‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 114 sur 150 · LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Ils oui fait un comité de salut public, ces décro-

33* PARIS PHICDANT LA C03IM1 Xf:.

clié» de pilori et de potence qui commencent à *> décomposer aux approches du gibet ! Un comité de salut public pour forcer la terreur à les soutenir et à leur permettre de répandre la mort quelques jour» de plus.

Telle est cette vile . espèce, plagiaire de vol 9 de meurtre et de toute ignominie. Ils révèlent ainsi, du même coup, ce qu'ils admirent et ce qu'ils peuvent copier. lia admirent la folie furieuse et lâche; ils peuvent imiter cela! Leur intelligence prend son vol jusqu'à la hauteur de la guillotine ; leurs mains sale» et ineptes se dressent à manier le couperet.

Dans ce comité de salut public qui rêve de fan* sauter des monuments et d'égorger des otages, il v a un ce homme de lettres, » le vieux Pyat, tonte sa vie opprimé du sifflet, et qui ne Ta pas volé.

Le vieux Pyat, sonneur essoufflé d'antithèses qu'il emprunte souvent, et <pii en veut au ciel et à la tenr l>arce qu'il sonne creux; le vieux Pyat,. qui se distingue du vulgaire en offrant publiquement une prime aux. assassins de rois, voilà l'acier du comité de salut public. Les autres membres n'en sont que ke plancher et les montants. Ces autres n'ont pas écrit, ils n'ont pas été siffles ; ils éprouveront moins le besoin de mordre à la chair humaine.

Hien sur la terre ni dans les eaux profondes, ni dans les bois ni sur le pavé, ni tigre, ni requin, ni serpent, ni homme, rien n'est cruel, féroce et implacable à l'égal de Trissotin sifflé.

Trissotin veut donner la mort, et il trouve que c'est1 trop peu. —-Ah! tu m'as sifflé? Àfr F ta es de

cette espèce qui siffle ! Ta n'as pas admiré ma prose, ni mes vers, ni mon pinceau, ni ma voix, ni ma danse ; tu as nié mon génie, et a si ce n'est toi, c'est ton frère ou quelqu'un des tiens » : meurs! meurs! et que ne puis-je te faire mourir mille fois !

Ainsi, Trissotin s'est montré depuis Denys le tyran, et Néron, et Chilpéric, et Henri VIII, princes trissotins. Robespierre , Marat, Collot-d'Herbois et quantité de ces sanguinaires avaient été diversement histrions. Ils firent le beau rêve de couper le sifflet à la moitié du gonre humain.

Le voilà donc président du comité de salut public, ce joli vieux Pyat. Si la machine pouvait durer et le faquin y rester, le monde en verrait de belles! Ht quel empressement de la vermine littéraire à se fourrer là dedans !

Remarquez que tout ce gouvernement' d'idiots furieux est rempli de ces gens de lettres, qui n'ont rien pu aux lettres. Deux ou trois seulement, et pour un temps, y gagnaient leur vie; mais encore à quel emploi? Des pitres! Rochcfort fut leur Apollon; M. Lockroy, et puis M. Paschal Grousset, et puis M. Vallès, et puis encore Vésinier étaient de ce Parnasse. Cela descend jusqu'à Vermorcl, certainement le dernier des cuistres, si la concurrence l'empêche d'être le premier desgredins; et le polisson innomé qui écrit le Père Duchêne en' était aussi. Ils ont presque tous commencé leur gloire au Figaro, délices du bourgeois. Et à la fin , M. de Villemessant, leur Mécène, s'est trouvé trop pur, si bien que Hgaro a péri. Ils l'bnf tué.

336 l'AMS PERDANT LA COMMUNE.

L'antiquité eut un pressentiment de cette aventure : elle parle d'une chienne immortelle, presque déesse, laquelle enfantait des chiens qui la dévoraient.

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i mai.

LES VICTIMES CLOITREES.

Comme Pyat a senti le besoin d'un comité de salut public, Rochefort et Vallès ont senti le besoin d'une victime cloîtrée. En politique révolutionnaire et socialiste, cette pièce n'est pas moins indispensable que les pinces, les poignards, les bons de la Commune et l'eau-dc-vie. delà soûle, force les portes et tue.

11 leur fallait donc une victime cloîtrée. Us l'ont trouvée dans le faubourg Saint- Antoine, au couvent de Picpus, récemment pillé. Même ils en ont trouvé trois ; trois pauvres folles que leurs sœurs gardaient pour ne pas les livrer aux maisons spéciales. Deux ont été mises à l'abri pur la charité communeuse, tres-honuétement, dans une caserne. La troisième est restée au couvent envahi, sous l'égide des gardes nationaux et d'une « brave citoyenne, s qui la montre au peuple.

Là-dessus, les gens de Hochefort et de Vallès rebâtissent l'histoire des crimes des couvents. Jamais

elle ne fut rebâtie par des goujats plus bêtes. Les instruments de torture, les cachots, les souterrains pour aller du couvent des femmes au couvent des hommes, les ossements qui «doivent être » des ossements humains et des ossements d'enfants supprimés, ils y fourrent tout. Leurs imaginations sales, mais stériles, n'ajouteut rien a ces accessoires obligés. Il y a de nouveau simplement ceci : « Un ouvrage sur la manière de faire avorter, » écrit par un capucin, et « trouvé dans la cellule de la supérieure ! »

D\»ù il suit naturellement que les couvents sont des lieux de débauche, des écoles de crime, — et que Dieu n'existe pas. C'est la conclusion formelle du (ri du peuple, par le citoyen Vallès, ci-devant pion de lTniversité, ci-devant au Figaro, présentement ministre.

On imagine les déclamations de ces vertueux qui défroquent leurs sœurs de Saint-Lazare pour les installer maltresses d'école et infirmières à la place de nos sœurs de Charité. Entre Rochefort et Vallès, Vermorel finira par faire figure d'homme de bien.

Rochefort a délégué un rédacteur « au crime et au mystère de Picpus. » 11 n'a pas eu la main heureuse. Son choix est tombé sur un mascurat qui manque de génie jusqu'à n'être pas absolument sans conscience. Invité par « les honorables gardes nationaux » à visiter ce théâtre de crimes, il s'y est rendu avec sa boite à collodion. 11 atteste qu'il a tout vu, et sa photographie atteste qu'il n'y a rien à voir. Eu outre, il raconte comment une sœur, non folle et il. 22

♦inée à assujettir le menton, » un

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Ce qu'il y a d'abominablement plaisant, c'est que le gredin dénonce lui-même la fraude à laquelle il s'associe. Ayant rencontré l'une des sœurs prisonnières, il a eu Timpudence de la questionner et il a la sottise de rapporter l'entretien. Avec le dédain convenable, qu'il fait très-bien sentir, la sœur lui a dit que les sommiers étaient de vieux lits orthopédie ques et que le berceau servait h faire une représentation de Jésus dans la crèctfe. Ensuite, quoiqu'il voulût continuer, elle l'a planté là, suffisamment déconfit. Il traite cette religieuse de Bismark féminin. Le fait est qu'elle Ta bismarké.SIri» il n'a pas voulu perdre sa description, et, comme on le voit, il se venge.

336 l'ARIS PENDANT LA COMMUNE.

L'antiquité eut un pressentiment de cette aventure : elle parle d'une chienne immortelle, presque déesse, laquelle enfantait des chiens qui la dévoraient.

- mil.

LES VICTIMES CLOITREES.

Comme Pvat a senti le besoin d'un comité de salut public, Rochefort et Vallès ont senti le besoin d'une victime cloîtrée. En politique révolutionnaire et socialiste, cette pièce n'est pas moins indispensable que les pinces, les poignards, les bons de la Commune et l'eau-dc-vie. delà soûle, force les portes et tue.

11 leur fallait donc une victime cloîtrée. Us l'ont trouvée dans le faubourg Saint-Antoine, au couvent île Picpus, récemment pillé. Même ils en ont trouvé trois; trois pauvres folles que leurs sœurs gardaient pour ne pas les livrer aux maisons spéciales. Deux ont été mises à l'abri par la charité communeuse, très-liounétemeiit, dans une caserne. La troisième est restée au couvent envahi, sous l'égide dos gardes nationaux et d'une « brave citoyenne, » qui la mon* fre au peuple.

Là-dessus, les f<ens de Hochefort et de Vallès rebâtissent l'histoire des crimes des couvents. Jamais

elle no fut rebâtie par des goujats plus bêtes. Les instruments de torture, les cachots, les souterrains pour aller du couvent des femmes au couvent des hommes, les ossements qui « doivent être » des ossements humains et des ossements d'enfants supprimés, ils y fourrent tout. Leurs imaginations sales, mais stériles, n'ajoutent rien à ces accessoires obligés. Il y a de nouveau simplement ceci : « Un ouvrage sur la manière de faire avorter, » écrit par un capucin, et « trouvé dans la cellule de la supérieure ! »

D'où il suit naturellement que les couvents sont des lieux de débauche, des écoles de crime, — et <juo Dieu n'existe pas. C'eut la conclusion formelle du Cri du peuple, par le citoyen Vallès, ci-devant pion de Université, ci-devant au Figaro, présentement ministre.

On imagine les déclamations de ces vertueux qui défroquent leurs sœurs de Saint-Lazare pour les installer maîtresses d'école et infirmières à la place de nos sœurs de Charité. Entre Itorhefort et Vallès, Vermorel finira par faire figure d'homme de bien.

R«n hefort a délégué un rédacteur « au «rime et au mystère de IVpus. • Il n'a pas eu la main heureuse. Son choix est tombé sur un mascurat qui manque de geni»* jusqu'à n'être pas absolument sans conscience. Invite par « les honorables gardes natiouaux » a visiter «e théâtre de chines, il t'y est rendu ave* sa Imite àcollodion. Il atteste qu'il atout vu, rt -i photographie atteste qu'il n'y a rien à voir. En ou'r*-. il r<i",nte <. uniment une wur, non folle et

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non intimidée, qu'il s'est pcnnis d'interroger, a fortement mitigé son insolence naturelle.

11 ne garantit pas les ossements; il n'a pas vu • le souterrain qui faisait communiquer le couvent avec un établissement <Ie religieux situé tout en face;» il n'a pas vu « le traité des avorfenients trouvé chez ]a supérieure. » Il en parle sur les tlires d»*s «honorables gardes nationaux. » Il croit; il aimerait mieux passer pour rural que paraître en douter; mai* pourtant l'imbécile ne veut pas articuler qu'il a ni. Tu n'iras pas loin, galopin démocratique et social, si tu t'embarrasses de ce reste d'honneur! Et enfin qu'as-tu vu?

Il a vu la sœur Bernardine, victime cloîtrée; il.i vu les « instruments de torture; » il a vu un terreau «un très- petit berceau! !*! »>

Quant à la su'iir Bernardine, elle a cinquante ans. Elle se porte bien, mais c ses paupières boursouflées » attestent « de longues et horribles souffrances. » Elle se plaint d'avoir été mal nourrie et bien battue. Elle parle peu. Lorsqu'on lui demande si elle n'a pas eu envie de se marier, elle baisse les yeux, et tout bas, tout bas elle murmure le nom du

père Raphaël ! Ici notre galopin étouffe un soupir

et dérobe une larme.

Quant aux instruments de torture, il en donne une description travaillée, destinée h faire frémir, et qui a dA lui coûter gros. Des sommiers étroits, déchirés, couverts de crochets et de courroies, une couronne de fer toute rouilléc, un carcan étroit, un poids, une tringle de fer terminée en fourche,

« évidemment destinée à assujettir le menton, » un corset de fer, des courroies, d'autres tringles, un support « dans lequel on fixait probablement les pieds de la patiente, » un « tourniquet, » etc., etc., et enfin « toutes ces horreurs n reléguées dans une chapelle entourée « d'immenses terrains vagues, qu'aucun cri, si poignant fût-il, n'a jamais pu franchir! »

L'apprenti rochefortin se demande a à quoi les religieuses employaient-elles cet attirail, qui rappelle assez bien ce qu'on a trouvé plus d'une fois à Rome ou en Espagne, dans les caves de l'Inquisition? » ïl répond que peut-fitre l'enquête le dira. Mais en attendant, il propose sa petite idée, fort digne de lui : « On commence à comprendre, ditil, quand on a vu, près de l'un de ces sommiers, un tout petit berceau qui n'a pu évidemment recevoir que des nouveaux-nés. »

Ce qu'il y a d'abominablement plaisant, c'est que le gredin dénonce lui-même la fraude à laquelle il s'associe. Ayant rencontré l'une des sœurs prison* nières, il a eu l'impudence de la questionner et il a la sottise de rapporter l'entretien. Avec le dédain convenable, qu'il fait très-bien sentir, la sœur lui a dit que les sommiers étaient de vieux lits orthopédiques et que le berceau servait à faire une représentation de Jésus dans la crècMe. Ensuite, quoiqu'il voulût continuer, elle l'a planté là, suffisamment déconfit. Il traite cette religieuse de Bismark féminin. Le fait est qu'elle l'a bismar ké. Mai» \\ n*a pas voulu perdre sa description, et, comme on le voit, n se venge.

;i40 PARIS l'ENHAVT LA IIUMNLM:.

Tels sont « les crime» et les mystères » du couvent île l'iepus, d'après les propres inventeurs. On y à trouvé, eu résumé, trois religieuses folles, deux vieux lits orthopédiques et une crèche. C'est d'ailleurs, tout ce qu'il faut à Paris, eu ce moment, pour être pillé, volé, emprisonné, diffamé par la racaille à plume, déchiré par la racaille à dents. Itien ne peint mieux la Commune et ses meneurs.

[Is se sont particulière!; i nt rués sur cette congrégation de l'iepus. Avant de piller les religieuses, il* avaient pillé les religieux. Nulle part, ilsn'ontruontrr autaut de fureur, commis autant de sacrilèges, autant volé. Dans l'église des religieux, ils ont mutilé une Muttie de la sainte Vierge, fusillé une statue de saint Pierre et une statue de saiut Joseph, brisé les reliquaires, enlevé les vases sacrés. Dans les cellules, ils mil coupé les liras des crucifix, décapité les images pieuses, lirait; papiers et livres. Ils ont arrêté tous les religieux prêtres et frères, et les tiennent sou.leurs verrous. Ils ont clifcrmé pendant deux joiu> dans un cachot te frère Lie vin-Jacob, infirme. Ils ont mis lu revolver sur la poitrine d'un autre de frère Fk'imnti et lotit sommé du jurer qu'il n'y a pas de Dieu. Le frère a dit tranquillement ; Eh Lien! je jure qu'il y a un Dieu ! Et ils ne l'ont pas tué, — ils l'ont dit, — pour ne pas faire un martyr. Ouelqiies-uns de ces gens-là savent Lieu ce qu'ils font. A l'égard des religieuses, ou voit ce qu'ils savent imaginer. C'est tout à la fois plus savant, plus scélérat et plu» lâche. Insulter des femmes et des vierges, et de cette façon, l'art ne saurait aller plus loin. Ce l'aria, cette Cou-

mune et cette littérature sont pleins de ces artistes, tous consommés.

Pour les catholiques, un mot expliquera la préférence donnée à la congrégation de Pic pus. Il est probable cpie les exécuteurs n'en connaissent pas la cause.

La voici :

La congrégation des Sacrés-Cœurs, dite de Picpus, a été fondée en 1794, dans le sang versé par la Terreur, encore chaud, Ton peut le dire. Elle naquit de ce sang, elle sortit des tabernacles brisés et des hosties profanées par les scélérats qui s'étaient targués d'anéantir la foi catholique. Elle leur attesta que Jésus- Christ vivait toujours, que l'Église était toujours féconde, que le sang des martyrs était toujours une semence de chrétiens, et qu'il n'y avait plus de terre stérile là où ce sang était répandu.

Joseph Coudrin, bon et saint prêtre de Poitiers, assisté d'une pieuse femme, établit la double congrégation, hommes et femmes, pour l'adoration perpétuelle et pour la réparation des outrages faits au Saint- Sacrement dans les tabernacles. C'est le but spécial. On y ajouta l'éducation et l'assistance des enfants pauvres, les missions dans les campagnes et les missions lointaines.

En I81i, les deux congrégations vinrent s'établir à Picpus près du lieu des exécutions révolutionnaires, sur le champ même où les victimes avaient été enterrées. Des personnes pieuses leur donnèrent une partie de ces terrains sanglants, afin que la prière pour les morts, victimes et bourreaux, n'y cessât

point. Les gens de la Commune vienneut de violer ces cimetières; ils les ont fouillés, ils ontouvortet pmhiie les caveaux. Ils ont ajouté cela au reste. Les ossements qu'ils produisent appartiennent sans doute aux innocents que leurs « pères de 93 » ont assassines

A travers diverses vicissitudes, généralement dures et cruelles, la double Congrégation a néanmoins prospéré. Elle remplit son but. Les religieuses que Rochefort et Vallès insultent élevaient, et en grande partie nourrissaient et habillaient plus de trois cent* petites tilles pauvres de ce quartier, au milieu duquel elles peuvent être assassinées en plein jour. L& missions sont florissantes. La Congrégation gouverne trois districts, les lies Gaïubier, les Marquises et llonolulu. Elle y a porté la civilisation chrétienne à la place de la barbarie et de l'anthropophagie. L'évéque d 'llonolulu et l'évéque des Marquises étaient au Concile. Ce sont deux fondateurs de peuples. Mous avons lu des lettres qu'ils recevaient de leurs diocésains, dont les grands- pères et les pères étaient des sauvages. Mgr Maigret, vicaire apostolique d llonolulu, a bâti des églises, fondé une langue, établi unr imprimerie. Il nous a donné des livres, des cantiques, un journal qu'il a composes lui-mètne» de s«»u esprit et do ses mains, dans son imprimerie d'Uonolulu. Lui et sou collègue des lies Marquises, Mgr DordiUon, ont trouvé parmi leurs sœurs des femmes asseï reuses pour se dévouer à ces missions d'où l'on revient guère. Elles y souffriront toutes les priv et tous les travaux de l'apostolat, elles y soroat i sultécs par les journaux protestants et francs

PAhIS PENDANT LA COMMUNE. 343

qui vont traduire là-bas les infectes calomnies de la barbarie et de l'anthropophagie, renaissantes chez nous.

Les ré volut ions démocratiques et sociales sontfaites pour détruire ces œuvres. Elles donnent aux Marais et aux lléherts le plaisir de « raccourcir » ces ouvriers de Dieu. Llles mettent les Théroignes sur l'autel de la Raison, et elles attachent au pilori l'honneur des vierges sucrées, en attendant qu'elles les égorgent.

La religiou grandit au milieu de tout cela et se relève plus brillante. Mais les sociétés qui le permettant se dégradeut ignoblement, jusqu'à ce que la justice les délivre par le glaive, et la liberté individuelle par le bâton.

On nous doune un renseignement assez curieux sur l'une des pièces à conviction produites contre les religieuses de l'iepus. 11 s'agit du livre sur la manière de procurer les avortements, composé par le capucin Bousquet, et trouvé dans la cellule de la supérieure.

Nous devons dire que nous avous commencé par n'en rien croire du tout, attribuant le fait à la pure imagination rorhefortine et communeuse, très-digne d'uu pareil coup. Néanmoins, il y a du vrai. L'auteur et l'ouvrage existent, et l'ouvrage a été trouvé au couvent. Seulement, l'ouvrage n'est pas un livre, l'auteur n'est pas capucin et la trouvaille n'a été faite u\ «lans la cellule de la supérieure, très- uoble et très-respectable daine, âgée de 75 ans, ni dans le

3ii PAHIS PENDANT LA (uMUL'NE.

couvent des femmes. La vérité est autiv. Elb1 fait bien connaître l'art du vertueux Rocliefort et du vertueux Vallès.

Le supérieur général actuel, élu il y a deux ans, se nomme Bousquet. Il n'est ni capucin ni médecin et ne s'est jamais mêlé d'étudier la médecine ou la chirurgie, ni même d'en écrire ; mais il a un neveu de son nom, lequel, il y a quelques années, ayant terminé ses cours à 1 école de médecine, se fit recevoir docteur et prit pour sujet de sa thèse les Accouchements.

Ayant soutenu sa thèse» le jeune docteur la fit imprimer, et, suivant l'usage, en fit hommage à ses parents et amis. Il l'envoya au supérieur général de Picpus, avec lequel il avait des relations, tout simplement comme neveu de son oncle, le R. P. Bousquet étant, alors encore simple religieux. Le bon vieux supérieur agréa l'offrande. On peut supposer qu'il se réjouit d'apprendre que le jeune étudiant avait passé sa thèse, et il ne la lut point. Enfin, il la laissa parmi ses livres, au quartier peu visité des brochures, dans sa chambre, et son successeur en hérita, ignorant qu'il gardât ce serpent.

Mais la Commune est survenue, et voilà toute l'histoire. Chacun devine pourquoi et par quel art la thèse inuoeente du jeune docteur Bousquet sur les accouchements, offerte par l'auteur à ses parents et amis, saisie dans la chambre du supérieur de Picpus, est devenue un traité de l'avortement par le « capucin » Bousquet, « découvert » dans la cellule d'une supérieure de couvent.

PARIS PENDANT LA r.OUMl'XK. 315

< )n rite ce juge qui no voulait que quatre lignes de l'écriture d'un homme pour le faire pendre. Messieurs de la Commune n'en demandent pas tant : un sommier orthopédique, un berceau à mettre un petit Jésus de cire, les paupières boursouflées d'une pauvre vieille folle, et enfin une thèse d'étudiant en médecine, voilà pour ces messieurs de quoi justifier le pillage de deux maisons et de deux églises, la persécution de deux communautés, l'emprisonnement et au besoin l'assassinat de vingt ou trente personnes, et par-dessus le marché, la plus lâche et abominable diffamation contre toute une grande famille religieuse.

Quels artistes consommés à mal faire! quelle noire, infernale et surfine canaille !

8 mai.

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