AFFAIRES BELGES. — LA VRAIE PRATIQUE DE LA LIBERTÉ
Le vote du peuple belge a mis les affaires aux mains des catholiques. Après un règne de treize ans, inauguré par l'émeute et signalé par l'injure, l'oppressif parti libéral a succombé dans le plein exercice du pouvoir, sans que la majorité qu'il indignait et qui se savait plus forte que lui ait usé de la moindre violence ni employé la moindre intrigue. 11 est vaincu par le simple usage du droit qu'il a lui-même tant méconnu. Les catholiques ont attendu le jour légal, et ils ont dit à ces hommes qui avaient si longtemps fraudé les institutions : « Le bail est fini, nous vous connaissons ; allez- voua-eu ! »
Avant les élections, les libéraux avaient trois voix de majorité à la Chambre, et trois au Sénat. Aujourd'hui les catholique*» ont une majorité de 24 voix sur les 108 membres de la Chambre, et de 10 sur les 54 membres du Sénat. La victoire est aussi mortifiante pour leurs adversaires qu honorable et consolante pour eux. Elle altet>to la solidité du peuple belge dans les principes de la religion et de la vraie liberté. Soumis treize ans au régime le plus démoralisateur, livré à toutes les entreprise* de la francmaçonnerie et à toutes les iunoiiiiiiit ^ de la presttt,
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il se trouve plus ferme à la fin do l'épreuve . Cet exemple est rare. Il faut le noter comme l'un des plus grands services qui aient été rendus de notre temps au véritable esprit de liberté.
Les hurleurs d'impiétés , les démolisseurs, les conspirateurs sont les pionniers du césarisme. Si la liberté peut être sauvée des hideux hommages qu'ils lui rendent et des victoires dont ils la souillent, c'est par les hommes qui sauront se servir d'elle pour assurer le triomphe de Tordre et du droit. Ceux-là montreront que le vrai catholique est seul le vrai libéral, parce que, sans sacrifier les principes, aussi plein de patience qu'il est plein de foi, il sait attendre l'heure de la raison en respectant la liberté d'autrui.
Cette patience si louable ne doit pas finir avec le péril. Les catholiques belges en ont encore besoin. L'art suprême de la politique est de ne pas céder et de ne pas triompher, et cet art n'est que le devoir du chrétien. Ne point céder assure le succès; triompher, sonner la trompette, renverser ce que l'on pourrait améliorer et transformer, déchirer lorsqu'il y aurait moyen de découdre, c'est compromettre cette noble et chrétienne victoire de la patience, si lentement obtenue. La politique est autre chose que la guerre; son génie et son courage ne doivent point courir à l'assaut. Elle établit des principes et non des batteries Elle fait des lois contre le crime, elle n'en fait pas contre la liberté. Par la persuasion et par la persévérance, elle amène l'adversaire à se rendre -ans coup férir.
l'ARIS PEMMiNT LE SIEGE. 9
Les catholiques belges peuvent continuer dans l'exercice du pouvoir l'expérience qu'ils ont nohlcmenl soutenue dans l'opposition. Les conditions où se trouve li>ur pays, son peu d'étendue, sa neutralité, le sentiment religieux, plus général encore que la majorité ne le dénonce, leur permettent de prendre la direction des choses publiques, et même peuvent leur en faire un devoir. Il n'en est pas ainsi ailleurs.
Le catholique belge n'a besoin que de prudence, là •ù aujourd'hui le catholique d'une autre nation n'aurait guère de choix qu'entre les extrêmes dangers de la témérité et les extrêmes boutes de l'apostasie. Les Belges ne sont pas exposés à attaquer ou ù livrer ce qu'un catholique doit défendre au prix de sa place, de sa fortune et de son sang. Ils n'ont point d'instructions diplomatiques à donner contre la liberté de l'Église, point de palissades à abattre devant les garibaldiens et les cavouriens, point de violation de la loi de Dieu à commettre officiellement. Enfin, ils ne sont point condamnés à n'entrer au ministère que connue les Hollandais entraient au Japon, en marchant sur le crucifix. La prudence politique qui leur est commandée ne va pas au-delà du devoir, et elle garde le caractère de vertu chrétienne.
Il est inutile de dire aux hommes de bien qui composent le cabinet belge qu'ils manqueraient de prudence s'ils manquaient de fermeté. Ils savent qu'ils doivent être fermes jusqu'à l'énergie. C'o-l une émeute qui a fait tomber le cabinet catholique de 1837. Luc misérable journée de rue a livré pour treize an» la Belgique à la franc-maçonnerie et a mis
au pouvoir dea hommes dont la capacité et l'incapacité furent également funestes et encore pins humiliantes. La Belgique se relève glorieusement aujourd hui. Que ses nouveaux ministres la préservent de retomber!
UIA.NUEME.M DE MI.N1STÈKE.
Lu nouveau cabinet nous fait espérer le maintien de la paix civile, fort compromise depuis quelques jours. La place prépondérante qu'y occupe l'élément militaire a procuré le silence de la nie, trop remuée par les avocats. .Manifestement, H. Ollivier ne suffisait pas contre le trio des Jules. Un avocat contre trois est impossible, surtout quand son malheur le met du bon côté. En revanche, un militaire, même du bon calé, pourvu qu'il puisse faire mine de dégainer, se seul aisément compétent contre beaucoup d'avocats. Voilà dune les Jules disposés à écouter les conseils de la prudence. C'est ce qu'il fallait. Une nation contrainte à s'armer doit le faire avec ordre, avec tranquillité, avec une bonne espérance du résultat. La perspective de combattre sous le gouvernement et pour la gloire de M.Jules Favrc, de M. Jules Simon et de M. Jules Ferry, offrait quelque chose de désagréable.
Mourir |*>nr... JulTern"!
PARIS PKftDAN f LE SlfcGE. 1 1
Le ministère est formé d'hommes qui , presque tous, ont eu l'occasion de se montrer gens de cœur et capables. Le comte de Palikao, déchiré par de longues calomnies, est très-considéré comme militaire. Sous le rapport civil, il n'est pas moins estimé des honnêtes gens qui l'ont approché. Il est ferme, doux et de grand sens, avec une culture d'esprit peu commune. La confiance qu'on lui témoigne aujourd'hui est une première réparation de la cruelle injustice des bruits publics. On connaît le mérite financier de M. Magne, il a eu l'heureuse chance de restrr plus de vingt ans aux affaires sans manquer à son devoir et sans se faire d'ennemis. M. Brame et M. Jérôme David sont d'énergiques hommes de bien. On honore également M. l'amiral Rigault de Genouilly et M. Grandperret. M. Chevreau jouit d'une renommée d'administrateur bienveillant, intelligent et actif. M. lo prince de La Tour-d'Auvergne passe pour avoir horreur du portefeuille. Nous espérons que sou dévouement ne refusera pas un poste où il a montré une sagesse dont les conseils ont été trop peu suivis, et où tout le monde sait qu'il no manquera jamais de dignité. 11 n'eût pas abandonné Rome ; il n'eût pas commis cette faute qui ajoute tant à nos angoisses, et qui nous vaudra si peu do secours italiens.
Cet ensemble ministériel, formé quasi en dehors de la politique, réunit les qualités nécessaires pour le moment. 11 peut administrer, et c'est une des conditions premières de la victoire.
Nous ne pouvons pas, nous ne voulons pas de-
12 PÀHIS PENWAKT LE SIEGE.
mander davantage. Tout est subordonné à la question de guerre. Le devoir du ministère est de soutenir la guerre par la vigueur de l'organisation intérieure. Il doit fabriquer des armes, ne mettre ces armes que dans les mains des vrais combattants. Qu'il fasse cela; qu'il écarte, qu'il contraigne au besoin des fous qui involontairement deviendraient des traîtres : aucun sacrifice ne lui sera refusé, et ceux qui devront mourir lui sauront gré, parce que la patrie n'aura pas perdu le prix de leur sang.
Seulement, nous le conjurons de porter son attention sur deux points qui se rattachent de prés à la question de la guerre. Premièrement, qu'il ouvre plus largement les camps et les ambulances à la charité du clergé. Les catholiques souffrent cruellement des obstacles que rencontre le dévouement sacerdotal. Ils tremblent devant ce mépris des âmes. L'organisation de l'aumonerie est pitoyable. Il y a là des routines, des froideurs et des hauteurs bureaucratiques qui indignent. Pour l'amour de Dieu et des âmes, que le bureau de M. l'abbé Laine ne soit pas plus imprenable que le portefeuille de M. Ollivier! Qu'on nous ôte ces terreurs sur le salut de ceux qui nous sont chers, qui sont notre sang.
Eu second Heu, nous désirons savoir ce que l'on compte faire à Rome. Mous nous bornons à poser la question. Nous ne voulons pas, en ce moment, par pitié, dire (oui ce que nous avons dans l'esprit et dans le cœur. Mais enfin l'on doit bien comprendre ce que nous souffrons, nous, — et nous sommes tant! — qui croyons que L)ieu s'intéresse à ces affaires. Assuré-
ment nous ne refuserons rien à la patrie. Nous lui donnerons ce qu'elle nous demandera, noiïs irons où elle nous enverra, et, faisant notre devoir, nous ne craindrons pas pour nous le jugement de Dieu. Mais si la France décline l'honneur de protéger désormais le Vicaire du Christ, nos sacrifices seront sans consolation et la victoire même sans espérance.
14 août.
ABANDON PK ROME. — ESPÉRANCES FRANÇAISES. — LE PATRIOTISME SERA CATHOLIQUE ET LA FRANCE SE RE- LÈVERA.
La Prusse est le péché de l'Europe. Née du protestantisme, son premier établissement lui fut fait par l'apostasie; elle a grandi dans le délire et par la complicité de l'impiété philosophique. Après Albert de Brandebourg l'apostat , son second fondateur est Frédéric l'athée.
Le principal ministre de Frédéric, pour tromper et corrompt e l'opinion, fut Voltaire.
L'on a coutume de dire chez nous que la Marseillaise vaut une armée ; oui, une armée sur le boulevard, juste l'équivalent d'une armée sur le papier. Mais la plume de Voltaire servit mieux et plus longtemps Frédéric ! Ce n'était pas par amour. Voltaire déjà Frédéric avant d'en être bàtonné
Après comme avant le bâton, Voltaire glorifia avec zèle ce Platon de corps de garde, par haine <ra Christianisme et de l'ordre chrétien. Le misérable, s' étant pris à hatr Jésus-Christ , no vivait plus que pour sa haine. Frédéric était l'homme qu'il lui fallait, il le flaira de bonne heure et l'adora jusqu'à la fin, en dépit des coups de bâton. Il eut l'infamie au degré héroïque. Rien n'a paru dans le monde de plus bête, de plus fangeux et de plus antifrançais que Voltaire. [1 a des émules, point d'égaux. Les beaux esprits et les esprits forts qui, durant une année, ont boursillé à grand bruit pour dresser une statue au Prussien Voltaire (que devient-elle? ) n'ont que la première de ses qualités. Ils sont de ceux qui ne savent ce qu'ils fout. Le pauvre lia vin n'était pas en conscience mauvais Français. Jamais on n'eût fait entrer dans son peu de cervelle qu'il dressait en réalité une statue à la Prusse philosophique et conquérante. Mais Voltaire a su ce qu'il faisait, et il a fait ce qu'il vonlait faire. Il se disait lui-même Prussien. Ponr ces occasions, il disait la vérité.
La Prusse est le péché de nos pères, elle est aussi le notre. Nous avons exalté son orgueil en admirant sa science fausse et ses brutales institutions. Notre politique a fourni des prétextes à son esprit de mensonge, elle a favorisé son esprit de rapine. Pour faire l'Italie, nous avons dépouillé et puis abandonné le Pape, et nous avons défait l'Autriche. Nous avons abjuré ce caractère sacré des forts, qui est de protéger le droit des faibles. Nous avons cessé de croira que le droit protégé du faible est le vrai et l'unique
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rempart Ha fort , maxime chrétienne dont Voltaire se serait trop moqué et que ne pouvaient, dès lors, tenir dos gens d'esprit comme nous. Seulement il s'est trouvé qu'en défaisant l'Autriche, nous faisions la Prusse. Notre victoire de Solférino avait dans ses flancs la victoire prussienne de Sadowa, grosse ellemi'mp de la guerre présente.
Et voici Wissemhourg et Reischoffen qui tombent sur nous comme un coup de foudre, le jour même on notre drapeau quitte ta terre de Jésus-Christ pour la livrer à la honne foi de nos alliés du Piémont. Non, nous ne pouvons taire, et nous ne tairons pas la suprême angoisse des urnes catholiqnes ! Que la Frnin-f nous demande le sang de nos veines, nous ne regretterons qno de ne pas en avoir assez pour noyer ses envahisseurs ; mais nous laisserons aussi couler le sang de nos coeurs déchirés par ce coup perfide et inattendu . Nous le laisserons couler, et de nos mains défaillantes nous le jetterons a la face de ceux qui, lorsque nous nous levions pour défendre leurcause, hélas! mêlée à celle de la patrie, nous ont Tait trahir Dieu et nous ont trahis nous-mêmes en nous dépouillant delà bénédiction. La victoire des Prussiens n'est pas à Wissemhourg, n'est pas à Reischoflen, ne sera pas ailleurs, quand même ils passeraient. S'ils passent, il leur faudra repasser. Ea France on ne repasse pas sans tomber sar un sol labouré de fosses françaises : la victoire des Prussiens est a Aome. Là ils l'ont emporté sur la foi et sur l'honneur de la France. Là notre drapeau n'a pas été abattu par la forée, il s'est dérobé. La, là, les Prus-
siens nous ont fait payer à Voltaire les services qu'il leur a rendus. 0 douleur immortelle !
Mais, du moins, nous en laverons la honte. Ni les victoires matérielles de la Prusse, fussent-elles multipliées, ni les victoires philosophiques des Prussiens de France ne nous arracheront le Christ. S'il y a une France deVoltaire, il y a une France du Christ, qui se retrouvera et qui vaincra. Que les armes nous trahissent, que Dieu mette de l'autre côté les chevaux, les canons et les habiles chefs de guerre ; il y a des armes qu'il ne veut pas nous ôter, qu'il ne nous «itéra pas et qu'il ne donnera pas à l'ennemi victorieux pour un jour : nous avons la Vierge et l'Eucharistie.
Dans la patrie vaincue, le patriotisme sera invincible, parce qu'il sera catholique. La foi ne cède pas au fait accompli. Elle est plus forte que les armes, plus forte que le fait accompli, plus forte que le temps. Il n'y a pas d'armes ni de temps qui puissent tuer ce qui ressuscite.
Quand nous serions trahis absolument par nos bras, nous ne le serons pas par nos cœurs. Quand nous n'aurions que nos mères, nos femmes et nos tilles, nous ne serions pas encore vaincus. La prière est intarissable dans ces cœurs sacrés, les œuvres de la prière sont intarissables dans ces mains pures. Un homme d'Etat allemand, catholique par miracle, à qui nous faisions dernièrement le décompte de nos religieuses, nous disait : La France est sauvée, car il n'y a rien de pareil dans le reste du monde ! Nous avons des religieuses, nous avons des prêtres, et par le sang qui arrose aujourd'hui la terre, nous sa*
vous que nous aurons îles soldats. Nous aurons Dieu aussi. Dieu n'ost pas toujours du coté des gros bataillons, mais il est toujours de la croisade. Déjà la croisade est commencée.
Ces jours d'angoisse l'ont préparée et prèchée, elle s'ouvrira demain. Le secours ne manquera pas, et un instinct de foi nous dit qu'il est proche. Demain est le jour de la saiute Vierge, reine des deux cl reiuo de France selou la foi de nos pères, rennum Gnilite, retjnum Mariée. Demain nous célébrerons celte fête enfin dégagée du saint d'administration qui la gène et l'obstrue depuis dix-huit ans. Le 1-i août 1870 sera la fête de l'Assomption de Marie, et non plus la fête de saint Kmpcreur. Nous nous prosternerons devant notre reine ; nous lui demanderons de délivrer son royaume ot d'y reprendre son ancien empire, et nous serons exaucés. Ou Marie nous donnera la victoire, ou elle nous donnera la constance qui supporte les grands revers de manière à en triompher. L'n illustre général disait : La victoire échappe souvent à celui qui la poursuit, elle est fidèle à celui qui sait l'attendre.
Nous l'attendrons s'il le faut. Par Marie, nous obtiendrons cette grâco de choix. Ne pouvant moissonner, nous sèmerons. Nous sèmerons dans le sang et dans les larmes pour récolter dans l'allégresse. Nous avons notre chef de guerre qui ne se trompe pas, qui ne désespère pas, qui ne périt pas. Il nous enseignera infailliblement la voie du salut, même du salut temporel, parce que, nous disant eu qu'il faut croire, U nous dira en mémo temps ce qu'il faut faire.
18 AHIS PBKDàST ut situe.
Il nous préservera de cette absorption et de cet engouffrement dans l'erreur, qui est le seul véritable péril des nationalités. Un Français peut, à farce de temps et de coups, devenir Prussien comuifl un autre ; un gallican n'en est pas à l'abri. Un catholique ne le peut pas. Le Pape infaillible s'y oppose. Pow devenir Prussien, il fautapoatasier.
C'est pourquoi nous sortirons de cette guerre, quelle qu'en soit la durée. Nous en sortirons nonseulement intacts, mais triomphante, purifiés et agrandis. Nous en sortirons avec la connaissance au bien et du mal, avec la haine du mal et l'amour du bien. Dans le combat, nous aurons laissé notre sabre de conquête, qui a voulu follement refaire l'empire païen de César el qui n'a réussi qu'à se susciter de» concurrents ; nous aurons repris l'épée chrétienne, la noble épée qui a fait la France. Avec cette épée, nous ruinerons les entreprises d'unification césarienne, et nous rétablirons les frontière» des petits peuples, où se réfugient la liberté et La paix. Chassé du monde européen, le Christ, dans un pan de sa robe d'exil, emportait les patries. La France, menacée à sou tour , lui fera un chemin pour rentrer. Il reviendra, et les peuples assassines renaîtront pour bénir le Christ qui a daigné réveiller la France.
Autrefois, dansles grands périls et dans les grands repentirs, on faisait de grands vœux. Avant la bataille de Bouviucs, l'évèque de Sentis, qui accompagnait Philippe-Auguste, fit vœu à la sainte Vierge de bâtir une abbaye en son honneur si l'armée fran-
cause l'emportait sur se» ennemis. La bataille gagnée, il tint parole, et ainsi, avec le concours et les offrandes du foi, fut bâtie à Senlis l'abbaye de Notre-Damedes-Victoires. Ces traits sont nombreux dans notre histoire.
Pourquoi nos évéques ne nous proposeraient-ils pas un acte de foi semblable? Faisons vœu d'élever un sanctuaire à Marie, patronne de la France, à l'endroit du sol où sera gagnée la bataille <pii nous délivrera* Que ce soit là le mémorial de la fête de l'Assomption en Tan de grâce mil huit cent soixantedix. Pour que le sanctuaire soit digne de Marie et digne de la France, l'État appauvri n'aura rien à dépenser.
VU
Môiue jour.
l\\ MOT Al* JOURNAL DES DÉBATS.
L'espérance de voir cntin tomber le gouverne- , ment temporel du Pape remue doucement le cœur du Journal des Débats, et semble lui faire prendre avec patience d'autres événements politiques moins agréable* qui paraissent assez se lier à celui-là. Mais l'heureuse chance qui lui sourit, depuis l'évacuation du territoire pontilical, ne le porte pas encore à nous épargner ses traits.
Il nous reproche d'approu\cr la | Té|»oudéraure de l'élément Fpilii«i™ dans le nou\e<ui uibiiiet, et da-
voir dit que le militaire, lorsqu'il peut dégainer, se sent aisément compétent contre beaucoup d'avocats. Nous n'aurions pas cru que cette situation lui fit tant de peine, ni qu'il fût à ce point partisan des Jules et de la sédition à Paris. Il nous demande si nous étions contents de la prépondérance qui dégainait contre nous il y a dix ans et qui supprimait V Univers.
Nous lui rappelons, puisqu'il paraît l'oublier, que celte suppression, qui s'opéra sans opposition de sa part, fut précisément le fait des avocats. M. Billault n'avait rien de militaire. Mais quand il eût été général, est-ce que, pour avoir été pillé une fois par les geadarmes, nous devons désirer de l'être encore par les voleurs?
Nous ayant fait cette mauvaise querelle, le Journal des Débats glisse aux affaires du Pape. Il trouve étrange que nous interpellions le nouveau cabinet sur la question de Rome. Elle manque, dit-il, <ï actualité. C'est son avis, ce n'est pas celui de tout le monde ni le nôtre. Nous ne sommes pas de ceux que la joie de voir les garibaldiens à Rome consolerait de voir les Prussiens à Paris.
Dans les circonstances actuelles, le Journal des Débats devrait nous pardonner cette faiblesse. Rome ne nous est pas seulement un regret, elle nous est un exemple. Nous admirons le Pape, abandonné et désarmé, se refusant néanmoins tout net à accepter un modus vivendi avec ceux qui se préparent à l'envahir. Nous souhaitons qu'on imite cette fermeté romaine, et nous attendons que le Journal des Débats
en donne le conseil, malgré l'ennui de se voir une fois d'accord avec nous.
15 août.