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8 juillet.
SI R LA PROCLAMATION DU COMTK DE C If A M BORD.
Nous n'appartenons pas à ce que Ton appelle le parti légitimiste, mais nous sommes partisans de Ja monarchie chrétienne. A ce titre, Henry de Bourbon, sans être notre chef, est, si Ton veut nous permettre le mot, notre homme* ^ l'homme véritable qu'il faut à la monarchie et sans lequel il n'y aura point de monarchie chez nous.
Kt comme la monarchie chrétienne est certainement la meilleure et même h* seule forme acceptable de la Hépuhlique, laquelle ne peut vivre et durer que si elle est chrétienne, et devient ainsi la république de tout le monde, llenrvde flourbon est notre homme encore «le ce enté- là.
lloi de France, c'est-à-dire, par les réformes de la décentralisation, mi t/rs l-nmcvs^ ou président héréditaire <lrs rr/iuhliipivs françaises, c'est la même chose au fond. Aucun»' iinniarrhie n'est praticable sans le |>lu> lai\ue e>sor des libertés publiques et sans la par-
ticipatiou républicaine «lu peuple au gouvernement et à l'administration ; aucune république n'est possible, n'est ré|»uratrirev n'est durable sans la présidence, héréditaire. De quelque façon que Ton s'y prenne, il faut arrivera donner premièrement au pays une tète permanente. Sans tète permanente, il u'est au dedans qu'anarchie, tumulte et dictature de hasard ; en dehors, que faiblesse et risée.
Or. .s'il s'agit de trouver uni1 tète et de satisfaire à celte urgence, l'on peut avoir des sentiments personnels et de parti fort différents. On peut préléref Orléans, Iloiiaparte, Thiers avec sou indispensable entourage, ou même lllauc, Itlanqui, I)omhro\vski, avec le rote et la suite. Mais n» sont au dedans des anarchie et des dictatures, et bientôt, au dehors, des risée^. L.i raison générale doi^nc Ileurv de iiorrlxin.
(/eM lui seul qui |ieul réunir toutes les frat: lions malheureusement si divisées du très-grand et trèstenace parti monarchique et leur assurer la victoire. t/est lui .srui eiici>re qui peut rallier dans une vaste nicMire les ïM'rtinii* honorables et sérieuses du |iarti republii .du, et >.itisj.(ii-i' ,i ri* qu'il v aile juste au
h»lld do a>pir<ltiiilis dc>ol'dt»nuee> et renversées illl
s«iciali>nii'. (iar culiu, il ne s'auit pas seulement, connue ou .semide h* croire à \ cisailles, de réorganiser r«itiiuiiii>tiMtii»u et de reparer ce «pie les l'rus- Mi'ii^ ri lo cni.iiiiitiitMix ont bri>c et uàte. H faut réorganiser ou plutôt organiser â nouveau les institution*», \,s imul:<, les individu:», même les aines. <!'ol la « 1 1 1«- It* urainl dommage a ete fait, bien avant les l*ni»h n> ; c'ot araii.sf de ce dommage ancienne-
ment réalisé que les Prussiens ont pu venir; c'est «le ce désordre que le socialisme est né. Aucun parti n'est seul capable d'y porter remède. Il faut qu'une tête préside et puisse employer tous les bras, et en même temps il faut que cette tèf e ne soit pas une dictature. En dehors de Henry de Bourbon, où peut-on espérer de trouver cette tête?
La proclamation que ce prince adresse aux Français, selon son droit et le nôtre, est plus libérale et plus pratique mille fois qu'aucune parole politique qui ait été adressée au monde dans le cours de cette année 1870-1871, année de catastrophes et de professions de foi. Nous n'en exceptons pas la proclamation de Napoléon III partant pour l'Allemagne et lui an» nonçant les principes de 89 et de 92, ni celles de Victor-Emmanuel aux Italiens, ni celles de don Amédé aux Espagnes, ni celles de l'empereur Guillaume aux Teutons, pour leur intimer que l'empire est fait, c'est-à-dire que la Prusse les a conquis. Toutes ces pièces ont promis aux peuples des biens qui ne leur sont rien moins qu'assurés. L'épée les a signées, l'êpée les a déchirées.
Nous louons et nous honorons hautement la proclamation de llenrvdc Bourbon. Elle est franche, hardie et loyale. Il dit ce qu'il veut et propose le pacte l'omme il l'enteud. Rapprochée de ses précédentes déclarations, elle est digne d'un monarque chrétien. (l'est ainsi que le chef do la Maison de Bourbon pou* vait frapper à la porte.
Il répond, comme il lui appartient, aux bassesses ^<>tt«ks et abominables que les ouvriers de plume et les
l'AKIS PENDANT LA COMMUNE. 49.1
demeurants de la Commune n'ont pas rougi d'afficher à l'occasion des élections. Le gouvernement a laissé commettre cette infamie ; il a permis aux pétroleux de semer cette graine de jacquerie, peut-être même les a-t-il approuvés. Cela n'est pas indigne du fond de sa pensée et du reste de sa politique. Henry de Bourbon s'est fait l'hoiacur de déchirer ces ignobles affiches ; la conscience publique l'en remerciera. Ce sera son métier, s'il est roi, de ne pas laisser outrager et dillamer les citoyens ni la France.
11 veut ui.rder son drapeau. 11 en a bien le droit, et c'est son devoir. Les traliquants protestants de Hollande marchaient sur la croix pour trafiquer au Japon, lu homme qui aspire à porter la couronne de France et qui en conserve encore l'éclat sur son front ne commence pas par une apostasie. Il aurait pu ne point prendre de drapeau du tout. Dans sa main et dans la main de la France, un fer de lance pouvait su f tire. S'il veut un étendard, qu'il porte le sien. A ne pas remonter plus haut, le drapeau qui fut plante sur le* minarets d'Aluer vaut celui qui descendit de la tlt'chc île Strasbourg, qui tomba des forts de Paris, et qui se recula de Home.
Tel est, en abrégé, notre sentiment sur la proclamation de Henry de Bourbon. Nous ne sommes pas île ceux qui se cherchent un roi. Nousavous notre roi depuis longtemps, le Hoi-Christ. Nous savons où il demeure. II a droit sur notre volonté, sur notre cœur, sur notre sang. Jusqu'à et* qu'il nous donne un prince qui lui fasse serment et qui reçoive son sacre, tout autr»* roi eu ce monde ne sera pour nous qu'un col-
lecteur d'impAts. Nous ne l'aurons pas fait, nous ne le déferons pas. Nous serons fidèles et loynitT comme on l'était dans les catacombes; et quand le gouvernement changera, nous ne pleurerons pas.
Mais, pour autant que nous pouvons et «pie nous avons à choisir, Henry de Bourbon est de beaucoup le collecteur que nous pn ferons, l'homme à nos yeux le plus dipne de défendre la léinslation du Christ, et par conséquent le plus digne de devenir roi et recteur du peuple franc.
1 1 juillet.
LK MAMTKSTE I»U fOMTE I?E CII.OIBORD.
Si un homme politique peut perdit tes amis, sa cause et sa fortune à donner l'exemple de la fermeté, do la loyauté et île l'honneur, Henrv de Bourbon a fait ce coii|i rare. Tel est l'avis quasi unanime des journaux. Ils déclarent tous que, depuis longtemps, personne n'a plus honnêtement et plus noblemmt parlé, que sa proclamation fait voir un esprit sincère, une a me élevée, un grand cœur, et tout cela est vrai. Ils ajoutent, avec, le même accord, que tout cela M leur va point, ne peut aller à personne en Frante, et que, par conséquent, Henry du Bourbon abdique, et la cause de la monarchie est finie. Pour notre compta^
PAhIS l»fc.M»A>r LA COMMUN H. 495
nous nommes persuadé qu'ils révèlent ici le fond de fàme française, du moins, le fond d<» cotte partie de l'Ame française qui parle en eux. Emus de cette splendeur de la probité royale, ils n'ont pu s'empêcher d'être sincères à leur tour : — Eh bien ! Monseigneur, nous aurons aussi notre probité. Franchement donc, vous êtes bien trop honnête pour nous. Vous pourriez nous sauver, nous ne voulons point riscpier cela. Décidément nous ne pouvons plus obéir qu'à des chefs q.ie nous puissions mépriser. Allez-vous-en,
Après un siècle, après les deux Républiques, les deux Restaurations, les deux Empires, les trois invasions, outre le second et le troisième 93, c'est l'écho de : l:i/s île wint Louis, montez au ciel !
Sur ce congé donné au droit, à l'honneur et au bon sens, m» fonde la troisième République. Nous doutons qu'elle soit bien fondée.
Si véritablement le fils de saint Louis a perdu sa «musc, <e n'est pas lui qu'il faut plaindre. 11 n'est à plaindre qu »mmc tous les autres Français, destinés à voir l.i patrie diminuer toujours, baisser toujours, et peut-être périr. Pour lui, il n'est pas diminué, et tant *'en faut. Il a mis à l'abri sa trloire île Fran- «ais, de Roi et de (Ihréticu; il a réservé «lu vieux drapeau «le la Franco ce qu'il faut pour s'en faire un linceul. Il était déjà le premier pentilhomme du monde, il est aujourd'hui f unique. Au milieu de ces félons, de ce* pervers, et «le ces prévaricateurs qui trafiquent avec la Révolution, <|ui marchandent, qui ourdissent, qui se parjurent, qui comptent avec les routiers, tes émeutiers et les brochuriers, il est gentilhomme.
i!l6 PAULS PENDANT LA COSmCNK.
Lorsqu'il mourra, on répétera dans le monde cette parole qui n'y fui dite qu'une fois, et qui n'annonçait pas une ruine aussi grande : Le gentilhomme est mort 1
Ce serait le deuil suprême et irrémédiable de l'honneur, s'il ne restait pas des chrétiens.
Nos lecteurs sont au courant des mouvements H incidents qui ont précédé la proclamation datée de Chambord. Quoique l'histoire authentique n'en *oit pas faite, l'on entrevoit ce que les politiques voulaient préparer. C'était proprement la /union. Nui* n'en sommes pas et nous ne faisons que des conjectures. Mais, tous les documents l'indiquent, il s'agissait de fondre lu droit dans le fait, et de donner la légitimité du droit ù ce qui se prétend la légitimité supérieure du fait. La question du drapeau impliquait la question de la souveraineté populaire, et l'adoption du tricolore résolvait cette question contre la royauté.
S'il est permis d'imaginer un entretien qui sau» doute n'a pas eu lieu directement entre le prince et ses amis de diverses origines, anciens, nouveaux, parents et autres, voici ce qu'il leur a pu dire eu prince, eu homme de bien et eu homme de sens :
« Vous nie proposez d'abdiquer, pour que vous puissiez ensuite m'élire, je ne sais trop à quel titre et comment. Vous me demandez de cesser d'être fui et de devenir fonctionnaire. Vous souhaitez que je fassi- cela sérieusement et eu toute sincérité, car je m- peux supposer ni que vous mu jugiez capable de feindre ni que vous m'y engagiez. En tout cas, je rc-
fuse. Ce n'est plus mon devoir, et ce ne serait pas voire intérêt.
a Vous ne pouvez pas m'oifrir une candidature, et je ne l'accepterais pas. Vous ne pouvez pas m'offrir la royauté, je la possède et vous le savez bien, car autrement, pourquoi viendriez-vous à moi? Vous ne pouvez que m'oifrir, pour votre part, la couronne. Mais vous ne me l'offrez ni telle qu'elle est, ni telle que je la veux, ni telle qu'il la faut, et vous manquez de titres ou pour me l'offrir ou pour la modifier. Cela ne se peut plus faire que d'accord entre moi et la France. Vous n êtes en ceci ni mes fondés de pouvoir ni ceux de la France; vous n'êtes pas juges entre la France et moi.
« De la France mémo je n'accepterais pas la couronne aux conditions que vous y mettez.
« Vous venez à moi parce que vous avez besoin d'un roi et parce que je suis le roi, et vous me demandez de n'être plus le roi, ni même un roi! Vous demandez que j'oublie mon nom, <pie j'efface mon histoire, que je déchire mon titre! Mais alors, à quoi pourrais-je être bon, qu'à vous tirer un moment d'embarras, au prix de la dernière ressource de la France ?
«J'ai cinquante ans, je connais le monde, j'ai étudié votre train particulier, et je suis chrétien. Parce que je suis chrétien, j'ai le devoir de consentir à régner chez vous si j'y suis invité ; et il cou vient même que je fasse les premiers pas, à cause de votre extrême malheur. Me voici. Mais encore ai-je à faire mes conditions. Je les fais, et il importe à ma loyauté d'en
148 l'AKIS PbKbAXT LA COMML'HF..
avertir tout le monde, paroc qn elles regardent tout le monde. Sans soldats et sans partisans armé*, c'est ainsi que je peux et que je veux livrer bataille à ceux que vous avez dressés à ne plus vouloir ni de roi ni de forme de roi. Je leur dirai, comme k vous, que je prétends n'être pas uue forme de roi; et Ton me verra, en homme de ma race, sur le chemin de l'honneur. J'y porterai le panache blanc.
« Vous tenez tant à ce tricolore? Si c'est pnre fantaisie, vous devez me passer un go&t différent, et votre goût ici doit céder au mien, lequel a ses raison* solides qui manquent au votre. Si c'est ruse, je ne m'engage pas dans une voie de ruse où je marcherai* mal, où je serais certainement abandonné et vous certainement battus. Si c'est lâcheté, je ne suis point l'homme. Je n'entends nullement jouer au plus fin. et je ne demanderai point pardon d'appartenir à ma race et à ma loi. Je ne 4* rois pas qu'Henri IV ail dit que Paris valait bien une messe; mais s'il a fait re mot, je ne le revois pas à mou compte. Je preuds Fleuri IV après la messe, moi. Je dis que la messe où je demande à Dieu de. me faire mériter te ciel eu m'employaiit au juste et au vrai vaut plus que Paris» et plus qui* la ronronne. Oue si voire tricolore est un symbole, et >i vous y tenez comme à un symbole. alors il ne >'agit plus de réforme, mais d'abjuration. (le >yiji!n>!r r.-î l'opposé du mien; j'ai tiesoin de ne pa> !•' poi trr, et vous-mêmes vous avez besoin que je ne 1»' pni'Ii' pa-,
« Je Mii> roi pour conduire la Franee, pour lui faiiv remonter un chemin de paix et de gloire où elle
PARIS t»LM>AKT LA COMMUN K. 199
m* doit rien perdre de ce qu'elle a pu acquérir, et où «•lie retrouvera ce qu'elle a certainement perdu. Je ne veux pas être roi pour la suivre aux abîmes. Si son goût la traîne irrésistiblement à M. Gambetta, je n'ai rien à faire qu'à n'être pas de ceux qui ne peuvent résister aux séductions de M. Gambetta. Je plains la France et je me retire.
l.'lmmuHc homme trompa sï'lui^ne et m> dit mot.
« J'apporte une dot, je fais un contrat, j'exige des garanties, et ensuite je me marie a l'Eglise, cierges allumés, et non à la Closerie des Lilas, entre deux petits verres. Mou goût me porto aux bonnes mœurs. Ces! à prendre ou à laisser.
a J'aJmets considérablement de choses dont je crois pouvoir me tirer honorablement et avec avantage pour vous : le sutfrage universel, les Chambres, les orateurs et le reste, qui est beaucoup. Nous tâcherons, avec cela, de régler le passé, d'épurer le présent, de préparer l'avenir. Mais, je serai roi ; sinon, non. Mrs eousius, qui demandent à me faire visite, \iendront ici saluer le Uni, ou bien ils courront l'autre chance. Moi. je ne la cours pas.
« Je suis et je vnix être homme de mou temps, mai» je rote homme de mon rang et de mou sang. Je >ui< l'or monarchique. Je consens d'entrer au creuset, mais que ce soit pour en sortir plus or! Point d'nlliaure s'il nous plait. Otez ce cuivre, ce plomb, ce zin< ; l'or y perdrait *a valeur et ne vous donnerait qu'un métal cas vint et trop vite oxydé.
• Itmisoir, messieurs. »
'iOO PARIS PENDANT LA COMMUNE.
Que ce discours paraisse impolitique, et que le» politiques s'en aillent tristes en répétant: « Bonsoir,» c'est possible, bêlas ! et vraisemblable.
Et néanmoins, il n'est pas impossible que la nuit porte conseil. Klle pourra être assez longue et assez agitée pour que beaucoup reviennent et disent : « Salut, noble roi! »
flOjuilM.
LE Ml A PEAU TRICOLORE ET LE DRAPEAU BLANC.
Le Français a l'habitude de nous citer inexactement. 11 le fait parfois avec un art qui nous contraint .le le redresser. C'est l'occasion où il bous met aujourd'hui, à propos du drapeau tricolore.
L'on peut alléguer plusieurs choses contre le «Irapeau tricolore. Il a eu do belles aventures, il en a eu de tristes aussi, beaucoup ! Son histoire, en France, n'est pas celle de la concorde des citoyens et de l'inviolabilité du territoire. Il a vu considérablement d'émeutes très-sérieuses. Ce qui est plus sérieux encore, il a vu trois invasions. Etre qui le charge d'autant, c'est que les séditions ctf les invasion» ne sont j'as sans rapports et sans lien. Ainsi le tricolore Ftov, s'étant levé contre le tricolore Bonaparte, lis
suites n'ont pas laissé de favoriser, d'abord le Prussien, et bientôt après le communaux.
Tel est le plus récent, sinon le dernier chapitre d'une vieille histoire qui commence avec le drapeau tricolore. Il y a lieu en outre de remarquer que, dans ce tricolore» le rouge a la propriété redoutable d'envahir beaucoup sur les autres couleurs et de ronger de plus en plus le blanc et le bleu, si bien qu'il n'en reste guère.
Cependant, parlant de l'événement qui met en présence le blanc et le tricolore, nous nous sommes contentés d'observer que « le drapeau qui fut planté sur les minarets d'Alger vaut celui qui descendit de la flèche de Strasbourg, qui tomba des murs do Paris et qui se recula de Rome. »
Voici comment le Français % avec son art répréhensible, arrange et commente cette phrase ;
Le ivd.u-tcur de Wnixert... comme toute affection est clu-z lui doublée d'une haine... il ne lui «Ka|»lait pas, en même tiMiip* qu'il e.mlte le drapeau blanc, de jeter quebjme houe sur le <lr.i|HMu tricolore, » qui, «lit-il, «le vendit «le la llèche de Strasbourg ci tomba de* forts de Paris.» Nous avons souvent combattu M. Veuillot, mais nous luicroyious l'unie plus haute, 1 1 nom ne savions pas que ce fut à se* yeux un si grand tort • l'être \.iincu.
Le Français nous ferait plaisir de rétablir le souvenir de la désertion de Home dans la phrase qu'il prétend citer, et qu'en réalité il falsifia. Encore que nous ne mettions pas le Français toul à fait au sommet des intelligences, il peut certainement comprendre que ce souvenir n'était pas là sans dessein.
Nous réservons notre jugement sur lame de MM. les rédacteurs du Français f et nous nous abstenons de mesurer l'élévation où nous pensons qu'elle puisse parvenir. Leurs procédés habituels nous feraient supposer que cette jeune àme n'a pas encore résolu de prendre la route qui monte.
Si les rédacteurs du Français s'attachent au drapeau tricolore, ce n'est pas probablement qu'ils le croient vaincu. Sans doute, il est tombé de Strasbourg, il a quitté les forts de Paris, et il a reculé de Rome ; mais leurs yeux ardents le voient flotter sur les préfectures et sur toutes les cantines où se dépense le budget.
et: xiv
\ I jnilfeL
Le Français s'exécute. 11 veut bien reconnaître que la désertion de Home est au nombre des faits du drapeau tricolore qui nous font regarder sans horreur le drapeau blanc. Mais comme le Français n'a pas erré de bonne foi, il ne revient pas de lionne grâce. Au lieu de nous faire simplement justice, il cherche à justitier son iniquité. A quoi bon, puisqu'il faut enfin avouer le délit? S'il s'importune, comme il le laisse
PAftlfl PEBDAHT LA COMMUE. 913
ingénuenient voir, de nous entendre crier au faussaire, il n'a qu'à ne plus fausser. La manie de ne pas vouloir subir le faux est plus innocente que celle de le fabriquer. Un journal doit se mettre en mesure* de vivre sans pareil secours. Est-ce son intérêt absolu de faire le faux? C'est le notre alors de le défoire. Qu'il s'abonne alors aux instances en rectification.
Il outre dans les plans du Français de nous montrer attachés au drapeau blanc par un lien politique. Mais ce n'est point eela, et il n'entre point dans notre plan à nous de laisser courir eela. Sur la question du drapeau, nous nous bornons à dire que le blanc vaut le tricolore. Il existe pour nous un vieil étendard du Koi, vexilla Régis, qui vaut phis que l'un et l'autre, qui est plus à la taille des peuples et des mondes, plus fait pour envelopper toute la nation des Francs. C'est celui-là seul que nous suivons.
Nous estimons d'ailleurs qu'on peut aller au blanc et s'y attacher, aussi correctement pour le moins qn e plusieurs qui s'en séparent et dévalent au tricoloyv. S'il nous plaisait de croiser ces décampants monarchistes plus ou moins paies couraut au tricolore p*as ou moins vif, nous ne ferions comme eux qu user de notre liberté. Us vont chercher la république à Versailles, on a bien le droit de l'aller chercher à Chainbord. Selon nous, à Chambord, elle a plus de style, et elle st-nt moins les fricassées. Ils disent que le drapeau de la France est à Versailles. Non. A Versailles, il y a peut-être le drapeau du su tirage universel, porte par M. fiamhctta, et plus certainement le drapeau des cantines, tricolore aur-si, soutenu par
M. 1 hiers ; mais le vrai drapeau français est à Chambord. Il est là dans F isolement, c'est un malheur: mais eniiu, pour l'honneur, l'isolement n'est pas unr raison.
Le Français s'est oublié à dire <jue nous laissons le tricolore parce qu'il est vaincu. Il a tort de nous imputer une vilenie et de se permettre une si forte sottise. Nous ne laissons pas le tricolore, par la raison que nous ne l'avons jamais porté; et ledit tricolore n'est pas vaincu, puisqu'il flotte sur les préfectures. Le Français nous demande ce que ces préfectures viennent faire dans la discussion. Et qu'y venait faire cette imputation de nous éloigner des vaincus?
Il a une autre idée plus maladroite. Il nous objecte qu'à Home le drapeau blanc a protégé le gallicanisme. Nous ne voyons pas bien cela, et c'est une autre histoire, plus vieille. Louis XVI est mort en affirmant sa foi et son obéissance à l'Eglise et en déclarant son amer regret d 'y avoir manqué par contrainte. .\ou> avons vu à Rome, il y a un an, le gallicanisme trèsréveillé et très-agissant sous la protection du drapeau tricolore.
Pour tiuir, que le Français cesse de nous falsitier, lorsqu'il jure qu'il nous eite ; c'est ce qu'il peut fain* de plus subtil et de plus adroit, et le vrai moyen de nous laisser sans réplique.
14 juillet.
LES ANNALES RKLI<;iEUSES d'oBLÉANS CORRIGENT UN PIS- COURS DU PAPE.
La Semaine religieuse d'Orléans, qui se publie sous le titre (Y Annales du diocèse, donne une version altérée d'un discours du Saint-Père, qu'elle nous emprunte «Tailleurs fidèlement, sans le dire. C'est le discours célchre adressé à la députation française. Nous n'avons pas laissé ignorer avec quel soin ces paroles furent sténographiées de la bouche même du Saint-FNVe; et l'on sait quel important avertissement elles donnent aux catholiques libéraux.
\a\ feuille religieuse d'Orléans n'a pas transmis cet avertissement à ses lecteurs. Ou elle Ta omis, ou elle la biffé.
Nous répétons la phrase authentique :
Mes rln«rs «rif.iiit*. ce qui aflligc rntre pays et l'empêche «h» iwTitrr !••■< Itétird triions «le Dion, c'est ce mélange de principes. Je 'lirai le mot : ce que je crains ce ne sont pas tous ces mitrailles de Paru, vrais démons «le l'enfer qui se promènent "iir la terre. Non, <«» n'est pas cela ; ce que je crains, c'est cette malheur» u*e politique, le i uifRAt ismk «'\THOi.iQrK, qui détruirait la religion.
306 PAR» PENDANT LA C0JOfU*E.
Évidemment, «libéralisme catholique» est le mot. Et Ton conviendra que le Saint-Père a suffisamment appuyé pour être entendu. Néanmoins, c'est là que porte la suppression. Le moi ne se trouve pas dans la version, en tout, le reste exacte, publiée par les Annales du diocèse d Orléans.
Cette feuille religieuse s'empressera certainement de réparer un grattage qui décolore toute la pièce, et qui substitue le vague le plus insignifiant à l'avertissement capital, absolument net et précis, dont la charité de Pie IX a voulu gratifier l'intelligence des fidèles.
Nous nous pci mettrons d'insister pour que la rectification soit faite, ou pour que la feuille religieuse d'Orléans déclare si quelque motif l'autorise à biffer un mot de cette importance dans la rédaction graphique que nous avons donnée.