y a une autre expédition, signée IlaniiocqiM
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«5 DIHECTOIHE EXÉCUÏIf [7 décembre 1793]
Rapports présentés au ministre de l'intëbieur.
I. — L'opinion demande qu'on réduise les assignais, non pas aulrentième de leur valeur, comme le propose Ifi Directoire — car, dit-elle, trois ou quatre grains d'émétiqtie peuvent purger et guérir un malade, mais trente grains le tueraient; — mais qu'on les réduise au cinquième au ou sixif'me tout au plus. Cette mei^ure, sanctionnée d'avance par le sentiment du public, qui laisserait une suflisante quantité d'assignats pour la circulation et les dépenses de TKtat, donnerait du crédit à ce qui resterait du papier, de manière que, loin de perdre, chaque citoyen gagnerait sur ce qu'il en possède. Elle désire eu outre que, tant que la guerre durera, l'impât Toncier soit payé en nature, et suivant les diverses productions que donne le sol imposé. Klle demande que l'on Tusse main basse sur toutes les commissions possibles, et que les fournitures soient désormais conliées à des compagnies de négociants probes et expérimentés. Plus de régie désormais, car le gouvernement, dit-on, n'est jamais approvisionneur ou marchand, sans désorganiser le commerce, ruiner le peuple et dessécher le trésor public. Elle demande qu'on oblige le cultivateur, ou par raison ou par autorité, & fournir à la circulation les denrées qu'il a cueillies, et à se contenter d'un pris raisonnable, formé d'après la proportion combinée de la quantité des denrées et de celle de la monnaie en circulation, et à ne pas exiger en numéraire le double de ce qu'on en donnait jadis, quand la denrée était plus rare et le signe métallique beaucoup plus abondant; qu'on ne souffre pas surtout qu'il M ralentisse dans le paiement de l'impôt en nature; qu'on ne se contente pas de menacer les accapareurs et les agioteurs, qui, au mépris des décrets et des ordonnances donnés contre eux, montrent plus d'audace et d'opinîAtreté que jamais, entassent les denrées et Ie« marchandises qu'ils ne vendent point, et tripotent perpétuellement Bttrles métaux; qu'on Ht des recherches pour découvrir les ma- F'gasins des receleurs qui commercent sans être marchands; qu'on t-eaislt et qu'on punit enlin celle foule d'escrocs déguenillés qui, ■malgré les défenses, infectent le Jardin-Egalllé el les environs, où Vils provoquent tou« le» passants à leur vendre ou à leur acheter de Cl'argent; la propreté dans les rues couvertes de boue, ou encombrées r, d'échoppes ou de malériaux ; la silrcté dans les lieux publics et dans ries maisons, qut ne son! fê» h l'abri des entreprises des voleurs, l'opiniui voadr|jlinil^f*IIEI dtUiiicUou aucune, le gouvemeci'iïiprimAl iJ'ld^B^^fMH^M'XKIPa chert-hp à troubler
(7 DÉCEMBRE 1795] DIRECTOIRE EXÉCUTrF *7«
l'ordre, et qu'il ni fermer ces sociétés naissantes, où l'esprit de parti sème de nouveau la diEsension et vient organiser la discorde et l'anarchie.
II.— ^Un mol lâché par Cochon au Conseil îles Anciens, dans la séance du 12, a sur-le-champ fait doubler le prix des denrées et marchandises de première nécessité '. Les Journaux ont fait dire à ce représentant que chaque sac de farine que le gouvernement fait distribuer k Paris revient à 1S,000 livres; que, comme il en fait distribuer 1,400 par jour, c'est une dépense pour ce seul objet de 546 millions par mois. Le sac de blé, qui se vendait de trois à quatre mille livres, a donc monté ft 7 el 8,000 livres, et les citoyens des départements se demandent avec étonnement par quels motifs Paris leur coûte 546 millions par mois pour le pain seulement, tandis qu'ils jeûnent, qu'ils paient l'impôt en nature sur des jachères qui ne rapportent point, qu'ils ont payé une contribution patriotique, un emprunt forcé, et de plus, que Paris le dixième de cet emprunt, dont le rAle n'est pas encore fait et probablement ne le sera Jamais dans cette grande ville '. Cet isolement de Paris, & qui tous les bienfaits de la République sont exclusivement réservés, fait le plus mauvais effet sur l'esprit public. 11 résulte encore de cette phrase de Cochon un nouveau discrédit des assignats; car, si la réunion de toutes les contributions de la République sufTit è. peine pour fournir pendant un mois du pain aux citadins de Paris, il est clair que, pour cet article seul, ils consomment douze fuis le montant de ces impositions; or les armées, égales au moins en nombre d'hommes & la population de Paris, ayant une ration de pain double de celle du Parisien, on en conclut qu'elles doivent dépenser vingt-quatre fois le montant des mêmes contributions, de sorte que, pour le pain seul, tout le revenu de l'État ne suffit tout au plus qu'au 36* de la dépense. Dana cet état de choses, le retour de l'ordre et du bonheur devient une rhimère pour la génération présente ; la coniiancc se perd, le désespoir prend sa place, le découragemeriL kI le dégoût sont & leur comble. Il n'y a point de petite imprudi^ncc, lorsqu'on traite en public des objets de finances. C'en est une grande de la part du cttoyea Cochon, à qui lus mauvais plaisants donnent le quohbet de Cicéron au Verrh de son temps. On dit dans le monde : « De même que Verres verrebal Siciliam, de même le Verrin de nos jours verril (Salliam. » — La dénonciation entamée par des Marseillais contre trois rcDrésentanls .
1. Voir la aéancc du contcil dea Andeiu ta Itw, réimpression, t. XXVI, p. 6B7.