PROCLAMATION DU S1ECR JULES FERRY
M. Jules Ferry, pro -préfet de la Seine, affiche un
Ils le votent an contraire, ou par lâcheté , ou par ineptie, ou par la plus criminelle des complicités, et peut-être par ces trois raisons à la fois, pencher du côté des stupides terroristes qui font tout leur possible pour nous livrer aux trahisons de l'anarchie.
Ils ont laissé, ils laissent cette tourbe insulter tant qu'il lui plaît les lois, la pudeur, la religion, la liberté. Ils laissent avilir en leurs mains, au-delà de tonte mesure , le misérable reste de pouvoir qu'ils ont dérobé dans un moment de stupeur. Après avoir tout désorganisé, ils ont laissé gâcher tout, et le plus clair profit cpie la France tirera de les avoir eus pour maîtres, sera quelque reste du barbouillage de leur fraternité sur les édifices qui portaient le chiffre de l'homme de Sedan.
Nous prions M. Jules Ferry, pro-rpréfet de la Seine, ancien député du faubourg Saint-Germain, et si fécond en affiches , de nous montrer l'affiche qu'il a faite pour protester au moins contre les abjects calomniateurs des communautés religieuses de l'arrondissement où il fut élu. Comme préfet et comme ancien député, il doit savoir ce qui se passe dans cet arrondissement et ce que la religion y fuit pour notre armée. Plus ému qu'il ne convient, il va offrir un drapeau spécial et irrégulier anx soldats de Flourens, qui le recrû vent avec la botte de Flourens ; mais lorsqu'il entend dire par là qu'il n'y a point de blessés dans les ambulances du fanbonrg Saint-Germain et que des religieuses laissent mourir des blessés sur leur porte décorée d'une croix menteuse, il ne proteste pas. M. le préfet aime mieux risquer de voir
république qui ne serait point du tout dans ce goùtlà. Du même droit que vous , avec une volonté égale pour le moins à la vôtre, ils ont en tête quelque chose qui n'a point votre visage ni votre éloquence ni votre bras ni vos conceptions ; quelque chose dont tout ce que vous êtes et tout ce que vous faites ne donne aucune idée ; quelque chose dont vous ne serez point : un ordre social nouveau, où vous entrerez couvert d'un voile d'amnistie, pour ne plus paraître que changé par la pénitence et devenu vous-même un homme nouveau.
Ne parlez donc plus, s'il vous plait, de nos a batailles républicaines. » Encore une fois,laFrai\ce n'a pris ni vos plans, ni votre épée, ni votre figure. Elle est elle-même , et elle livre des batailles françaises. Contentez-vous qu'elle vous sauve, et ne faites pas entendre qu'elle veut vous couronner. Vous recevriez un de ces démentis auxquels ne doivent pas s'exposer les préfets.
Quant aux blessés, qu'ils soient républicains ou ne le soient pas, qu'ils soient des vôtres ou des nôtres , ils sont premièrement nos blessés, et aucun après ce titre n'a besoin d'en fournir un second. Toute maison qui pourra s'ouvrir s'ouvrira, et à défaut de la maison, la bourse sera ouverte. Quand même votre génie l'aurait déjà vidée, il s'y trouvera encore de quoi soutenir nos blessés.
Un dernier mot, préfet : permettrez-vous aux catholiques de laisser un crucifix dans la chambre du blessé, et souifrirez-vous que le blessé rencontre chez nous, saus l'avoir appelé, le prêtre que vos amis
veulent envoyer au champ de bataille ot bannir des ambulances?
KSPÉROTÎS CUSTHE L ESPÉRAXCE.
L'ennemi a repris Orléans. Devant cette nouvelle épreuve la population île Paria répond : Le devoir est le même. Vive la France !
Paris s'est trouvé plus fort matériellement que ne le pensait l'ennemi et qu'il ne le croyait lui-même; mais ce qui agrandi plus que laforcpde sa muraille, ce qui est la consolation du moment et l'espoir de l'avenir, c'est la force du cœur. Dan» Paris, grâce a Dieu, il est aujourd'hui moins question du salut de Paris que du salut île la France.
Nous l'avions dit dès lu commencement, que les Prussiens étaient d'habiles et prudents professeurs de guerre, mais qu'une chose manquerait à leur habileté et à leur prudence : ils n'ont pas calenlé les ressources qui n'existaient point dans les arsenaux, ils n'ont pas su ce .pie c'est qu'un peuple guerrier, domine ils se l'étaient proposé, ils ont brisé le bras: ils n'uni pas prévu qu'ils réveilleraient le c«Mir. Or, cela est fait, cl ce qu'ils croyaient être la campagne n'en est que le prologue. A présent la France entre en scène avec so i grand cœur réveillé et irrité.
»AJU8 PEMMNT LE SIÈGE. 427
Nous sommes à l'école. Nous apprenons un art de la guerre que nous ne savions pas ou que nous ne savions plus, et nous ne sommes point surpris de recevoir des leçons nécessaires. A mesure qu'elles se multiplient, elles nous semblent moins dures. Nous apprendrons vite, nous perfectionnerons le système . Déjà nous entrevoyons l'équilibre, le recommencement; la Gn ne nous inquiète pas.
Des choses écroulées, nous en avons fait notre deuil plus aisément qu'on ne croit. Il en est que la guerre laissera debout et que nous renverserons nous-mêmes ou que nous laisserons tomber. La Prusse se proposait une conquête. Son entreprise sera moins vulgaire. Elle détermine une révolution qu'aucun autre moyen ne pouvait aussi solidement introduire; une révolution qui la surprendra et dont les frais seront plus grands pour elle que pour nous. Si elle veut que nous lui disions quelle est cette révolution qui s'opère par sa main, elle refait la France.
Refaire la France, c'est défaire beaucoup de choses. La Prusse d'abord, l'empire d'Allemagne ensuite sont au premier rang de ces choses qui seront défaites, mais à jamais.
Que Dieu soit béni de nos revers ; qu'il soit béni de la suite qu'il a donnée à ces fautes que nous avons accumulées comme à dessein de périr! Quand nous faisions ce qu'il faut pour périr, sous la main et la conduite de la Providence divine nous renaissions. Il nous fallait ces échecs, ces revers, ces hontes, ces folies, ces écrasements terribles; il fallait que toutes nos plaies nous fussent étalées et que tout ce fer en-
piller et à nourrir. 11 faudra garder Paris, nourrir Paris et continuer la guerre.
Il fut un temps, et c'était hier, où Paris se laissait flatter du beau titre de capitale de l'Europe, vu le nombre et l'éclat croissant des lumières, des plaisirs et des prostitutions qu'il offrait au monde. M. Hugo faisait ce pronostic à l'époque de la grande exposition. Mais d'autres devins Tout emporté, et ce Parislà n'est plus. Paris, d'accord avec la France, préfète d'être une ruine et que la France demeure.
Croyons à nos destins. Ils n'étaient pas de nous corrompre pour toujours, afin de corrompre toujours le monde. Dieu a d'autres projets, et nous prendrons de bon cœur une autre voie. Ce qui se passe aujourd'hui n'est point pour rétablir César sur le genre humain trempé depuis dix-huit siècles du sang de Jésus-Christ.
Nous avons l'Eucharistie; nous avons Marie, reine du peuple franc. De stupides blasphémateurs ne nous enlèveront pas cette force ; Dieu ne nous attache pas à la croix pour nous faire apostasier. Quoi qu'il arrive, et je l'oserais dire même malgré nous, dans quelques années la France sera la tète du monde catholique, et la marche du genre humain se dirigera vers un autre pôle pour rétablir au monde la vérité et la liberté.
S'il n'en devait pas être ainsi, pourquoi céder encore, pourquoi désirer une ignoble paix ? Désirons plutôt de mourir et d'aller chercher dans le sein de Dieu la réalité de ces bieus dont la terre n'aurait plus l'ombre ni l'attente. Mais non; et la France dé-
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pas des sœurs de charité... » et, par conséquent, il n'a pas inventé l'histoire 1
Ainsi, parce que les employés d'un certain bureau du p arvis Notre-Dame donnent de la soupe à tout éclopé qui en demande, pendant qu'une religieuse Augustino, qui n'a point à sa mêler de soupe, lait des pansements, cela prouve au gré de Yerlet qu'une sœur de charité a dit à une fille-mère : Vous n'êtes point mariée, mourez de faim !
Du reste, ce Verlet se répand en injures d'une fétidité presque étonnante. AI. Blanqui, écrivain propret, doit en être incommodé.
Le Trouhat file à son tour, en affirmant que le fait a est vrai. » Seulement, il avait dit : 1° que les sœurs de Bon-Secours avaient refusé sans explication de recevoir le blessé moribond; 2° que le blessé avait été laissé sur le seuil; 3° qu'il y était mort. Il dit aujourd'hui : 1° que le fait s'est passé le 19 et non la 25 (date donnée par lui, preuve qu'il rendait témoignage do ce qu'il n'avait pas vu) ; 2° < que la bonne religieuse affectait de balayer devant sa porte pendant l'esclandre soulevé dans le voisinage (preuve que l'esclandre inquiétait peu la religieuse); » 3° que a l'ambulance du collège Stanislas (la porto à côté) a recueilli le malade (blessé) pour faire cesser le bruit (et aussi parce qu'il appartenait à cette ambulance, celle des sœurs étant réservée aux malades non blessés); 4° qu'il « n'a pas poussé plus loin l'enquête (preuve qu'il ignore absolument si le malade est mort par suite de la cruauté des sœurs, comme il l'avait garanti, fui de Troubat 1). »
parole d'honneur de Troubat Jules, employa de Sainte-Beuve (aux épluchures).
Pourquoi Verlet, pourquoi Troubat ont-ils cette rage méchante contre les sœurs? Qui les porte à diffamer ainsi ces femmes environnées partout d'un si grand et si légitime respect ? Et pourquoi sont-ils si sots que d'inventer ces plates histoires, [dans lesquelles ils se prennent eux-mêmes, sans que leurs pirouettes de culs-dc-jatto les en puissentjamaistirer?
Ils n'ont pas même l'air do s'apercevoir, les pauvres diables, qu'en essayant de tenir bon contre toute évidence, ils confessent l'iniquité et l'ignominie de leurs inventions. Ils devraient avoir au moins l'esprit de se taire, puisque par le défaut des lois et des juges ou par le dédain des victimes ils échappent à la contrainte du démenti. Mais non; ils viennent d'eux-mêmes se faire justiciers. Cédant à qui les prend au collet et les traîne au jour, ils protestent qu'ils n'ont pas inventé le mensonge palpable que Ton saisit sur leurs lèvres. Donc, tout en le maintenant, vous le reniez, vous en rougissez et vous le confessez ignoble ! Allez maintenant, vous êtes méchants, mais vous êtes sots, et l'on a de vous ce que Ton voulait. Vomissez votre reste.
Pour conclure, il résulte de ceci que le citoyen Verlet a le défaut de mentir, et le citoyen Troubat le défaut de ne pas dire la vérité. Il en résulte aussi que ces défauts, très-périlleux pour la sécurité des honnêtes gens, sont sans doute très- nécessaires aux conceptions do M. Blanqui , le grand sociologue ^ et Je M. Pyat, le grand vainqueur de Dieu.
434 PAHI8 PLISDAKT LE SIÈGE.
C'est ce ([ni explique un peu pourquoi le grand
sociologue est habituellement séquestré, et pourquoi
le grand vainqueur de Dieu finit habituellement s**
campagnes par être un petit vaincu de police cuira-
ionuclle.
Nous continuerons de vérifier les historiettes de la Patrie en danger et du Combat, en attendant la fin de la sauvagerie actuelle, état de grande et très-honteuse dégradation. Quand viendra-t-il, le temps oa l'ennemi ne sera plus aux portes, ni dans la ville, où les chiens enragés ne courront plus les rues, et où w seront les magistrats que Ton verra démuselés !