‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 143 sur 150 · I.K siÈxu · texte numérisé non relu

I.K siÈxu

De détestables opinions dans un détestable français rien de sincère au fond ni île franc dans la forme, voilà le Sirtle. Ile journal est fait pour entretenir trois sortes de rouille : celle de l'esprit, celle du cu-iir, celle de la langue. Par lui même et par la nature absolument inorganique de son public, il défit* toute argumentation. 11 échappe au raisonnement comme un sourd, au fait connue un aveugle, et il réi. 31

4h2 PARIS PFNDA>T LA COXMTNC.

pand l'art de ne coin prendre rien. Sa fortune e>l d'avoir créé en pleine France un Paraguay d'endurcissement intellectuel, ou nul ne pénètre que lui.

À Tentrée de ce monde invraisemblable toute lexique est désarticulée, toute lumière s'éteint. Onj entend la langue du Siècle, aucune autre. Il n y a pas par là de langue ni de pensée; il n'y a que de l'a et il n'y en a que pour le Siècle. Cet éeho est mémoire. 11 a ignoré ce qu'il disait, l'ayant dit, il l'oublie. — Vire Falempin! — Vive Falempin.— A bas Falempin ! — A bas Falempin. Quelle qne soit h parole que le Siècle prononce aujourd'hui, l'écho la reçoit et la rend ; il recevra et rendra de même la parole contraire* «pie le Siècle voudra prononcer demain. Parce merveilleux outil, Havin se fit députe et millionnaire. Mais pour manier ce merveilleux Mitil, il faut être un équivalent de lia vin.

On a dit que n'importent quels écrivains, même religieux, devenant propriétaires du Siècle, n'auraient pas <li' peine à t rançonner complètement l'opinion de ses élram:es lecteurs; qu'il i ie'tf a ud mit que conserver le titre <lu journal et I entretenir dans une certaine platitude générale d'idée et de langage; qu'alors personne ne s'apercevrait de rien, et que l'on finirait par le* mener à confesse. Oui ; mais ils mourraient tous. Ils mourraient anémiques, sans savoir quelle privation d'engrais les étiole et les tue. Or tout cela est électeur, et le Siècle verse tout cela cTune seule masse dans les scrutins. Que faire?

Refusant de perdre le temps à discuter contre le Siècle, la presse le devrait juger. On le laisserait bon

l'ARlH PLMJA.M L\ ioMMIXK. 483

«le la «IÎ9f*tis>ii»ii, «'Oimne incapable: \ous manquez trop d'exactitude et Je littérature. Vous avez trop besoin du démon roui^e et \uus en avez trop peur. Vous êtes trop «lu cote «mi vous prétendez n'être pas. Vous ne représentez qu'une débilité contagieuse de l'opinion qui est le mortel fléau de notre temps. Restez dehors, en attendant que Ton vous fasse des lois, llar entiiK Ton ne peut souffrir que l'espèce humaine de\ienue telle qu'il vous la faut.

Dans le fait, rela est en train. La presse parisienne s'est coalisée contre le Siïcle, par mesure de salut public. En fare île ce feu et de ee pompier qui répand •hi pétrole, les journaux font la chaîne. Ils s'entendent ptiiir ne laisser passer aux élections que des honuiii"» avee qui I*«»ii puisse au iimins discuter, et qui ne *«»i«-nt pa> iiitériruivmeut ilecidés à laisser re*- *aisir la torche, peut-être à l'allumer eux-mêmes.

Non* \ *«»iiiuies t«»u>. rhai'uu ahan«l«»unaut quel- • |in* elii'-r, et donnant aux autres ce t;age de sou re*pfi-t pnur l.i liht rfi- i-t de "••»ii dc\tiuemeut à la société. On m- li-\i- «i'iitr«* li fiTiM-iif «ommuueuse «'mhiiiiv «»n -"iM !e\i* « niiti»* 1 i:i\.i">i<iu. iVut-étre «lue «e> sacriti'»-^ ieripp»qut ■». n«»u> faisant eunn. litre ce

que ft«»U^ d«\i»II*» absolument accepter h's Ull> des

autres. n«.u- ei.ir^imnt le t« nain < oiumun, de façon que fi*»!!* v pui^i«»ns hàtir quelque i h«»se. Un parle d'un e<**ai «le la République. L'essai est assez difficile pour «pie imus écartions «l*ah«»r«i «e qui certaine meut mine le tt nain «t probablement le ferait sauter.

Point «le |n-t ptleiix : « e pr« gramme n'a rien d'exilant. Le Nift/enVn veut pa> et nous menace tout

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tranquillement de la « guerre civile, » s'il n'a pis m République, au moins semi-pétrolière.

La Commune accusait le Siècle de pencher poar Versailles; il répondit par la plume de M. Chauder: Je ne penche pas. C'est trop d'impartialité. La justice et l'intérêt public étaient d'un côté ou de l'autre; il fallait pencher de ce côté-là, au risque de tomber. Chaudey tomba, le Siècle croula sans avoir penché. Quant à M. l'ex-Italien Cernuschi, l'on ne voit pu qu'il se repente d'avoir, à Rome, penché à faire Muter Saint-Pierre, et plus tard, penché encore très-fortement vers ceux qui firent sauter la caserne Serristori, où furent écrasés vingt zouaves. Quel moyen de nous entendre avec des concitoyens qui avouent ou de telles stabilités ou de tels penchants?

Un monsieur « modéré » nous dit, en son affichr jaune , qu'il est républicain, et que ceux qui ne pensent pas comme lui sont a ou des insensés, qu'il fuit écarter, ou des conspirateurs qu'il but rrcia. » Cr monsieur, qui nous colle cela sur nos murs rongé* par le feu de la Commune, est un monsieur que lr Siècle ue répudie pas, mais peut-être n'accepte pas, parée qu'il est « modéré. » D'autres vont mieux an Siècle, sans peut-être le contenter. Il y a M. le pasteur Coquerel, le même qui, aux dernières élections, s'était contenté de crier son nom, et qui, par ce procédé simple, recueillit 4.*>,000 voix dans Paris amusé. Cuquerclivono!!! Aujourd'hui, M. Coquerel se développe. Il ne s'arrange pas de M. Tkiers, il le tolère. Est-ee assez pour le Siècle? On ne sait pas. Le Siéck n'a<lmt't qu'un point : c'est que ceux qui ne restent

pas comme lui, entre Versailles et la Commune, sans pencher, seront coupables de la prochaine guerre civile.

C'est donc décidé, et le Siècle se déclare plus que penchant pour la guerre civile, non-seulement contre la monarchie, mais encore contre la République de Versailles si elle se laisse suspecter de pouvoir tourner à quelque forme de monarchie. Il faut au Siècle une forte et visible dose de pétrole dans les rouages de l'Etat, sinon il s'insurge !

Nous croyons qu'il convient de braver absolument i^ette menace. Le seul danger que l'on puisse courir ♦»n écartant les candidats du Siècle, est de voir le gérant du Siècle traduit en police correctionnelle et condamné à quinze jours de prison et 500 francs d'amende. Ses moyens lui permettent d'affronter ce martyre ; mais s'il était battu, nous nous porterions volontiers garants de sa tranquillité et de celle du pasteur (loquerel aussi. On ne devrait même pas s'étonner si tous les échos «lu Siècle venaient à crier: A bas Falempin !

Le péril pourrait être plus grand si c'était la liste du Siècle qui passât. Nous disons plus grand pour la République.

En 1850, Paris avait un député à nommer. Les conservateurs, dans un esprit de conciliation, proposèrent un fort honnête homme, insignifiant politiquement, nommé Leclerc. C'était un petit bourgeois de Paris qui, aux journées de juin, ayant eu son fils tué à ses cotés sur les barricades, alla chercher son autre tils et revint avec lui s'exposer à la mort. Les

'8f> PAKIS I'LM)ANT LA tOXML&E.

journaux socialistes déclarèrent que ce bonhomme /•fait monarchien, qu'il voulait ramoner la dime, le droit «l'aînesse et l'inquisition. Le suffrage univers*! lui préféra l'illustre et austère Eugène Sue. Ce butor épicurien, auteur de livres sales, l'emporta de dix mille voix sur l'honnête homnia du peuple, soldat de Waterloo et de juin. Le Siècle en pleura, et ce fat une des sources de l'Empire.

58 juin.

M. Loyson est devenu à Rome le correspondant du Journal f/rs Drltata où il s'ohstine à s appeler le /V/-/' Hyacinthe, l'ère de quoi, maintenant, hélas' Et tils de qui? .Mais ce titre de Pcre est son principal mérite au Jnurnnl des lh:b*its. C'est la ■ réclame. » Autrement M. Loyson n'a que l'esprit et non les qualités de l'emploi. 11 n'est point alerte, point renseigné ; il a j:ardé sa vieille trompe oratoire, pesante. pleurard»», i//.w////vr, qui produit plutôt aujourd'hui un ellït répugnant. Cet extravasé conserve comme un reste de tonsure ; il insulte et diffame l'Eglise à mains jointes, il distribue des vo m pi iiuent s traîtres et odieux à d'anciens amis qui eurent le tort, si la charité peut avoir des torts, de ue le point éloigner assez tôt. Tout cela compose un liquide affreux. Irf* 7/7/*//«. protestant à peine déiste, en avale de forte*

PAAIS PKMttM T LA COMMUNE. 187

lampées, à cause de ce reste de rohe inouasti<fue'don la lourde llébé se pare. C'est si lion, le fjros liol d'apostat! 11 semlde au TV/H/AVtfue, depuis le fière Martiu, rieu de si pur ne lui a été versé. L'on \ eut douter que le Journal des Débats eu fa*<se la même estime. Il jujje sou homme et ut1 remploiera pas Ioiif;t<*uptf. Ainsi jadis, cédant au torrent du ^oùt décavé, le Journal #/#** ht hais s'attacha Kup'ue Sue.

L'illustre Mourut, secrétaire de j'illustre Hocht*forl, vint à Paris du séminaire où ù avait été élevé par 4*Iiariti*9 avec des lettres de sou évêipie, et ollrit sa plume aux journaux religieux . I Ui ne l'a^va point. Il avait un ciuniucncemeiil d'odeur. Alors il s'irrita tout a fait contre la religion; il jura qu'elle euteudrait parler de lui. Pour se donner un caractère, il parut dans l**> cale* ilu «piaitier latin re\étu de na soutane et odile duu l»eret Ideii. (ici ornement de tête le lit parvenir jusqu'à l'aiiticliaiulire de Hochefor I, où la police enliu le pincri. Il y a de ce jeu dans

le reste de l 'îtouriiclles de\otr> du sieur LoVsoIi, hoidisant lli/m int/f. /V/e ||\ aciuthe, rYsl le béret Ideu de I ingénieux MmiiimI. M. Lu\>nu n est plus carme, ni calholiijiie; uiai> il l.iut ipic l'un vnie «pi'il le fut, sans i|ti« iî >a littérature manquerait de sel. et l'éditeur ne ferait pas m: s frais.

Donc. .M. Lovsuu, sorti de l'L^lise il u'\ a pas encore deux an*. sVst fait iiloiue à parler des rhosoB de Home et île IM^Iisi- diius le Journal tirs Ihbtits, lequel déteste llniui» H ILylise en Piemoiit.iis, cesl-à-dire plus ipie ne tout les iih-l'eduli'S ordinaires. Les mort* vont \ite et de>reiideut loin, in pru/uwlutsi! Ce mort

«dit de Rome, le 22 juin, fête de saint Paulin, évèque et confesseur. S'il lisait encore son bréviaire, il aurait pu faire de salutaires réflexions en méditant l'office du jour. Mais il ne lit plus ces choses-la ; il lit les journaux, qu'il a probablement toujours trop lus, et qui se sont trouvés plus forts que lui.

Il écrit que les choses vont très-bien à Rome, et sont très-bien telles qu'il les voit ; que le Pape n'est nullement prisonnier, qu'il est au contraire trèslibre, trop libre même, vu les excès qu'il se permet contre quantité de bons prêtres qui hysotmermtnt, s'ils n'avaient peur. Il oppose son témoignage à celai ■les ■ soi-disant journaux catholiques, » lui, soi-disant Hyacinthe. Il atteste aussi, toujours en vertu de sa vertu, qu'il ne faut plus de pouvoir temporel, quoi qu'en disent le Pape et les sanguinaires éréqne* français, lesquels osent bien risquer d'introduire une Kiierre pour un pareil sujet. Enfin, prenant son vent et son élan , eu son plus beau style de Notre-Dame, il jure que c'est un même crime d'abattre la colonne et de rêver le renversement de l'unité de l'Italie. Le Journal ries Débats avait déjà dit ces belles choses, mais sans béret lileu.

Nous n'avons jamais eu ni grande ni bonne idée •lu I'. Hyacinthe ; toutefois nous ne connaissions pas le Loyson qui restait dessous. Le voilà trop visible. Il nous surprend. Quelle brutale et insoupçonnée puissance de la haine! s'étaler en pleine Rome dans la condition où il s'est mis, dans le temps où nous •"minis; infliger à Pie IX sa présence impudente, lui jeter ces insolentes pauvretés! Saint Vincent de

Paul, après avoir plusieurs fois écouté Saint-Cyran, disait : On ne se convertit presque jamais du péché de l'esprit.

Ce qu'il y a de particulier dans ce péché-là, c'est qu'on peut le commettre sans avoir d'esprit !

Le difjne M. Loysou, s'épanchant au sein du coudifjne Journal des Débats, nous fait connaître une très-belle pensée du I1. Curci, exposée par cet émineut religieux, aussi éminent publiciste, dans la (Vviltà cattulicti.

La voici :

« L.i Fr.uirt; rendue à la \ie et, comme, nous l'espérun% redevenue chrétienne, lit* «l«'\r<t pas chercher hien loin une entreprise vraiment dipiie d'elle. Dieu l.i lui a préparée selon ses lins, nuM p.is tant |Mnir quelle puisse en apjwler île la déloyauté, île l'injure et de 1 ingratitude dont elle a été payée par • eux ijui lui devaient tmil, que jMHir qu'elle reprenne sa place trlnrieiise a la tète des nations catholiques, en commençant par régler se* eornptes a\e<- les insolents contempteur:* des droit* conféré* a ITl'Iisc par Pépin et UiarleiiM^rnc. »

Nous n'avons pas besoin de dire que cette pensée horrifie complètement le soi-disant Hyacinthe, mais ♦•Ile nous plait complètement. Elle est chrétienne et politique; elle dit très-bien ee qu'il faut faire, et c'est i*ik qui sera fait. In temps viendra, et il n'est pas loin, «m IVnt reprise «h» relever l'ieuvre de Pépin etdeCharlemaune parait ra plus grande, plus glorieuse, plusutile ej même plus pressée que celle de relever la colonne.

Ce passade du 1\ Curci est tout ce que nous voulons citer de la lettre du puldiciste Loyson. Nous sup-

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primons le reste, afin de ne calomnier aucun de ceux qu il noinme, et qu'il appelle ses amis.

Les amis du 1\ Hyacinthe le pleurent et ne connaissent pas le puhliciste Loyson.

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