ASSASSINAT DE DEUX GÉNÉRAUX
Deux généraux massacrés, deux prisonniers de guerre ! Les Prussiens ne l'eussent point fait !
Le malheureux Clément Thomas était entré dans la vie politique comme soldat insurgé. Sous-officier, il avait fait tourner une partie du régiment où il servait. Le procès qui s'ensuivit le mit en lumière. Il fut amnistié sans repentir, plutôt en vertu du droit de trahison que par miséricorde. Son parti lui donna dans le National le médiocre emploi que comportait sa capacité intellectuelle ; la révolution de Février lui distribua une place de député, puis le prit, faute
de mieux ou faute de pire, pour général en chef de la garde nationale. Il disparut vingt ans et ressuscita le 4 septembre, avec cette vieille bande, aussi incapable qu^elle. Le plus innocent de tous, il est aujourd'hui assassiné par des révoltés non moins ineptes, mais ornés du progrès où les a pu pousser un quart de siècle rempli de prédications sauvages. Il ne leur avait fait aucun mal, il ne pouvait ni ne voulait leur en faire aucun, il avait des cheveux blancs ; mais il était devenu un modéré et il protestait contre l'efiFusion du sang ; ils l'ont tué, ils ont outragé son cadavre.
Encore pouvaient-ils le dire des leurs, et se prétendre quelque droit sur lui.
Mais le général Lecomte ne leur appartenait point. C'était un loyal soldat, il leur faisait une loyale guerre. Us l'ont barbarement massacré. Ainsi fut, il y a vingt-deux ans, massacré le général Bréa. Cela ne se voit plus que chez les cannibales, et encore !
Ceux qui ne veulent pas qu'on dise que c'est là le peuple de la civilisation ; ceux qui ont vu les assassins de la Villette devenir chefs de la garde nationale parisienne ; ceux qui ont vu l'assassinat du commandant Arnaud à Lyon, l'assassinat de M. de Tolra à Perpignan, l'assassinat, dernièrement, de ce malheureux agent de police , en plein jour, à Paris ; ceux qui voient l'Espagne, l'Italie et la France depuis un an, que veulent-ils que Ton dise? D'ailleurs n'y a-t-il pas des apologies publiques pour tous ces crimes?
Des spéculateurs, éditeurs d'oeuvres de sang, nous font lire sur tous les murs l'annonce d'une brochure