‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 23 sur 150 · JUDAS MACHABÉE · texte numérisé non relu

JUDAS MACHABÉE

Pour punir les péchés d'Israël, Dieu permit qu'un fou nommé Antiochus, roi de Syrie, devint puissant sur la terre et se crût Dieu. Cet Antiochus s'empara

(1 Ma prédiction ne s'est pas réalisée quant au Concile. Il a été au contraire prorogé indéfiniment, et au moment où je rt»li« ni te page, Pie l\ est prisonnier. Mais en même temps le nioiitlt' |M»litique croule de plus en plus, le progrés de la destruction *'v accélère; d'un autre côté, la concentration se refait <U- plu* «mi plus dans le monde religieux. Là les cœurs battent d'une même ardeur, les esprits obéissent d'un même léle, et l'addition que j'annonçais est réalisée. En politique, si peu que nou» t»H|Ht ioa*,c'eM toujours trop. En religion, quelque exagérer qu«' |»m?sr paraître l'espérance, ce n'est jamais assez.

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de la Palestine, de Jérusalem et de sa forteresse. 11 profana et pilla le Temple. Les Juifs avilis le reconnurent pour maître; mettant le comble aux anciens crimes qui l'avaient attiré, leur lâcheté consentit i lui rendre les honneurs divins. Tout se courba devant Antiochus; plusieurs, même du petit nombre de ceux qui gardaient la foi, firent extérieurement des actes d'apostasie. Dans Jérusalem, quelques-uns à peine résistèrent. Le prêtre Eléazar, âgé de quatre-vingtdix ans, sommé de manger une viande défendue» préféra la mort. La compassion impie de certains apostats voulut le séduire. Us lui proposèrent des viandes dont il pourrait manger, sans transgresser la loi de Dieu et sans que Ton put l'accuser d'avoir méprisé la loi d'Autiochus. Le saint vieillard détesta cette feaude : a Quand même, dit-il, j'échapperais à la colère d'Antiochus, je ne pourrais fuir la main de Dieu, que j'aurais en effet trahi. Je n'échapperais à Dieu ni durant ma vie ni après ma mort. Je paraîtrai digne de ma vieillesse et je laisserai à nos jeunes gens un hou exemple en souffrant pour nos saintes lois. » Alors ceux qui le plaignaient s'irritèrent contre lui. Ils le conduisirent eux-mêmes au supplice. On le lit périr sous le bâton. En expirant, il dit : « Seigneur, dans mon corps j'endure de cruelles douleurs, dans mou aine je ressens la joie «le mourir pour la gloire «le vos commandements. »

exemple à méditer par les hommes qui veuleat « concilier tout. »

A Anhoche, sept frères, l'un après l'autre, le dernier encore enfant, soutinrent des supplices plus sa-

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vante et pins longs, et moururent le même jour, en présence de leur mers. Elle exhortait leur constance et fut martyrisée après ses fils. Àntiochus était là, jouissant de sa force. Tous lui jetèrent à la face le nom de Dieu et lui annoncèrent la résurrection d Israël, puni mais non rejeté. Le premier lui dit : « Le Seigneur Dieu sera consolé en nous.» Le second : « Tu nous fais mourir en la vie présente, mais le roi du monde nous ressuscitera en la vie éternelle, nous qui sommes morts pour ses lois, » Le troisième, étendant lui-même ses mains qu'on allait couper : « J'ai reçu de Dieu ces membres, je les donne pour la cause des droits de Dieu ; Dieu me '<»* rendra. » Le quatrième : « Il est avantageux de mourir avec l'espoir que Dieu nous ressuscitera. Toi, roi Antiochns, tu ne ressusciteras point. » Le cinquième : * Tu as aujourd'hui la puissance et tu fars ce que tu veux. Mais ne crois pas que notre nation soit déliassée du Dieu tout-puissant. Attends, et tu verras, toi et fa race ! » Le sixième : « Parce que nous avons péché contre notre Dieu, ces choses terribles sont venues sur nous. Ne crois pas resterimpuni, toi qui as entrepris de faire la guerre à Dieu. » Enfin l'enfant parla comme ses frères, mais avec une majesté plus prophétique chcore : «Je n'obéirai point au roi, mais à la loi qui nous a été donnée par Moïse. Roi, no félèvc point par de fausses espérances. Tu n'as pas encore échappé au *i Dieu tout-puissant ! Mes frères sont maintenant dans l'alliance de la vie éternelle; toi, tu subiras, au jugement de Dieu, la peine de ton orgueil. Donr,

comme mes frères, moi aussi je livre mon corps et ma vie pour les lois de nos pères, afin que Dieu soit propice à notre nation et que tu confesses dans les tourments que lui seul est Dieu. Et en moi et en mes frères cessera la colère du Tout-Puissant qui pèse justement sur Israël. »

Il est probable que ces menaces ne troublèrent point le cœur d'Antiochus. Il voyait tout le peuple prosterné devant lui ; il était entré dans le Temple, il en avait pillé les trésors, et Dieu n'avait point bougé !

Cependant Dieu suscita Mathathias et ses fils.

Mathathias, de la famille sacerdotale de Joarib, avait cinq fils : Jean, Simon, Judas, surnommé Macbabée, Eléazar et Jonatbas. Voyant qu'Antiochus, dominateur de la Judée, voulait corrompre le peuple, ils se retirèrent de Jérusalem sur la montagne de Modin. a Malheur à moi ! s'écria Mathathias; suisje né pour voir l'affliction de mon peuple, et pour demeurer eu paix pendant que la ville sainte est livrée aux mains de l'étranger ? La magnificence de Jérusalem a disparu : elle était libre, elle est esclave. Tout ce que nous avions de beau, de saint et d'éclatant, a été désolé et profané. Pourquoi vivons-nous •encore ? »

Les agents d'Antiochus vinrent à Modin pour forcer ceux qui s'y étaient retirés de sacrifier aux idoles. Us s'adressèrent à Mathathias, lui promettant la faveur du roi. Il répondit : a Quand tous ceux disraèl t*t h» monde entier obéiraient à Antiochus, moi et mes tils et tous les miens nous marcherons dans l'ai-

liance de nos pères, et nous n'obéirons qu'à Dieu. »

Comme il disait ces paroles, un Israélite s'avança pour sacrifier aux idoles. Mathathias, enflammé du zèle de la loi» qui prononçait la mort contre un pareil crime, s'élance sur l'apostat, le tue, tue l'officier et renverse l'autel. Puis il crie : « Quiconque veut rester dans l'alliance de Dieu, qu'il me suive ! » Accompagné de ses fils, il gagne la montagne, abandonnant tout ce qu'il possédait, ne gardant que son épée et l'alliance de Dieu.

Touchés de cet exemple, plusieurs descendirent au désert, fuyant une ville où le Seigneur était outragé. Les soldats d'Antiochus vinrent les sommer de se soumettre à l'édit du roi. Ils répondirent qu'ils n'en feraient rien; mais, parce que c'était jour de sabbat, ils ne voulurent pas non plus se défendre. Sans jeter une pierre, sans fermer leur retraite, ils dirent : « Mourons dans la simplicité de notre cœur ; le ciel et la terre seront témoins qu'on nous fait mourir injustement. » Et ils se laissèrent tuer au nombre de mille.

Mathathias et les siens, pleurant ces martyrs, se dirent entre eux : « Si nous faisons tous ainsi, et que nous ne combattions point pour nos vies et pour nos lois, les ennemis nous extermineront en peu de temps, i» Ils prirent donc la résolution de combattre, même le jour du sabbat.

Alors quelques vaillants d'Israël se joignirent à eux ; ils formèrent une petite armée, frappèrent l'ennemi et commencèrent à délivrer leur peuple.

Mais Mathathias sentait les approches de la mort.

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11 dit à ses fils : « Le règne de l'orgueil s'est affermi. Voici un temps de châtiment et de ruine. Maintenant donc, mes fils, soyez les défenseurs de k loi, donnez votre vie pour l'alliance de vos pères, et vous laisserez une grande gloire et un nom éternel.

a Considérez tout ce qui s'est passé de race en race: ceux qui espèrent en Dieu ne s'affaiblissent peint Et ne craignez point les paroles de l'homme pécheur, parce que sa gloire tombe à la pourriture et aux vers. Il s'élève aujourd'hui, demain on ne le trouvera plus : il est retourné en sa poussière, ses pensées se sont évanouies. Vous, mes fils, soyex forte, agissez vaillamment pour la loi : par elle vous serez dans la gloire. Voilà Simon, votre frère: je sais qu'il est homme de conseil, écoutez-le toujours, et il me remplacera parmi vous. Judas a été fort et vaillent dès sa jeunesse : il conduira la guerre. Unissez à vous tous les fidèles, et soyez attentifs aux préceptes de la loi. »

11 les bénit et nu>urut. Ses fils l'ensevelirent à Mo- <lin, dans le sépulcre de ses pères,èet tout Israël le pleura d'un grand deuil.

Judas, surnommé Machabéc (1), prit donc la conduite de la guerre. Il n'avait avec lui, au commence-

(I; Judas avait mis sur ses enseignes et sur ses étendards les lettres initiales de ce Tel set de l'Exode ; Qui tsi $e$mbUàk <itoi, 6 Seigneur, pat fui tes dieux? Ces lettres forment, en hébreu, le makkabi, marteau (ou marteJeur), qui se rapportait ta même temps aux victoires de Judas, et qui devint le nom glorieux de sa famille.

ment, que 6,000 hommes; mais ils combattaient avec joie pour Dieu et pour la patrie, c U agrandit la gloire de son peuple, et il protégeait le camp de son épée. U devint semblable à un lion dans ses actions redoutables. Il poursuivit les impies, les cherchant de toutes parts , et il livra aux flammes ceux qui troublaient son peuple. La terreur de son nom les mit en fuite devant lui, et tous les artisans d'iniquité fureut dans le trouble, et le salut du peuple fut l'œuvre de son bras. Ce qu'il faisait irritait plusieurs rois, et réjouissait Jacob ; et sa mémoire sera à jamais bénie. Et il parcourut les villes de Juda, et il extermina les impies, et il détourna d'brai'l la colère de Dieu; et tandis que son nom parveuait aux extrémités de la terre, il rassembla ceux qui étaient près de périr. » L'Eglise consacre cet éloge à la gloire de notre saint Louis.

Judas allait à la rencontre de l'ennemi et l'attaquait, plein de confiance. Presqu'au début de sa carrière, il affronta ainsi une armée formidable, déjà tière du triomphe dont elle se croyait assurée. Il ne voulut pas même lui opposer toutes ses forces et ne choisit qu'une partie des siens, qui encore jeûnèrent ce jour-là. A l'aspect de l'ennemi cependant, les soldais de Judas, quoique braves et choisis, furent alarmés de leur petit nombre. Judas leur dit : u Devant le Dieu du ciel, il n'y a point de différence entre un grand et un petit nombre. La victoire ne dépend point de la force des armées, mais du ciel , de qui vient la force. Ils s'avancent en multitude, orgueilleux et superbes, pour nous perdre, nous, nos

femmes et nos enfants, et pour nous dépouiller. Mais nous combattons pour nos âmes et pour nos lois. Le Seigneur lui-même les brisera devant notre face. Vous donc, ne les craignez pas. » D avança sur l'ennemi et le mit en déroute.

Après cette défaite, Antiochus envoya contre lui une armée de 40,000 fantassins et de 7,000 cavalière, conduite par trois de ses meilleurs généraux, qui vinrent camper dans les pleines d'Emmaûs. Judas ne commandait encore que 6,000 hommes. L'un des généraux d' Antiochus se vanta de payer le tribut que son maître devait aux Romains avec le produit de la vente des Juifs qu'il ferait prisonniers ; et il invita les marchands d'esclaves à se trouver dans son camp pour les acheter, promettant de leur en donner quatre-vingt-dix pour un talent.

Judas avait ranimé le courage de ses soldats en leur rappelant la puissance de l'Étemel. Les voyant disposés à mourir, il les divisa en plusieurs corps, sous le commandement de ses frères, en sorte que chacun avait 1,500 hommes. Par une inspiration de piété, il les conduisit à Maspha, vis à vis de Jérusalem. Avant la construction du Temple, Maspha avait ^ été un lieu de prière. Ils y passèrent le jour dans le jeûne et dans les larmes, en présence des ornements sacerdotaux, des prémices et des dimes, voulant ainsi suppléer aux sacrifices, qu'ils ne pouvaient offrir hors de la ville sainte. Elevant la voix jusqu'au ciel : » Seigneur, dirent-ils, votre sanctuaire a été souillé et foulé aux pieds, et voilà que les nations sa sont assemblées pour nous perdre. Gomment pour-

rons-nous subsister, si vous ne nous assistez pas? » Ensuite, quelque faible que fût son armée, Judas ne laissa pas de publier, comme l'ordonnait la loi, que tous ceux qui avaient bâti une nouvelle maison, planté une nouvelle vigne, récemment épousé une vierge, ou qui étaient d'un naturel timide, pouvaient quitter les rangs et retourner chez eux. Trois mille se retirèrent, et l'armée se trouva ainsi réduite de moitié. Trois mille restèrent, faisant holocauste d'eux-mêmes. Judas les mena camper en face de l'ennemi, c Tenez-vous prêts, leur dit-il, pour le matin. Mieux vaut mourir dans le combat que de voir les maux de notre peuple et du sanctuaire. Qu'il arrive de nous ce que Dieu a résolu!» Eléazar, ensuite, leur lut le livre saint ; puis Judas leur donna pour mot d'ordre le secours de Dieu, et se mit au premier rang.

Il apprit alors que Gorgias, l'un des généraux d'Antiochus, avec 5,000 fantassins et 1,000 cavaliers d'élite, voulait le surprendre la nuit. Profitant de la circonstance, il sortit de son camp, tomba sur l'autre partie du corps syrien, le mit en déroute et lui tua 3,000 hommes. Revenu de la poursuite, il se retourna vers Gorgias pour achever sa défaite. Celuici, ayant trouvé vide le camp des Juifs, croyait qu'ils avaient fui ; mais, au jour, il vit du haut de la montagne la fumée qui s'élevait de son propre camp livré aux flammes. Judas s'avançait victorieux. Le voyant paraître, les ennemis épouvantés s'enfuirent dans la plaiiie, et il y en eut 6,000 de tués. Leur camp regorgeait de richesses. On y trouva les trésors des

134 paris puroAirr lï siège.

marchands qui étaient venns pour acheter des Juifs, et plusieurs furent vendus eux-mêmes. On partagea ensuite les dépouilles entre les infirmes, les orphelins, les veuves et les soldats.

Après cette armée meurtrie et dispersée, U. en vint encore une autre, de 60,000 hommes d'infanterie et de 5,000 cavaliers. Judas la détruisit encore, rentra dans Jérusalem, purifia, rebâtit et fortifia le Temple, et y rétablit le culte. Son triomphe excita la rage des ennemis d'Israël. Us firent effort de toutes parts pour écraser ce peuple qui se relevait et qui avait relevé le Temple. Judas puisa dans sa foi assez de courage et de génie pour dissoudre ce nouvel orage.

Aussi habile tacticien que valeureux soldat, il fit face de tous côtés, battit en détail cette multitude; et, sauf quelques courts et rares intervalles do paix, ce fut toujours ainsi durant six années. Les frères de Judas combattirent sous ses ordres. L'un d'eux, Éléazar, s'illustra par une glorieuse mort. Voyant les siens inquiets devant une de ces terribles armées que le roi Je Syrie envoyait sans cesse et que Judas détruisait toujours, remarquant surtout l'épouvante qu'ils avaient du nombre et de la taille prodigieuse des éléphants, il poussa droit à celui du roi, qu\ reconnaissait à sa hauteur et à son armure. « U livra pour sou peuple et pour acquérir un éternel ; et s'étaut fait jour à droite et à gauche aa milieu îles ennemis qui tombaient de çà et de là à ses pieds, il arriva sous l'éléphant, lui perça le ventre et mourut écrasé par sa chute. »

Judas mourut à peu près de même, après tant de

victoires. Il se sacrifia pour donner l'exemple de ne pas craindre la mort, et afin qu'il ne fût pas dit que l'ennemi avait fait fuir le vengeur de Dieu. Il tomba sur le champ de bataille. Ses frères encore vivants, Jonathas, qui fut aussi un grand général, et Simon, le dernier qui resta et qui fut un grand roi, l'ensevelirent au sépulcre de leurs pères. Tout le peuple criait : « Comment est tombé l'homme fort qui sauvait Israël? »

Politique plein de sagesse, capitaine pleiu de ressources, soldat plein de courage, bon, pieux, vigilant, cloquent, aussi fidèle dans ses alliances avec les homme* que ferme dans sa foi, Judas Machabée fut le modèle des héros. Tant qu'il vécut personne ne lit impunément du mal à sa patrie et ne transgressa impunément les lois de Dieu. Il dissipa huit grandes armées avec des forces toujours inférieures, armant les siens et les nourrissant, pour ainsi dire, de la foi qui remplissait son âme, et qui, ne le laissant pas un moment incertain du secours de Dieu, ne le laissa jamais hésitant devant l'ennemi. Après lui, Jonathas soutint la guerre; après Jonathas, la vaillance et le conseil de Simon affermirent la victoire et la paix. Depuis longtemps le dieu Antiochus, ronpé vivant par les vers, était mort en demandant pardon.

« Antiochus, dit Bossuet, ne se proposait rien moins que de détraire la nation israélite et le culte qu'elle professait, et d'en éteindre la mémoire; de profaner le Temple, d'y établir l'idole de Jupiter olympien. Voilà ce qu'on avait entrepris et ce

qu'on exécutait contre les Juifs, avec une violence qui n'avait point de bornes. » Les Machabées se levèrent, et la conscience humaine fut délivrée. La valeur et le patriotisme do Judas remontaient an* dessus de l'homme, en Dieu, source première de toute force et de toute patrie. Unissant la prudence au courage, il n'attendait que de Dieu seul lu succès. En combattant et en mourant pour sa patrie, il combattit et mourut pour l'humanité entière. Si Antiochus avait réussi dans son projet impie de faire changer à son gré de croyance à tous les peuples, et de ne leur laisser reconnaître au fond d'autre Diea que lui ; si le peuple juif, qui seul, avec' la connaissance précise du vrai Dieu et les annales authentiques du genre humain, gardait en dépôt l'ensemble des vérités religieuses et morales destinées à opérer un jour la régénération universelle, s'était lâchement prosterné, à l'exemple des autres, devant les idoles du tyran, c'en était fait de l'humanité. Les peuples s'abrutissaient à jamais, comme de vils troupeaux, sous le sabre des dieux Antiochus et Néron.— Tel est le commentaire de Ilohrbacher dans son Histoire de r Et/lise. Quand l'histoire de l'Église sera enseignée aux enfants comme elle doit l'être, et lorsqu'elle sera encore la sérieuse étude de l'adolescence et de la jeunesse, la France aura des hommes qui lui manquent aujourd'hui .

Voltaire nous a appris à rire de ces histoires sublimes. Il avait un Antiochus qui en riait avec lui. Au bout d'un m«»c1c, les (ils de cet Antiochus viennent rire chez les fils de Voltaire.

Que ceux qui veulent vivre fassent, maintenant ce qu'il faut pour que Dieu, selon la profonde parole du jeune martyr d'Antiocho, soit consolé dans ses serviteurs, et nous suscite des Machabées. Autrement, les adorateurs d'Antiochus ne manqueront pas.

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