IV.\2 l'AlilS PEM>ANT LA (.031311 M t
mule, par elle-même, dit déjà aux intelligences pables de réfléchir, sur cette autre formule si orgueilleuse et si fou aillée par les quatre-vingts dernière* années de notre histoire: Roi parla grâce du peuple.
Après Louis XVI détrôné et assassiné, après Robespierre et Barras, après Napoléon, après Louis- Philippe et l'autre république et l'autre Napoléon; après la République-Favre, noyée dans ces houles épaisses où la fait surnager encore la tète ajoutée de M. Thiers, tète philippienne pleine de vent ; après tout cela, régnent par la grâce du peuple les quatre abominables malandrins qui s'intitulent Comité de salut public. Dans le monde moderne, ils sont U résultante et l'expression suprême de la grâce du peuple, comme Néron en a été la résultante etl expression suprême dans l'antiquité.
Tout le progrès politique du monde avant le Christ avait abouti à l'enfantement de Néron, tribun, empereur, pontife et dieu. De même, tout le progrès politique de la France, séparée du Christ par la doctrine de 80, aboutit à ce ftetus épouvantable qui gouverne la grande Cité. Quatre ou cinq abjects coquins eu font la matière, son intelligence est composée des déjections de la cervelle humaine, et par une inspiration où se sent l'ironie divine, il a pris ce nom de Comité de salut public qui est le nom du premier tyran que la France ait subi. La France avait eu des rois pins ou moins sévères; seule parmi les peuples, elle n'avait pas enduré de tyran. Le Comité de salut publir lui en lit connaître la race; elle a permis plus Urd que le sophisme lui en glorifiât l'histoire, eteesder-
PARIS l'hNDAM LA COMMINK. 353
niers drôles se sont imposés. Les voici trilmns, empereurs, pontifes et dieux de l'orgueilleux Paris, In merveille du monde. A l'avare Crassus on lit avaler de l'or fondu : Tu aimes l'or, bois-en! Tel est le sort de Paris : Tu aimes la Révolution, désaltere-toi !
Le programme de Henry de Hourbon fait une impression profonde. On est étonné de cette simplicité, «le cette sérénité, de cette grandeur. Habitué aux bassesses et aux insolences des postulants de royauté, les uns qui promettent de ramener les affaires, les .mtivsde ramener la mort, on éprouve une sorte de stupéfaction devant ce prince qui promet de ramener la paix, qui ose annoncer qu'il ramènera Dieu, qui m* craint pas de proclamer qu'il est la réforme et la clémence, et qui ne dit rien de trop. La surprise de l'opinion rappelle ci» que se disaient entre eux les Juifs: Nul homme n'a parlé ainsi. On a eu le temps d'oublier ce oriir de roi et de père que Dieu fait aux princes rendus de suivre sa loi. On ne sait plus que ces roislà s'attendent à rendre compte et n'ignorent pas qu'ils doi\eut respecter le genre humain.
Opcudaut M. Thicrs, tel qu'il s'est montré à l'As- ^euiblee, conserve la chance de gouverner la République, [dus ou moins longtemps. Kutre llenrv de honrbou et le citoyen Deleschi/.e, entre la croix et la guillotine, M. Thicrs otlrcun milieu m doux!
France, France, prenJs garde! Médite ton histoire, *»i»u\ ien.s-toi de Pari- : si tu veux encore des rois par la grâce du peuple, tu n'en manqueras pas, tu n'en auras plu- d'autres, et cela ne ««aurait aller loin!
*.\',.\ PAMS FK.MiAM I.A < OMttlNE.
M. le comte de Chamliord a adressé à l'un de s?* amis la lettre suivante :
a Comme vous, mon cherami. j'assiste, l'ârae navrée, aux cruelles péripéties dr cette abominable puern civile qui a suivi de si près les désastres de l'invasion.
« Je n'ai pas besoin de vous dire combien je m'a»- Muicaux tristcsrélluxions qu'elle vous inspire ett-mu dieu je c >.ii;>rends v.»> angoisses.
« Lorsque la première homlie étrangère éclata >ui Paris, je ne me suis souvenu que des fraudeurs de h ville où je suis né. J'ai jeté au monde un cri qui a etr entendu. Je ne pouvais rien de plus, et, aujourd'hui comme alors, je suis réduit à gémir sur les horreur* de cette guerre fratricide.
a Mais avez confiance, les diflicultés de cette donloureuse entreprise ne sont pas au-dessus de l'héroïsme dr notre armée.
« Vous vivez, me dite:»- vous, au milieu d'homme > de tous les partis, préoccupés de savoir «ae que je veii.\. ce que je désire, ce que j'espère?
a Failo-lcur liieu connaître mes pensées les plu* iutimes, et tou> les senlimeuts dont je sais anime.
« Dites-leur qui* je m- les ai jamais trompés, que j<* ne les tromperai jamais, et que je leur demande, au nom de nos intérêt* les plus cliers et les plus sacré», au nom de lacivili-ation.au nom du monde entier témoin de nos malheurs, d'oublier nos dissensions, nos préjugés et nos rancunes.
u Prémunissez-les contre le» calomnies répandues dans l'intention de faire croire que, découragé par l'excès de ims infortunes, et désespérant de l'avenir
PAIHS I»KM)ANT LA CoMMlNK. Sa.'i
de mon pays, j ai renoncé au bonheur de1 le sauver.
« Il sera sauvé le jour où il cessera de confondre la licence avec la liberté; il le sera surtout, quand il n'attendra plus son salut de ces gouvernements d'aveuture qui,aprèsquclques années de fausse sécurité, le jettent dans d'effroyables abîmes.
« Au-dessus des agitations de la politique, il y a une France qui soutire, une France qui ne veut pas périr,et qui uejM'rira pas; car, lorsquellieu soumet une nation à de pareilles épreuves, c'est qu il a encore sur elle de grands desseins.
« Sachons reconnaître eniiu que l'abandon des principe> est la vraie cause de nos désastres.
« lue nation chrétienne ue peut pas impunément déchirer les pa^es séculaires «le son histoire, rompre la eliaiiie de ses traditions, iusci ireeu tête de sa constitution la négation des droits de liieu, bannir toute pensée religieuse de ses codes et de son enseignement public.
« iKuis ces conditions, elle ne fera jamais qu'une balte t l.t 11^ lr désordre. "Ih'iiM'ilirra perpétuellement entre le centrisme et 1 anarchie, ce.s deux formes également honteuses «les décadences païennes, et n'écbap- |ierapa> au sort des peuples inlidelcs <i leur mission.
« Le pays l'a bien eompi is, quand il a choisi pour mandataires dis hommes éclairés comme vous sur les besoins «le leur temps, mais non moins pénétré* des prineipes nécessaires à toute société qui veut vivre dans l'honneur et daus la liberté.
«• (lest pourquoi, mon cher ami, malgré ce qui reste dos préjuges, tout le bon sens de la Irance aspire à
.'t.>6 l'AlUS PENDAKT LA COMMUNE.
la monarchie. Lies lueurs de l'incendie lui font apercevoir son chemin; elle sent qu'il lui faut Tordre, la justice, l'honnêteté, et qu'en dehors de la monarchie traditionnelle , elle ne peut rien espérer de tout cela.
a Combattez avec énergie les erreurs et les préventions, qui trouvent un accès trop facile, jusque dan* les âmes les plus généreuses.
« On dit que je prétends me faire décerner un pouvoir sans limite. Plût à Dieu qu'on n'eût pas accordé si légèrement ce pouvoir à ceux qui, dans les jours d'orage, se sont présentés sous le nom de sauveurs, nous n'aurions pas ht douleur de gémir aujourd'hui sur les maux de la patrie !
u Ce que je demande, vous le savez, c'est de travailler à la régénération du pays, c'est de donner l'essor à toutes ses aspirations légitimes, c'est, à la tête de loutc la maison de France, de présider à ses destinées, eu soumettant avec confiance les actes du Gouvernement au sérieux contrôle de représentants librement élus.
« On dit que la monarchie traditionnelle est incompatible avec l'égalité de tous devant la loi.
« Répétez bien que je n'ignore pas à ce point les leçons de l'histoire et les conditions de la vie des peuples. Comment tolérerais-je des privilèges pour d'autres, moi qui ne demande que celui de consacrer tous les instants de ma vie à la sécurité et au bonheur • le la France, et d'être toujours à la peine, avant «l'être avec elle à l'honneur.
« Ou dit que l'indépendance de la papauté m'est
PARIS PENDANT LA C0MMCNK. *i57
chère, et que je suis résolu à lui obtenir d'efficaces garanties. On dit vrai.
« La liberté «le l'Eglise est la première condition de la paix des esprits et de l'ordre dans le monde. Protéger le Saint-Siège fut toujours l'honneur de notre patrie, et la cause la plus incontestable de sa gran deur parmi le.s nations. Ce n'est qu'aux époques de ses plus grands malheurs que la France a abandonné ce glorieux patronage.
« r.royez-le bien, je serai appelé, non-seulement parce que je suis le droit, mais parce que je suis l'ordre, parce que je suis la réforme, parce que je suis le fondé de pouvoir nécessaire pour remettre en sa place ce qui n'y est pas, et gouverner avec la justice et les lois, dans le hut de réparer les maux du passé, et de préparer enfin un avenir.
« On se dira que j'ai la vieille épée de la France dans la main, et dans la poitrine ce, rieur de roi et de père qui n'a point de parti. Je ne suis point un parti, et je ne veux pas revenir pour régner par un parti. Je n'ai ni injure à venger, ni ennemi à écarter, ni fortune à refaire, >auf relie de la Franre ; et je puis choisir partout les ouvriers qui voudront lovalcment s'associera ce grand ouvrage.
« Je ne ramène que la religion, la concorde et la paix; et je ne veux exercer de dictature que celle de la clémence ; parce que dans mes mains, et dans mes mains seulement, la clémence est encore Injustice.
« Noilà, mou cher ami, pourquoi je ne désespère pas de mon pays, "t pourquoi je m» recule pas devant I imtncn<itr de la tâche.
PARIS HENhAM LA «oMMLNK. 359
<:lxxvii
i'ô mai.
1*K<».\nri «OTÎRK BOURBON.
Le Soir, fouJé, si nous avons boime mémoire, par M. Alunit, est Jeveuu lacliosu J'uu banquier eiiurèlé «lans les atVaires oV M. fiam)»etta. Le journal se ron» sont Je cette origine et Je cette migration. 11 est Unit à la fois prétendant, on ne sait ù quoi, pout-ètre à tout, et prétentieux. Ce sont Jeux caractères de ton Alualiam, le brillant auteur Je Vitamine à iureUlt 'asm''*. 11 se pique Je no pas beaucoup croire en Dieu, lequel, selon lui, ne possèJe que le mérite Je ne servir à rien, troisième caractère ohoittitjue, et le plus marqué ; caractère au»si Je Italique. Mille francs l»ÊifiUU** à ru*, voila le nom et IV vanille Ju vrai il ira «les miracles, créateur, réJempteur, maiire souverain Ji*s elnises humaines. M. About el la l»aoque ont toujours prêche cela aver un aplomb et une coustaiii-i* qui attestent la foi la plu* carrée. «Noua lia uiou.s p.i> les convictions ; celle-ci v*t éclatante. Le Soir y puise un -rranJ meprU pour la lettre Je M. le t'omte île Chain In »rJ, et re mépris i>t exprimé Ju Uni l«' plu* li.iut.iiu par M. lVs»urJ.
Al. IV-^arJ •'lleeiur est notre «-onfiviv. .Nous n'avons pas llioiuieur Je 1#* c<»n naître, et tout uiolî/
.'tt)0 IMMS PKNDANT LA tiMMIWE.
nous manque à dire le moindre mal de lui. Ou v»'»t qu'il veut avoir de la tenue. Il se plie à faire qu*-Iqu'éloge du style royal ; il pardonne courtoisement leur manie aux défenseurs persévérants d'une religion u qui ne fut pas sans grandeur ; » il convient (jut- <• le manifeste de M. le comte de Chambord u*pourrait qu'augmenter le légitime orgueil d'homme* pour lesquels la foi tient lieu de science politique! •< Il faut honorer la courtoisie de ces formules. Néanmoins, c'est Pessard contre Bourbon, et Pessarl dédaignant Bourbon ! L'habitude n'y^ fait rien, on .■• un éblouissement.
Au paragraphe suivant, M. Pessard, toujours avec le même inflexible savoir-vivre, se prend à dédaigner Dieu comme il vient de dédaigner Bourbon. Et c'est même à cause de Dieu que M. Pessard dédaigne tant Bourbon. 11 trouve que Bourbon s'occupe trop de Dieu. On rapporte que M. Buloz, critiquant un article sur Dieu, condamne d'abord le sujet, pour manque d* actualité. M. Pessard va plus loin contre la lettre royale, et parvient sans effort <\ un comique plus haut. « Il h est guère queston dans ce manifeste, dit-il, que de Dieu, de l'Eglise et de la religion, questions qui. étant du domaine inviolable de la conscience — ., ne peuvent , en notre temps , peser d'aucun pouU sttr les résolutions d'un homme politique, et même sur telles du plus humble citoyen. « Franchement, nou> ne pensons pas qu'on puisse trouver plus ib* naïveté nulle part sur la terre.
Il y a des ignorances de nature, des cécités et de» surdités absolues, contre lesquelles aucun raisonne*
PARIS FEM'A YT LA COMMINK. 3fil
mont ne prévaut. Mais celte naïveté coriace du librepenseur façonné nd hoc, qui ne voit pas même Paris, qui n'entend pas même Montretout, et qui se flatte de iv trou ver sa sécurité et sa bourse dans le même chemin où depuis un siècle il est bAtonné et raflé do plus en plus irrémédiablement, c'est la merveille du monde.
M. Pessard continue de cet air supérieur et content dont sa plume est douée par-dessus toute plume qu'ait jamais fournie oie «le Franee :
\ t"it on n raison, iimii* avons pris lhaltihitle. «l'essayer de laiiv m»* a (l'a ires iioii<-iiiAines. et peut-être la faute en est-elle à li Pn^ ii|eii«*i* (pii, après <7«tre ehargée si longtemps — et mm «ans frai* le potit nmt pour rire!) — «le le* mener a liien, mm-» a (uiiiluit* trop souvent ilans d»*s al»lme« «m 'mus serioii* eiu-Dif m imus n'avinri-. romiiniiré par nous aider, avant d'ut- ■•■iitlrt- l'aiile «lu e.el.
Il paraîtrait, d'après cela, que nous ne sommes plus dans les abîmes, et qu'avant opéré nous-mêmes, m»us voilà tirés du mauvais pas où nous avait mis trop d'a!iand<»n à la Providence-, La France remerciera M. Pessard qui lui donne cette bonne nouvelle viiiirt-i|uatre heures avant les autres journaux, encore occupés à battre le rempart. Ajoutons que par la gravité de sou lau^atre et « la solidité de sa politique, •> M. Pessard ne peut que nous maintenir dans la bonne habitude « d'essaver de faire nos affaires nous-mêmes, m
Il dit encore, toujours avec la même noble iissuranee, que M. le comte de Chambord s'en fait accroire. N'Iou lui, M. le eomte de Cbambord témoigne qu'il
362 1AIU.S PEMlAMT LA commosk.
ua pas sondé les innombrables « problèmes s* iciauiL,» qui, a comme autant d'impitoyables gphinx, • *e dressent « de toutes parts ! » Comment ! à ec pays désormais accoutumé à se tirer de l'abiiue par luimême et sans le secours de la Providence, mais en fait « ruiné, envahi par l'étranger, déchiré par las factions; » à ce pays des innombrables sphinx, l'héritier île Henri IV recommande connue moyen inique de salut la restauration de la monarchie légitime, le rétablissement dune religion d'Etat et la protection du Saint-Siège! ! !... »
( )n sont que M . IVssard ne fait pas l'étonné ; il l'csL l/étonncmeut dérange un peu ses cordes grave» et il semble n'avoir pas bien compris ce qu'il a lu. La restauration de la monarchie légitime, l'avènement d'un roi par la grâce de Dieu, c'est-à-dire d'un rbef qui a le droit et le devoir d'appeler à lui toutes les énergies, ce n'esi pas peu de chose. Beaucoup de (problèmes sociaux» seront nécessairement résolus, et quantité de « sphinx » cesseront de proposer leurs énigme* meurtrières, quand ees évéaemenft» seront accomplis. .M. le comte de Chamhurd dit qu'il est la Hkioumk; c'est uu très-grand mot, et ce moi prouve que les problèmes sociaux n'ont paséchappr à sou regard. .M. Pcssanl n'en parle pas. En revanche, il insiste sur la ndujion d ' Ktat^ dont le prîace ne dit rien. 1 Votée t ion de la reiigiou, qui est un droit à protéger comme un autre; liberté «le l'Kgliae, «|ui est une liberté politique au-dessus de toute autre, ne sont pas du tout synonymes de religion «in i'Ktat. M. !e comte ib» Chambord ne promet pat, et les
tholiqnesne lui demandent pas, ce qu'on appelle la religion d'État. Il suftit aux catholiques que l'État ne s'applique j»as k détruire larohgion.
M. l'essard, si âpre au comte de Chattbord, a aussi un programme. Ce n'est poiot son miracle, encore qu'aucun principe religieux ne le déprave. Nous ritoos :
Nus soriAti's nimlcrnes, si mal assises quYHos paraissent •'■tnî imi <*r uniment, n'en reposant pas moins snr un principe •|ii«» v\onf «K-iuimiis in* i.uirait ilètmin». Oe prinriipe, c'tst te Droit, n#tis /#• drttit i*Uuitifuiuvme*t établi ei \iynul pour origine ' le ri-fijn'rt </»■ Ai i^rsnnwilitv humaine dans la îmnif 'estât ion de toutes sks 'ii'tiiitïs in"inhs ou tiuiterielles II !
Si le savant politique eutend bien ce qu'il dit, il pro|M>se là le programme de la Commune, et MM. Assi, Billioray, Delescluze et autres sont ses hommes d'affaires.
Car on a beau se targuer de foire ses affaires soimême, ou a toujours un homme d'affaires. Ou parla ^ràre<lu peuple ou par la #r«\re de Dieu, on a toujours un roi, et le billet de mille fraiies lui-même, dieu et roi, nous gouverne par ses délégués, qui sout uns dieux et nos rois. Nous faisons par eux nos affaires i»u ils les font pour nous; nous ne les faisons pas nous-mème*.
Deux nitmiiuiit'iix discutaient. L'un s'appliquait à convertir l'autre, qui avait du Ihmi sens. Le premier, l'apotiv, disait : — Faisons nos affaires nousmêmes, el elles serout bien faites, L'autre répliquait
eu langue euinmuueuse : — Mais, h de bête, je
i u> faire me* hardes par mon tailleur, qui u est pas
304 PARIS l'ENDA.NT LA COMMIMI-
moi-méme ; car si je les fais moi-même, elles ne ront pas bien faites!
Sauf l'expression, qui manque de pompe, celui-ci raisonnait bien.
Du moment que nous ne pouvons pas faire nos affaires nous-mêmes, à cause des « innombrable* sphinx » et pour d'autres raisons; puisque depuis an siècle il nous a fallu prendre toujours quelqu*un, ou que toujours quelqu'un nous a pris, pourquoi pas Henry de Bourbon, plutôt que M. Jules Favre ou M. Thiers, ou même M. Pessard, disciple inconscient «le Billioray?
Franchement, Henry de Bourbon nous parait plu* présentable au monde, plus flatteur pour nous, plus propre à former la bouche des innombrables sphinx, et même à leur casser les dents.
Tel est, en partie, le plaidoyer de Pessard contre Bourbon. Nous y pourrions rester plus longtemps; car, au fond, M. Pessard est sphinx. Nous dirons plus, à lui seul, il est innombrable, tant il adYnipines à proposer. Pour la plupart, il est vrai, ses énigmes sont répandues dans les almanachs, mais ce sont précisément les almanachs qu'il a oublié de lire, ce qui nous permettrait de l'intéresser ; mais. malheureusement, nous n'avons que le temps d«* conclure.
Nous concluons «lune que la lettre du comte de (ihamhord est une des rares choses qui nous font un peu d'honneur et qui nous peuvent donner un peu d'espérance, dans ce triste moment de notre histoire. Pour qu'elle ait été écrite et publiée, pour qu'un de
l'AUlft PKMJAM LA COMMUNE. 365
ces hommes qui ont reru d'eu haut la grâce spéciale d'ausculter les nations, ait osé nous parler si clairement des vraies conditions de Tordre, il faut que de meilleurs mouvements de lame publique se soient révélés à son instinct et l'aient averti que la raison peut revenir.
("est tout ce que nous démontre le dédain effaré de M. Hector Pessard, rédacteur en chef du Soir; et nous rendons grâce à Henry dcBourhon qui ne nous annonce pas que nous -sommes hors de danger, ni que nous nous en tirerons par notre science et par nos vertus, mais qui nous dit que nous ne sommes pas perdus et qui nous le prouve en venant nous parler de Dieu.
CLXXVMI
17 mai.
HlMt.lhL l»fc LA hfcl'l M loi K Ito.NNLM Kl MODÉRÉE.
Le journal If Soir se litre à de nouvelles considérations mit la nécessité dYloiguer eitlin 1rs superfetations \ieillies, périlleuses et humiliantes qu'on iioHuin1 la religion et lu monarchie, unies ou séparées. Il les tolère dans le passé, il ne leur en veut pas, inai> il n'en \eut plus. CY>t mort, c'est iiui, cela fait rire. Quoi ! proposer à la France un roi, et uu roi h par la ^rùee de Dieu ! » Allons donc ! 11 sourit ;
lU)i> PARIS PKNDAXi LA UiMMI>E.
au besoin il s'indignerait. Tout ou souriant, il ivgurde sou sabre : malheur au roi ! et il jotte un tri irrité sur son fusil : que Dieu treinble !
Lo Soir a îiéamiiouis sa figure, en ce temps d'alsence. Il représente le lenteur des Débats devenu républicain honnête et modéré. Il a aussi son importance : il est officieux. 11 nie l'oflieo, mais il a fnrt. On peut titre officieux en tout l»ien et tout honneur. Ce n'est pus un crime de partager l'opinion du gouvernement. Tout le monde a Je droit de se persuader. comme .M. Thiers, (pie M. Tliiers est né pour sautri la France, et M. l'essard, tlu Soir, y est autorisé plus qu'un autre, trouvant en M. Tliiers toutes les 1*-1W* idées qu'il se reconnaît. De celte conformité enliv deux hommes, dont l'un e^l chef du pouvoir et l'autre journaliste, se forme correclement et nécessairement Xtif/n iositr. L'on se veut réciproquement du bien, l'on travaille ensemble. Quand le ministre est le ministre du journal, comment le journal w* serait-il pas le journal du ministre?
lteste à définir la nuance républicaine « honnête et modérée. » lie n'cM pas facile, vu le nombre île* échantillons, ("iarnicr-l'agès aux longs cheveux «'ii prononça le nom pour la première fois, le 15 mai 1*848. dans l'Assemblée nationale envaliieau cri de : Vive la Rcpuhliqm»! par les hommes de Blanqui. M. (iarnier-l'agès courut à la tribune, tout chaud. tout houillant. Il n'avait pas néanmoins une mine de lion, ni un regard d'aigle, ni une voix de tonnerre. « Nous aussi, dit-il, nous voulons la BépuMiqoe, mais honnête, mai* modérée, niais.., a Le reste de
PAUIH I'K.V1#ANT LA f.OMMl'NE. 3C7
la «iciiuition no put percer le vacarme, et la République honnête et modérée se trouva eréée en esprit, sous les traits de M. Guniier-Pa$*ès. Klle apparut comme uni1 chose en soi inofl'cnsive, sinon innocente, niais malheureuse, destinée à ivcevoir tous les chocs du uant, «le la botte et du fourreau de sabre, et à en mourir. Si 1 "on consulte son histoire, elle vécut et mourut ainsi plusieurs fois, sans avoir jamais fini de liait iv.
tioiiv finement «le Lamartine mâtiné «1«« Ledru- Holliii, «*lle dura, cahotée et tapoté**, «lu 2V février au J.'î juin. (ioiivcriicmciil «le ('.avaitruac, «'Ile se traîna cahin-caha jusqu'au 10 «hVcmhre. fiouveniemeiit «!«• L«»ui: -NajHdéon, déjà plus présidtMice que i{4*puhli«pi«*, elle se poussa trois ans dans l'avenue de lVmp'm*. Klh* périt, accouchant d'un dictateur, fonction normal*' «!«• toute république, bonnet*1 ou non.
Viiiîjt ans après, 4 septembre, second»* république Inuiiiétc et nimlérét». Kn tétr. Jules Favre «»t fiainbelta : <'ii tl.iin\ .lui*--. Simon «•! Picard: ««n queue. Hiicle-ltirt ; p«iur agréments, lîaruifr-l'a^ès. IVIIctau. < li'i-mîi-ii x , t ilai"-Hi/.i»iii. JuJ»s I'Vitv: «huis h> bas»"- et !•• >«iiin-so| , les Homah'l, h-s Moltu, les Hoquet ; «1 .in- l«>ca\cs, l«-s l*yat, les Itlauqui, tenant ouvert?* «l'autivs souterrains pleins et bondés d'autres rhoses. Les Pm^iens entourèrent soudain cette belle machine et en empêchèrent le jeu honnête «*t modéré. Klle m- laissa voir «pu* sa force de conception militaire, «ivile et morale; après quoi, la botte prussienne 1 écrasa, Ola lit un claquement effroyable
:iC8 l'AKIS l»KM>A2«T LA COMMUNE.
qui retentit jusqu'aux, extrémités du uioud*, <|ui nous désolera jusqu'aux extrémités de la vie. Il va deux mois, des missionnaires catholiques, chasses «le l'Abyssinic, se réclamèrent de leur titre de Français Les persécuteurs abyssins répondirent : « Franre? Plus France! France république! Plus roi. plu> Dieu. Finie, France f »
De la seconde république honnête et modérée, il nous reste la carte à payer de ». Gamhetta. et 1p traité de paix, revêtu de la signature de ». Favre.
Rendus à nous-mêmes, inovennant une douzaine de milliards tant prussiens que gambettistes . et d'autres frais, ut le restr, nous avons acquis une troisième république honnête et modérée. ». Tiiiers la gouverne, assisté du munir Favre, du même Simon, du même Picard, qui fout voir toujours leur même talent et leur même vertu. Avant adroitement debondé les caves et les souterrains qu'avait bondés sa devancière, cette troisième république Jiouuéle ••» modérée s'o>t trouvée en devoir d'en exterminer hcontenu. Cela l'occupe; elle y puise l'élément d'une durée qu'elle ne pouvait pas se promettre. ». 1 bienne se lasse pas de dire :
« Restons en république, c'est ce qui nous dnise le moins. » Oui, mais c'est cher!
L'iiiotleusivc république honnête et modérée trouve toujours le moyeu d'être fort dépensière d'argent et de sang. Kilo enterre immensément, elle ne plante pas du tout. Par ses mains bénignes mais bêtes, le sang de la Manque et le sang de l'homme coulent eu abondance, et rien ne pousse* que des
impôts et (les couteaux ; pressoirs pour écraser toujours plus les bourses, outils <le chirurgie politique et sociale pour amputer toujours plus les gens.
Première république honnête et modérée : amputation de la république socialiste, c'est-à-dire non honnête et non modérée. Seconde république honnête et modérée : honte de la France, merde sang, amputation formidable de territoire et de milliards. Troisième république honnête et modérée : résurrection gigantesque de la république non honnête et non modérée, amputation de Paris, nouvelle et indéfinie amputation de milliards. Et a la suite de cette troisième amputation, comme à la suite des deux autres, quel bénéfice ? Un ulcère plus désespérant.
Il faut donc convenir que la république honnête et modérée a la main malheureuse. D'où lui vient ce persévérant malheur? Ni Dieu ni roi, pourtant, ne la pousse hors du chemin de la raison moderne et ne l'invite à violer le droit nouveau formulé par M. Pessard, en <vs termes savants :
Rrsjtert de la personnalité humaine dam la manifestation de toutes ses activités morales ou matérielles !!!
La république honnête et modérée est tout uniment la chimère du prolétariat bourgeois de nos jours, sais ancêtres et sans postérité, à qui l'esprit révolutionnaire persuade qu'il est devenu une classa politique capable de « faire elle-même ses affaire*, » L'iiifatnatiou «le celte race est inexprimable. Sans cesse renouvelée et de plus en plus ignorante, elle ne
370 l'Ai IS ILM'AM LA COMMISE.
prolitc en rien des effroyables expériences qu'elle fait. Toujours affamée, elle se jette toujours sur l'appât du pouvoir qui lui est toujours offert. Ai rapport des pécheurs de morue, ce poisson se précipite sur l'hameçon qu'on lui tend; chacun se presse, essayant de passer le premier, et le sort de ceux que le crochet enlève n'inquiète nullement le reste de la troupe Cupide. Chacun s'imagine saa* doute uttiapt r et garder enfin le crochet qui le* attrape et les partie tous. Toutes réserves faites pov les talents littéraires et oratoires qui frétillent dan» la mer démocratique, quel empressement à se boas» culer, à se dévorer les uns les autres pour arriver m crochet! Et après?...
Nous disons, nous, qu'il faut premièrement «îtrr le crochet, ou c'en est fait de l'infortuné peuple des morues. 11 faut retirer cet appât, tourner l'appétit public vers autre chose, dresser les aptitudes et les distribuer à d'autres occupations qu'à cette perpétuelle chasse au pouvoir.
Or, un mi nous semble seul propre à cette tasogn* urgente ; il n'y a qu'un roi possible, lequel est le roi légitime, le roi par la grâce de Dieu, quoi qu'en Jisf M. Pc^sard. Sans Henry de ttourhnn, il faut, h travers les Ilots incléments et les sphinx railleurs , recommencer à chercher sans relAche l'Ithaque de 11 république honnête et modérée. Quand nousanïrtrons, Ithaque sera déserte, l'énélope, lasse de défaire la nuit son ouvrage du jour, se sera défaite eDt» même. ISous ne trouverons point de phare alfav, nous périrons au port.
PAKIS I'KMiVM LA COMAU/MC. 371
Il n'y a point de bons mots ni Je dédains pessardins qui tiennent. La lettre d'Henry V promet plus et promet mieux que toute combinaison de république honnête et modérer. L'intelligence populaire elle-même, tout hallucinée d'opium démocratique, entrevoit qu'un roi régulier, même donné de Dion et même perpétuel , serait meilleur nocher qu'un conseil de plusieurs fîambetta, de plusieurs Favre, de plusieurs damier- Pages, même présidé par M. Thiers, même donné du peuple, et même renouvelable tous les mois.
Nous ne défendons pas la religion, ni l'idée de la Providence, ni l'idée de Dieu. Le Soir eu fait des plaisanteries qui seraient encore regrettables, quaiul même elles ne seraient pas aussi absolument indigentes. Ce sont des traits accoutumés du parti républicain honnête et modéré. On est voltairien dans ce parti-là, et c'est par ce côté «pie l'on confine à l'aimable Hochefort. M. Pessard devrait s'interdire ces exercices où il n'excelle pas. Il prétend être né poli; en ton* cas il n'est point né plaisant. Il a beau se moquer du Saint-Ksprit. il y a tout de même un Saint- Ksprit qui guuverne les choses «le ce monde. Par lui sont guérissables les nations de la terre : sans lui, elles périssent. Quautite de Français croiront toujours cela, en dépit de ces bous mots qui sont des blasphèmes et surtout des platitudes.
On a vu cette année h quoi s'oerupenn peuple qui ne fait point ses PAques! Il est vraisemblable que, si Paris avait coutume de chanter Veni, Smiete Spiritus, les Conaei autour du rempart ne seraient pas si nom-
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hreuses ni si pleines, et que moins de puanteur? mortelles s'exhaleraient de la grande ville; il se pourrait aussi que la république honnête et modem devînt un rêve moins absurde.
Saint Augustin disait aux Romains, après la chute de Rome : « La prospérité vous a dépravés et l'adversité ne vous corrige pas. Brisés et non convertis par le châtiment de vos vices, vous perdez les fruits du malheur, et devenus les plus malheureux des hommes, vous ne cessez pas d'être les plus impies. »
Les Romains persévérèrent dans l'impiété. Il en résulta que Dieu balaya enfin cette ordure du monde. et il donna Rome aux nouveaux-venus qui disaient : Au nom du Prr<\ et du /•Y/s, et du Saint-Esprit!