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Versailles, 27 mars.
StANCL Lit LASSLUULÉJt. M. TU 1 EUS, CAAJUKCR ET
SrtaïUTÉ DE SA SltfOAÏiON.
On a vu reparaître la proposition de if. Louis
Blanc et de ses collègues rouges réclamant «!e> éloges pour les maires qui ont pris sur eux de sauver Paris, la République et la France, en faisant célébrer les élections schismatiques d'hier. Cette proposition semblait engouffrée dans le carton de la commission d'initiative parlementaire, mais il a paru préférable que le carton la revomit, afin qu'elle fût frappée d'un refus de prise en considération, ce qui est l'enterrement positif.
Mais avant de laisser passera ce vote, M. Thiers a voulu remplir son rôle de temporisateur et de neutre qui le condamne à tant d'ambiguïtés. M. Thiers se souvient toujours qu'un souverain n'a point de parti. Comme l'empereur Napoléon en Algérie se déclarait l'empereur des musulmans et des juifs aussi bien que des chrétiens, M. Thiers veut être l'exécutif des républicains comme des monarchistes; il les porte également dans son cœur. Sauf pour ses concurrents de l'antique place de Grève, il a été doux et gracieux pour tout le monde. Monarchistes et républicains lui semblent charmants, il reconnaît tous les droits, il honore toutes les vertus, il atteste tous les bons désirs. Il semble pencher pour la République, mais il n'entend pas disperser les partisans de la monarchie; et bien tin qui dirait s il est lui-même républicain ou monarchiste. Peut-être if est-il ni l'un ni l'autre, peut-être est-il l'un et l'autre ; mais ce qui parait ne pas faire le moindre doute dans son esprit, c'est que républicains et monarchistes, ne pouvant se tirer d'ail aire que par lui, doivent s'en remettre à lui. Il n'en a pas persuadé tout le inonde.
lia ajouté qu'encore que la situation fût grave, rien n'était en péril, vu les bonnes mesures qu'il a prises, et cola non plus n'a pas paru certain. Mais que répondreet que faire? Comme disent les députés, on est bien embarrassé! Par diverses raisons, qui peut-être ne sont pas toutes solides, ni loyales, ni tirées du fond de dévouement le plus pur, on craint de mettre le feu aux poudres, et on laisse lentement (d'une lenteur relative) brûler tant de mèches allumées de tous côtés !
Après l'habile discours de M. Tbiers, — habile, puisque personne ne s'est trouvé en état de contredire, — M. de Lasteyrie a dit quelques mots graves et impuissants, mais capables au moins de soulager les consciences qui croient devoir se résigner aux mesures de temporisation. 11 a fait entre voir la grande part de l'esprit de discipline dans la patience avec laquelle la majorité supporte les excès de l'insurrection , et en mémo temps il a marqué qu'elle entend laisser à qui de droit la responsabilité de n'avoir pas agi. Cette protestation voilée a été trèssentie.
On adresse beaucoup de reproches à la majorité de l'Assemblée. Nous n'avons pas à nous prononcer sur l'équité de ce mécontentement général qui frappe nécessairement tous les pouvoirs en des temps ai lâches et par là même si troublés. 11 est certain néanmoins que l'Assemblée a un grand défaut, et Use compose de toutes les qualités qui ont valu à M. Tbiers une si grande et si stérile situation. L'Assemblée correspond à tout parce qu'elle ne s'attache
PMIft TOIDANT ÎA COMMUNE. *2f5
Quant à la proposition de M. Louis Blanc, ette « été enterrée après ces menus exercice». H «est vraisemblable que, si elle avait été prise en considération samedi dernier, d'urgence, comme i avait réclamée son auteur, le résultat du vote de dimanche eût été autre, et que M. Louis Blanc lui-mémo serait sorti du scrutin a vee la même pompe qu'on Ta vu émerger do l'urne du 8 février dernier, en tête partout ; et alors, ce trognon de plume, qui s'est vanté un jour d'avoir fait contre la société le serment d'Aimibal, serait aujourd'hui dictateur.
Tel était le but de la manœuvre. Il Ta manqué, mais il y reviendra, c* rien ne prouve encore qu'il le manquera toujours. Qu'importe que la main soit débile et même tremblante si le vent porte le trait? Or, quoi qu'en dise M. Thiersf les principes sort fort compromis ; la pauvre société n'a point de cuirasse •et son cœur est bien .à découvert.
Versailles, 13 avril.
L*ARGUKETTr DU BOULET.
iNous avons l'honneur de nous rencontrer, sous les drapeaux du * grand parti de l'ordre, » avec quantité d'anciens adversaires -qui sont, nous le craignons, des adversaires futurs. La plupart font office de généraux réguliers ; nous ne tenons rang que do franc-
désagréable pour attirer leur attention sur cette pensée, et ils nous renvoyaient bien loin, souvent sans aucune aménité. Voilà pourtant, hélas ! que la chose arrive, comme nous l'annoncions.
Ce boulet de Versailles qui frappe sur Paris, et ce boulet de Paris qui ne laisse pas de frapper aussi sur Versailles, crevant ici et là tant de caisses, si ce n'est pas la première pierre tombée du Vatican qui commence à rouler, nous demandons ce que c'est?
Nous invitons tout spécialement le Journal des Débats à nous le dire, sitôt qu'il aura remonté son affût, momentanément retiré de l'embrasure où il se fit pendant quelques jours honorablement remarquer. Le Journal des Débais était le plus savamment satisfait de la situation critique de l'Église. Qui l'eût cru, hormis nous, que lui aussi, bientôt, s'estimerait en péril? Sa porte était certes la plus blindée qui existât au monde. Il était le grand maître d'école de la civilisation moderne, et il avait signé le diplôme de M. Jules Simon.
Un gredin sans nom grimpe au dôme de Sainte- Geneviève pour abattre la croix, et deux coups de marteau en font l'affaire : c'était si peu solide, cette croix ! Mais voilà que les éclats rebondissent sur le pavé, franchissent la Seine et vont dans tout Paris briser les presses de dix journaux, sans excepter les presses révérées du Journal des Débats y et en même temps combien de serrures !
Tous les obus de Prusse n'en auraient pas tant fait.
Quel sujet de méditation, si Ton savait méditer!
22# PARIS PENDANT LA COmOIKC