QUESTION DE M. GUIZOT ET RÉPONSE DE DONOSO CORTÊS
Parcourant mes papiers rétrogrades pour les mettre à l'abri des visites domiciliaires de la bombe on du terrorisme, ces deux huissiers de la civilisation progressante, j'ai trouvé un feuillet auquel il me parait bon de donner un asile tout à fait sûr.
Ce feuillet contient un simple billet, qui est une question, et une très-courte lettre, qui est une réponse. Mais la question est signée : Guizot, et la réponse est signée : Donoso Cortis. En réalité, la demande et la réponse , toutes deux si brèves, sont néanmoins un très- vaste entretien entre deux grands esprits, je dirais volontiers entre deux mondes, puisqu'il s'agit au fond de deux civilisations différentes et même contraires : l'une, celle qui questionne, la civilisation du dojite ; l'autre, celle qui répond, la civilisation de la foi.
Depuis Luther, rien n'a été proposé au monde chrétien qui ne soit implicitement dans la questum de M. Guizot, et rien n'a été répondu au nom du monde chrétien qui ne soit dans la réponse de Donoso Cortès.
La question de M. Guizot n'est pas définie, la monde du doute ignore lui-même où il veut aller, il ne peut pas même vouloir le savoir. S'il le savait,
PAJllft PENDANT LE SIÈGE. 237
alors il serait forcé de rejoindre , contrairement à son f:oùt qui le pousse à s'éloigner, au risque, en s 'éloignant, de se perdre. Mais il aime mieux se perdre que de rejoindre, c'est-à-dire d'obéir.
La réponse de Donoso Cortès est précise. Elle va de la source au but, elle rend compte d'elle-même et ne laisse personne incertain de savoir pourquoi elle dit oui et pourquoi elle dit non. Ce n'est point le cas tle M. Guizot, malgré son dogmatisme apparent, et personne n'en est plus fâché que moi , car personne ne lui croit plus le désir d'être sincère. N'est pas sincère qui veut. Le goût du doute, s'il vient à dominer, nous impose une nature artificielle qui nous trompe en tout et partout, et nous finissons par faire à Dieu et à nous-mêmes l'injure de croire que nous sommes créés pour chercher la vérité et pour ne pas la trouver. On arrive à se piquer de ne pas trouver la vérité !
AI. Guizot, faute d'une lumière qui lui a manqué des le commencement, a passé sa vie à dire oui et iion. (hii, Jésus-Christ est Dieu; non, il n'y a pas d'unique et d'indéfectible Église de Jésus Christ ; out, il y a une Église chrétienne; non, il n'y a pas d'Église catholique. Il a étudié toute sa vie l'histoire ; il n'a pas vu ce qu'il y a d'avenir dans le passé, il n'a pas vu que, quand l'histoire raconte, elle prédit. Il ne croit pas à la lumière de Dieu ; il dit fiât lux, il allume des lampes et veut croire à cette lumière de l'homme. Il y croit jusqu'à prendre pour des réalités les ombres mouvantes qu'elle produit, ne s'apercevant pas que c'est lui-même qui fait ces ombres et
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qui les fait mouvoir en plaçant sa lampe où il lui plaît.
Donoso Cortèô ne fait pas sa lumière» et considère les choses à la lumière que Dieu a donnée poar éclairer tout. C'est pourquoi sa réponse est si précise et si sereine.
Je mets mon précieux document en sûreté dans les intelligences assez fortes pour recevoir une pensée maîtresse. Elles sont présentement peu nom» breuses, mais les diamants n'exigent pas une grande place, et ceux qui en apprécient la valeur Les gardent bien.
M. OUÎZOT A DONOSO CORTfes.
Paris, 3 juillet 48»i.
Je vous remercie, monsieur le marquis. Je fous emporterai «La us mon nid du Val -Ri cher, et je vous remercierai de là bien davantage, car je vous aurai lu. Je n'ai encore tait que vous feuilleter. U me semble que je ne voudrais rien retrancher, mais que j'ajouterais quelque chose. L'Église catholique ne change pas, mais elle marche. Elle a un pas à Caire de nos jours pour se rejoindre à la société humaine. Elle peut le faite. I<e fera-t-elle ? Nul n'est plus capable que vous de l'y porter.
Agréez, etc.
Guizot.
PAftl* PEISDAAT L£ SJÉGE. 239
DONOSO COHT&S A M. Gl'UOT
Paris, 4 juillet.
Monsieur,
iv vous remercie de votre aimable lettre. J'aurais voulu pou- \oir ru entretenir avec vous de vive voix sur cette grande question de l'Eglise. Puisque vous êtes parti, j'aurai l'honneur de résumer ma |>eusée dans ces quelques mots que j'adresse à vnttv l»ien\eilUnce.
\a' monde ne se sauvera pas seulement par la pensée, mais au^i par l'action, puisque l'homme ne pense que pour agir nuifiiriii^riK'iit à sa pensée; et le monde, pour se sauver, a 2M*<M»i!i d«* writê et de vertu. Or, il ne peut tenir l'une et l'autre qui* d«* l'Kglise, et voici pourquoi : c'est que, dans l'ordre de la p**u-»'e, l'Eglise seule est en possession de l'absolu, et que, «Lui- l'ordre de l'action, elle seule est en possession de la
i-haritt*.
.\uu* autres, pour savoir quelque chose, nous sommes forcé.* de remonter du relatif à l'absolu ; mais l'Église n'a besoin, l*uir apprendre tout ce que nous savons, que de descendre jusqu'à notre relatif des hauteurs de l'absolu. Or, descendre •»*t !iit»n plus facile que de monter. Qui descend n'a nul besoin qu'on lui tende la main.
Si l'Kglise n'est pas encore descendue jusqu'à notre plaine, c Vst pan e que les rois de la terre et les gouvernements du moud*.* lui ont mis des entraves et l'ont empêchée. Quand je |wnour* l'histoire des derniers siècles, et quand je vois la loi de* «u-peî-ts appliquée à l'Église par toutes les législations des pat* catholiques, je me demande comment il se lait que l'&giL*' sache encore quelque chose ?
h un autre côté, l'Église seule est perj>étuelleuient charitable.
T.mdio que les hommes sont occupés à s'entre- déchirer et à x- hatr, elle seule brûle encore de l'amour des hommes. I. 'aiiiMtir a toujours été son apanage, sa force et son secret.
Or, si quelqu'un sait plus que le monde et (rime plus que le momie, celui-là sauvera le monde, parce que le monde ne peut ôtre sauvé que comme il a été fait : par la souveraine intelligence et par le souverain amour.
Mon Dieu ! je suis émerveillé de voir combien sont faciles les choses difficiles ! Je crois, par exemple, qu'il se peut que le salut de l'Europe tienne à ce qu'un homme qui est au Val- Richer le veuille ou ne le veuille pas. Le voudra-t-il?
Agréez, etc.
Le marquis de Valdegam as.
il octobre.
PETITE KOIEIUE MAÇONNIQUE.
L'Opinion nationale a publié la sentence d'excommunication fulminée par dix loges de Paris contre les FF.*. Guillaume, roi de Prusse, et Frédéric, prince royal. Ces dix loges sont des petites loges où ne figure aucun des personnages de la secte. Leurs membres, bien qu'ils fassent nombre, ne comptent pas ; ils sont de ceux dont on reçoit les cotisations sans avoir autrement égard à leurs petites idées. Il y a là des innocents que Ton peut excuser, &r ils m savent ce qu'ils font.
En tête de la pièce de ces francs-maçons nalfe, r Opinion nationale a placé les lignes suivantes :
Nous savions déjà que le roi Guillaume avait employé contrt nous l'hypocrisie religieuse; voici une autre découverte.
-emMahle visée affichée, un semblable patois est d'un vrai comique ; mais le moment ne prête pas k rire. Allons au plus pressé, et remarquons que les frères des dix loges, même dans cette pièce, montrent •\ue la maçonnerie tue le patriotisme. La France est f nvahie ; elle est atteinte dans son avenir, dans son honneur, ou la menace de flétrissure et de mort, «t ils viennent dire qu'il faut planer « au-dessus des |K>litiques et des religions, » c'est-à-dire qu'il faut être humanitaire plutôt que Français.
Us ajoutent :
!.♦•- «Ifi ix FF.', que nous répudions ne sont point ignorants
• !«• ii'- |»rui«-i|H»s de nos aspirations, de notre ]>ul; ils en ont .!»t..miu- 1rs francs-maçons allemands et les font servir à Tao-
• ••tupVi^riiHMit do leurs desseins ambitieux.
IN ««ut t.m.it!M* l.i majeure jiartie de nos FF.*, d 'Allemagne : « »■< \ F.*. di.-ent faire une guerre sainte et veulent substituer •in»* +a te religieux.1 a une autre secte. C'est le protestantisme */»ii. /unir fii\vi'<tif but final; ils veulent le substituer par droit .}»• . < >n>\i i>'-tr au «afliolicisme des races latines; ainsi la grande I. "u'»- de Berlin ru* reconnaît comme frères qu'une partie de la ■ hr»'ti«*ntf et iv|Miu«t» encore les juifs et les mahométans de îitiitf parti* i|kitiuii au droit de l'homme libre, de franc-maçon !
\«ai* déplorons l'erreur de nos FF.*., qui comme nous ont *'%•- \wtinies de l'ambition de leur? souverains; ils croient serv ir une religion et ne servent qu'à aider des ambitieux dans !»mii* pruj«b> «L' conquête.
1 n million d'Allemands aura jktî inutilement pour ces deux ti*»iiiiiir< ; aura jm'tî inutilement, car cette perte effroyable d'hommes n'erapèebera pas le progrès de suivre son cour?, n'inpAriiera pas la vérité de luire et d'éclairer le monde.
il y a dans ce qui précède plus d'un aveu que nous retiendrons. Les vénérables des dix loges confirment
tisqu'à cent, ce qui remplit la durée d'une prière raisonnable. C'est toute leur religion, et ils n'appartiennent pas plus à Luther que le Journal ((es Débats n'appartient à Jésus-Christ. Ceux-là sans doute n'ont rien qui les attache aux splendeurs de la Prusse, et d autres, encore, peuvent mettre l'intérêt de la patrie française au-dessus de leur culte étranger. Mais enfin l'esprit protestant en Alsace est plus protestant que français. Tel est l'avis, très-généralement l>artagé, du général Ducrot.
11 ue faut pas alléguer la belle résistance de Strasbourg. La population de Strasbourg est aux deux tiers catholique. Personne n'ignore que dans toute l'Alsace le patriotisme durable, persistant et invincible, sera catholique.
Ce que nous venons de dire des protestants, on peut ie dire des francs-maçons. L'Ordre compte certainement Ikon nombre de patriotes aussi fermes que la l<»ge des Trinosophes de Bercy et celle de la Parfaite Convenance ou du Parfait Amour de Clamart; iii.âs ce sont des inconséquents. Dans cet « Ordre », on ne se pique pas absolument de logique, il a cela «le Ihiu. Mais il n'est pas moins certain que la francmat'oimerie et la Révolution sa fille n'ont pas été mises au monde pour la conservation des religions et des patries. Le Journal des Débats sait bien que la Martinerie et la Révolution prétendent être ellesmêmes une religion et une patrie, ou plutôt la religion et la patrie. Toute l'histoire eu témoigne depuis cent ans. Autrement, à quoi hou toute cette immense fan-e maçonnique, où s'engagent tant de person-
PAftts pendant le siège. 253
encore plus aisément que M. Guéroult n'excuse ou n'explique les insolentes extravagances du citoyen Mottu. Quoi ! l'entreprise Mottu n est que la contrepartie identique île l'affaire Mortara, et «t c'est certainement fxmr sauver ies enfants, pour les arracher, malgré leurs parents, au cnlte de ce qu'il appelle la su |>erstition et l'idolâtrie catholique, que M. Mottu proscrit le catéchisme et le crucifix ! • Alors il n'y a ni vérité, ni erreur, ni droit, ni rien de certain au monde; il n'y a qu'un sujet de discussion perpétuelle entre les idées, et de perpétuelle bataille entre les appétits. Il ne faut ni religion ni propriété, ni pape ni Godillot. Que M. Mottu attrape un sabre, et il est le maître, en attendant qu'un autre Mottu attrape un sabre mieux trempé.
Heureusement pour nous, pour M. Guéroult aussi, pour le pauvre Mottu lui-même, lequel finirait par être maltraité, n'étant pas fort; heureusement pour le monde qu'il y a un pape, un affirmateur du vrai, «pli empêche le vrai de périr, et qui, par le vrai qu'il affirme, sauve le droit et reconstitue l'ordre.
M. fiuéroult ne se refuse pas la belle volupté de nous plaindre, à cause du mauvais état présent de m»s affaires. 11 nous montre quelque chose de la compassion du chêne pour le roseau : « Nous ne voulons pas chagriner Y Univers, qui a en ce moment, tant en France qu'à Rome, bien assez de causes de chagrin. » U n'est que trop vrai! Cependant toute espérance ne nous semble point perdue , et nous croyon» encore que le pauvre christianisme , Pape comprit, ae tirera d'affaire. Nous ne dirons pas a
258 PARIS PEXDANT LE SIÉGK.
Il avait encore cette parole sur les lèvres', lorsque sont survenus les accidents qui l'ont empêché Afaire M. Augiar sénateur, et qui empêchent il. Ollivier de prononcer son discours de réception, à l'Académie.
Au lieu des fêtes de la pensée que le progrès du siècle nous promettait, il s "agit d'une guerre d'esterinitiation! Nous ne jouissons pas même tranquillement de l'apothéose de Voltaire, qui a tant fait ptwr la civilisation du genre humain, en préparant l'étoufïemenl du catholicisme « dans la boue. »
Quant aux moyens de délivrer la France des héritiers du grand Frédéric, opération premièrement nécessaire pour exterminer ensuite l'Allemagne, c'est une affaire de rien. M. Quinel les connaît H même les possède. Il eu a fait le sujet d'un article où l'on voit qu'il n'y a qu'à décréter la chose. Sans <h> ciission, c'est assez de recommander le plan deM. Qoincf au gouvernement de la défense natiouale; il n'ai méconnaîtra pas la justesse et la praticabilité.
Maïs laissant aux militaires et aux administrateur» ces procédés matériels, peu digues des soins de b philosophie , nous oserons ramener l'esprit «V M. Quînct au rôle des idées, dont il n'est pas honat à nier l'importance. Nous voudrions savoir de Ini,a ce moment, s'il est toujours persuadé de la nécesaW d'étouffer le catholicisme dans la houe, selon le phi des Aratjouins, lequel était aussi le plan de ce pauvre .Napoléon III, trop méconnu. Car en quoi M. Oonf n'élait-il pas déjà M. Jules Simon, et en qM H. Jules Simon n'est -il pas encore M. Dnrur ? *
donné, et Ton ne s'étonne même pas de n'en point mourir. D'autres merveilles éclatent. On ne va plis dans les bois sacrés; on ne sort que pour raisons graves, et le moins possible ; et de plus en pins la sobriété règle les repas. Les Parisiens connaissent la vanité des biens de ce monde, la vanité de la gloin et des fortunes humaines. Us donnent des vêtements aux pauvres, ils paient gracieusement des dîmes effroyables, et non-seulement le courant, mais le lon£ arriéré. Us sont pleins de mépris pour Sardanapak» et pour Nabuchodonosor ; ils conviennent en général, de la façon la plus décente, qu'on est encore trop heureux d'avoir des salaisons quand la viande fraîche vient à manquer.
En fait d'équivalents, ce peuple délicat accepte tout, sauf pourtant les conférences de M. le pasteur Pressensé. Sous cette forme, k viande de cheval ne passe pas. 11 est d'ailleurs certain que les prophètes n'avaient point annoncé le genre de châtiment, dur et sans nul profit. Bref, Ton doit avouer que, si les Parisiens viennent à confesser leurs anciennes fautes, on ne saura plus quelles vertus leur désirer.
Mais il faut que cet état, ou plutôt ce bénéfice se prolonge quand ses causes accidentelles auront dis* paru. Lorsque nous ne serons plus dans le lavoir, il faut tâcher de garder la propreté qui, de l'aveu àt tout le monde, est si nécessaire à la République. Sans vertu, point de république.
Or, on ne peut se dissimuler que nos vertus •*• tuelles ressemblent à celles que nous proposent les conseils évangéliques, y tiennent même de près, et
très-ardents des 1,500 canons patriotiques, dont la fourniture bénévole nous est recommandée avec tant de zèle par toutes les municipalités araçotines. D confesse naïvement que ces canons leur sont nécessaires non-seulement pour chasser les Prussiens, mais encore pour anéantir les complices desdits Prussiens à l'intérieur, lesquels sont les monarchistes. Or, comme on est suffisamment prussien et monarchiste à leurs yeux dès qu'ils vous déclarent tel, le dessein est visible. Tout simplement , l'aragotie demande aux bonnes gens qui ncveulent pas la servir de lui procurer de l'artillerie pour les mettre euxmêmes à la raison. Et alors il faudra passer doux devant M. Passedouet.
Il est tout à fait ingénieux, M. Passedouet! Heureux ses administrés, s'il leur procure les 60 grammes de viande que nous attendons si longtemps chez M. Ribeaucourt (1), lequel ne songe, dans un bon sentiment, qu'à nous pousser aux 1,500 canons.
Il y a aussi M. Rocher, délégué de quelque chose, qui se plaint par affiche qu'un « personnage pieux »(?) hésite à donner un commandement à Garibaldi. D parait qu'on laisse Garibaldi fainéanter et faisander à Tours, et le citoyen Rocher en éprouve un mortel «'hagrin. 11 invite les Parisiens à lui fournir une légion garibaldienne, et il leur indique l'endroit où il* pourront s'inscrire.
(Jujil y oùt un certain nombre d'inscrits, cela ne
(!) (Vêtait le maire t\e notre arrondissement.
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arrondissement. » Le style en est pompeux.... f! iiéfçlijré.
L'hiver arrive doublé de la famine. Les bureaux île bienfaisance, déj à insuffisants d'habitude, sont débordés par le Ilot d< misères que le siège a créées, que le froid va rendre plus affreuses encore et qui, du reste, sont au-dessus de son ressort, puisqu'elles ont une cause patriotique. (?j Sachons donc, dam ce moment hérissé de difficultés héroïques, grandir nos efforts et les élever a la hauteur des l>csoins à secourir. La patrie nr saurait laisser périr un citoyen de faim ou de froid ; elle lui donnera la nourriture qu'il n'aurait pas.
Pour atteindre ce noble but, une commission s'est forai** dans tous les arrondissements, ('elle du septième est déjà à l'œuvre. Trois cantines nationales sont déjà ouvertes dans l'ari-on discernent, pouvant fournir plus de 0,000 rations gratuit» par jour. Incessamment d'autres seront omertes.
Mais, pour réussir, la commission a l»esoin de compter sur tous les dévouements, car elle a à soulager toutes les misère»* Klle fait appel à tous les cumrs que l'habitude de la charité a rendus sensibles aux sont Franc es humaines, à tous les citoyens que leur état de fortune rend capables de contribuer au soulagement fraternel de leurs concitoyens. Dans les circonstances où nous sommes, le riche doit donner son su|>erflu pour qui n'a pas le nécessaire; l'égoïsmc doit céder la place à la fraternité; lu misère crée le droit à l'assistance nationale.
Le président : Parisfx (1 .
L'afliche de M. le président Parisel est revêtue de cette apostille laconique et impérieuse de M. le maire:
Citoyens, L'assistance nationale sollicite votre concours; que votre gé-
{!) Ce Parisel, médecin, a été fusillé comme communeux et pétroleux.
tiijue et plus durable que toutes le» cartes d'électeur qui pourront lui être délivrées à l'Hôtel de Ville. D fait même valoir un titre de supérieur. Il demande de ' la part de Dieu, et il est assez puissant pour se substituer Dieu comme débiteur. ïa bon Dieu vous U rendra.' Et nous savons qu'en effet Dieu reçoit en hu, rendra pour lui, rendra en Dieu. Qui miseretur pauperis, bcalitx erït. Plusieurs papes firent mettre cette Sentence sur leur monnaie . Semblablement , quand le pauvre est refusé, Dieu le vengera en Dieu. Néanmoins, il convient que le pauvre soit humble et poli, et Dieu dit qu'il a horreur du pauvre rempli de superbe : Otlivit anima mea paujierem superbum. L'homme n'est point étranger à ce sentinient -là.
Mais si ce n'est pas la charité que l'ou me demande au nom de Dieu, si le pauvre superbe ou messieurs ses avocats vuloulaires vieu lient superbement semoncer mon « égoïsuie de céder la place à la fraternité, » et me sommer de donner mon super/lu, et enfin nie réclamer l'assistance nationale et patriotique comme mi droit i/ue crée la misère, la question change de face. Je me permets alors de prier MM, les avocats d'agir pour leur propre compte comme ils l'entendnmt, d'immoler leur égoïsuie, de donner leur superflu, et de me faire grâce de leurs proclamations. (,'ui leur permet de tu' accuser d'égoismeV Que savent-ils si j'ai un superflu, et qui les autorise à me faire sommation de le donner? .Mon curé a le droit de me parler et de m' inviter de la sortu ; voilà le véritable avocat des pauvres, chargé de cet office par