‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 32 sur 150 · DE M. GAMBETTA · texte numérisé non relu

DE M. GAMBETTA

La perte de Strasbourg et de Toul doit ajouter à nos courages ce qu'elle ajoute à nos douleurs. Le» cœurs n'ont pas manqué, mais seulement les armes; l'àme de la France n'a pa3 été vaincue. Souhaitons que Paris tienne avec la vaillance et la constance de Toul et de Strasbourg. Que l'àme de la France remporte encore cette victoire indépendante du sort des batailles; que tout soit perdu fors l'honneur! Avec

l'honneur, avec cette seule arme dans ses mains, la France saura se reconquérir.

C'est ce que nous dit ce matin une proclamation de M. Gambetta. Encore qu'il soit ennuyeux de s'entendre exhorter par ce jeune homme et par la quantité d'autres pères de la patrie qui ont le privilège des affiches Manches, il ne nous coûte pas de convenir que M. Gambetta tourne assez bien la proclamation. Les siennes ne sont pas arrogantes ni trop boursouflées; le français en est suffisant, elles n'insultent volontairement personne.

Il fait de son mieux, et Von voit qu'il a sous les yeux les bons modèles antiques. Seulement, dans de telles angoisses, les anciens se fussent souvenus de la divinité. Les soldats romains allaient à l'assaut en chantant Kyrie eleison, ayez pitié de nous, Seigneur f et les Consuls, quand la patrie était en danger, offraient des prières et des sacrifices.

M. Gambetta s'élève au-dessus de ces préjugés. Nous ignorons s'il appartient à la secte des solidaires, mais en tout cas il semble avoir décrété dans son âme libre que la France, si elle doit mourir, devra mourir à leur façon. Point de prêtres, point de prières autour du lit de mort! A défaut de Bazaine et de l'armée de la Loire, c'est assez pour bien mourir des exhortations de M. Gambetta!

Pour parler franchement, en gens qui n'ont plus grandVhose à perdre, nous avouerons que cette fermeté nous semble fastueuse. Si M. Gambetta n'a que son exemple et sa philosophie à nous proposer, nous aimerions autant qu'il se tût. Les cœurs n'en seraient i. I :>

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noie du ministère de la maison de l'Empereur, relative à la demande d'un emplacement pour la statue de Voltaire. La demande avait été présentée, au nom de la Commission, par un familier de l'Impératrice. M. Mérimée, sénateur, membre de l'Académie, et, si on l'en croit, l'un des rares Français de son âge [déjà plus que mûr) qui ont le privilège de n'être pas baptisés. Malgré le grand crédit de M. Mérimée, le ministère conclut au refus de l'autorisation.

Voici la note telle que les journaux la publient :

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