LES BAPTÊMES
Les papiers des Tuileries constatent que le baptême du prince impérial a coûté 800,000 francs. A l'occasion d'un régal de poésies fournies par une escouade de poètes de bonne volonté et que l'on eut la simplicité de faire imprimer magnifiquement, quelques journaux reviennent avec de grands éclats sur ces « folies » du baptême. Napoléon III a commis des crimes plus noirs, et nous payons en ce moment un baptême plus coûteux.
L'Empereur avait une liste civile pour la dépenser, et tout père fait bien de se montrer magnifique au baptême de son fils. Ce fut une magnificence trèslouable de distribuer des cadeaux aux enfants pauvres nés le même jour. Une forte partie des 800,000 y furent employés. Les poètes aussi reçurent «les dragées. Un souverain qui ne distribuerait pas de dragées serait accusé de ladrerie. Voyez si M. Àrago ménage les dragées de baptême. Il ne
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i septembre 1870, on pourra voir, que si la manijiatfi, comme disent les Italiens, est restée loin de 800,000 francs, ce n'est pas en deçà.
Tout ceci soit dit sans vouloir restaurer Napotéou III, qui a Livré Sedan aux Prussiens et L'Hôtel il<- Ville aux Aragouins. Deux très-mauvais coups !
«rsrncsRni bu concile. — tie ix.
Nous avons publié la huile par laquelle le Saintl'ère suspend la célébration du Concile qu'il avait réuni • pour lo bien de la religion, l'utilité de l'Église de Dieu et le bien de la société humaine. » Il expose brièvement les raisons qui l'ont décidéàprononcer cette suspension si douloureusement contraire à ses vœux et à ses espérances. L'on voit qu'il a encore délibéré, même après l'abandon de la France et des autres nations de l'Europe, même après l'invasion du reste de ses États et de sa ville par l'Italie. 11 a pris le temps de jeter un dernier regard sur cette société humaine, soudainement enveloppée de ténèbres et de feux, afin de voir ce qu'elle saurait faire par sa propre sagesse, et qui elle invoquerait pour échapper à la mort. Il a voulu aussi connaître ce qu'il pouvait attendre chez lui-même de ses vain-
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queurs particuliers, les Italiens. Quant an monde, a vu que les évêques devaient rester parmi leur peuple, car la place du prêtre est auprès du moribond. incapable désormais de défendre seul ni son corps ni son âme. Quant à Rome, occupée par les Italiens, il a pensé que les évêques n'y auraient plus la iiheitt ni la sécurité. Alors il a suspendu le Concile.
Ce décret ainsi motivé nous fixe sur l'état présent de la société humaine. Le sachant ou non, et dan* tous les cas s'en souciant fort peu, elle a envoyé 11talie révolutionnaire au Pape, comme un bourreau: et dans le même moment, elle a pris le lit. Elle y sera longtemps, recevant les visites des chirurgiens.
Nous, peuple de Paris, convaincus d'être la tète et le cœur du genre humain, et c'est peut-être vni: convaincus aussi, il y a trois mois, d'en être la force, nous avons connu la bulle de suspension dn Concile par un de ces hasards qui nous font parfois passer des nouvelles, mais qui n'en laissent plus passer de lionnes. La huile est du 20 octobre, nous l'avons «or le 4 novembre, au bout.de quinze jours. Il y adevx mois on se faisait si fier d'être instantanément m communication avec l'Amérique, et l'on pensait inr tanUd'orgueil que toutes les banques de la terre n'avaient <pi'à lever le doigt pour savoir immédiatemont et réciproquement où en étaient tontes k» bourses ! Ces beaux jours sont passés.
La bulle est donc arrivée, signifiant ces deux eb* ses : que les évêques doivent rester, l'extrème-oection dans les mains, au chevet des |>euples9 et qa? n'y a plus de sécurité dans Home pour les ko;
qui sont par excellence les dépositaires de la pensée, les mandataires de la miséricorde, les ouvriers de la civilisation. Nous avons dit ici plus d'une fois que les pierres du Vatican détruit rouleraient par le monde écrasant les trônes, les demeures et jusqu'aux tombeaux, et que de ces pierres Dieu lapiderait la race humaine. Les voyez-vous rouler, les voyez-vous pleuvoir sur le lieu d'où est partie la grande apostasie ! Vovez-vous crouler les trônes et les demeures, et tant de monuments d'un imbécile orgueil qui ne connaît pas encore son péché, mais qui sent d'autant plus cruellement son châtiment et sa honte! Hier ces monuments étaient les maisons d'une gloire vivante; ils n'en sont plus que les tombeaux, et ils croulent.
Quand la bulle qui suspend le concile de Rome nous a été jetées par-dessus les murs, on tenait concile à l'hôtel de ville de Paris; la botte de Flourens frôlait la moustache de nos hommes de guerre et la barbe de nos hommes d'État ; des soufflets de chair sale couvraient la face large de M. Jules Simon, grand-prêtre de la libre pensée; et le vieux fou Blanqui signait ses décrets qu'un coup de pistolet pouvait rendre infaillibles, et qu'un coup de crosse a pu déchirer. Mais ils ne comprennent pas!
IIf ne peuvent plus comprendre. Courant à travers la nuit, é|>erdus, sentant partout l'abîme sous leurs pas, ils ne révent encore que de bouclier ce qui leur reste de jour. Ils disent oui à la paix, non à Dieu qui seul pourrait et voudrait leur donner ou la paix ou ce courage de mourir qui rend la mort douce, glo-
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rieuse et féconde, et qui lègue la paix. Ils envoient des plénipotentiaires vers les hommes, ils u'envoient point de négociateurs vers Dieu. Ils sonnent des fanfares bravaches dont ils n'attendent rien, et ils Dosent ni élever la prière qui gémit captive au fond de leur cœur, ni interdire le blasphème qui leur fait craindre l'irrésistible foudre. Un corybante sénik traiue Voltaire dans les rues de Paris, et ni le Gouverneur soldat ni l'Archevêque ne se permettront d y arborer la croix de Jésus- Christ.
N'ayant pas reçu de Dieu les biens, ils ne recevront pas de lui les maux, et ne béniront point soi nom. Ils recevront sur le dos ce qu'ils ne veulent point recevoir dans le cœur. Et nous, il faut que nous mourions en solidaires, sans autre pompe funèbre <[ue celle des réprouvés. Aux assassins condamnés à mort on donne un prêtre; assassins directs ou complices des vérités de salut, notre crime est [dus ^rand, et nous n'aurons que le bourreau. Ali! c'est bien la suprême honte de plier officiellement devant ces faquins dont l'orgueil s'est promis de nous oter Dieu, et que nous reconnaissons ainsi pour nos véritables maîtres. Par là nous témoignons ample* meut que nous avons tout mérité. L'autre enneai nVst que la mort, celui-là c'est raiFront. Il faut tendre le vieil Arugo nous dire que le Prussien n\ trera pas à l'Hôtel de Ville, lui vivant. En vérité, il va mourir sur le seuil du sanctuaire, ce débris de théâtre en faillite, qu'on a porté au trône municipal parce qu'il ne pouvait plus se tenir sur ses tréteaux! Il sera là, brandissant quelque poignard à coulisse
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qu'il a détourné du greffe; il s'en frappera voyant sa république morte, il tombera, et nous serons assez honorés dans l'histoire. Grand Dieu! il semblait que la France fût digne au moins d'un coup de tonnerre : ne laissera-t-elle au monde pour dernier souvenir que l'éclat de voix et la figure d'un histrion mort?
Mais laissons-les, et pour notre compte, après tout, que nous importe! Nous ne sommes point de cette race, ni de cette France. Ces hommes ne sont ni nos frères ni nos concitoyens ; ils ne sont que nos premiers envahisseurs qui nous livrent au marteau des autres. Ils troublent notre agonie, ils ne l'avilissent pas. Tournons nos regards vers notre père et notre roi qui est à Rome, vicaire de notre Père et de notre Hoi qui est aux cieux.
Salut à toi, vieillard magnanime, fidèle jusqu'à la tin à Celui qui t'a envoyé et à ceux vers qui tu fus envoyé. Tu n'as trahi ni ton Dieu, ni ta mission, ni nos àuies. .Nous avons en toi la gloire du combat, l'honneur de la défaite, la dignité de la mort, la certitude de la résurrection. Notre voix, qui bientôt peut-être sera muette, te salue une dernière fois ; nos yeux et nos cœurs t'enveloppent d'admiration, de reconnaissance et d'amour. Tu n'as pas faibli, tes lèvres ne se sont pas fermées lorsqu'il fallait proclamer la vérité proscrite, tu l'as placée sur un trône où la sédition ue l'atteindra pas. Elle sera le phare de la nuit qui recommence, c'est elle encore qui abattra César restauré. Et toi aussi, vaincu, tu restes sur ton trône, à l'abri des ignobles terreurs, et la boue humaine ne peut jaillir jusqu'à toi. Tu ne t'abaisses pas à compter
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pas défait. Homme de Trochu, homme de Blanqui. maire Je Paris , père de l'État , patron d'an tas de gaillards tout disposés à piller Paris et à faire sauter Tinrlm et l'Etat , M. Etienne Arauo semble être le
personnage important de la Franc*1 et tout le
monde se souvient de n'avoir jamais entendu parler de lui.
« (.banni ayant quelque ouï-dire d'un Arajro fameux, chacun le prend d'abord ponr le savant, ou pour !♦• voyageur, ou pour l'orateur; mais chacun drruuvp' tout à coup que cet Arago-ci n'est point cet Araim-la. Ou*est-ce quArauo maire, actuellement le trr.iinl Araim, cet Arago i|ui fait jaillir du budget de la Villf une cascade de huit millions au profit des niait tv*' «*t maîtresses d'école qui voudront renier Ji-Mi- r.hri*t?Quelles sniit Ie> o»uvre> intellectuelles, •iflin iiii^f !;tf iv«*s et soeiab-s d* re rare Ara^«»? Quelles •li'tinii^ ^r.iinlinses lui ont fait cmilier le sriiuvernail il • i.i L'rainl»* ir.-ilén\ "ù il ;i plaeé tant d»1 rameur* iip'iMiiiiis rumine lui, tr«q» enimus c«»mme lui?
>in l-i iz il»*!'»: • *i|iil>j]i*.-
Iï* • tvmt ijij.itn— mii^'I- r.nui'Ui''*.
•< tin «*n expulse une quantité, et c« qui reste est «•••inpU* parmi les râla mi tés publiques. Je demande |.iiiir«[ii<>i l'Arairo n'est pas expulsé et pourquoi ï r»»«hn. qui fait pincer Blampii, nous laisse à l'homme de liiaiiqili f »
Ainsi nie questionna ce Parisien, et je me souvins, l'oinine tout le monde, de n'avoir jamais ni rien de M . A i .il'h, sinon qu'il vst auteur de nombre de vande-
avec l'insolence du vainqueur. Désolé, mais triaquille, victorieux par l'espérance inébranlable de U foi, tu dis les paroles stables que tu dois dire, et dans ta ville devenue le camp de l'ennemi, ta affiche» les décrets qui marquent d'une éternelle infamie k» envahisseurs. Qu'elle te regarde et qu'elle se empare à ta majesté, cette lâche cohue de rois et <k chefs populaires qui se félicite de t* avoir soustrait le genre humain ! Elle se croit délivrée de toi, et ta * fait ce qu'il faut faire pour la vaincre, et ce que ta as fait la vaincra. Qu'elle te regarde aussi, cette stapide cohue de peuples qui t'a crié le Crucifige Hqà ne veut d'autre roi que César ou elle-même : en elle cherchera la paix et l'honneur, en vain elle dra racler fle ses membres exténués la lèpre royale et la lèpre démocratique : tu as seul fait ce qu'il fut pour la guérir de César et d'elle-même, et ce que ti as fait la guérira. Couche-toi tranquille dans la tempête, dernier soleil de notre âge, tu seras demain k soleil levant.