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Rapport du bureau central du 21 frimaire.
Esprit public. — Si les distributions de pain étaient plus régulières, peu plus abondantes, il ne serait plus question des murmures du jple. Déjà il est content de voir la qualité moins mauvaise. Ses iversations sur Temprunt forcé laissent voir toute sa joie et les gérances qu*il conçoit de Tamélioration de son sort. En vain des llvidus veulent dans les cafés, jeter du blâme, même du ridicule, - cet emprunt : l'esprit public est bien prononcé en sa faveur^ et les iréciateurs de cette mesure ne peuvent ébranler Topinion, qui est idement formée. On s'entretient des moyens pour Texécution de perception. La seule inquiétude naît de Tincertitude où Ton est il soit justement réparti, de la crainte que le capitaliste, Fbomme i a toute sa fortune soit en marchandises, sans avoir de magasins mus, ou celui qui a converti son papier en or, ne soient pas atteints ;oureusement par cet emprunt. C'est à la vigilance du Directoire e Ton s'en rapporte et au compte qu'il se fera rendre par les parlements des mesures qu'ils auront prises et dont on désire la blicité. La voix publique sera entendue du Directoire, et il pourra ;tifier toutes les erreurs ou aplanir les inégalités de la taxe qui ra lieu. On s'attend à voir le louis descendre à la somme de 2,400
Spectacles, — Tranquillité parfaite dans tous les spectacles, quoi-
'il y ait eu beaucoup de monde La sévérité à l'égard du
udeville et de deux autres spectacles qui sont fermés n'a pas été ructueuse. Cependant ils finissent tard; il serait à désirer qu'ils isassent de meilleure heure, surtout dans cette saison
Honnocque-Guérin, Cousin.
(Arch. nat., F » « III, Seine, 17.)
Rapports présentés au ministre de l'intérieur.
I. — CaféChrètien, — L'affluence hier soir y était très grande. Lannais y a été traité comme le premier scélérat; on affirmait qu'il ait dit à la citoyenne Colombel que, si une heureuse réaction arri«-
vait, on exterminerait tous les coquins qui se sont joints aux troupe^ le 13 vendémiaire. Suivant ce que disent les habitués de ce café, i^^ parait qu'il y a dans le Conseil des Cinq-Cents un parti qui veut écraser ^ celui des 250, et que la Montagne veut dominer sur tout; ils espèrent ^^ que, sous trois mois, ce projet se réalisera. On a improuvé la dé- ^^
marche de la Convention, qui fit imprimer dans le temps le discours de Robespierre, prononcé le 8 thermidor, comme tendant à déshonorer la mémoire d'un homme qu'on sera bientôt forcé de reconnaître pour le vrai fondateur de la République. Le nommé Pierron, de la section de TOuest, qui avant le 9 thermidor ne se nourrissait que de sang, est un des orateurs de ce café. Nous savons, disaient plusieurs membres, que la police nous fait surveiller, mais nous ne craignons rien, parce que les espions qu'on nous envoie sont de notre parti. — Autre rassemblement chez Chambellan, restaurateur, rue du Carrousel.
Société dite du Panthéon. — Dans la séance du 18, on est convenu de seconder par tous les moyens possibles l'exécution de la loi sur les ,
jeunes gens de la première réquisition et les militaires, et d'adresser ^
à cet effet aux autorités constituées les renseignements que chaque ^
membre pourrait communiquer. Un membre a lu un long discours ^
sur la situation actuelle de la France, la cause de ses maux et les ^^ remèdes à y apporter; mais, l'assemblée étant peu nombreuse, on n*a pu entamer aucune discussion.
Emprunt forcé, — On ne parle dans tous les lieux publics que de cet emprunt; il satisfait tout le monde, excepté cependant les agioteurs, que la baisse subite du louis a effarouchés. Cet emprunt, dit-on,^. ^^ si le gouvernement ne mollit pas, va non seulement dérouter le^a? ^g projets des nations belligérantes, mais porter dans leur sein et ls3i& Ja discorde et la scission.
On ne regrette du premier plan, que le Conseil des Deux Cent Cin-.«::wnquante a rejeté, que ce qui concernait les pensionnaires et les ren jts entiers, au secours desquels il avait pourvu. On désire toujours U K la fermeture de la Bourse; on ne cesse de la demander; le peuple me^» -«menace de s'y porter pour disperser les agioteurs.
Agioteurs, — Ils prétendent que le louis sous peu montera à 6,00Od300 livres; un agent de change a perdu avant-hier 1,500,000 livres suLP-^^sur mille louis, qu'il avait achetés 5,050 livres. — Le général Rozière?^^*e5, demeurant cul-de-sac Saint-Dominique, porte Saint-Jacques, est uel^ un de ceux qui jouent le plus à la hausse.
Etrangers, — Depuis qu'il est question d'emprunt, il en arrive c:^ àe tous les départements. Comme ils ne paient à Paris aucune impos
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lion, ou du moins une très légère, leur intention est de déclarer à la municipalité où leurs biens se trouvent situés qu'ayant acquis domicile à Paris, ils y ont été taxés, et que, lorsque dans cette commune oii voudra les imposer, ils déclareront qu'ils l'ont été dans le lieu où ils ont leurs biens.
Jîaisons de jeu, — Un particulier arrivant de Brest a perdu avant- ^i^r, dans celle de la citoyenne Robinot, tout ce qu'il avait apporté, ^^lle maison est plus remplie que toutes les autres de chevaliers ^^" industrie. Avant-hier un nommé Saint-Amour, joueur de profes- ■^n,»a gagné chez Bossard des sommes immenses en numéraire, oyer, capitaine ou colonel de cavalerie, a perdu chez ce même ^ssard une somme très forte, tant en assignats qu'en or. (En arge : /aire surveiller,)
Pain, — Les plaintes sur la distribution sont moins nombreuses ue de coutume; on est assez généralement content de la qualité. On reçu avec une joie inexprimable la double ration qui a été délivrée ^ans quelques sections. On demande la livre.
Spectacles. — Ces mots : Le vice triomphe et la vertu est persécutée, ont été vivement applaudis au théâtre Italien, où les Adonis se ^oni jetés. Les acteurs du Vaudeville disent qu'on a exprès expliqué sur l'affiche qu'on jouerait par ordre le Chant du Départ, pour ne point dégoûter les habitués.
II. — [Evénement particulier, — Un garçon limonadier, Dion, insulté par une femme, par le commissaire distributeur de pain et par le boulanger, pour s'èlrc servi du terme de citoyen^ a déposé une plainte au bureau de la police générale de Paris. « C'est depuis qu'on s'appelle citoyen, disait celte femme, qu'on ne donne pas de pain et qu'on pàtit. »]
Inscription, — On a vu ce matin, à la porte d'un épicier, rue de Lappe, faubourg Antoine, cette inscription écrite en gros caractères avec du blanc : Vive le roi! Plusieurs personnes qui en faisaient lecture tenaient à*ce sujet des propos de différents genres. L'agent qui rapporte ce fait ajoute qu'il a effacé ces mots, ce qui lui a attiré des mjures : « Vous étiez heureux autrefois, lui a-t-on dit; vous ne manquiez pas de pain comme à présent. » On prétend que pareilles ins- <*riptions ont été lues à divers endroits.
[Police des rues, — On se plaint de la malpropreté des rues.]
(Arch. nat., F«<= III, Seine, 17.)
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Journaux.
Gazolte française du 21 frimaire : « Un arnHé de la police rapplle Iw défenses de construire de nouvelles échoppes sur les quais, les ponts et dans les rues de cette grande commune. On parle de faire disparaître pour toujours ces hideuses constructions, qui donnent à l'une des plus belles villes de l'Earope l'air d'une méchante foire de village. »