TESTAMENT D IN JUSTE
On a bien voulu nous communiquer quelque* feuillets trouvés à la Roquette, dans la cellule de M. l'abbé Bécourt, curé de Bonne-Nouvelle. Ce sont ses dernières pensées et ses adieux. Les bourreaux, qu'il attend de minute en minute, ne paraissant pas, il *e hâte d'ajouter un nom qui pourra toucher ou même servir quelqu'un. À ces souvenirs, il mêle des recommandations brèves, quelques avis, des expressions de son amour pour Dieu. Ce sont les pulsations de l'agonie d'un juste doux et aimant, sévère à luimême, plein de foi, craignant Dieu. Au moment de paraître devant le Juge éternel, il s'examine d'un regard inquiet, mais néanmoins confiant. 11 va à la justice, mais aussi à la miséricorde. Cor contritum et humiliatum non despictes.
Nous nous permettrons de donner quelques extraits de ce testament soudain, écrit sous le couteau. Dans sa simplicité et son désordre, il vaut la plus haute méditation sur la mort. On ne l'estimera pas moins comme peinture vivante d'une Ame chrétienne et sacerdotale. Nous l'indiquons h tant d'hommes qui, avec plus ou moins de science et de conscience, se
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font les adversaires, nous ne voulons pas dire les diffamateurs, du rlergé.
Voilà un pauvre prêtre que Ton va tuer. Il n'a rien à attendre des hommes qu'une mort cruelle et immédiate. Il n'espère du monde aucun secours, son humble mémoire n'a besoin d'aucune réparation. Désonnais son unique affaire est avec Dieu. Il se confesse à Dieu. L'on ne peut imaginer des conditions de sincérité plus entières.
11 a vécu cinquante-sept aus, il a été curé, il a gouverné en dernier lieu une grosse paroisse. Voyez de quoi il s'est mêlé dans le monde, ce qu'il a fait, ce qui l'inquiète au dernier moment, de quelle façon il reçoit cette cruelle et injuste mort. Il nomme tous ceux ((d'il a connus pour h*s embrasser une dernière fois; pas une parole, pas un mouvement de sou r<i*iir contre per>oiinc ! 11 tombe assassiné comme s'il mourait par accident et ne solide à ceux qui le précipitent que pour leur pardonner.
Voilà le prètr»*.
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J'ai désiré être curé de Paris; c'est l'occasion de mi non oeet un ancien pressentiment et peut-être une punition.
Adieu à Dugny (où il a voit été curé), auxpaurres comme iui riches. Croyez tous à mon amour en Notre- Seigneur Jési;*- Christ. Adieu ! Adieu !
Je demande pardon à Dieu, A ma mère de mes manquements, A mes frères et su-urs de mes duretés, A mes paroissiens de mes défauts, A mes pénitents que j'ai mal dirigés.
Je demande pardon de certaines oppositions que l'amour* propre m'a luit faire à l'égard de deux curés, M. Hanicle et 31. Bu rot.
Je demande pardon à tous ceux que j'ai offensés et scanda* lises.
Je pardonne à tout le monde, «ans le moindre mouvement daniinusité. A cvnx qui, par imprudence, auront nreamoim* mon arrestation et ma mort.
Au ci« 1, parents et amis, au ciel ï
P.irdun, mon Dieu, pardon!
Que «eux qui sont eninmU aujourd'hui, demain «oient d'.t«rord, et que Paris dcweunc une ville de frères qui s'aiment en Dieu.
Tout a Dieu, tout pour Dieu.
Que Dieu soit aiuié. — Que mes paroissiens croient à la parole d'un mourant.
Je me piètre comme si j'allais monter à l'autel.
Que l'on di>e lien aux j m roi «sien sj et a ui entants que je meurs pane qm* j'ai voulu rester à mon devoir et sauver les Ames en ne quittant pas Paris.
Que tout le monde prie pour moi.
Dieu merecevra-t-il?
FAIU6 PERDANT LA COMMTJBE. 4SI
Je prie que l'on me recommande partout aux prières. Priez pour le repos de l'Ame du malheureux curé de Bonne-Kouvelle, si pécheur en sa rie.
Au commencement de nos malheurs, au mois de septembre, je m'étais offert en état de victime pour Paris. Dieu s'en est souvenu .
Que mon sany soit le dernier verte!
Mgr Daveluy, mon sous-diacre à ina première messe, a été martyrisé en Corée, en 1865.
Je meurs dans la fui et l'union à la sainte Église. (Jue Dugny, que Put eaux se convertissait 1
Je pardonne, je pardonne avec Jésus Christ en croix.
Je meurs à 57 ans «t jours.
Si j'en avais profité!...
Ce vendredi, M mai, i hewes al dearie du soir.
Je meurs dans l'amour de non Dieu, avec soumission A su tolouté sainte.
Confiant dans Marie, Nom tl* tant mes péchés.
Mes parents, nx* amis, mes paroissiens et même ceux qui
ne nu» connaissant |*a* personnellement, priez pour moi* Je prierai jnnir vous si Dieu me met dans son saint Paradis.
Depuis deux jours, je fais mon saerifice d'heure en Heureux celui que la fui soutient dans ce terrible ment!
Dieu veut toujours notre plus grand bien pour l'éternité.
S'il uvait voulu faire un miracle
11 ne l'a pas voulu.
Tout à sa volonté !
In do mes confrères ayant une sainte hostie, j'.ii nrçii • f.nnmunion on viatique.
Mime date.