‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 138 sur 150 · CC1I · texte numérisé non relu

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& juin.

LA SIATI'K I»E VOLTAIRE.

Le Siècle raconte pieusement les disgrâces de sou Voltaire a beaucoup éprouvé par les projectiles. » La rédaction est solennellement drôle.

In boulet plein, dirigé s.ni^ «Imite euntre la barricade pistée à K00 mètre* environ «le la st. i lue, l'a frappée à la hautrw des bras et lu traversée «le jurt en part. Un éclat d'obus a ra* le bras du fauteuil sur lequel est assis le patriarche de Permet . Le piédestal, lui aussi, a soullert. On auure que les dégâts mlasîniiués par la eanontiade pourront être réparés, et i)u'*i l'aide de nmntfoii pourra houchn ht trv»s île façon a rcn-ln- ■*«»m .i<p.it primitif :i ci* mnmnnenf.

Le Siècle se chargera probablement de réparer les dommages qu'il signale. C'est lui qui a monté le « monument, » c'est à lui de le tenir en bon état. La République ne manque pas d'autres trous à boucher.

Du reste, en raison de l'origine de la statue et des circonstances mémorables qui ont suivi son érection, nous croyons qu'il serait à propos d'enlever ce zinc estropié, et de procéder à son enterrement civil dans le prochain égout.

Pour la statue de Voltaire, Joseph de Maistre voulait la main du bourreau. Il ne s'en est pas fallu de tant ! On y a vu celle du prince des cacographes assisté de plusieurs milliers d'imbéciles, et tous ont eu fortement sur les doigts et ailleurs. Quelles patoches, quelles taloches, quels coups de fouet tombant partout !

Certes, la ville de Paris n'oubliera pas ses noces avec Voltaire, le festin de cheval, le concert d'artillerie, l'entrée des parents de Prusse, la ronde bel le villoise, le bouquet versaillais, la carte à payer!...

Puisque enfin la triste épousée a pu chanter le couplet final : Allez-vous-en, gens de la noce! ce serait le moment d'appeler le balayeur et de lui conGer les restes du Voltaire cassé. Voilà, selon nous, où l'on pourrait employer le bourreau, par manière de distinction et pour rendre un dernier hommage à celui que le Siècle nomme toujours « le patriarche de Ferney. » Le bourreau vient quelquefois place de la Roquette, c'est dans le quartier. A son retour, il prendrait cela, et il ferait ce qui convient.

Telle est notre idée, à nous. Ce n'est pas que nous

y tenions, ot l'idée du Siècle, qui consiste à boucher les trous, peut se trouver meilleure. En somme, Voltaire commence maintenant à preudre sa beauté. D devient sérieux, et il sied dans Paris, non moins que les demoiselles Carpeaux. Les demoiselles Carpeaux font voir si nous savions danser, le Voltaire -Havia, que Ton peut nommer aussi le Yoltaire-Xapoléoa, fait voir si nous savions rire. Il n'est pas seulement monument, il est document, a pièce ù conviction, * disent les gens de justice.

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