‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 127 sur 150 · DU CHOIX DE L'ARCHEVÊQUE DE PARIS. UN MOT SIR · texte numérisé non relu

DU CHOIX DE L'ARCHEVÊQUE DE PARIS. UN MOT SIR

LE P. OLLIVA1NT.

Au milieu de la douleur et de l'admiration qu'excite la mort de Mgr l'archevêque de Paris, on se préoccupe à hon droit du successeur qui lui sera donné. Nul choix n'est plus important, plus urgent et plus difficile. Paris n'a pas moins besoin d'un archevêque que d'un préfet, et l'archevêque est plus nécessaire encore, même au point de vue politique, si l'on considère l'importance de la mission. Il s'agit de l'instruction religieuse et morale de ce malheureux peuple, où l'ignorance, l'indifférence et la haine ont préparé et exercé tant de ravages. C'est là qu'il reste de redoutables mèches d'incendie à éteindre, d'efr frnynhlcs brèches à réparer, d'innombrables édifices à reconstruire.

Tout le diocèse est à organiser. S'il faut ce que Ton appelle vin administrateur, il faut encore plus un apôtre. Ia»s pierres à remuer sont celles qui obéissent à la voix de I* apôtre et non pas aux calculs de l'administrateur.

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Mais les fidèles, témoins des in l'Église de Paru, désirent surtout une réparation pev les ordres religieux qui ont eu l'honneur de fournir de si nombreuses et si saintes victimes. Aux calomnies infâmes qui ont assassiné les dominicains, les jésuites et les membres de la congrégation des Sacrés-Cœurs, le gouvernement devrait répondre par l'élévation d'un religieux sur le siège de Paris. Ce siège sanglant n'est-il pas d'ailleurs désigné pour un de ces hommes qui vont au-delà des frontières delà civilisation chercher le martyre?

Si l'on son^e aux persécutions qui ont rempli IV piscopat de Mgr de Qiiélcn, à la mort de Mgr Afire, ù celle de Mgr Sihour, à celle enfin de Mgr Darhor, on trouvera que le siège de Paris n'a pas été mon» meurtrier que celui de la Corée, dans le même espace ■le temps.

C'est le vrpii le plus ardent des fidèles et do fleru* de voir un religieux sur lo siège de Paris. Nom l'avons entendu exprimer mille fois, et jamais, asmirément, circonstance ne fut plus opportune pour rompre entin l'injurieuse pratique qui écarte de l'ëpiscopat tant de prêtres éminents, les plus digne* d'ea accroître le lustre pour le plus grand bien de l'Église et de la patrie.

Le R. P. Ollivaint avait été maître ■ à l'École normale , et l'un des élèves gués de cette institution, où il sut conserver su foi , mais la défendre et la

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l'ai connu en ce temps-là, dans une petite société de jeunes gens qui s'était forméo autour du vénérable M. Edouard Dumont, et dont faisait aussi partie Pierre Ilernscheim, juif converti. Celui-ci, peu de temps après, est mort prêtre et frère-prêche tir, laissant une mémoire bénie.

Le 1" mai J8-t.">, je rencontrai Ollivaint. C'était quelques jours après le vote rendu par la Chambre des députés contre le» jésuites, sur les interpellations de M. Ttiiers, qui, d'accord avec la gaucho et pour tuer le temps, s'était amusé à provoquer la persécution. Ollivaint avait l'air joyeux. Jo lui demandai où îl allait d'un pas si allègre, a — Aux jésuites, me dit-il. J'hésitais, jo n'hésite plus. M. Thiers m'a indiqué mon chemin. C'est par là que la persécution se dirige, c'est là qu'il faut aller. J'entre aujourd'hui. » Maintenant il est arrivé.

l'ti quart d'heure avant son arrestation, il se proinenaït dans le cloître de la rue de Sèvres, disant son bréviaire. Lu ami vint le prévenir de la prochaine visite des socialistes. Il répondit avec sa sérénité el son sourire ordinaires : « Je les attends. ■

Ils son) venus, ils l'ont emmené, ils lui ont donné la mort, el quelle mort! Hais assurément, ils n'ont pas un moment réussi à troubler son âme, «t tout son ctrur leur a pardonné.

Anù, frère, p*ra, pnw pour nous !

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