‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 142 sur 150 · MÊME SUJET · texte numérisé non relu

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Les journaux libres-penseurs et révolutionnaires n'ont qu'un même cri de foreur contre les pétition? des évêques français touchant la situation de Rome. Ils trouvent, pour eux, que cette situation est bonar parce qu'elle leur semble faite pour en finir avec la Papauté. Us ne veulent pas que la France intervienne sous aucune forme, d'aucune façon. Us lui montrent son isolement, sa faiblesse, sa pauvreté; ils lui font entendre qu'elle aurait encore quelque chose à payer, qu'elle pourrait encore être battue. Le Journal de» Débats cultive ces deux arguments. Au fond, ils estiment que Rome est à sa fin ; que le Pape, prisonnier là, serait bientôt délogé de là, et alors... Bref, ib n'ont jamais tant espéré. Il leur semble bien qu'il me faut plus à Rome qu'un peu de pétrole, et que tout sera dit.

Cette fureur nous laisse un fond de sécurité. D e*t vrai qu'elle gronde terriblement et qu'elle revêt un très-redoutable caractère de folie. On s'effraie de voir re feu et cette fumée de blasphème jaillir vers Rome, de Paris à peine éteint, et les leçons de Dieu demeurer à ce point inutiles. Mais enfin nous avow nos patentes d'assurance, et il nous reste une chance,

— une chance de hasard,siYonveut. — De même que le feu de Paris a brûlé de si forts édiGces politiques, dont deux théâtres, et une si grande quantité de papiers administratifs, sans toucher aux églises, il se peut que le feu prenne à la société européenne, fasse sauter tous les trônes, tous les hôtels de ville, tous les théâtres, toutes les banques (à cause du fil électrique qui relie ces belles institutions fatiguées) et respecte néanmoins la Papauté et les autres dogmes. Pour parler franc, nous y comptons. Après tout, ce ne serait pas la première fois. Il y a quelque chose qui garde la Papauté et qui ne garde pas le reste. Le reste est fait pour s'en aller. Plusieurs en ce monde, depuisdix mois, ont pu entrevoir que les nierveillesde la civilisation ne constituent pas le strict nécessaire. Le passant du pont des Arts ou du pont Neuf s'habitue a ne plus voir les Tuileries dnns leur ancienne pompe. Plus de conseil d'État en quai d'Orsay, là où Rarnche et M. Vuitry furent si beaux; plus d'Hôtel •Ir Vill»» ni prî've, où M. Ilaussmann s'amusa tant; pliisdr Porte Saint-Martin, où les tilles du peuple plus • m inoins nues, étalaient lcssplendeurs et répandaient 1rs parfumsde la flore parisienne: c'est dommage! Est- «•«• qu'il faudra bientôt chercher aussi où fut le dôme ik l'Institut? Ce sera dommage, mais l'on s'y fera ••iirore. On peut vivre plusieurs années sans entendre U* rapport annuel surles prix de vertu. Personne n'est mort d être resté un temps sans lire le Journal des Défaits ni le Siècle ; combien se désaccoutumeraient volontiers de n'entendre plus M. About crier son hamiîzqui glace et son merlan qui arrive î

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Si la flèche de la Sainte-Chapelle et le* tours de Notre-Dame disparaissaient, alors ee serait séries; quelque chose d'essentiel manquerait à Thoriioo. Alors Paris, deviendrait un lieu trop *»?Wmr d'oê l'on s'éloignerait en train express.

Sur remplacement de ces édifices détruits, le» communaux, érigeraient leur MontretouL 0e là il* bombarderaient la France, et la France à son tour ne serait plus logeable, à moins d'immenses travaux d'assainissement. On s'y mettrait tout de suite. Os construirait en France autant d'Églises qu'il ft été, depuis 1789, élevé d'inutiles [bastilles dans Paris.' Or, toutes ces églises protégeraient Rome, seraient autant de forts détachés pour empêcher l'ennemi de prendre le Vatican.

Que si, néanmoins, les communeux s'établissaient au Vatican, certainement ce serait un moment critique. Grande baisse sur tous les marchés ! il y aurait profit de mourir. On reverrait le temps de l'ancienne Home, quand la mort, au rapport de Pline(si je ne me trompe), était « le plus invoqué des dieux, » plus invoqué même que l'empereur. Mus nous autres catholiques, encore conserverions-nous la Papauté et les autres dogmes, et nous verrions la vengeanee de Dieu. C'est une très-belle chose, raffermissante et même consolante et douce. Qui contemplera la justice de Dieu se désolera peu de ne plus voir d'empereur stable, ni de communards restaurés, ni d'histrions tranquilles et gras. Puisque voua na Toula pas vivre, périssez, hordes stupides !

Si nos li)>res~peiiseurs y ti^nwAnf^ |g

passera par là. Ce sera le creuset. L'or n'a rien à craindre du creuset. Il en sortira plus or. L'alliage n'a pas le droit de demeurer avec l'or éternellement. La justice d'ailleurs veut que la société réponde ou du concours qu'elle donne à l'erreur ou de sa lâcheté à la subir. Matériellement ou par le délire de l'opinion, les libres-penseurs révolutionnaires sont les plus forts; nous ne pouvons les empêcher d'allumer l'huile d'Amérique, dont ils ont dès longtemps enduit les murs. Qu'ils en fassent l'expérience.

Us paraissent déterminés. On ne voit plus de différence entre le journal de M. Cernuschi, l'ex«Jtalien, qui se proposait en 1849 de faire sauter la coupole de Saint-Pierre, et le journal de M. Bertin, ce bibliothécaire, cet académicien, ce sénateur, cet ambassadeur des régimes précédents. La haine de Rome produit son phénomène accoutumé. Le fanatisme semble plus acre et plus fou dans le Journal des Dé' bats que dans le Siècle lui-même ; le conservateur voltairicn momentanément amaigri dépasse le mazsûnien engraissé.

Du temps de Louis-Philippe, pour enlever le solde des expéditions dynastiques attaquées sottement par l'Opposition, le Journal des Débats disait que la France était assez riche pour payer sa gloire. Aujourd'hui trouvant que la France, ayant payé sa gloire, est devenue trop pauvre pour payer sa foi, il dit que, si l'on s'expose à une expédition romaine, les congrégations religieuses, qui seules s'y intéressent, doivent en faire seules les frais, qu'elles sont assez riches pour cela, gt 'elles on r des milliards !...

On reconnaît les raisons de Protot, de Rigault, Je Johannard et de Gaillard père. Ces raisons eut justifié dans le peuple l'arrestation et le massacre des « otages. » C'est du pétrole pur, c'est l'humiliation de la raison humaine. Quand on pense que le journal qui descend à de pareils arguments représente le sommet du parti conservateur, qu'il est académicien, bibliothécaire, banquier, député, sénateur, ambassadeur, on demeure convaincu que cette société veut périr.

Entre ces deux compères, le Siècle et le Journal des Débats, s'intercale M. About, officieux de M. Thiers. Nommons-le.

Dans le tableau de la Passion du Christ, au moment de la valetaille, les vieux peintres ont osé représenter un personnage qui figure assez bien ce que nous appelons le « petit journal. » Il tire la langue, et il fait pis : il montre au divin Supplicié la partie de son individu où les gens de sa sorie méritent qu'on leur réponde. Par un malheur de son es* prit trop sur de ses grâces, M. About, dans l'histoire de Pie IX, s'est adonné à faire ce personnage. Trouvant sans doute le moment opportun, il reprend sa vieille habitude de la Question romaine, qui obligea de le chasser du Moniteur. Le voilà donc eu scène et en posture, absolument comme sous l'Empire. Son intervention lit beaucoup de tort à Napoléon III. Un ••stima que César avait de trop' fâcheux confidents, et que M . About if était pas un homme à montrer, vu la façon dont il se découvre. Nous ignorons si la reprise de M. About fera beaucoup de bien à M. Thiers.

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Une des plaisanteries de M. About consiste à clin» que Pie IX a le mouvais a>ily en d'autres termes, qu'il jette un sort sur ceux qui le rencontrent. Beaucoup de gens dans le inonde ne s'en sont pas aperçus; mais, pour .M. Ahout, il semble avoir raison. Depuis qu'il a rencontré Vie IX, c'est-à-dire depuis sa Question romaine, on ne peut nier que M. Ahout s'est fait chasser de beaucoup d'endroits : des cabinets de lec • turc, des théâtres, de divers journaux, toujours avec applaudissements. C'est un fort. 11 est devenu partout monsieur de Trop, jusque chez h» prince Jérôme. Napoléon III ne l'a pas fait préfet, et M. Tliiers ne h* fera pas ambassadeur, ou les autres ambassadeur» s'en iraient. Tirons le voile sur cet impv.dent.

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27 juin

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