‹ Paris pendant les deux siéges (volume 2)Chapitre 43 sur 77 · ÉLECTIONS POUR LA COMMUNE · texte numérisé non relu

ÉLECTIONS POUR LA COMMUNE

L'insurrection épanouit ses proclamations dans le Journal officiel^ où elle est install ée, et ses chefs s'y font connaître mieux que par leurs noms. Ce sont de pauvres gens ! Ils ont bien monté et bien exécuté leur coup, l'on ne '^saurait leur refuser cette justice. Ils

ont habilement mis la main sur toutes les clefs, hardiment ouvert toutes les portes. Mais, cela fait, ils sont à court, et tout leur bagage se compose de phrases qui ont déjà servi. Ils répètent fidèlement ce que le noble gouvernement qui arrive a coutume de dire contre l'infâme gouvernement qui s'en va.

Le gouvernement qui s'en va a été lâche, absurde, traître, même usurpateur. Il a tout perdu. Le souffle du peuple Ta fait disparaître, etc., etc. Mais voici des hommes nouveaux, suscités par la patrie : ils sont la moelle du peuple, intelligents, purs, justes, etc., etc. Ils vont ramener l'ordre, la liberté, le travail, l'abondance; ils vont fonder enfin la République, etc., etc. De vingt ans en vingt ans, cela peut produire quelque petit effet. Louis-Philippe l'a dit, Lamartine l'a dit, Bonaparte l'a dit, Jules Favre Ta dit avec Crémieux et Bizoin et les autres du 4 septembre. Mais au bout de six mois, c'est trop vite copier ce programme qui a manqué sur trop de points importants. La foi se refuse. Il fallait trouver autre chose. Ici cette belle conspiration trahit son défaut. Les conspirateurs peuvent avoir 'quelque chose dans la main, ils n'ont rien dans la tête. C'est inquiétant.

C'est inquiétant pour nous, parce que, n'ayant rien dans la tête, ils sont forcés de se servir de ce qulls ont dans la main ; et c'est inquiétant pour eux, parce que ce qu'ils ont dans la main ne saurait durer longtemps. Ils ne peuvent tous les jours, ou parmégarde, ou par un mouvement de vivacité légitime, faire ou laisser massacrer qu elques citoyens. Encore que l'assassinat de Clément Thomas et du général

278 "s^vs pENDimiP HM ^fCMMrna.

Lecomte leur paraisse juste'eti sof, la U^^m éoiBi il» énparieiït laisse defviiier'que fe^fe vk^westgê^ nantè. Les mulheureiut ctmmit^titeflt par l^ernserim.^ SâCôrer sous lears yetix âéut homme» <fe cœur, et, pour s'excuser, ils diienf efoïil^ Vont ignoré I Mais comment se tîreTit-afeitet«W'<*Acci€teni'>^qa'ilsptétendbnt n'avoir pu' empédieit? Pisr imie amnistie ! Schinderhannes mettait plu^ â^<mtm' 4aiis s» troopie.

A là vérité', ils invoqué&t hhb misoii« ils diseiil qu'ils ne sont pas un gout^memefiti C'est teur «été original, outre la manière dont ils sont e&ti^éiS' ëa seène. La garde nationale, qcdles a, selon^tut) îasli*^ tués pour nous remette' en' po^ession' de « m» droits, 9 ne les a pas msti&iés p««ir Caire fégner* la justice.

Et à présent, ills veulent bien s'en aller. La nécessité seule lés retient aux affairesî Mais s'ils yeufont bien s'en aller, ils' veulent bien aussi rester. Us mmis^ invitent aux élections ; ils demandent un sacre à ce Paris qu'ils ont délivré. Nous n'avons qu'a» les a^ clamer.

En vérité, c'est le comble* de l^pftpertinence; Et de quel droit nous appellent-ils aux élections?' Est-K^ que « la garde nationale )^ de Paris, comme ils disent, les a aussi chargés de dissoudre l'Assemblée nationale, ou d'élever demain q^lqu'un contre elle? Est-ce que Paris constitue un peuple à part qui doit n'obéir qu'à eux, et par eux- se'seumettre la France ; et doivent-ils encore accomplir ce memdat sous peine de mort (par mégarde) contre ceux qui se refuseraient d& les seconder?

poivrons ètrs' fombés «s»eB bâs pdut 1m stt* bjbr tfMiques î^opi». Leor obéir serait toul à la^feis eft tM^lèdhdiat tri»^bête. A«ycuQ boflEUBe^ct'hôimearn» ' vaudra se î rendit» à «lelte éleetûm. Qu'ils fessent To* péralicMl en &iniUe« Qu-ile reçoîv^etit adi vote» ks bsl» ktma éerits du sâft^ iés Ciémeot Thomas et de Lecomte, et si le scrutin n'es* pas asser lourd, qu'ils jr a^oaleni leur plomb! Le citoy^a qui tombera poiu* arnaftieer, ne fiil-<ce qu:e d'une heure, le mo«ieat pi?ochain où ils dwront rendre ^empte, aura bien em^ ployé sBiy'm.

€'esttouti& fo réponse que méritent lêuf« inyîla*« tions ^ leuri» nienafees; '

211 mars.

l'écroulement.

Pour dire où nous en sommes, nous n'en savons rien, mais ce n'est point bo(n« Le gouvernement régulier est pitoyable. Il a laissé Pso^is sans défense sous la main de Belleville, c'est-à-dire sous la main^ de cent ou cent cinquante mille hommes de grafnd appétit. Il y a une école qui reproche à Bazaine d'avoir trop longtemps défendu Metz. M. Thiers et ses ministres ne mériteront pas ce reproche-là ! Sans prendre une précaution, sans laisser un ordre.

tout est parti, tout s'est sauvé non pas à l'aspect de Tennemi, mais à son odeur, et c'est une question de savoir si Versailles leur paraît assez loin. Ils ont, entre autres choses, oublié quinze batteriesjde canons. Sedan fait mode; tout le monde veut avoir le sien.

On se demande comment Belleville se sauvera à son tour. Il se sauvera néanmoins. Mais quand?

En attendant, le gouvernemejit laisse la conduite aux députés et maires de Paris, qui se sauvent. On le voit à leurs affiches, de plus en plus plates.

La garde nationale conservatrice, qui ne manque ni de bras ni d'hommes, semble disposée à se sauver. Elle laisse occuper ses mairies, déposer ses officiers, enlever ses armes. Un seul arrondissement refusenettement de se laisser envahir. C'est le deuxième. S'il pouvait donner un peu d'énergie aux autres, ce serait fini, et l'on délivrerait les chefc de l'insurrection eux-mêmes, qui commencent à n'être plus maîtres de leurs hommes. Ils se plaignent de la fâcheuse introduction de repris de justice dans ces rangs mal gardés. Esprit de Sedan, lèpre fâcheuse de la belle civilisation moderne, maladie funeste à la c( reprise des affaires ! d

On nous avait pourtant si bieA élevés, et nous étions un peuple si brillant dans la fabrication du vaudeville, de la caricature, des armes, des lois, du roman-feuilleton, si brillant en tout !

Et Paris est une forêt de Bondy. Liberté^ Fraternité^ Égalité!

Cependant il ne faudrait qu'un homme, tout le monde en convient; mais tout le monde convient

aussi que cet homme ne se trouve pas. Ce n'est pas même M. Assi. Bien plus, M. Assi et ses collègues, comme M. Thiers et ses collègues^ comme la Chambre issue du suffi*age universel, respectable d'ailleurs, sont la preuve trop évidente que cet homme n'existe pas.

Si au moins nous étions humbles^ Dieu pourrait avoir pitié de nous.

Mais nous sommes au contraire très-fiers, et nous ne cessons pas de dire que Tannée prochaine, l'année d'après ou plus tard, nous prendrons notre revanche de la Prusse !

Etieu, Dieu de nos pères, devenu si terrible à leur race dégénérée, rendez-nous humbles, mais ne permettez pas que nous descendions dans cette abjection où l'on s'accoutume et d'où l'on ne sort pas. Suscitez-nous un homme, et qu'au moins nous ne péfissions point tout à fait sans honneur !

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