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Versailles, 16 avril.
LlIltRAILHL ET POLITIQUE DE ROCHEFORT.
Nous donnons un morceau politique et littéraire «le M. Henri Rochefort. Comme nous l'avons déjà remarqué, cet illustre personnage n'a perdu rien du genre d'esprit et de mérite qui lui fit une si belle fortune. Il a ravi le monde français, il a été élu et réélu député, il est devenu l'idole du peuple par l'étalage des grâces que Ton va revoir, et elles ont paru si charmantes que la faveur publique s'est répandue jusque sur ses imitateurs, tels que le petit Simon dit Lockroy, lequel d'ailleurs le pourrait suppléer.
Nous ne nous excusons point de citer ces choses. A force de pauvreté, elles ont leur valeur; par l'excès «le l'infection, elles deviennent en quelque manière salubres. Ce sont là vraiment les odeurs do Paris, les émanations directes de la cervelle parisienne. La vapeur de l'égout et l'haleine du café chantant, se «(«•gageant par le gosier des Ihèrésas, n'en donnent pas Tesseuce aussi pure. Qui veut connaître le fonds intellectuel et moral du Paris de 1869, 1870 et 1871, doit étudier les Roche fortins. Ces «écrivains» sont la perle qu'ont formée tout le sel et toutes les énergies «le «ette mer. Elle produit cela. Sous un petit
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volume ils fournissent l'expression la plus raffinée des corruptions du cœur et de l'esprit. La vertueuse Commune porte au front cette couronne.
Il y a deux cents ans, ici, à Versailles, dans une maison de la rue des Réservoirs, presqu en face du lieu où AI. ltochefort et Al. Lockrov faisaient de» lois la semaine passée, un homme d'esprit écrivait à loisir des pages de mécontent. Il y déplorait, non sans aigreur, l'injustice de la société envers les hommes d'esprit qui font des livres et avec qui cependant ne comptent point les hommes d'État. — Quoi ! disait-il, Àntisthènes sait le grec, la politique, l'histoire, la morale, le reste, et tout cela ne vaut rien si Antisthènes ne se fait encore vendeur de marée?
Cet homme d'esprit mécontent se nommait Jean de La Bruyère, et son livre, peu fréquenté de recule Rochefort, a pris rang parmi les chefs-d'œuvre.
Nous voudrions savoir ce que La Bruyère, lisant les pages suivantes, penserait de la marée d' Antisthènes, et du progrès qui a fait aux gens de lettres une si grande place dans l'État sans qu'ils aient besoin (Tapprendre le français, ni la politique, ni l'histoire, ni la morale, ni autre chose que l'art de vendit* leur marée.
Voici la marée :
LES PROPOSITIONS DE M. THIttS.
li est ('vident que, depuis sa» instalkrtian à Yersailkft, M. Thiers, pour »ï*totirdir, se livre a la boisson. Ln vieillard» eu état d'ivresse, a seul pu, an etlet, adresser aux délégué» de
PARIS
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304 PARIS PKKDAJiT LA COMMISE.
Eh bien ! puisque le l>erger du troupeau de fuyards, .p.: broute )'herl>e à Versailles, a un aussi grand besoin JV'j* édifié sur les sentiments de la population parisienne à 1 ec<irl de sa bande et de lui-même, nous allons lui donner nos c< ndit ions comme il nous a posé les siennes :
Il nous livrera Vinoy, Galilfet, Jules Favre, Picard et M,*.- Mahon, qui défileront, enchaînés deux à deux, jusqu'au ron4point des Champs-Elysées.
Les fils, les femmes, les jwres et les frères des garde* nationaux tués par les obus de ces prussiens d'outre-Seine seront alors convoqués au même endroit, et à midi pour le quart vn leur livrera les captifs, avec autorisation spéciale d'en fairt* r* qu'ils voudront.
Et s'ils délivrent leurs prisonniers |>our le* porter •*!. triomphe a l'Hôte) de Ville, nous nous engageons à ne |u* \*-* ♦•n empêcher.
Voilà notre ultimatum. .Nous sommes convaincu que Vdit* déposera les armes le jour où M. Thiers consentira i Y.w-
«•epter.
Henri Ht* befoit.
Deux fois député d'Athènes, à la face du monde! Député avant les Prussiens, député après, lorsqu'il avait montré son éloquence et sa vaillance ! Députe du cœur !
Mais, soyons juste : que pouvait trouver de mieux ce charmant peuple d'Athènes pour montrer ce qu'il estime en Platon-Blanc, Socrate-Quinet t Démosthènes-Favrc et Anacréon-IIugo , purs députi* d« lVsprit?
18 avril.