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MO PARIS l'EJNDAMT LE SIÈGE.
Mais lo lendemain , voilà le poids et rhorreur de répreuve, le poids et Thorreur de la mort ! Voilà le jour du corbeau, du chacal et du ver qui se portent héritiers. Voletant, rôdant, rampant, ils accourent de partout à la curée impie. Ils viennent, accompagnés de ceux qui dépouillent les morts, pleureurs, consolateurs, parasites de funérailles, insulteurs aussi, particulièrement lorsqu'ils louent. Chiens et bétes hideuses et mendiants effrontés, à présent vous savez le chemin du combat et vous avez coouitt l'heure du festin !
lis commencent le pillage saorilége, ils se disputent eette proie sainte, maintenant avilie. Tout à rheore, elle était la chair du sacrifice : ils l'ont toucliée, et elle se décompose au contact de leur dent. morte, 6 nos fils, nos neveux et nos frères, 6 force et fleur et honneur de la patrie, n'étes-veus tombéft que po«ir repaître ces hoides et engraisser cette vermine l
Hier lÉglise empruntait diverses paroles de Ûftvid vaincu et pénitent : a Les angoisses de la mort m'ont « environné , les douleurs de la mort m'ont investi. a — Du fond de l'abîme, j'ai crié vers vous, Sei- « gneur; écoutez la voix do ma prière. Si vous exi- « gez un compte sévère de nos iniquités, qui pourra « subsister devant vous? — Je suis humilié profon- (t dément. Seigneur. Rendez-moi la vie selon votre « promesse : aidez-moi, et je serai sauvé. » Hélaa! reconnaissons-nous.
Nos murs sont abandonnés, l'ennemi habile sur les fosses de nos morts, la famine dévore nos enfants dans les berceaux, et Paris baise la main de l'étranger
ijui lui envoie du pain : Circumdedemnt me ffemitus mortis^ dolores inferni circumdederimi me! Mais ce n'est rien encore. Ce Paris qui reçoit Taumône de Londres, et qui apprend que ses vainqueurs rappellent au respect de la liberté les dictateurs auxquels il a livré la France et s'est livré lui-même (1); ce Paris, rongé de faim, noyé de boue, flagellé de dévfaites, se livre au carnaval électoral comme au temps insolent de ses prospérités. Il voit avec le même amusement morne s'étaler par les rues la mascarade électorale tpuj ours la même: Humiliatus sitmusqueqtiaquel Non, l'humiliation d'être foulé, piétiné, absolument livré au bon plaisir de la multitude cynique et ira^bécile ; le supplice atroce de se sentir mort sur la fange et ridicule dans la mort, ne saurait être plus formidable que ne le goûte en ce moment le Français condamné à lire les affiches électorales de Paris.! Qui veut connaître le poids de ce rouleau de la honte, plus lourd que la machine à broyer le macadam; qui veut être broyé dans son intelligence, dans sa fierté, dans son espérance dernière de voir relever la patrie; qui veut comprendre comment le caillou à charger la fronde peut devenir poussière, et cette poussière, pâte dure et stérile, uniquement bonne à faciliter le ya-et-vient des omnibus, qu'il lise ces affiches : il Terra ee que la meule unitaire a fait de nous, et combieii toute hauteur, et itojxt caractère d'âme, de cœur et d'esprvt ont déjà disparu.
(i) U^. dé49îsmark venait d'écrire officiellement à Gambetta pour hA èigomdre dener pas jgéner la Hberté des élections. *
Nous restons quelques-uns qui rêvons encore de faire une France patricienne, un pays qui produirait des hommes, des libertés, des originalités. Nous sommes loin de compte! Et ils parlent tant euxmêmes de l'indépendance de la pensée ! L'indépendance, ils croient peut-être l'obtenir; mais la pensée, ils ne l'ont pas, et rien de ce qu'ils font voir n'en offre une trace quelconque. Ils portent tous l'effigie ou plutôt le stigmate du même lieu commun, ils mettent tous le même empressement à s'aplatir sous le rouleau et à laisser passer l'omnibus.
Tous se proclament républicains, principalement ceux qui savent le moins déguiser qu'ils ne le sont pas : aucun ne laisse supposer qu'il se soit formé une conception praticable de la République. Les plus sincères ont pris une couleur, ils n'ont pu s'élever à un principe. Presque tous se proclament républicains parce que le suffrage universel semble l'être, ou se laisse persuader qu'il l'est, sans se soucier le moins du monde d'en connaître les conditions et surtout les devoirs. Que leur importe! Ils flattent ce maître qui fait le député.
lisse réunissent par bandes; ils font des piquenique où chacun apporte sa médaille effacée et la jette dans le sac commun, sans y regarder et sans qu'on y regarde. Ils se mettent ensemble, bleu, rouge et blanc, pour attraper où ils pourront les suffrages bleus, rouges et blancs, et former ainsi leur pâte où roulera l'omnibus. Et la pâte deviendra aussi dure et aussi stérile que les consciences qui l'ont formée, fieau et ferme piédestal de la République ! Mais gare
la pluie! Un jour de pluie, et l'omnibus s'embourbera; l'idole s'enfoncera dans la boue.
Que dire^ et n'est-ce pas pour désespérer ? Bans ces fricassées, il y a aussi des catholiques. Des catholiques s'offrent à porter l'idole ! Et ce sont les mêmes qui applaudissaient notre malheureux Montalembert, quand sa passion maladive le réduisait à déclamer contre « l'idole du Vatican? » Avec M. Quinet, avec M. Hugo et avec je ne sais quoi et je ne sais qui, ils veulent bien porter l'idole République, fabriquée de je ne sais quoi, par je ne sais qui. On est tenté de se demander comment Dieu même saurait s*y prendre pour faire quelque chose de ce peuple.
Mais l'Eglise demeure, elle prie, et Dieu garde la vie aux ossements de ceux qui ont voulu mourir pour la justice et pour la vérité. Cette chair est la proie de la mort. Elle périra, elle sera dissoute, et la vie renaîtra des ossements des fidèles et des martyrs, parce qu'ayant invoqué la justice divine, la vie est restée en eux.
9 février.