LETTRE DW CITOYEN CADET
22 décembre.
Citoyen Veuillot,
J'arrive du champ de bataôdleyet' on me eommunique votre article me concernant, •
Ma réponse est bien simple. Si mon arrêté eût obtenu vos éloges, citoyen Yeuillot, je me serais demandé si je n'avais pas pris une décision insensée, immorale, injuste et déloyale.
Mais, du moment qu'elle mérite votre désapprobation, periftettez-moi de vous dire, citoyen Veuillot, que ma conscience est tranquille^ persuadé que je suis dans la bonne voie, c'està-^dire dans la justice,, l'honnêteté et la moralité.
Passons maintenant à vos insinuations.
Dans un entrefilet comme vous savez les faire, vous dites :
« On assure que le directeur général des ambulances du « XI* arrondissement touche 500 francs par mois. »
TANT QU'A mes appointements, vous saïu'ez pour votre gouverne, citoyen Veuillot, que mes fonctions sont gratuites, et puisque vous me forcez à parler de moi, voici ce que j'ai fait dans l'intérêt des ambulances.
Espèces » 420 fr. »
Notes de médicaments, payées 420 fr. 80 c.
Boîte d'amputation, etc., achetée chez Charrière 170 fr. »
Total 710 fr. 80 c.
Agréez, citoyen Veuillot, mes remerciements,
Cadet,
di ecteur général des ambulances.
Citoyen Cadet^
Sortir d'une bataille et combattre à Tinstant !
Un nommé Sanche,. roi de certaines Espagues, parlait ainsi à un nommé Rodrigue, surnommé le Cicf,' chef de bataillon d'un arrondissement de ces qu<artiors-là» Seulement, c'était un 106*' bataillon, et c,e Cid était un jésuite. Mais dans votre genre , vous le Talez bien. Quoique votre adversaire, je saiue en vous le Cid des ambulanciers.
J'apprends avec plaisir , citoyen Cadet , que vous vous êtes fendu de sept cent dix francs et quatrevingts centimes au profit de vos ambulances. Jésus- Christ n'a donné que son sang pour le salut des âmes que vous cherchez à lui prendre. M. Mottu doit trouver que vous faites mieux les choses. Non moins généreux que vous, il saura vous faire rentrer dans VOS' frais.
S'il faut avoir dépensé de l'argent pour lïiérlter l'honneur de vous parler, sachez, citoyen Cadet, que la guerre et la République m'ont ^ à ma connaissance actuelle, coûté cent cinquante ou deux cent mille francs, et que }e dépeiusef environ cinq cents francs par jouF afin de ne poiati liceûcietr mon atelier. Je néglige les centimes^
Et vous arrivez du champ de bataille I Voilà qui est merveilleux, et bien fiiaiteur pou? le champ de bataille. Le fr^e ignorant in qui s'y est fait tuer ne serait pas capable d'en dire*autant.
Mottu mettra là une colonne aux frais du XP arrondissement :
Ici SE FIT VOIR MON CADET.
De l'autre côté il évidera la colonne et il y collera des prospectus de son dictionnaire Larousse, pour rentrer dans les frais de l'arrondissement.
TANT QU'A moi, citoyen Cadet, je ne reviens pas du champ de bataille, mais je me porte bien, tout comme vous, Dieu merci.
Et TANT QU'A votre lettre, je la publie avec un vrai plaisir, citoyen Cadet.
A votre service.
24 décembre.