e regard do la miséricorde divine sondera le
cœur des ignorants , des séduits , de ceux que la société n'a pas suffisamment munis contre l'erreur et contre la tentation. Il verra l'excuse que nous ne discernons pas. Devant ces misérables, la société, démunie à son tour do tout ce qu'elle lui a refusé, subit la conséquence horrible do rester sans pitié. Dieu, n'étant jamais sans justice, n'est jamais sans pitié. Ses châtiments temporels sont dés grâces immenses et sont souvent des grâces entières. Parmi les foules qu'il faut engouffrer aux géhennes sociales, se trouvent beaucoup de ces publicains et de ces mérétrices qui entreront avant leurs juges dans le royaume de Dieu. Les anges que Dieu commet à la visite des fanges humaines ne l'ignorent point. Ils y ramassent des perles que, peut-être, ne contiennent* pas en pareil nombre les riches demeures, les cours et les palais. La société elle-même a conscience de la formidable vérité qu'elle ne veut pas croire. Voyant s'élever contre elle la multitude de ces ennemis furieux et obscurs, elle les combat sans colère et sans haine, comme un fléau, comme elle combat l'inondation ou l'incendie. Elle châtie moins qu'elle ne repousse. Mais à ceux qui se sont pervertis euxmêmes, elle doit le véritable châtiment, lent, exact, solennel.
C'est l'œuvre de la justice. Sitôt le combat fini, la justice vient. Elle interroge, elle instruit, elle délibère, elle condamne. Elle publie sa sentence et elle indique le jour et l'heure de l'exécution.
C'est maintenant ce qu'il faut faire. A présent la co isrience publique demanderait compte d'un seul
idfi PARIS PLM'AM LA COMMISE.
coup île fusil que la justice ou le droit de légitime1 défense n'auraient pas ordonné.
Il faut «pu1 le gouvernement s'y résigne, même le gouvernement du 4 septembre, puisqu'on nous le laisse et puisqu'il s'obstine à rester. Ces hommes-là aussi ont bien droit à quelque châtiment. Ce sera le leur. Il en vaut un autre. Qu'ils fassent juger d'anciens complices, à qui ils ont — sans exception — donne l'exemple. Que 18:tU, 1818, 1870 fassent juger 1871; qu'ils fassent retrancher les bêtes qu'ils ont dressées, qu'ils oui irritées, qu'ils ont affamées, qu'ils out lâchées!
Que M. Thiers, qui a renversé le trône et quia trouvé des excuses pour la Convention, fass* juger ceux qui ont démoli sa maison et restauré le Comité du salut public! Que .M. Jules Favre fasse juger les compagnons de Millière, dont il a été l'homme de confia née ! Une M. Simon, grand prêtre et grand ecolàtre de la ra'iMin, patron de l'abolition de la peine de mort, fas>e juger le sacerdoce inférieur dont il s'est entouré ! Que M. Picard fasse juger son protégé Mégv, qu'il a tiré du bague, et son collègue Roche fort, qu'il a élevé de lu prison à la dictature ! Que l'intéressant Ferry fasse juger sou patron Sicard et sou patron Irbain, à qui il avait promis l'abolition de l'administration, de l'armée, de la magistrature et du clergé! Sans doute, c'est dur et c'est gênant, pour de tels hommes politiques! S'ils croient avoir quelque chose encore à faire, les voilà contraints de décimer cette troupe qu'ils ont persévéra mment formée afin de triompher par elle. Mais il y a longtemps qu'eux
sont durs et gênants pour la pauvre France, et l'heure de la justice est venue. ^
Même date*