dé* tresse concentrée peinte sur toutes les figures; la haine la pins can/&térisée pour le gouvernement en général, développée dans toutes le« conversations; un même souhait pour qu*il y ait on prochain soul^^* vement; des tracasseries sourdes, où Tesprit de parti apprend méditer de nouvelles vengeances ; le nombre des mécontent» 8*ao mentant par tous les moyens possibles ; l'atonie du commerce, ne ^^^ soutenant que sur la ruine des assignats ; l'bonnéte et veiiiienx p^in de famille, fixant chaque jour la pièce de son ménage qu*il doj vendre pour suppléer aux appointements avec lesquels il ne peutpk\^j se procurer une demi-livre de pain; les denrées de toute e^^^^ augmentant de prix soixante fois par heure : voilà un faible apet^n de Paris.
(Arch. nat., F > « III. Seine, 11.)
Journaux.
Journal des Palriotps de 89 du 15 frimaire. — « On assure qii*hier, à h feriiiclore do la Bourse, un des brigands qui la fréquentent disait : « Bon, ff voilà le louis à 4,000, demain il sera à cinq, et leur sacrée République est f... •
Rapport de la commission du 15 frimaire.
Esprit public. — Sur la situation actuelle de Paris, sous le rapport des subsistances, du discrédit des assignats, de la cherté épouvantable des marchandises, on n*entend que ces mots: « Cela ne peut fd^ durer longtemps ; il est impossible que le gouvernement ignore qu' la majeure partie des habitants de Paris meurt de faim, tandis qu uv autre partie nage au sein de Tabondance que Tagiotage et le vol 1 procurent. » Le peuple n'ignore pas que jamais Paris n'a été p' rempli de marchandises de toutes espèces ; c'est cette connaissa qui l'irrite. A côté d'un réduit où le pauvre languit de froid ef misère, est un magasin qui rompt sous le poids des ballots, far chandelle, métaux, bois à brûler et à travailler, vin, cuirs, soûl
57 DIUECTOIUE EXÉCITIF [H décemuke iVJ"*]
ibols, pelles, rien ne manque, et avec une pièce de 3 livres on peut e procurer ce qu'il y a sept ou huit ans on n'aurait pas eu pour livres. Le louis est à 4,000 livres, et il ira plus haut, ou il descenra plus bas. Le marchand, ou pour mieux dire l'accapareur , ne >us donnerait pas pour 800 livres ce qu'il donnerait pour un petit u en argent. Et le numéraire est rare à Paris. Si Thomme qui était 5é autrefois nen a pas, à plus forte raison le pauvre en manque-t-il.
maudit argent manquant, tout manque, non pas par le fait, mais r la cupidité. Si dans une nuit, disait un jaseur de café, toutes les lisons de Paris tombaient dans les rues, le vin en ferait ûotter les ilériaux, et les pierres seraient ensevelies à dix pieds sous Tamas toutes les marchandises qu'elles recèlent. Un autre, évoquant les L¥ies de Robespierre, d'Hanriotet de la Commune de Paris, peignait Li* effrayante joie à laspect de tant de richesses que leurs visites rniciliaires leur procureraient. Dans toutes ces conversations, on pelle à grands cris la surveillance et la sévérité du gouvernement ;
négociants du jour en sont effrayés. — Nos rapports ne nous en- - tiennent que de la mauvaise foi des boulangers^ de la conni- ^ce qui subsiste entre eux et les commissaires qui les surveillent; ^Iques-uns nous présentent le peuple irrité de sa situation, prêt à livrer à tous les excès ; d^autres le voient armé de patience et res- Qlant le bien d'autrui, malgré son dénuement, fondant ses espé> Hces sur les efforts du gouvernement et résigné à souffrir encore,
jugeant pas le gouvernement insensible à ses maux. Quelques itres [rapports] nous rapportent les propos de malédictions profé- $ contre lui ; mais, en général, ces propos ne sont tenus que par la asse la plus grossière, et certes^ ce n'est pas la plus dangereuse, r elle cède souvent à l'espérance qu'on lui fait entrevoir d'un meilir sort. — Les finances, qui occupent les habitués des cafés, sont litées avec calme et sang-froid. On sent la difficulté qu'il y a à bien corder tous les intérêts, ceux de la République et ceux des citoyens, lis on est d'accord que tous fassent de grands sacrifices. — On rie des armées, on doute des succès des ennemis ; la malveillance 1 fait circuler avec audace. On s'étonne du silence du gouverne- 3nt, et on est aussi avide de savoir notre position du côté du Nord, e l'on est satisfait des victoires remportées au Midi. Du pain, et le uple satisfait redoublera de zèle pour le maintien de la République. i grands efforts [sont nécessaires] pour rétablir le crédit national, r déjà l'assignat est refusé à quinze lieues de Paris, et Ton est meicé de le voir refuser avant un mois dans cette commune. Tel est le isumé exact de nos rapports de ce jour.
[S DÉGEJIBHE 1703] UinKCTOIHIi EXKCIITIF
Spectacles. — Les rapports des ofticiers de paix nous annon-
cent que le Lycée des Arts otTre le inâme et scandaleux spectacle que celui qui a nécessité la clôture du Vaudeville
Hannocque-Guérin.
{Arch. nai., F ' ■ III, Seine, n.)
Extrait des h&pports particuliers.
Mœurs et opinions. — Les jeunes gens commencent & porter les cadeneltes nattées, — Le bruit court que, dans cinq ou six jours, Paris va être abondamment pourvu de pain. — Les paysans qai apportent des denrées & Paris, et qui s'étalent notamment & l'Abbaye, semblent s'être donné le mot ce matin pour ne recevoir les assignats qu'avec beaucoup de peine. Un d'eux a donné, pour 10 sols en gros aoU, une livre de beurre qu'il voulait faire payer 90 livres en assignats. Un boisseau de pommes de terre a été vendu pour 24 sols en monnaie blanche et SSO livres en assignats. Les acheteurs paraissaient être dans la plus grande consternation et se désolaient de ne pas avoir d'argent. Quelques mères de famille ont versé des larmes h l'aspect de ce brigandage ; elles disaient, en parlant de ces paysans : << Tous ces brigands ont gagné seuls à la Révolution, et ils sont les premiers & la mépriser; ils insultent môme à notre misère. » — Un particulier, nommé Jacques Paris, venant de Briouze, département de l'Orne, assurait qu'une grande partie de l'or et de l'argent acheté à la lîourse passait dans la Vendée, pour être vendu aux rebelles, dont le projet est d'élire un roi et de l'installera Rennes
Voie publique. — Les réverbères ont été allumés Tort tard dans les sections Brutus et du Mail, el ont été éteints de très bonne heure
RArrORT PRÉSENTÉ AU HUnSTBB DE L'
Suivant ce qu'ont dit plusieurs joueurs dans un chtt',M Ilenry-Lariviérc a perdu, il y a peu de jours, deux mille louis dan« une maison du Jardin-Égalité. — Le louîs s'est couché aujourd'hui i 4,400 livres. — Deux affiches, l'une du général Pcyroo, l'autre des liatriotes de 89, ont fixé alternativement les regards des lecteurs. La première, portant invitation à la jeunesse de rejoi '~" l'^draiwwix qu'elle a abandonnés, n'a pas été fort bien goAté( que Cl- n'était pas ainsi qu'il fallait faire r^ofau
469 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [5 décembre 1795]
mais bien les faire conduire par la gendarmerie. La seconde, faite par Lebois, sous le n*^ 2, a fait faire des réflexions tout à fait opposées ; les uns la regardaient comme un tissu de mensonges inventés par es terroristes pour ramener le règne de Robespierre ; les autres y ipplaudissaient en déclamant contre les nobles, les prêtres réfrac- ,aires, les accapareurs, etc. — La discussion qui a lieu depuis deux |Ours au Conseil des Cinq-Cents, sur le mode de compléter les tribunaux et de nommer à d'autres places judiciaires, fait craindre à beaucoup de personnes une scission funeste dans ce Conseil. On dit que, dans la discussion, il est facile d'apercevoir deux partis qui s'égaient, qui se flattent mutuellement pour mieux se frapper ensuite; on est bien aise que chaque membre ait sa place flxe, afin qu'il ne se forme pas deux côtés ennemis. — L'orchestre du théâtre de la République ayant joué Tair des Marseillais, beaucoup de militaires qui étaient au parterre ont applaudi, au grand étonnement des autres spectateurs, qui croyaient que le ministre de l'intérieur avait défendu de jouer aucun air qui ne tiendrait pas aux pièces ou aux ouvertures. — Malgré la garde qui veillait à la Halle, les accapareurs se sont emparés de tout ce qui s'y présentait. — Une femme allaitant son enfant et étant tombée d'inanition, le peuple a poussé des cris horribles contre le Directoire exécutif, qu'il taxait de vouloir le faire mourir de faim. — Les marchés des portes Saint-Denis et Saint- Martin ont été fort tranquilles; pas le moindre murmure. — Les agioteurs, conjointement avec les accapareurs, font courir le bruit que, sous huit jours, les assignats ne vaudront plus rien ; ce bruit ayant sans doute circulé, les marchandises ont haussé d'un quart, et les ouvriers ont promis que, dans quelques jours, si cela continuait, ils iraient eux-mêmes cerner la Bourse, et que là ils brûleraient tous les assignats qu'ils trouveraient sur les agioteurs qui la fréquentent ; ces ouvriers ne révent que visites domiciliaires et n'aspirent qu'au moment où ils pourront les faire réaliser. — On continue toujours de dire que, sous peu, Paris essuyera une forte secousse. — Le public est imbu [de l'idée] que des citoyens de Nantes sont venus exprès de celte commune pour dénoncer Rovère, Boissy d'Anglas et autres comme fondateurs de la guerre de la Vendée. — Les deux bouchers de la rue Caumartin vendent, de concert avec les commissaires distributeurs qui sont chez eux depuis quinze mois, la moitié de la viande que l'administration leur donne ; beaucoup de plaintes dans ce quartier. — Beaucoup d'étrangers abondent dans Paris ; - on en rencontre à chaque pas.
(Arch. nat, F * « IH, Seine, 17.'
[6 DKCEMBhE 1795] DIRECTOIUE EXECUTIF 470
Rapport de la commission du 16 frimaire.
Esprit public. — Nos rapports ne nous entretiennent d'aucuns faits particuliers ; ce sont toujours des plaintes et murmures sur la difficulté de vivre. La presque nullité des assignats, la hausse de Tor, le prix inaccessible des denrées, le refus dans les marchés par les marchands même des assignats, la rareté extrême du numéraire, qui n^existe que dans les mains de l'agioteur, voilà les seules causes de la tristesse. Cependant tous nos rapports ne nous font entrevoir aucun danger pour la tranquillité publique. Delà patience^ nulle envie de faire des mouvements qui retarderaient Taméliorationdu sort du peuple. Quelques mauvaises têtes, quelques langues indiscrètes et tout à la fois malveillantes sortent des bornes de Timpatience même, et irritent encore le peuple, qui se plaint, parce qu'il souffre. Mais il sait se tenir en garde contre les e£forts malveillants, et sa constante résignation, en faisant son éloge, le rend digne de tous les secours du gouvernement pour apporter quelque remède à ses maux. — Nos revers sur les bords du Rhin, la reprise de Manheim font l'objet de quelques conversations; on ajoute que Fennemi marche sur Landau, mais que les mesures qui sont prises rendent cette ville imprenable. On est désolé de ces nouvelles, excepté l'agioteur, qui annonce effrontément la dissolution du gouvernement, et qu*avant un mois le louis doit être à 10,000 livres, que l'assignat n'aura aucune espèce de valeur. De ces conversations naissent une foule de dialogues sur la situation des finances. On applaudit au rejet du projet de finances présenté par le Conseil des Cinq-Cents, comme étant impraticable, n'apportant pas (le remède à la situation critique de la République. Le malveillant y applaudit dans un autre sens et se regarde comme maître du champ de bataille pour continuer librement ses féroces et mortelles spéculations. — On désire, en attendant un plan bien établi de finances, la fermeture de la Bourse. 11 n'en résulte^ dit-on, aucun avantage pour le commerce, puisqu'il n'y en a plus, et si ce lieu de misère et de destruction n'existait plus, le marchand ou plutôt le vendeur de toute espèce, ne prendrait pas pour règle de son produit une base aussi abominable que celle qu'il trouve dans la fixation de l'or au
1 DIRECTOllŒ EXÉCUTIF [6 décembre 179b]
é de la cupidité des gens de la Bourse.. — Dans d'autres cafés, on : que Barére, Billaud et Collot sont à Paris, qu'ils ont même des îtecteurs dans le Corps législatif et dans le Directoire. Cependant, 'un de ces nouvellistes ne dit les avoir vus, et personne ne nomme protecteurs de ces ex-députés. Ces mêmes nouvellistes témoignent r surprise de voir prodiguer les places à des terroristes qui remsent les administrations. Dans un café voisin, ce ne sont point les •oristes qui sont employés par le gouvernement, ce sont des alistes. Et voilà justement comme on écrit r histoire! Que l'on :)ande à ces nouvellistes, qui n'ont pas de places, quelles sont les sources qui leur procurent la faculté de faire de grosses dépenses, parlant nouvelles, ils vous répondront : Le commerce. — Tout ns fait des vœux pour voir détruire cette race de sangsues et de npires. Voilà le résultat général de Topinion publique : c'est l'agioe seul, c'est la Bourse qui met obstacle à tous les efforts du gounement, et Ton attend avec impatience l'effet des mesures qu'il dite pour le bonheur général.
spectacles. — Les spectacles ont été pleins et tranquilles. Celui de République a été troublé par le jeu des airs Marseillais et Chant départ ; mais le spectacle, qui a commencé, a mis fin aux clairs
HOUDEYËR.
(Arch. nat, F»"» m, Seine, 17.)
Extrait des rapports particuuers.
iœurs et opinions. — Dans un groupe, à la Halle, des paysans ïient qu'à Bapaume et à Péronne, les habitants fusillaient des iats qui allaient rejoindre leurs drapeaux, que les volontaires, aulty-en-Artois, ne voulaient point crier Vive la République ! — classe marchande ne cesse d'insulter la République en discrédit les assignats, et ne voulant vendre même que pour de Fargent. ais-Egalité, un militaire invalide, nommé Cazade, courant toutes
galeries, arrachait toutes les affiches intitulées : Robert Lindet 3oissy d'Anglas sur les subsistances. Le public, très scandalisé sa conduite, disait qu'il était affreux qu'il n'y eût pas de police ir empêcher de pareils délits. Deux inspecteurs invitèrent ce itaire à leur dire les raisons qui le portaient à arracher ces affis et à insulter le public qui les lisait; il a été conduit chez le imissaire de police de la section de la Butte-des-MouHns, et
citoyens, témoins d(^ l'insulte qu'il avait faite aux inspecteurs L ceux qui l'entouraient, ont été entendus en déposition.
[Commerce. — Les livraisons 1res tardives dn pain dans certaines sectioDs excitent des murmures, surtout parmi ceux qui n'en ont pas en la veille. - Vol de pain par un jeune homme à cheveux nattés. — Les halles très tamultueuses; une seule voiture de pommes de terre. — Vote publiqw. — bs trous faits par les plombiers et les pavés jetés sur les côtés occasionnent des accidents continuels.]
(Arch. nat., F » « III, Seine, 17.)
Bulletin de police.
Bruits. — Tous les moyens d'avilir le Directoire sont employés par des hommes qui fondent tout leur espoir de bonheur sur ane contre-révolution prochaine. L'on répand parmi le peuple, relativement à la demande faite par le Directoire de vendre les bijoux appah tenant aux émigrés, qu'ils avaient mangé l'or et l'argent des églises, qu'ils vont maintenant manger les bijoux, non sans néanmoins conserver pour eux les pierres les plus précieuses, pour se faire faire des agrafes pour leurs manteaux. C'est ainsi que Ton dispose Tesprit public à voir d'une manière défavorable ceux qui devraient être investis de toute la confiance, et que, par cet astucieux moyen, Ton ridiculise jusqu'au bien qu'ils peuvent faire
(Arch. nat., F»"^ IIÎ, Seine, 17.'
CDXCIX
Rapport de la commission du 17 frimaire.
Esprit public. — Armées, assignats, prix fou des louis, cupidil insolente du marchand, impossibilité de se procurer des marchand dises sans numéraire, ou à force d'assignats; voilà le sujet des con^ versations, voilà le sujet du désordre et de la fermentation.
Armées. — On doute de nos revers dans le Nord; on ne croit pa^ fermement à la prise de Manheim; d'un autre côté, le bruit court qii^ Pichegru a été battu, et cependant on a annoncé que Jourdan vena^ de battre pleinement l'armée de Clerfayt; les esprits s'en sont r^ jouis. A l'égard des nouvelles désastreuses, elles partent de Bourse, et les Ëvangélistes de ce cloaque sont généralement \ilipedés; on ne croit pas à leurs nouvelles. D'ailleurs, si ignorant que s '
73 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [7 décembre ^95]
î peuple, quelle que soit la mauvaise foi de l'agioteur, il n'ignore as, ou il doit savoir que tout gouvernement républicain n'est jamais fort, si redoutable qu'au milieu de ses revers. Cette vérité devrait tre transcrite en gros caractères dans tous les lieux publics. Assignats, prix de l'or, — On ne peut concevoir que l'assignat soit vili et méprisé, et que cependant ce soit à qui en prendra, les entasera, ou, pour mieux dire, on connaît aisément que cette monnaie 'est avilie par ceux qui Tentassent dans leurs portefeuilles que pour e procurer plus facilement leurs sales jouissances. Ainsi un habitué e la Bourse vend un louis 5,000 livres; il dîne pour 1,000 livres, it dit hautement : « J'ai dîné pour 4 livres 10 sols; en vérité, c'est lélicieux, ces assignats; je n'aurais pas si bien dîné autrefois pour 2 livres. » Quel remède à ce désordre? I^es honnêtes gens n'en voient ju'un : fermer la Bourse. L'or ne sera plus le rudiment de l'égoïsme ît de la cupidité. A quoi sert cette Bourse? A stabiliser les règles du commerce; il n'y a plus de commerce, c'est de l'agiotage effrayant, a Bourse ne peut donc que stabiliser Tagiotage. Fermez donc la Bourse, et ne la rouvrez que lorsque le commerce renaîtra.
Marchands. — Que résultera-t-il de la clôture de la Bourse? Que Je narchand n'attendra pas cinq heures du soir pour vendre sa marhandise au cours. Hier, par exemple, ce qu'il vendait pour 4,000 lires, il Fa refusé le soir pour 5,000. Pourquoi cela? Quelle est la ause de ce renchérissement? La Bourse. 11 faut donc couper le mal lans sa racine. Le mal est dans l'établissement de la Bourse. On erme des spectacles, parce qu'ils sont le refuge du vice, et la Bourse, l'est-ce pas le refuge de toutes les immoralités? Il faut donc la fermer lussi ; il faut punir, arrêter impitoyablement les vendeurs d'or. Cette sévérité donnera le temps d'attendre de bons projets de finances, [/insolent agioteur ne dira pas, dans sa coupable joie, que les législateurs sont des imbéciles. Voilà les propos de tous ces faquins, dont la place est marquée sur les galères de Brest, et ne doit pas être au Louvre.
Pain et Comités de bienfaisance et civils. — On désire la prompte organisation des municipalités. Les Comités sont usés, leurs membres sont méprisés parle peuple; une nouvelle administration, fûtelle composée des mêmes individus des Comités, présentera de nouveaux devoirs; la Constitution, mise en activité dans ses plus petits détails, en imposera davantage. L'officier municipal sera plus respecté; il sera d'ailleurs surveillé par un commissaire du pouvoir exécutif. Le peuple ne se plaindra plus de la rudesse du boulanger et du boucher; on ne verra plus peut-être la même connivence entre le
[7 DÉCEMBRE 1793] DIRECTOIRE EXÉCUTIF *7t
municipal et le boulanger, comme elle exisle entre le commissaire et le boulanger; le peuple, qui a quelquefois raison de se plaindre, n'aura plus de motifs. — Toutes ces rétlexions sont puisées dans quelquesuns de nos rapports; le peuple désire des mesures fermée, intrépides et vigoureuses; quelles soient employées^ et nous croyons pouvoir afllrmer qu'il en résultera du bien ; le peuple en a besoin.
Spectacles. — Ceux du Lycée, des Variétés et du Vaudeville, fermés, excitent les applaudissements des amis des mœurs; mais un prompt règlement et sévèrement exécuté n'est pas mis en vigueur. Celui de la République sera bientôt déserté par les citoyens honnêtes et tranquilles et représentera à lui seul le tableau hideux du libertinage. Déjà il se compose de tous les libertins et libertines des environs. Ceux (lu boulevard exigent une surveillance rigide
[Surveillance. — ... La citoyenne Miltet, âgée de soixante- seize ans, demeurant rue de Charonne, a été trouvée morte. Le procès-verbal constate que le décès a été occasionné par la misère et le besoin. Des événcmcnis de même nature ont eu lieu depuis «(uelquc temps au faubourg Antoine.]
HOUDGYEH <. (Arch. nat., F" III, Seine, H.)
Extrait des rapports paiitiguuers.
Mœurs et opinions. — ' ... Dans dilTércnls groupes au faubourg Antoine, on disait que l'on avait détruit les rois, les nobles et les aristocrates, mais que les députés, les fermiers et les marchands les remplaçaient présentement; qu'ils faisaient des fortunes immenses aux dépens du peuple qu'ils font mourir de faim et de misère, mais que cela ne durera pas longtemps ; que si l'on n'adoucissait pas son sort, il (le peuple) se lèverait en masse et que, décidé à mourir, U confondrait tout
... On parle d'un nouveau 13 veudOmiaire, el on lui donne pour motif l'insolence des amis de la royauté cl de leurs journalistes. — Les citoyens honnêtes sont contents de la fermeture du Uié&tre d Vaudeville et désirent celle des Variétés, du Palaîs-E
Lycée. (Ils sont fermés ce soir.)
Uou|»g {Arch. nat., F ' = III, Seine, 17.)