‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 146 sur 150 · LES INCENDIES · texte numérisé non relu

LES INCENDIES

L'incendie du palais archiépiscopal do Bourges épouvante les honnêtes gens plus qu'il ne les étonne. Us s'attendaient à quelque chose, il y a déjà- longtemps. A Bourges, on dit : Ce n'est pas tout! comme à Paris on dit : Ce n'est pas finit Partout, en France, court et s'obstine un pressentiment qui fera les affaires de la terreur et qui est déjà la terreur. La société menacée sent qu'elle n'est pas protégée , qu'elle ne sera pas défendue. Elle ne sait plus où sont ses forces, si elle a encore des forces. En tout cas, elle est coupée, tournée, sans tète et sans mot d'ordre, en présence d'un ennemi qui manœuvre avec assurance, qui est sourd à la raison comme à la pitié, et qui ne peut pas même se trahir.

Le pays se demande ce que fait l'Assemblée. L'Assemblée se demande ce que fera M. Thiers. Elle vote que M. Thiers a toute sa confiance. Elle voudrait bien en être sûre ; mais elle le vote préalablement. Cependant M. Thiers s'occupe de reposer les balustrades de la place de la Concorde, rêve de recomposer la fortification de Paris , qui a déjà si bien réussi deux fois, et fait des tours de son

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métier pour trouver une solution «le la question romaine, qui contente à la fois les évèques et M. fiambetta. Bon pour M. Thiers. Mais que penser df i'L-tle Assemblée souveraine qui regarde, qui s'effare secrètement , et qui laisse néanmoins le ronge-maille révolutionnaire couper ainsi tous les jours un peu le filet clans lequel la hete féroce, ivre de carnage, s'est par fortune laissée choir ? Encore quelques coups de deuts et ce sera fait ; le filet, s ouvrant et se renversant, retombera sur la société captive.

Quelle ironie que L'histoire de toute cette année de catastrophes, dont chaque page, chaque ligne, chique mot, est un plus amer et plus mortel affront! Que de Sedans politiques après 1«3 Sedan militaire! Que de capitulations de tous genres devant toute espèce d'ennemis! Ils ont tant crié contre les boutes du dernier régime ! Ils n'auront pas eu besoin de dixhuit mois pour dépasser de beaucoup tout ce qu'il a pu accumuler de rare et de funeste en dix-huit ans. Ils ont creusé d'autres abîmes, ils vont versé d'autres fanges. Des impérities et des fourberies plus basses nous engagent sur un plan de décadence plus à pie et plus inexorable à remonter.

Se peut-il que personne n'y songe, on ne s'en indigne, ne fasse au moins un effort, ne jette au moins un cri? 11 semble que ce serait un soulagement si une voix srulrmeut s'élevait dons cette a>s**nbJm souveraine, et faisait remarquer, pour le simple hom neur de la bonne foi, saus autre utilité et sans antre e>per.uue, que les Chambres de l'Empire ne funmt pas au>.«i muettes, aussi serviles, aussi adulatrices

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eu vers Napoléon IU qu'où Test aujourd'hui Je vaut M. Thiers, et n'abandonnèrent pas aussi persévérammeui la cause de la société !

24 août.

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