‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 117 sur 150 · ADOLPIIINE. — LA LETTRE DE UE3BY DE FAAMCI · texte numérisé non relu

ADOLPIIINE. — LA LETTRE DE UE3BY DE FAAMCI

Avant-hier, AI. Thiers se fâcha fort contre la jorité de l'Assemblée, à propos d'une question quelle lui lit sur ses cachotteries et ses cajoleries arec la gauche. 11 trépigna, bouda, lâcha de gros vilains mots. 11 demanda encore huit jours pour sauver la France et l'Assemblée elle-même. — Ensuite, dit-il,

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je m'en irai ; la situation alors sera au niveau de vos capacités et de vos courages ! La majorité ne parut contente que bien juste , et la situation se trouva « tendue. » On se promit une affaire. La première nuit fut aux plans de bataille; mais la seconde tiuit porta conseil, et ce matin l'affaire s'est endormie. — Elle n'a eu d'autre suite que la reproduction sténographique de la forte férule administrée par YExécutif au Souverain, ce qui implique l'affichage sur toutes les murailles de France.

Peu de Souverains ayant manqué de discrétion envers leur ministre, et peu de bourgeois ayant importuné leur majordome, ont été plus rudement rappelés à Tordre. Si la leçon est aisément 'et parfaitement digérée, nous l'ignorons. Dans les couloirs jet sur les Réservoirs, Toreille du passant saisit fréquemment le propos de Martine battue à Sganarelle triomphant : Je te le pardonne, mais tu me le paieras! Officiellement, l'Assemblée, insultée et dépourvue, passe à Tordre du jour.

M. Thiers parait s'inquiéter peu du cas de lèsemajeste dont il a chargé sa conscience, non pour la première fois. 11 se rengorgerait plutôt de savoir toujours mater si bien la majorité tracassière. Avec sa permission, il n'y a pas de quoi. Son procédé, aussi peu coûteux que peu respectueux, ne relève pas du grand art. La perfection de Thomme d'Etat parlementaire est de rester impassible sous le feu des interpeTations , comme le sauvage au poteau des tortures. M. Thiers ne profite point des occasions qui lui permettraient de déployer cette vertu. Il

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point d'avoir à votre tour une cuisinière. A votre tour vous la verrez cuisiner, non selon votre goût mais selon le sien. A votre tour vous la « tracasserez; b à votre tour il vous sera dit : « — Si

madame nVst pas contente » à votre tour vous

sentirez amèrement l'inutilité des pactes, du sentiment, de la raison et de l'éloquence : — Quoi, Julie, Ernestine et Simonne, vous auriez bien le cœur de me planter là, laissant le dîner en train? Et tous ces affamés qui attendent? et l'honneur de la maison ? et vos serments? Mais vaines paroles. On vous répondra que madame est trop tracassière, que madame est trop ingrate, et que l'indépendance sacrée des serviteurs doit passer avant l'intérêt de la maison.

Nous engageons nos lecteurs à conserver notre dernier numéro (1) où cette scène entre M. Thierset l'Assemblée est relatée tout au long. Le kasard y a réuni deux antres documents dans lesquels deux autres espèces de gouvernement dessinent chacun leur caractère et déroulent chacun leur programme. Le premier est le manifeste du Comité de sahit public au nom de la Commune , signé de quatre drôles sanglants, dont un assassin avéré. Le second est le manifeste de la monarchie, signé de Henry de Bourbon, celui qui pourra deux fois, s'il règne, s'intituler roi par la grâce de Dieu. Car en vérité, nul roi ne sera né tout h la fois plus loin et plus près du trAne, n'aura été tout ensemble pkis donné et plus choisi.

Roi par la (jrâce de Dieu t Que de choses celte for-

(\) L Univers du 12 mai.

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