LE CARNAVAL ÉLECTORAL
Le jour de la défaite n'est pas le plus dur, il appartient aux morts. L'horrible jour, c'est le lendemain ; il appartient aux bêtes de proie.
Les morts sont couchés dans la pourpre du sang et dans la majesté du silence, entourés des douleurs sacrées. Sur eux coulent les larmes de la famille et de la patrie. La famille est fière, la patrie n'est point humiliée. Leurs larmes sont un baume qui conservera ces cada^Tes augustes, une rosée qui fécondera ces semences bénies. Dieu verse la vigueur de l'espérance dans la plaie des expiations acceptées. Semblable à la fumée de l'encens, le parfum du sacrifice monte vers le ciel; la vertu de l'expiation dissout le poids du péché ; les cœurs déchirés se remplissent de ce même arôme d'immortalité qui descend au fond des blessures mortelles. Entre les vivants et les morts s'échange un serment sublime de se communiquer la grande vie , de se garder la grande gloire , de renaître et de durer par l'âme consolée de la patrie. Une auréole se forme des vapeurs du noble sang militaire, elle éclaire l'avenir d'un rayon de victoire, et le champ de bataille exhale les odeurs saines du pressoir et de la moisson.