‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 145 sur 150 · CCXV · texte numérisé non relu

CCXV

i h\ se souvient de la suppression pratiquée perles \ tmales ou Semaine religieuse du diocèse d'Orléans,

dans un discours de Pie IX, emprunté fidèlement sauf en ce point) aux correspondances de lTmccrc.

il s'agissait du catholicisme libéral, question i

PA» PBCBAKT LA CMIDH. 507

portante parmi nous et importante aussi à Rome, comme ce discours en témoignait. — Je dirai lk mot, avait dit le Saint-Père. Hait ce mot, que le Saint-Pèru avait trouvé opportun dédire* la Semaine religieuse d'Orléans a trouvé plut opportun de le supprimer.

Désirant savoir si la feuille religieuse orléauaise doutait de la sûreté des informations de Y Univers et de su fidélité à rapporter les paroles du Saint-Père, nous lui avons demandé quelque* éclaircissements. Elle veut bien les donner, sans toutefois nous fuira l'honneur de nous les adresser. Us sont assezobscurs, et nous avons ou quelque peine à les découvrir. C'est dans son numéro du 16 juillet, au bas de la page des annonces, verso de la couverture. Les voici :

Ias rép juscs du Saint-Père aux peuples catholiques venus à Home pour le jubilé, eU ., etc., ne nous sont connues jusqu'ici qui» |Kir une voie peu tare et assurément sans autorité dans l'Êçlis4», par lt* journalisme.

A cette occasion, le Siéde, journal accusé naguère de connivence avec la Counuuue de Paris, prête à un article de VU- «lier* l'autorité et la valeur d'uu document canouique. Les .4nnnh$ d'Orléans ont imiis unr phras«* duu* une version empruntée à ITnirers. Le Siècle voit dans re fait Umi personnel d'un timple t+fartewr de Semaine re iyieute une sorte d'événement qui lui sert à échafauder contre l'unité de l'Église une argumentation aussi ridicule qu'absurde.

Le a écrivain* du Si&k, ai incroyants d'ailleurs* accepteraient-ils donc ii-i cotniiif d«*s huiles authentiques les pages plus ou tiioitis (Mé|i*4 d'un sténographe?

Quant à nous, nous croyons à l'infaillibilité du Pape, et au besoin, pour ce dogme comme pour les autres, nous donne* ri<»ns volontiers notre sang. Mais nous ue croyons* nullement,

comme les honntHes gens du Siècle, à l'autorité *»o lé*iastiq*r

îles articles «le Y Univers.

Pour parler franchement, il nous semble bien qu*ces explications n'ont rien de commun avec la simplicité de la colombe. D'un côté, Y omission est njetée au compte tout personnel d'un simple rédacteur. ce qui veut dire qu'elle n'est point un fait de conseil : de l'autre, elle n'est point réparée, ce qui signiti* qu'elle n'est point désapprouvée, conseil pris, et U phrase omise reste occise. Vainement le Saint-Pèr* a voulu dire le mot. Pour les lecteurs des Annal* d'Orléans, il ne l'a pas dit et ne le dira pas.

Nous jugeons inutile d'insister, c'est assez pour nous de maintenir l'authenticité du mot. Elle était déjà certaine ; nous avons eu l'occasion de receroîi et de faire entendre quantité d'autres témoignages, et nous sommes convaincu que le rédacteur des .4/1nales lui-même n'eu est pas moins persuadé que nous.

S'il pouvait douter, il ferait un beau bruit, et ii aurait d'ailleurs bien raison. Se Kgure-t-on YUmvm inventant et attribuant au Saint-Père, parlant en audience publique, un mot tel que celui-là.

Donnons d'ailleurs acte aux Annales de leur fui à l'infaillibilité du Pape, usque ad sanyuinem ùtelytive. Encore que ce ne soit qu'un mot de couverture, il est * à encadrer, parce (pn» sans nul doute il a percé du cœur jusque sur la couverture, ou il perce de la couverture jusque dans le cœur. La foi au Pape infaillible, c'est le salut. Par là les catholiques résisteront au monde et à eux-mêmes. Affermis sur ce point, ils

PARIS l'ENOANT LA COMMUNE. 309

peuvent prendre du larpe, et il est certainement permis aux Annales d'Orléans de résister aux sténographes de Yl'nivcrs, comme il est permise V Univers de sourire devant les péchés d'omission des Annales ♦l'Orléans.

CCXYIl

23 juillet.

VOIE SUt LES I»ÉT1110NS DES ÉVÊQL'KS KN FAVEt R DES DROITS Dr SAIXT-SIÉGE.

L'Assemblée nationale, hier, a discuté ou plutôt roté sur les pétitions de la France catholique concernant la situation du Saint-Siège dépouillé et du Saint-l'ère captif sous le couteau. Elle a déclaré avec une sorte d'accord qu'elle ne s'occuperait pas

de ru.

C'est le fond. 11 y a des formes. M. Thiers a fait un discours. On est étonné souvent du peu de distance t|ui se mesure entre M. Thiers et M. de La Bédollière.

Dans une séance de cinq heures, très-bruyante, deux figures principales ont paru à la tribune. La première est la France philosophique modérée, sous les traits de M. Thiers , plus ressemblant à M. de La Bédollière qu'on ne le vit jamais; — un La Bédollière froid, décent, chef du pouvoir exécutif. 11 a expliqué, réjtete, ressassé qu'il se trouvait bien embarrassé ;

qu'il aimerait sans doute à faire ce qu'il y a dr mieux, mais que cependant ce qu'il y a de mieux lui paraissant être aussi ce qu'il y aurait de plus mal, il ne savait vraiment que faire; qu'on conséquence , il priait l'Assemblée de s'en remettre à son patriotisme et à sa prudence, et que dans ces conditions il promettait de faire tout ce que la raison indiquerait, c'est-à-dire ne rien faire du tout.

L'autre figure est sortie de la foule, pâle, austère, sans éclat de gloire; mais on Ta vite reconnue, f/était la France croyante. Rarement pareille clameur s'est élevée pour empêcher un orateur de parler. Il aurait dit sa pensée et celle des autres; quel péril ! On n'a pas voulu l'entendre. Pendant dix minutes il est resté adossé à la tribune, et il a dû descendre sans avoir prononcé un mot. Nous ne nous souvenons pas d'un député à qui l'Assemblée ait rendu pareil hommage et qui ait forcé le gouvernement prétendu de la parole et de la vérité à se fair lui-même plus juste et plus sanglant affront. Gardon* le nom de cet homme de cceur, qui est en même* temps un homme fort poli et fort lettré , et qui professe une foi dont il peut rendr.' compte. Il se nomme M. de lielrastcl, député de la Haute-Garonne. Il lui a été donné, en re long quart d'heure, déjuger et h* système, et l'Assamblée, et le temps. Il sait ce qu'il y a dans une Chambre issue du suffrage universel, délibérant*1, législative, constituante ; il sait ce qui roule et retentit au fond de ces Ilots écumeux : — Tais-toi, homme qui dirais la vérité!

Il s'en est fallu de peu qiw le vote ne fût pris à

PUUS PKSDAAT LA G0IUIL1IC. 514

l'unanimité. M. Gambette, entièrement satisfait des « déclarations si nettes et si précises de M. le chef do [»ouvoir exécutif vis à vis de non relations avec l'Italie et le Saint-Siège, » adhérait à Tordre du joor dont M. Tbirrs voulait bien. Nous allions former an peuple Je frères! Mais M. Jveller, trouvant que M. 6auibe.Ua se moquait nans doute, a déclaré que la chus** ne pouvait pas cependant se passer ainsi, et qu'il était vraiment impossible que les a mis de Rome eussent une même pensée avec les amis de M. Gambette, il. Thiers s'est terriblement fâché; mais la lumière était faite. Il a eu b*ut de même son vote, mais la machine était cassée. .Non sans brouhaha, s Vu remettant au patriotisme et à la prudence du Sereui>simef l'Assemblée nationale française a renvoi la irau>e de Kouk* à \L le ministre des affaires »-trau:r«-res...

L • *t-a-dire à M. Jules Favre, là-bas, dans les régions morales et politiques où siège cet homme «i'Kut. r uir 1er» pa^ws prives fourni* par son eom~ p*-re MiLi^T*' ♦ t b;s pi»-ees dtpiomatîqtfes signées par *«»u a:ui»a>>a«ieur Scnart !

Par cr \.,t»\ r.WtrtubU-e établît eertaiaemeat une -urt»- a » jui.i!>rc «lans la situation. Apres la capitulati«.u. aj*r. -i l.i 0»oimunet et apré* le renvoi du l'ap*- i M. J '*!•:» Fa*r«t »>n ne p* ut nier qu'âne bar* ru^ïii •• ••:».. -*•• *-ulr>> IVtat «le la France militaire, l'état • u ..4 lri.4 « «àviir- » t lrt*t de la France catholique. V/u- t% «>**- r» ru tout «1-h ntéme* muas dans l'es- [><ii -+ ; ^ ..u^» û'iûr» aanr-e * Si après cela duos ne .. lt ;4« r»p ii r--T*< des Ju/ex, c'est

notre mémoire est devenue paresseuse et fatiguée comme nos bras, et qu'il ne reste plus autant de France qu'il en faudrait.

On veut espérer encore que tout ce qui survient eu ces jours néfastes est imbécile et caduc, et passera; qu'il y a une France, qui en est humiliée et contaminée, mais non entamée, et qui n'ignore pas qu'on la déshonore ; que cette France, malgré tout, refuse (Tapostasier ; qu'elle se lèvera, qu'elle secouera les nains iuGrmes qui se sont introduits dans son giron pour le gâter, et qui, cela fait, ne savent plus que faire. On se berce de ces attentes, et l'excès même de l'horreur fait d'une certaine manière supporter l'excès expiatoire de l'humiliation.

Un jour enfin, excédé et écrasé de la honte de ces reniements, le cœur de la France, s'il en reste un lambeau, se tournera sans doute avec amour vers l'homme que le torrent de Terreur publique n'a pas ébranlé un instant, et dont la main loyale s offre i ce malheureux pays pour l'appuyer sur Dieu. Henry de France voit cette inénarrable misère d'une nation contrainte sur les plus graves questions de son existence et de son âme, à se tourner vers un vieillard frivole et à lui dire : Faites comme vous voudrez ! 11 voit cette proie facile aux ambitions vulgaires, et ne veut pas l'acheter au prix du mensonge qu'elle lui demande, parce que ce mensonge non plus ne la sauverait pas. Il aime mieux ne point régner que de n'être pas un roi chrétien. Que Dieu lui rende l'honneur qu'il daigne encore nous faire, et que peut-être nous ne méritons plus !

PARIS PENDANT LA COMMl NE. 518

Page 1