MU
MU, 4t.
plutôt par riDBufflsance de oe qui avait été fait pour le rétablissement du culte : on u*aTait su prendre que des demi-mesures.
Suivant qu*on se plaçait à Tun ou à Vautre point de
vue, toutes les mesures auxquelles s'arrêtait le gouvernement dans sa inarclie lourde et indécise, étaient ou louées ou blâmées. Le 24 Janvier 1790, il fit arrêter, maison de Sirilly, vieille rue du Temple, quelques prêtres opiniâtrement indociles, qui avaient refusé autrefois le serment ou l'avaient i*étracté. G*est là, disaient les uns, « une mesure sage, tendant à détruire « le fanatisme et à couper racine aux anciennes « guerres de religion » . « Le culte étant permis, « observaient les autres, chacun est libre de s'attacher Cl à tels prêtres qu'il veut et la persécution suscitée « contre eux n'est autre chose qu'une résurrection du « sjstéme de terreur * ». Il est évident que, d'après les lois de TÉtat les prêtres insermentés n'avaient pas le droit d'exercer le ministère. L'opinion publique ne se rallia pas moins à cette seconde manière de voir et l'arrestation de ces prêtres ainsi que la fermeture de plusieurs oratoires ordonnée en même temps, excita, au témoignage de la police, beaucoup de murmures ^
t III, 70.
s Allusion aux décrets des 27 Mai et 2ù Août 1792 ; des MO Vendémiaire au U ; maii l'art. 854 dé la ConsliUttioa de Van III Mt ▼•nu, au point de vue juridique, ohanger U tiuiaiion ei rien ne me parait mmat évident que rafBrmatiott de nou^
auteur. {Le Und,) s UI, 74.
Ni à Paris, ni dans le reste de la France, la
population ne prenait une part bien active aux fêtes répu))1icaines. Elles ctaiont, s'il ont possible, plus délais.seeb à la campa^rnc que dans les villes. Les fêtes de village des temps pajens s'étaient, sous un masijue chrétien, conservées à côté des fêtes chrétiennes ; mais les fêtes républicaines furent rejetées dès le début par les campagnards et ne parvinrent pas à se jbire accepter ; les chants et les discours patriotiques, les festins et les jeux, ne purent s^acclimater et obtenir chez eux droit de cité Même la fnte do la Victoire qui, à la suiie des succe.s remportés eu Italie, fut célébrée au mois de Mai comme fête de la Reconnaissance, n*attira, par exemple à Chantilly, pas un homme et notamment pas un paysan On célébrait, au contraire, avec un zèle croissant, les fêtes de rËglise ; on avait fêté notamment, en Janvier, le vieux jour de l'an et les « Rois » *.
Et, précisément, plus le gouvernement avait à cœur de faire accepter le nouveau calendrier, plust il s'attaquait à la liberté des cultes, plus le peuple s'attachait au vieux calendrier, n'en voulant reconnaître aucun autre, plus les églises étaient fréquentées, plus les dimanches étaient observés. Ce qui n*empéche pas, bien entendu, que beaucoup de paresseux aient pu s'accorder deux jours de repos au liou d'un, le décadi et le dimanche * . Voici ce que nous lisons à propos du
1 Monteil, XVIII» siècle, 1, 90.
« Frankreich im Jahr i7W, II, 151.
« Mareier, V, 7. Tableaux, lil, 56.
00 PARIS PimDAtfT LA REVOLUTION.
dimanche dans U s rapports de police : « 27 Mars : — Ce « matin un concours nombreux inondait les églises » ; « 3 AttU : — Hier les églises ont été bien remplies ; les « promeaades, les danses des Gbamps-Élysées» tont « annonçait nn dimanche complet ' ». Mais, dans le mdme temps, les dénonciations oflicielles se multipliaient contre les prêtres sitnreillés de très près. La police mande à la date du 4 Avril : a Certaines « prédictions fanatiques ont été dénoncées au Bureau « central, qui fera son possible pour les déjouer. K On y a remarqué les maximes : Sam religion « jK>tft^ de gouvernement ; Hort de tÉglise pùmt a de taku ; Le brm de tÉiemel êappetantùn contn ceux a gui mt profané ki tamtê ttn^lei^ etc. ». La police mande encore, le 11 : « Les oratoires particuliers se « multiplient d*une manière contraire à la loi; le « Bureau central a écrit aux municipalités pour avoir u la liste de ces oratoires. Mais il observe qu'il il y a peu « de moyens do répression, la police de sûreté étant « confiée aux juges de paix ' ». Le même jour, une loi interdit Tusage des cloches et de toute autre espèce de convocation publique pour rexercice d*un culte* Cette mesure ne contribua pas peu à augmenter Tirritation, les démonstrations hostiles et les infractions à la loi. Aussi lisons^nous encore une fois dans un rapport du 3 Mai : « Les prêtres qui professent le « culte catholique ne sont pas moius dangereux pour
I TabUOMXt m, 186, 144.
t ni, 144, Ifil»
FABI8 mmjon la BÈvoLmw* 61
« Ift tranquillité ; leurs débats, lenrs distfnetions de
« réfractaires et do constitutionnels, les dégoûta « qu'éprouvent ceux qui ont prêté serment, leur « empire sur les esprii^^ faibles, peuvent altérer la « morale publique S ». Â la date du 16, nous lisons ce qui suit : « Les églises étaient hier remplies de dévots, 41 mais les oratoires parUcnliers contiennent pins de a fervents ; l*offlee a été célébré aTeo pompe etmagni- « ilcenee. Dans les oratoires on a chanté un Te Deum^ « comme action de grâces des victoires remportées « par les armées de la République. Le prêtre qui a « fait le prône à Bonne-Nouvello a rocoramandé aux « prières des âdéles : le pape comme chef de l'Eglise, M nos législateurs, les autorités constituées et les « défenseurs de la patrie ». Bnân on mande, le 18 ; « n existait hier un rassemblement considérable dans « lin oratoire particulier, anciennement dit le couTent 9 de Sainte-Marie, rue Antoine \ les prêtres desser- « vant cet oratoire ont étc arrcLcs ;ui nombre de huit, « par ordre du Bureau central, comme contrevenant « à Tart. 16 de la loi du 7 Vendémiaire, qui limite à « dix le nombre des citoyens qui peuvent être reçus « dans un oratoire particulier * ».
Au reste, les prêtres ne s*-empressaient pas tous de reconquérir les positions perdues. Beaucoup d'entre eux, même parmi ceux qui avaient occupé de hautes positions, se désintéressaient de tout et se retiraient dans un coin tranquille ou dans une position civile
< m, 177, 196, 199 et saiv. V«m justes dans Edaiend de Prsss«nsé, Vislkt et le JIApoMm fiûnçaite, p. 886. (£e frntf.)
62 PARIS l'KNûANT LA REVOLUTION.
très modeste. Dans l'été de lîî>6, l'ex-évêque de Vienne était emplojré 4 la bibiiottièque de T Arsenal ; révéqne d'Orléans, pourvu jadis d*un re veau de 200,000 à 300,000 livres, demandait, à la même date, une place de sons-bibliothécaire à Tlnstitut \
L'intervention énergique delà police que je signalais à riiiistaiit i)r(jduisit un tel effet qu'on n'osa plus dans les oratoires privés dépasser les limites très étroites imposées par la loi, bien (^ue le nombre des églises rouvertes fût tout à fait insuffisant. Depuis lors, en Juin et en Juillet, les n^ports de police répètent régulièrement : dans les oratoires et dans les églises il ne se passe rien de contraire aux lois, à la sûreté et au bon ordre
On avait pour le moment un but : endiguer le enlte catholique et tenir les prêtres sous le frein ; ce but sembla à peu jjrés atteint.
Mais il y avait une autre pensée que j'ai signalée plus haut : on voulait déshabituer de TÉglise la génération nouvelle, celle qui fréquentait les écoles privées ou les écoles publiques. Nous verrons, en nous occupant de renseignement, coounent on y travailla pas à pas. Qu'en ce moment une observation nous suffise : rinstruction publique , au commencement du Directoire , était très négligée et tendait ainsi « par l'ignorance à livrer la génération future au « fanatisme et aux préjugés » ; ce sont les propres
« frankrekh Im Jakt lH», III. 84.
« TabieoMx, Ifi, S48, 257, 208.
expressions dont se sert le pouvoir * ; aussi ce pouvoir, en réorganisant Tinstruction, se préoccupa-tpil très particulièrement de préserver la jeunesse de tout contact avec la vieille religion, d*empêchcr parla force
toute immixtion de la religion dans renseignement.
On avait enfin une dernière pensée ; on voulait susciter au catholicisme une concurrence redoutable : ceci appelle notre attention.