‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 100 sur 150 · PRODROMES DE LA TERREUR · texte numérisé non relu

PRODROMES DE LA TERREUR

Bordeaux , 6 mars.

Paris est-il on partie au pouvoir de l'émeute ? Lr Journal officiel de Paris le fait craindre, les gens bien informés de Bordeaux l'affirment, le Moniteur universel dit non, le Bulletin officiel inclus dans te moniteur ne dit rien. Or, c'est le Bulletin officiel qui est le vrai lieu de la vraie vérité.

Et voilà comme Ton voit clair sous le gouvernement de la lumière !

Il est d'ailleurs trop certain que Paris n'est pas en paix. Vingt ou trente voyous amoncelés dans an coin, suivant une ancienne comparaison de M. Dngo. comme des mouches dans l'angle sali d'un mur, sont à peu près libres d'assassiner le passant qui leur déplaît. Ils noient un sergent de ville, ils fouettent une femme, ils démolissent une maison. Tel est leur bon plaisir, ils se le passent. La foule on en prend sa part, ou en prend son parti. Contredire ne serait point prudent.

En réalité, pour le moment, c'est la dernière canaille qui règne sur la capitale de la civilisation.

Trois fléaux suffisent à peindre les temps horribles : la guerre, la famine et la peste. Il y en a un

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quatrième qui, à lui seul, les vaut tous les trois et qui est plus injurieux pour ceux qui le subissent; car il témoigne de la bassesse des âmes descendues au dernier degré de l'avilissement : c'est la terreur. Elle livre une ville, un peuple entier au caprice d'un petit nombre d'ignobles gredins, eux-mêmes lâches.

Avec cent cinquante ou deux cents sicaires, Carrier tenait la ville de Nantes. 11 insultait, il volait, il égorgeait, il outrageait les femmes. On ne bougeait pas. On le laissait faire. Lebon n'avait pas tant à Arras. Robespierre, proportion gardée, n'avait pas davantage à Paris.

La Reine fut promenée à travers les rues, meurtrie d'insultes infâmes; et il ne se trouva pas un homme, pas un ! pour se faire du moins écraser sous les roues de la charrette et protester qu'il restait encore un ca*ur français. Non, il n'y en eut pas un! Déshonneur immortel d'un peuple, d'une époque et d'une civilisation.

Tel est l'immonde phénomène de la terreur. Quelques années plus tard, quand Dieu permit que la France revint un peu à elle-même, quelques jeunes gens armés de bâtons firent rentrer dans les égouts les brigands qui avaient égorgé leurs pères. Le bâton dispersa ces coupe-têtes et ces coupe-bourses.

Or, la terreur plane aujourd'hui sur Paris et sur la France, et ceux qui n'osent pas l'avouer en sont déjà atteints. Ils courent à Paris, les uns se précipitant, les autres entraînés, sans le vouloir, sans savoir ce qu'ils feront, tremblants, fascinés comme l'oiseau par le reptile.

PARIS PLNDAXT Lk SI Eu t.

..ae de foi, un acte de volonté pourraient

t.c le charme. Us le savent et ils ne le feront

.. Juand on n a point de foi, la raison se démontre

. . vuu l'évidence : la volonté est anéantie, la terreur

mporte et dissout jusqu'à l'instinct naturel du

uUl.

l'auvre M. Thiers, qui pensiez en avoir fi li eu t uusigeant avec le Prussien pour cinq milliards et ieux provinces! Vous avez maintenant en présence uu ennemi qui veut tout et qui ne transigera pas.

Ce n'est pas tout d'avoir écrit l'histoire de la Révolution, il faut connaître la Révolution.

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