‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 126 sur 150 · LES MARTYRS · texte numérisé non relu

LES MARTYRS

Les dominicains sont morts en criant : Pour le bon Dieu ! L'archevêque est mort la main levée pour absoudre ceux qui l'assassinaient! Les jésuites et les antres prêtres, nourris du pain des forts, sont tombés en offrant leur vie pour la gloire de Dieu et le salut de la France. Dieu est vainqueur! Il a pris des martyrs, nous aurons dos miracles; nous sommes sauvé»!

On a remarqué que nos troupes, ou plutôt, comme le dit si bien la langue populaire, que « les Français i> sont entrés dans Paris le jour où fut publiée la loi qui demandait des prières; et le jour où l'Assemblée nationale, à genoux dans la cathédrale de Versailles, a solennellement exécuté cette loi, le même jour, h la même heure, le feu a cessé.

Les prières étaient finies, lorsque Mgr l'évêque de Versailles a su que l'archevêque de Paris et ses compagnons avaient subi la mort en haine de Dietr. « Pour le bon Dieu. » En ce moment aussi le vénérable évéque a su que les prières étaient exaucée»', la colère divine éteinte, et cette horrible guerre finie» Les martyrs ont prié avec noua, Dieu est désarmé.

Quelle scène, quelle leçon, et quel triomphe! A présent nous pouvons relever la tète parmi les peuples. L'incendie s'éteindra; les scélératesses, les four* beries et les sottises immondes, toute cette immense part de Satan sera oubliée : la gloire des martyrs décorera cette nuit abominable et restera sur nous. Comme la croix du Sauveur a plané sur les incendies et demeure parmi tant d'effondrements, elle que l'on voulait surtout abattre, ainsi la mémoire des martyrs demeurera. Leurs noms immortels et sacrés pré vaudront sur tant de flétrissants souvenirs. Victimes innocentes, si lâchement, si abominablement insultées, maintenant tutélaires !

L'archevêque, les curés, les relig:eux sont cette Kglise traînée sur la claie par le vil ramas desjécrivains et dénoncée aux haines d'une populace abrutie. Que ceux qui se sont attelés à l'injure regardent] et qu'ils se frappent la poitrine ! Voilà le résultat de tant d'histoires ineptes et infâmes dont ils ont nourri ou laissé nourrir l'imbécile populaire. C'est à quoi aboutissent ces inventions des victimes cloîtrées de Varsovie, de Picpus et d'ailleurs. Qui osera dire que Hochefort et sa bande ne sont pas les véritables assassins de ces prêtres, ne les ont pas jetés i leurs bourreaux ignobles, n'ont pas suggéré ces cruautés dont les détails ne se rencontrent que dans les Actes des Martyrs.

Pour nous, nous rendons grâce à Dieu et nos|larmes coulent sans troubler notre joie. A présent nous allons commencer de lire une autre histoire. Noos allons voir, si l'on peut parler aiusi, le dessous divin

delà trame infernale. Nous savons ce que l'homme a détruit, nous saurons ce que Dieu a planté.

Mrino date.

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