‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 87 sur 141 · Nous n'avons pas pu identiûer ce nom de lieu · texte numérisé non relu

Nous n'avons pas pu identiûer ce nom de lieu

2. Voir la séance de la Convention du 17 frimaire, dans le Moniteur^ réimpression, t. XXVI, p. 666.

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loi du 3 brumaire. Marseille, Grenoble et toutes les grandes communes en feront autant; ainsi ceux qui sont dans les Conseils et qoi pensent comme nous se trouveront À leur aise : soutenus par notre parti, ils triompheront, et les Jacobins reprendront leur premier empire. Louvet et Tallien ont perdu leur confiance.

Café Chrétien. — Le renchérissement des denrées faisait hier soir les délices des sociétaires ; ils espéraient qu'il amènerait un mouvement. Selon ce qu*ils disaient et ce qu'ils comptent apprendre «u peuple, on a donné 50,000 livres à chacun des guichetiers du Luxembourg pour les forcer de désavouer la conspiration qui avait été ourdie dans cette prison, afin que ceux qui Pavaient supposée fussent | condamnés; que ces mêmes moyens avaient été employés le 9tbe^ midor^auprès de vingt membres de la Commune qui engagèrent leurs collègues à prendre des arrêtés liberticides à Teffet de forcer la Convention à mettre Robespierre et consorts hors la loi. Vadier fréquente beaucoup ce café. Le secrétaire de Barras y va aussi souvent.

Café des Bains^Chinois. — Les habitués de cet endroit soutiennent que, si la Constitution existe longtemps comme elle est, les patriotes seront bientôt mis à mort, et qu'elle naquit du cerveau des royalistes les plus forcenés, qui ont cherché à se venger de la journée du 34 mai.

Esprit public. — La réception de Merlin (de Thionville) à la Société du Panthéon, et que quelques journaux ont annoncée, a fait une singulière sensation et a fait dire que le Directoire accordait une protection illimitée aux Jacobins. — Des employés supprimés, saisissant cette occasion, ont cherché à persuader que ses bureaux n'étaient composés que de voleurs et d'assassins. — En général, on a regardé comme supposée la lettre du Comité de salut public insérée dans le placard de Cormatin. Le soir, on le cherchait encore au coin des rues, mais en beaucoup d'endroits il avait été arraché. — Le peuple est plus calme, depuis que la distribution du pain se fait plus régulièrement et que sa qualité est meilleure; il espère qu'on en augmentera bientôt la quantité, et qu1l recevra à peu près ce qui est nécessaire à sa subsistance. — Le bruit courant au Jardin-Égalité qu'on allait bientôt faire marcher la deuxième réquisition, on s'est écrié qu*on ne marcherait pas, quelque chose que fît le gouvernement.

Maisons de jeu, — L'hôtel d'Angleterre est continuellement rempli de jeunes gens de la première réquisition, qui y perdent beaucoup d'argent. Chapuis, travailleur de cartes, est un des principaux suppôts de cette maison : hier soir, après avoir gagné beaucoup d'or et d'assignats à Cabasson, bijoutier du Jardin- Égalité, et qui était ivre,

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il voulait encore le forcer de jouer. Chez Descarrières, au Jardin- Égalité, Bauju, qui, au 10 août, était un des plus chauds partisans de la couronne, a perdu beaucoup de fonds.

Agioteurs. — Ce matin, il y a eu, parmi ces vampires, une espèce de mouvement; quoique non patentés, ils voulaient entrer dans la Bourse ; ils se sont donné le mot pour se réunir au Jardin-Ëgalité et au marché des Innocents. Plusieurs <)nt de fausses patentes. Ils prétendent que toutes les mesures répressives ne servent qu'à faire monter le prix de For et de Targent.

Spectacles, — L'affluence était considérable au Vaudeville, parce lu'on y donnait une pièce nouvelle : VEcoledes Mères ^ ; cette pièce, Lssez mince, n'a rien ofTert qui pût donner occasion à Tesprit public le se manifester; quelques maximes de bonne morale ont cependant ïlé applaudies. — La scène ajoutée à Arlequin afficheur, pour inviter es habitants à ne plus faire d'allusions et à se conduire décemment, i été applaudie du parterre et très peu des baignoires qui, ordinai- -ement, étaient des cabinets de débauche ; [elles] étaient fort tran- {uilles. Dans les entr'actes, l'emprunt forcé a été mis sur le tapis, et 'on pensait qu'il resterait sans effet, si le gouvernement ne mettait ms la terreur à Tordre du jour, et s'il n'envoyait pas des troupes ians les campagnes.

Employés. — Des employés des bureaux de la marine, hier soir, dans un café, ont lancé mille épigrammes plus mordantes les unes que les autres contre le Directoire exécutif, parce qu'il avait exigé que chacun d^eux envoyât quelques lignes de son écriture. A les entendre, ils paraissaient avoir pris les armes le 13 vendémiaire contre là Convention.

Marchés. — Depuis deux jours, les denrées y ont singulièrement augmenté ; les habitants des campagnes y exigent impérativement du numéraire. Le louis est à 4,000 livres *.

(Arch. nat., F ' « m^ Seine, 17.)

1. On trouvera une analyse de ce vaudeville de Desfontaines dans le Moniteur^ réimpression, t. XXVII, p. 35.

S. Il y a un double de ce rapport, sons date, dans F^, 3840.

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