M. TIUEAS NE GRANDIT PAS
M. Thiers vient de prononcer un nouveau discours de temporisateur qui n'offre rien de net, mais que semble commenter un incident plus clair quoiqu'assez mystérieux.
A côlé du discours du chef du pouvoir exécutif, le ministère laisse afficher dans Versailles une sort? d'ultimatum que la Commune laisse afficher dan.* Paris.
Cette pièce, qualifiée de « proclamation des habitants de Paris , i est « proposée » au nom d'une «réunion d'associations » innomées, par un particulier parfaitement inconnu.
Quel est ce mousieur Not-Langlois, dont la pensée se trouve ainsi, et à la fois, maltresse des murs de Versailles, en présence de l'Assemblée nationale, et maîtresse des murs de Paris, en présence de la Commune? Jusqu'à présent, si le public de Paris le connaît, le public de Versailles l'ignore. Mais ce mon* sieur parle en dictateur. Il déclare ce que voulons, et ce qu'enfin il faut faire. Il propose, du ton dont on impose, la république, la commune et la paix.
C'est là ce que « nous voulons, t> d'après M. Not- Langlois.
« Nous voulons, » — nous France, — la république et l'élection quasi immédiate d'un président; — et faire nous-mêmes nos affaires de cité au moyen d'une représentation municipale, c'est-à-dire d'une commune nécessairement munie d'une garde nationale outillée et soldée ; — et que « les hommes honnétes » qui se livrent en ce moment encore à quelque passage diurne et nocturne, ne soient ni poursuivis ni inquiétés dans l'avenir, c'est-à-dire que personne no soit puni, puisque nous sommes tous « honnêtes. »
Il suit de là, naturellement, que nous voulons encore que rien ne soit restitué, et que tout ce qui a été pris soit déclaré de bonne prise, puisqu'enfin les emprunts, le tapage et le dégât n'ont été faits que pour le bien et ont produit un grand bien.
L'affiche ne dit pas si « nous voulons • que les ruraux soient admis à marchander. M. Langlois annonce d'ailleurs implicitement que tout le monde est d'accord, puisque tout ce qu'il demande est accordé dans « les diverses circulaires du président du pouvoir exécutif. »
Ce trait semblerait indiquer que l'aftiche est simplement une ironie contre M. Thiers. Mais alors pourquoi et comment est-elle affichée dans Versailles?
Kt si la chose est sérieuse, si M. Thiers ne voit là que des propositions que l'on puisse accepter, si les préfets de M. Picard font poser l'affiche dans toute la h. 21
Il faudrait au moins savoir si le a pouvoir munir cipal » ira partout jusqu'à fermer les écoles et les églises. Quelque député monarchique ou catholique devrait s'inquiéter de cela.
29 avril.