‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 115 sur 150 · PROCLAMATION AUX PARISIENS · texte numérisé non relu

PROCLAMATION AUX PARISIENS

Le gouvernement publie une proclamation ou sommation « aux Parisiens » où ne manque pas un certain accent de poignet. La résolution d'en finir avec la force par la force s'y exprime d'un ton qui dénote la certitude de posséder le matériel suffisant. Donc, la fameuse « action décisive, » si annoncée, si ajournée et si désirée, va enfin s'accomplir. Il le

'* ÏEHDANI LA COMMUNE. 347

t il le prouve? S'il admet davan-

' 'Ame et ta responsabilité èe-

rsuadé de l'existence même

»u vengeresse et répara-

t de?

H^w Ut trouvé court sur

^ * wonuer l'iupor-

^ *%, dus court que

.uuladies morales

. rumine le comité de

<j«* qu'elles se guérissent à

* au s se les épaules, lorsqu'on lui

., loin d'être le remède, est la

crité, reprendre Paris uniquement pour le .ayer « et rétablir la circulation, » ce ne serait pas la peine. Il faudrait au moins indiquer que l'on songe à l'assainir, qu'on cherche le moyen d'empêcher les barricades d'y repousser toujours et toujours plus belles.

Nous en reparlerons. C'est assez pour aujourd'hui de protester contre cette absence de toute pensée morale, daus une pièce qui nous annonce le prochain assaut de Paris par une armée française !

Nou* nous permettrons aussi un mot au sujet des «Parisiens» non combattants, ù qui l'on annonce île mauvaise grâce leur prochaine délivrance. La proclamation s'adregsant péte-méle aux tyrans et awx tyrannisé* les morigène également, ma» les tyrannisés, cTun certain ton plus âpre, comme si le 48 mars et tout ce qui s'en est mvi était leur bote. La

3il PAIUS TKNDA.NT LA rn.MML.NL.

r.ouvent des femmes. La vérité est autre. Elit» (ait bien connaître l'art du vertueux Rochefort et du vertueux Vallès.

Le supérieur général actuel, élu il y a deux ans, se nomme Bousquet. Il n'est ni capucin ni médecin et ne s'est jamais mêlé d'étudier la médeciue ou la chirurgie, ni même d'en écrire ; mais il a un neveu de son nom, lequel, il va quelques années, ayant terminé ses cours à l'école de médecine, se fit recevoir docteur et prit pour sujet de sa thèse les Accouchements.

Ayant soutenu sa thèse, le jeune docteur la fit imprimer, et, suivant l'usage, en fit hommage à ses parents et amis. 11 l'envoya au supérieur général de Picpus, avec lequel il avait des relations, tout simplement comme neveu de son oncle, le R. P. Bousquet étant, alors encore simple religieux. Le bon vieux supérieur agréa l'offrande. On peut supposer qu'il se réjouit d'apprendre que le jeune étudiant avait passé sa thèse, et il ne la lut point. Enfin, il la laissa parmi ses livres, au quartier peu visité dos brochures, dans sa chambre, et son successeur on hérita, ignorant qu'il gardât ce serpent.

Mais la Commune est survenue, et voilà tonte l'histoire. Chacun devine pourquoi et par quel art la thèse innocente du jeune docteur Bousquet sur les accouchements, offerte par l'auteur à ses parents et amis, saisie dans la chambre du supérieur de Picpus, est devenue un traité de l'avortement par k « capucin » Bousquet, « découvert » dans la cellule d'une supérieure de couvent.

On rite ce juge qui ne voulait que quatre lignes de l'écriture d'un homme pour le faire pendre. Messieurs de la Commune n'en demandent pas tant : un sommier orthopédique, un berceau à mettre un petit Jésus de cire, les paupières boursouflées d'une pauvre vieille folle, et enfin une thèse d'étudiant en médecine, voilà pour ces messieurs de quoi justifier le pillage de deux maisons et de deux églises, la persécution de deux communautés, l'emprisonnement et au besoin l'assassinat de vingt ou trente personnes, et par-dessus le marché, la plus lâche et abominable diffamation contre toute une grande famille religieuse.

Quels artistes consommés à mal faire ! quelle noire, infernale et surfine canaille !

8 mai.

Page 1