‹ Paris pendant les deux siéges (volume 2)Chapitre 59 sur 77 · PREMIÈRFS NOUVELLES DES MASSACRES · texte numérisé non relu

PREMIÈRFS NOUVELLES DES MASSACRES

On nous apporte une horrible nouvelle. Les gens lo la (?.ommune ont fusillé les pères dominicains du

tiers-ordre, qu'ils tenaient en prison au couvent de la Santé. Ces martyrs étaient, nous dit-on, au nombre de dix, et à leur têt^ le R. P. Captier, directeur du collège Albert le Grand.

Durant le siège et jusqu'au moment de son incarcération, le R. P. Captier et tous ses frères s'étaient prodigués pour la cause publique. Ils avaient donné leur maison, leurs soins, le peu qu'ils possédaient. Du même cœur, nous en sommes sûrs, et avec une joie plus haute, ils ont offert leur sang.

La mort du R. P. Captier serait une grande perte pour l'ordre de Saint-Dominique, si elle n'était une plus grande gloire pour celte illustre famille religieuse et pour toute TÉglise. Le P. Captier, jeune encore, éminent en science et en vertu, aimable, doux, sévère, plein d'ascendant, chéri de ceux qu'il conduisait, pouvait rendre longtemps de grands services. Mais l'homme qui meurt dans la grâce de Dieu, pour la gloire de Dieu, à cause de Dieu, a fait ce qu'il avait à faire. Ceux qu'il laisse ne manqueront de rien. Dieu est là, Pro patribus tuis nati sunt tibi filii: constitues eos principes super omnemterram.

La Commune donc expire fidèle à elle-même, comme elle a commencé. Elle a commencé en assassinant des généraux, elle finit en assassinant des prêtres. L'instinct diabolique a bien guidé sa main. Elle a planté son poignard là où la Révolution intelligente<*avait le plus jeté ses taches d'encre. Mais là aussi sont les sources du noble sang qui nous lavera. Les soldats et les prêtres, unis par le sacrifice, sauveront la France.

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2J7 mai.

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