‹ Paris pendant la révolutionChapitre 2 sur 46 · II, 4U » II, M · texte numérisé non relu

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le chant d'un couplet où Geneviève était traitée, sans aoenn égard pour les principes républicains, de « eomte«se de grande noblesse une bonne partie de l'auditoire prit la fuite, « comme insulté d*une expres-

« sion impropre ' » .

Le même jour, le 16 Juin, Dutard, passant aux Halles, vit dans l'une des petites rues transversales, « celle où Von vend les pommes de terre », un prêtre qui portait le viatique à « un pauvre homme ». Six hommes armés, « bons Sans-culottes et tout-à-fait de « la dernière classe », lui rendirent ' les honneurs militaires : ils raccompagnèrent jusqu'à la porte et firent sentinelle devant la porte, pour raccompagner encore quand il sortirait. « Tout le monde, de très loin, « écrit Dutard, s'est prosterné à genoux ; je me suis <c agenouillé comme les autres. Ces pauvres gens, « malgré la philosophie et l'intrigue, maintiendront « leur bon Dieu et leur liberté * ».

Que Tafmée des rebelles de la Vendée se soit intitulée non seulement armée rojale, mais aussi armée catholique * et qu'on y ait célébré la messe au moins le dimanche et les jours do fête cela va de

> Le tf^Tte (]n rapport de police porte simplement : « lui ont c fait lei> iunnieui ii ». J'ai cru rendre plus clairement la pensée de Dutard. M. Schmidt : « Qaben ihm das EhrcDgeleit w. (Le trad.)

s II, 63.

M. Schmidt : « ohmtliehe ■*. Ce n*Mt pu tout à (kit ««aet«

{Le trad.) » II. 82.

dO PARIS PBNDAIfT LA R^TOtVTlOH.

soi. Mais les fanatiques persécuteurs du culte catholique parent constater à leur confusion que dans la capitale elle-même le peaple, à Toccasion, défendait avec le même fanatisme que dans les départements son Tieux culte et ses usages. Au mois de Juin, la Section de la Croix Rouge cassa un adjndant pour avoir osé parler contre la procession de Saint-Sulpice. Et voici ce qu'écrivait, en Juillet, Tapent Durasse : « Dans un « villu{,'e aux portes de I*ari.s, à Nan terre, le fanatisme u et la superstition sont encore si grands que, pour « obtenir promptement la fin de la guerre, on a comblé « la Vierge de présents ; elle est chargée de rubans « tricolores pour plus de douse cents livres * ».

On comprend que des observateurs attentifs, français ou étrangers, aient pu prophétiser que ces nouveautés ne dureraient pas. Parmi ces prophètes, je .sij^nale à Paris un nègre d'une rare intelligence qui habitait la Section de 1792. Un mciduiit relatif au jeûne donna lieu à ses pronostics. Entre toutes les prescriptions de rÉglisc catholique, le jeûne avait été de bonne heure assez peu goûté et bien souvent négligé. Aussi sa suppression révolutionnaire ne fit-elle aucune difficulté, surtout à Paris. Dutard a expliqué le fait très simplement : « Les Parisiens, dit-il, sont très carnassiers ». Or,cn Juin 1793,1e prix de la viande s'éleva, comme nous Tavons vu, d'une manière inquiétante : elle manqua de plus en plus. On songea alors, au sein de la Convention et en dehors d'elle, pour arrêter cette marche de la

cherté, à proscrire un carême u politique » ou « civique ». Ce projet, bien qu'il impliquât un retoar à un usage religieux, ue fut pas bien accueilli par la population parisienne et même fut hautement désapprouvé par elle. Dutard nous en a donné la raison. Quant au nègre de la Section de 1792 qui ne voyait en ceci qu'une chose, le jeûne prêché de nouveau par les novateurs eux-mêmes, il vaticina en ces termes : « Vous verrez qu'avant peu ils seront forcés aussi de «( prier le peuple pour le faire aller à la messe * ».

Avant peu / A ce « peu • du nègre, il faut ^jouter quelque chose, il faut ajouter un long espace de temps : il faut laisser la Révolution religieuse et politique atteindre ses conséquences extrêmes.

* U, SI, 87 et soIt.

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