‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 31 sur 150 · LA QUESTION ROMAINE KT LA QUESTION GODILLOT · texte numérisé non relu

LA QUESTION ROMAINE KT LA QUESTION GODILLOT

Nous avons cherché les impressions des journaux sur la prise ou plutôt le rapt de Rome par les Italiens. Elles sont brèves et nulles. La plupart de ces organes de la pensée publique se bornent à reproduire la mention hébétée du Journal officiel. On peut douter que la pensée publique (parisienne) aille beaucoup plus loin. En fait de pensées, Paris, depuis longtemps, en était aux reliefs et aux miettes, et n'a pas de provisions de siège. C'est vraiment une misé» rable condition intellectuelle que celle où nous

sommes tombés avec toutes nos presses, toutes nos académies et tous nos hommes d'État !

Les journaux s'étonnent eux-mêmes de leur silence en face d'un événement qui leur eût tant fourni deu\ mois plus tôt. Ils se persuadent qu'ils auraient dit quelque chose. Ceux qui s'essaient à parler, quoiquen petit nombre, font voir combien leur fatuité s abuse. Nous signalons l'avis du téméraire M. Bonneau, rédacteur à l' Opinion nationale. C'est la stupidité animée. Le silence des autres n'en est que la statue... en plâtre.

Ils croient que le gouvernement temporel de la papauté s'écroule, c'est-à-dire que la liberté de l'Église est définitivement anéantie, et ils ne rougissent pas de n'y trouver que la matière d'un entrefilet, ici joyeux, là indifférent. Race déshabituée de penser et de voir, décidément façonnée pour porter la servitude du fait !

La question de Paris les préoccupe davantage. Certes! elle est grave. Question de savoir si Ton vivra demain. Bismark d'un côté, Blanqui de l'autre, et la possibilité de quelque hasard qui ferait que Bismark et Blanqui travailleraient en même temps, chacun pour soi et d'accord. Voilà de quoi se préoccuper ! Mais ne pas voir la relation des choses de Rome avec ces événements de la France et du monde, ne pas comprendre que l'indépendance territoriale du Pape est nécessaire à la France, même politiquement; ne pas voir que la capture de Rome et sa con- M'queucc immédiate, l'emprisonnement du Pape eu h. nie ou ailleurs, sont des victoires immédiates pour

monnaies, et Agricola s'appliquait à ne pratiquer que les vertus républicaines qui n'empêchent pas de vivre sous les empereurs.

Et vous ne savez pas si ces temps-là ne reviendront point, et sont encore éloignés. En ce moment, on se canonne au rempart. Qu'aura décidé le canon, ou ce soir ou dans quelques jours? Vous attendez. Et M. Blanqui, qu'a-t-il résolu? Voudra-t-il attendre? Si M. Blanqui ne veut pas prendre patience, la ville de la civilisation, cernée de feux, peut périr comme le scorpion entouré de charbons ardents, qui se pique lui-même et qui meurt de son propre venin.

Et vous êtes bien fiers, parce qu'enfin vous pérez n'avoir plus de remède pour cette plaie !

3 octobre.

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